Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui l’édition qui a fait entrer le Concours dans l’ère moderne que je vous convie à suivre. Pour la première fois, un pays organise la compétition pour la deuxième année consécutive. Mais ce n’est pas le seul point à relever : le pays vainqueur va battre le record de victoires, avec un total de points jamais atteint ; pour la première fois, un duo masculin va l’emporter, et ceci sans accompagnement de l’orchestre. Et surtout, on va assister à l’arrivée d’un nombre de pays participants tel qu’on n’en avait pas vu depuis 1956 :O Il n’est pas jusqu’à l’entracte qui a marqué l’Euromonde – et le reste – de manière durable. Bref, une année incontournable que celle de ce…

39ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 30 avril 1994

en direct du Point Theatre de Dublin (Irlande)

présenté par Cynthia Ní Mhurchú et Gerry Ryan

L’organisation du Concours

L’Irlande ayant remporté la compétition sur son propre terrain un an plus tôt, elle est amenée à l’organiser à nouveau en 1994 – faisant ainsi du pays le premier à accueillir deux éditions consécutives. En effet, les Pays-Bas avaient été choisis par l’UER en 1970 après les quatre victoires madrilènes, le Royaume-Uni s’était porté volontaire en 1974 après la décision du Luxembourg de ne pas rempiler, et les Pays-Bas avaient réutilisé les décors de La Haye en 1980 suite au forfait d’Israël. La capitale, Dublin, devient de ce fait la troisième ville après Londres et Luxembourg à recevoir le Concours à quatre reprises.

Pour la dernière édition de l’Histoire à se dérouler durant le mois d’avril, la RTÉ décide que la soirée aura lieu au Point Theatre, une salle de spectacle située dans les Docks de Dublin, au nord de la rivière Liffey. Construit en 1878, l’ancien dépôt ferroviaire a été racheté cent ans plus tard par un entrepreneur local, Harry Crosbie, bien décidé à le remettre en état pour y accueillir manifestations culturelles et sportives. Inaugurée en 1988, la salle voit en effet se produire chanteurs de variété (les premiers étant Huey Lewis, puis le groupe U2) et lyriques, troupes de théâtre ou artistes de cirque, mais permet également à des sportifs (patineurs, boxeurs, lutteurs) de s’affronter, entre deux conférences ou expositions d’art. Le complexe de 6300 places sera fermé en 2007 dans le but de repenser complètement son architecture intérieure, jusqu’à sa réouverture en juillet 2008 sous le nom de The O2 puis de 3Arena, après son rachat en septembre 2014.

Eurovision Song Contest 1995 - Wikiwand
Le Point Theatre, à Dublin

Devant l’afflux des nouveaux pays souhaitant participer à la grande fête européenne, l’UER avait été claire l’année précédente. Afin de pouvoir accueillir les pays recalés lors de la présélection de Ljubljana (Slovaquie, Estonie, Hongrie et Roumanie) ainsi que d’autres postulants éventuels, les nations les plus mal classées à Millstreet devraient faire l’impasse sur le Concours de Dublin. C’est ainsi que doivent se retirer des piliers du CEC comme la Belgique, le Luxembourg, le Danemark, Israël et la Turquie, ainsi que la Slovénie (qui aura juste fait un petit tour avant de s’éclipser). Chypre aurait également dû s’absenter, mais le forfait de l’Italie – qui semble ne pas avoir apprécié ce système de relégation – lui permet de s’aligner de nouveau, aux côtés de trois jeunes recrues : la Russie, la Pologne et la Lituanie. Personne ne sait encore à l’époque que le Grand-Duché ne reviendra plus jamais affronter ses anciens adversaires…

Le Grand-Duché de Luxembourg
Adieu à l’un des pays fondateurs du Concours

Toute l’Europe (et même plus) a les yeux rivés sur l’Irlande, y compris le République Fédérale de Yougoslavie (nom officiel de ce qu’il reste du pays, clairement la Serbie et le Monténégro), se demandant si la verte Erin peut gagner une troisième fois de suite. À moins que le trophée ne revienne à un récidiviste : la Chypriote Evridiki, la Suédoise Marie Bergman (membre du groupe The Family Four en 1971 et 1972), les Maltais Chris et Moira (guitariste et choriste de William Mangion un an plus tôt), voire la Norvégienne Elisabeth Andreasson, déjà gagnante en 1985 au sein du duo Bobbysocks. D’autres artistes se retirent un peu de pression, n’intervenant que dans les chœurs comme Rhonda Heath (du trio allemand Silver Convention), l’Islandais Eyjólfur Kristjánsson, ou les duettistes Kyriakos Zymboulakis et Demos Van Beke, pourtant pas à la fête en 1993 pour l’île d’Aphrodite.

Les règles

Aucun changement n’est apporté au règlement, malgré le coup de colère des Italiens : les plus mal classés de cette édition dublinoise devront se retirer dans un an pour permettre aux relégués de cette année de revenir. Du côté des commentateurs, on retrouve Pat Kenny pour l’Irlande, Terry Wogan pour le Royaume-Uni, Patrice Laffont pour la France et Ismeta Dervoz-Krvavać pour la Bosnie-Herzégovine, alors que le public belge va pouvoir savourer sa soirée à l’écoute du génial Jean-Pierre Hautier.

Décès de Jean-Pierre Hautier, directeur de la Première | Télépro
Jean-Pierre Hautier

Les liaisons téléphoniques ayant fait leur temps, elles laissent définitivement place aux votes par satellite, ce qui va donner à tous la possibilité de voir enfin les porte-parole des jurys nationaux. Parmi eux, Helga Vlahović (maîtresse de cérémonie en 1990) pour la Croatie, Sandra Studer (alias Sandra Simó) pour la Suisse et Laurent Romejko pour la France. Parmi les votants, siègent Anna-Maria Jopek (future candidate polonaise au Concours 1997), Serafín Zubiri et Dina (les représentants de l’Espagne et du Portugal à Malmö), ainsi que Rita Guerra (qui défendra les couleurs lusitaniennes en 2003).

Laurent Romejko : biographie, news, photos et videos - Télé-Loisirs
Laurent Romejko

La présentation et l’orchestre

Après une année sans couple à la présentation, on en revient à ce qui est devenu une tradition depuis 1988 : l’animation de la grande finale par un duo mixte. Cynthia Ní Mhurchú (née en 1966) commence sa carrière en tant qu’enseignante dans une école gaélique de Carlow (dans le Sud-Est du pays) avant d’entrer à la radio et à la télévision publiques. Elle y travaille pendant dix ans en tant que journaliste, mais anime également plusieurs émissions de divertissement, dont le tirage du loto. Spécialiste de l’éducation et de la formation des jeunes, elle publie plusieurs chroniques dans la presse, puis change totalement de vie en devenant avocate, profession qu’elle exerce toujours.

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Cynthia Ní Mhurchú

Son complice, Gerry Ryan (1956-2010), a d’abord travaillé comme speaker pour plusieurs radios pirates avant d’entrer en 1979 à la radio publique irlandaise. C’est là qu’il se fait connaître, en particulier grâce à une émission musicale nocturne, qui l’emmène sur toutes les routes du pays à la rencontre du public. Neuf ans plus tard, il se voit confier sa propre émission, The Gerry Ryan Show, où il fait preuve d’un humour particulièrement mordant. Il l’animera tous les jours de semaine de 9 heures à midi jusqu’à son décès en 2010. Même si sa causticité ne plaît pas à tout le monde (on lui refuse par exemple de présenter le Concours 1993 avec Fionnuala Sweeney), il est si populaire auprès des auditeurs que la RTÉ ne peut faire autrement que de le nommer à la tête de plusieurs programmes de divertissement, dont le talk-show du samedi soir Secrets. Séparé de sa femme après vingt ans de mariage et voyant sa santé se dégrader (son goût immodéré pour la bonne chère et le bon vin provoquant de terribles problèmes de poids), il subit plusieurs opérations dont il a beaucoup de mal à se remettre. À la surprise générale, il décède d’une crise cardiaque à son domicile alors qu’il n’a que 54 ans. L’autopsie révèlera que son cœur a lâché à cause de l’effet de la cocaïne, à laquelle il était devenu dépendant depuis plusieurs années.

Final journey home for tragic broadcaster Gerry Ryan ...
Gerry Ryan

Noel Kelehan, pour sa part, dirige à nouveau l’orchestre de la RTÉ – et ceci pour la 4ème fois, ce que personne n’avait fait auparavant. Il est ainsi le plus expérimenté des participants à la compétition, puisque c’est sa 22ème apparition au CEC.

Les chansons candidates

Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et les habituelles images du pays et de la ville hôtes, public et téléspectateurs peuvent assister à une parade organisée par la compagnie Macnas, fondée à Galway en 1986. Alors que défilent des mannequins aux têtes de papier mâché géantes à l’effigie des plus grandes stars locales (Bono, Sinead O’Connor ou James Joyce, par exemple), des figurants brandissent les drapeaux de toutes les nations inscrites à la compétition.

La scène, imaginée par la décoratrice Paula Farrell, est quatre fois plus grande que celle de Millstreet, et évoque le décor urbain si différent de celui de l’année précédente :  des immeubles et des gratte-ciel en fond de scène, surmontant un plateau où se dessine un chemin de lumière bleu faisant référence aux eaux de la Liffey. Puis arrivent les deux maîtres de cérémonie, qui font leur entrée en milieu de scène sur un pont descendant du plafond. Ils ouvrent la soirée en gaélique, anglais et français… avec compétence et simplicité, démontrant dès le départ que la finale va être tenue de mains de maîtres (de cérémonie, évidemment). Enfin, est lancée la première carte postale.

1. SUÈDE : Stjärnorna par Marie Bergman (née en 1950) & Roger Pontare (né en 1951)

        Paroles : Mikael Littwold        Musique : Peter Bertilsson                 Chef d’orchestre : Anders Berglund              Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le samedi 12 mars 1994 à Stockholm

            C’est un couple a priori assez mal assorti qui remporte la sélection suédoise et son billet pour Dublin. Marie Bergman, membre du groupe The Family Four lors des Concours 1971 et 1972, s’associe au chanteur d’origine sami Roger Pontare. Leur apparence très différente attire forcément le regard : elle porte une longue robe fourreau noire et un chapeau mou, alors que lui a adopté la tenue ainsi que la coiffure traditionnelles de ses ancêtres. Leurs voix très puissantes se marient toutefois à la perfection, mais leur chanson est peut-être un peu trop classique pour cette édition qui entre de plain-pied dans une ère nouvelle.

2. FINLANDE : Bye bye baby par CatCat

        Paroles et Musique : Kari Salli & Make Lentonen                              Chef d’orchestre : Olli Ahvenlahti

            Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 5 mars 1994 à Tampere

            Largement victorieuses de la sélection finlandaise, les sœurs Kätkä (au pluriel : Kätkät, d’où leur pseudonyme) font au départ figure de favorites pour une place parmi les dix premiers. Mais les tenues qu’elles arborent (des corsets rose et vert très vintage sous de longs manteaux noirs) font immanquablement naître des critiques, renforcées par une chorégraphie qui ne convainc pas vraiment. Résultat : un nouveau Bottom 5 pour la Finlande – particulièrement injustifié à mon sens pour cette chanson somme toute agréable à l’écoute, et très bien interprétée.

3. IRLANDE : Rock’n’roll kids par Paul Harrington & Charlie McGettigan (né en 1950)

        Paroles et Musique : Brendan J. Graham                                          Chef d’orchestre : aucun

Sélection : 1ère place à Eurosong présentée par Pat Kenny le dimanche 13 mars 1994 à Limerick

            Battu en 1984 et 1987 en finale nationale, le guitariste Charlie McGettigan prend sa revanche lors de sa troisième participation en remportant haut la main la sélection irlandaise avec le pianiste Paul Harrington. Les duettistes ne font pas partie des favoris, un duo masculin n’ayant jamais remporté le Concours. Mais les chiffres parlent : Séverine a décroché la victoire à Dublin en 1971 alors qu’elle passait en 3ème position, Brendan J. Graham en est à sa 3ème contribution (il a déjà écrit When pour Red Hurley et Wait Until the Weekend Comes pour Maria Christian) et Paul et Charlie forment le 3ème duo masculin à défendre l’Irlande après les deux prestations des frères Swarbrigg. Alors, une 3ème place ou mieux ?

4. CHYPRE : Ime anthropos ki ego par Evridiki (née en 1968)

        Paroles, Musique et Chef d’orchestre : George Theofanous                                   

Sélection : 1ère place à la finale chypriote le vendredi 18 mars 1994 à Nicosie

            Convaincu qu’il peut faire mieux que la 11ème place obtenue à Malmö deux ans plus tôt, le duo formé de la chanteuse Evridiki et de son auteur – compositeur attitré George Theofanous décide de se présenter à nouveau à la sélection nationale chypriote. Il fait bien puisque le jury d’experts le choisit pour défendre les chances de l’île au Concours. Le moins que l’on puisse dire est que Ime anthropos ki ego n’exploite pas le même filon que Teriazoume, mais impose une ambiance très dramatique sur une musique sublime, encore renforcée par une interprétation magistrale. Mais une nouvelle fois, la superbe Evridiki va rater le Top 10 de peu. Un vrai scandale pour moi qui considère ce titre comme la meilleure et la plus classe de toutes les contributions de Chypre au Concours. Certaines filles en feu devraient en prendre de la graine.

5. ISLANDE : Nætur par Sigga (née en 1962)

        Paroles : Stefán Hilmarsson               Musique : Friðrik Karlsson      Chef d’orchestre : Frank McNamara

Sélection : 1ère place au Söngvakeppnin le mercredi 23 février 1994 à Reykjavik

            C’est à l’Islande que revient en cette année le prix du plus bel Eurodrame. Victorieuse de la sélection nationale, Sigrún Eva Ármannsdóttir (membre du duo Heart 2 Heart deux ans plus tôt) subit la plus grande des déceptions : le jury d’experts se déclarant déçu du niveau de la chanson écrite par le duo à l’origine de Nei eða já, il demande au compositeur irlandais Frank McNamara d’y apporter de nouveaux arrangements et impose le remplacement de la chanteuse par son ex-complice Sigga. Malgré tout ce tripatouillage bien humiliant pour l’interprète d’origine et ses auteur et compositeur, Nætur va échouer à intégrer les dix meilleurs de la finale.

6. ROYAUME-UNI : We will be free [Lonely Symphony] par Frances Ruffelle (née en 1965)

        Paroles et Musique : George De Angelis & Mark Dean                       Chef d’orchestre : Michael Reed

            Sélection : 1ère place à A Song for Europe présenté par Terry Wogan le lundi 18 avril 1994 à Londres

            Sélectionnée d’office par la BBC comme unique participante à la sélection nationale, la spécialiste des comédies musicales Frances Ruffelle (elle a par exemple incarné Éponine dans Les Misérables à Londres et à Broadway) y propose huit titres, dont le dernier remporte largement la victoire avec 40% des voix. Elle fait donc, comme d’autres Britanniques avant elle, figure de favorite pour la victoire… mais, comme pour d’autres avant elle, la récompense suprême va lui échapper, malgré l’ovation du public à la fin de sa chanson et la couronne de laurier métallique qu’elle arbore déjà.

7. CROATIE : Nek’ ti bude ljubav sva par Tony Cetinski (né en 1969)

        Paroles : Željko Krznarić                    Musique : Željen Klašterka     Chef d’orchestre : Miljenko Prohaska

            Sélection : 1ère place au Dora le dimanche 20 mars 1994 à Opatija

            Nouveaux échecs à la sélection croate pour Zorica Kondža, Boris Novković et Nina Badrić, tous battus par Tony Cetinski, qui gagne à son troisième essai le droit de fouler la scène de l’Eurovision. Sa chanson est tout à la fois très classieuse et très classique (son chef d’orchestre avait d’ailleurs officié quatre fois entre 1963 et 1971) – ce qui est tout autant un gage de réussite dans mon classement qu’un mauvais présage pour la vraie compétition européenne. Personnellement, je trouve que ce jeune homme comble idéalement l’absence de l’Italie, auquel sa ballade fait immanquablement penser.

8. PORTUGAL : Chamar a música par Sara (née en 1978)

        Paroles : Rosa Lobato de Faria           Musique : João Carlos Mota Oliveira

            Chef d’orchestre : Thilo Krassman

Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le jeudi 10 mars 1994 à Lisbonne

            C’est avec plus de 80 points d’avance que la toute jeune Sara Tavares (elle vient d’avoir 16 ans) remporte son billet pour l’Irlande. Gagnante quelques mois plus tôt du festival Chuva de Estrelas où elle interprétait One Moment in Time de Whitney Houston (ce qui pose une chanteuse), elle propose un univers bien différent à Dublin avec cette très jolie chanson écrite par celle qui avait signé les paroles d’Amor d’água fresca en 1992. La si jolie Sara d’origine cap-verdienne ne gagnera pas le Concours, mais il va lui servir de tremplin pour s’engager dans une carrière à succès qui dure encore aujourd’hui. Les Eurofans ravis la reverront lors du Concours de Lisbonne en 2018.

9. SUISSE : Sto pregando par Duilio (né en 1973)

        Paroles et Musique : Giuseppe Scaramello     Chef d’orchestre : Valeriano Chiaravalle       Sélection : interne

            Pour la première fois depuis 1980, la Suisse décide de sélectionner en interne son représentant. Son choix se porte sur Duilio, un chanteur d’origine italienne né à Bâle, qui n’a pour le moment pas eu la chance de se faire remarquer sur la scène nationale. Il va se rattraper en ce 30 avril, où sa ressemblance avec le Christ et sa chanson au titre très religieux vont attirer l’attention… mais pas au point de lui valoir un bon classement. La relégation se profile clairement à l’horizon pour nos amis helvètes. Quant au pauvre Duilio, il ne parviendra jamais à percer dans le monde de la musique.

10. ESTONIE : Nagu merelaine par Silvi Vrait (1951-2013) [Étoile au Firmament # 110]

        Paroles : Leelo Tungal                        Musique : Ivar Must               Chef d’orchestre : Urmas Lattikas

            Sélection : 1ère place à Eurolaul le samedi 26 février 1994 à Tallinn

            Malgré les trois chansons qu’elle y présente, la future Eurostar Evelin Samuel ne réussit pas à remporter la finale estonienne, qui échoit à l’expérimentée Silvi Vrait. Elle aussi spécialisée dans les comédies musicales (Porgy and Bess, Zorba le Grec, Cabaret, Le Roi et Moi, Chicago ou La Mélodie du Bonheur), la première représentante officielle du pays possède une voix et un métier que lui envient forcément ses adversaires. En revanche, la chanson qu’elle soumet au vote des juges n’est pas plus marquante que celle proposée par la jeune Janika un an plus tôt à Ljubljana (et dont l’auteur était déjà Leelo Tungal). Pourtant, le classement calamiteux qu’elle obtient me semble excessivement sévère.

11. ROUMANIE : Dincolo de nori par Dan Bittman (né en 1962)

Paroles et Musique : Antonio Furtuna & Dan Bittman                        Chef d’orchestre : Noel Kelehan

Sélection : 1ère place à la Selecţia Naţională le dimanche 16 janvier 1994 à Bucarest

            Après son premier échec l’année précédente, la future Eurostar Monica Anghel subit un nouveau revers lors de la finale roumaine. Elle n’est d’ailleurs pas la seule puisque son homonyme Luminiţa (candidate pour son pays en 2005) doit aussi s’incliner. Le vainqueur, Dan Bittman, est plus connu à l’époque pour les groupes de hard rock avec lesquels il chante, mais il est bien conscient que ce genre n’a aucune chance au Concours… pour le moment. Le problème est que ce qu’il présente à Dublin n’est guère plus compétitif 🙁

12. MALTE : More than love par Moira Stafrace (née en 1970) &  Christopher Scicluna (né en 1959)

        Paroles : Moira Stafrace        Musique : Christopher Scicluna          Chef d’orchestre : Anthony Chircop              Sélection : 1ère place au Festival Tal-Kanzunetta Maltija le samedi 5 février 1994 à La Valette

            Un vrai concentré d’Eurovision que cette finale maltaise ! Jugez un peu : on y retrouve Renato Micallef, Georgina Abela et Ray Caruana du groupe Live Report. Mais que peut l’expérience face à l’amour ? Tous doivent en effet s’incliner devant le couple (à la scène et dans la vie) formé par l’une des choristes et le guitariste de William Mangion, duo qui chante la passion qui est la sienne pour la musique – et pour l’un l’autre, comme le montre le petit ventre rond de Moira. À l’instar de Kirsten Siggaard en 1988, on se dit qu’une grossesse peut amener une femme enceinte à produire les notes les plus difficiles 🙂 Moi, je dis respect et je m’incline. Apparemment, je n’ai pas été le seul ce soir-là.

13. PAYS-BAS : Waar is de zon ? par Willeke Alberti (née en 1945)

        Paroles : Coot van Doesburgh             Musique : Edwin Schimscheimer         Chef d’orchestre : Harry van Hoof

Sélection : 1ère place au Nationaal Songfestival le samedi 26 mars 1994 à La Haye

            Seule candidate de la finale néerlandaise, où elle interprète huit titres, la doyenne de la soirée venge ainsi son père, sèchement battu en 1958 par Corry Brokken. On a toutefois un peu de mal à comprendre comment le compositeur du si dansant Wijs me de weg a pu lui écrire une chanson aussi terne et plate. Comme pour la Suisse, le parfum redouté de la relégation s’impose au fur et à mesure de la prestation…

14. ALLEMAGNE : Wir geben ‘ne Party par MeKaDo

        Paroles : Bernd Meinunger                 Musique : Ralph Siegel                       Chef d’orchestre : Norbert Daum

            Sélection : interne

            Pour la deuxième fois consécutive, le diffuseur public allemand décide de sélectionner en interne son candidat. Quand la situation est désespérée (l’Allemagne habituée des podiums ne l’a plus atteint depuis 1987), il faut se tourner vers des valeurs sûres, j’ai nommé les inévitables Siegel et Meinunger, qui proposent pour ce millésime leur 10ème contribution au Concours. Les auteurs de Theater, Johnny Blue et Ein bißchen Frieden retrouvent d’ailleurs la tête chez les bookmakers avec ce trio féminin, où s’expriment avec énormément de talent Melanie (fille de Steve Bender du groupe Dschinghis Khan), Katia et Dorkas (candidate malheureuse à la sélection allemande de 1989). Alors… eh bien, on patiente un peu 😉

15. SLOVAQUIE : Nekonečná pieseň par Martin Đurinda (né en 1961) & Tublatanka

[dont Jozef Dubán (1964-2003) et Juraj Černý (1961-2016) Étoiles au Firmament # 59)]

        Paroles : Martin Sarvaš                      Musique : Martin Đurinda                  Chef d’orchestre : Vladimir Valović

Sélection : interne

            Enfin présente sur la scène du Concours après son faux départ un an plus tôt, la Slovaquie est ravie de participer à la grande fête européenne (la joie du chef d’orchestre est évidente, non ?). Le groupe Tublatanka propose d’ailleurs une chanson très légère (peut-être même un peu trop, peu représentative de son vrai répertoire), qui vise à plaire au plus large public possible. Mais on sent l’inexpérience du pays en matière d’Eurovision, et l’issue des votes prouvera assez bien à quel point les jurys y ont été hermétiques.

16. LITUANIE : Lopšine mylimai par Ovidijus Vyšniauskas (né en 1957)

        Paroles : Gintaras Zdebskis                Musique : Ovidijus Vyšniauskas          Chef d’orchestre : Tomas Leiburas

Sélection : interne

            Pour sa première participation au Concours, le pays le plus méridional des états baltes va subir la pire des déconvenues. En effet, la ballade rock composée par le chanteur lui-même va se classer à la dernière place – désillusion déjà rencontrée en leur temps par l’Autriche, Monaco, le Portugal, Malte et la Turquie. La blessure est d’autant plus grande que Lopšine mylimai ne récolte pas un seul point, comme Oração en 1964. Ce classement terrible (et vraiment très sévère à mon sens) tiendra la Lituanie éloignée de la compétition pendant cinq ans…

17. NORVÈGE : Duett par Elisabeth Andreasson (née en 1958)

& Jan Werner Danielsen (1976-2006) [Étoile au Firmament # 74]

        Paroles : Hans Olav Mørk                   Musique : Rolf Løvland                       Chef d’orchestre : Pete Knutsen

Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le samedi 26 mars 1994 à Oslo

            Devenue depuis plus de dix ans une incontournable vedette en Norvège et en Suède, Elisabeth Andreasson décide de suivre son complice Rolf Løvland dans sa quête d’une deuxième victoire au Concours. Neuf ans après le La det swinge des Bobbysocks, la puissante chanteuse et le très doué compositeur s’alignent au MGP avec un nouveau duo, où la diva est cette fois accompagnée du jeune prodige Jan Werner Danielsen. La victoire ne fait pas un pli (Duett battant de plus de 140 points la chanson du décidément malchanceux Tor Endresen), et la délégation se présente à Dublin avec les plus grandes espérances. Sur scène, la très expérimentée Elisabeth soutient dès avant le début de la chanson son partenaire d’un soir – qui va fournir un prestation impressionnante.

18. BOSNIE-HERZÉGOVINE : Ostani kraj mene par Alma (née en 1968) & Dejan (né en 1966)  

        Paroles : Edo Mulahalilović                Musique : Adi Mulahalilović   Chef d’orchestre : Sinan Alimanović            Sélection : 1ère place à Eurosong BiH présenté par Ismeta Krvavać le samedi 26 février 1994 à Sarajevo

Pour sa troisième participation consécutive à sa finale nationale, Alma Čardžić (cette fois-ci accompagnée de Dejan Lazarević) obtient enfin le succès tant espéré : le droit de représenter son pays à l’Eurovision ! En Irlande, le couple est tout autant applaudi que Fazla un an plus tôt. Le public fait d’ailleurs une telle ovation aux deux chanteurs que Dejan n’entend même pas les premières notes de l’orchestre et se trouve dans l’incapacité de chanter les premiers mots d’Ostani kraj mene. Heureusement, tout rentre vite dans l’ordre et la prestation se déroule sans aucun problème. Mais un triomphe au moment de se présenter sur scène n’est pas nécessairement synonyme de triomphe en fin de soirée…

19. GRÈCE : Diri Diri par Kostas Bigalis (né en 1953)

            Paroles et Musique : Kostas Bigalis                Chef d’orchestre : Noel Kelehan        Sélection : interne

            Célèbre dans son pays depuis une vingtaine d’années, Kostas Bigalis (qui a joué dans une version locale de Jésus Christ Superstar) alterne les succès musicaux autant que les collaborations en tant qu’acteur pour la télévision. Choisi avec son groupe The Sea Lovers pour défendre les couleurs grecques en Irlande, il y présente To trehandiri – rebaptisé pour l’occasion du nom très chatouilleux de Diri Diri – avec l’espoir de faire au moins aussi bien que Katerina Garbi un an plus tôt. Il n’y parviendra pas, mais décrochera tout de même un milieu de tableau bien généreux à mon goût.

20. AUTRICHE : Für den Frieden der Welt par Petra Frey (née en 1978)

            Paroles : Karl & Johann Brunner         Musique : Alfons Weindorf    Chef d’orchestre : Herman Weindorf

            Sélection : 1ère place à Österreichische Vorausscheidung le mardi 8 mars 1994 à Vienne

Empêchant Simone Stelzer de faire son retour au Concours, la benjamine de la soirée Petra Frey remporte assez facilement la finale autrichienne, avec une chanson composée par Alfons Weindorf (membre d’Atlantis 2000 en 1991). C’est la première d’une longue série de chansons que je qualifie de ‘’chansons Casque Bleu’’, dont le texte un peu mièvre est en général interprété par une demoiselle toute fraîche. Digne d’être chanté par une Miss France, ce genre de titre n’a que peu de succès au Concours… ou dans mes classements. N’est pas Nicole qui veut.

21. ESPAGNE : Ella no es ella par Alejandro Abad (né en 1962)

            Paroles et Musique : Alejandro Abad                        Chef d’orchestre : Josef Llobell       Sélection : interne

            Né à Santiago du Chili, Alejandro Abad mène une carrière en Espagne et en Amérique du Sud depuis plusieurs années quand la TVE lui demande de la représenter au Concours Eurovision 1994. Troisième auteur – compositeur – interprète de la soirée, le jeune homme n’est guère en confiance au début de sa chanson, mais prend de l’assurance au fur et à mesure pour finalement délivrer une prestation tout à fait correcte. Malgré son classement très médiocre (et immérité), il repartira de Dublin avec les meilleurs souvenirs puisqu’il convaincra son ami Marcos Llunas de s’y présenter en 1997 et qu’il écrira le titre de David Civera en 2001.

22. HONGRIE : Kinek mondjam el vétkeimet ? par Friderika (née en 1971)

            Paroles et Musique : Szilveszter Jenei          Chef d’orchestre : Péter Wolf                     

Sélection : 1ère place à Nemzeti Döntő le samedi 5 février 1994 à Budapest

            Recalée lors de la présélection slovène un an auparavant, Andrea Szulák espère bien fouler cette fois la scène de l’Eurovision en Irlande. Malheureusement, elle ne finit que troisième de la finale hongroise, remportée par Friderika Bayer. Accompagnée à la guitare par l’auteur – compositeur de la chanson, celle-ci va faire son effet à Dublin, où sa chanson douce et mélancolique va récolter plusieurs fois la note maximale en début de période de votes, la plaçant provisoirement en tête avant de finir dans le Top 5 – record toujours de rigueur pour le pays 25 ans plus tard.

23. RUSSIE : Vječnij stranjik [Eternal wanderer] par Youddiph (née en 1973)

            Paroles : Piligrim                    Musique et Chef d’orchestre : Lev Zemlinski

Sélection : 1ère place à la finale russe le samedi 12 mars 1994 à Moscou

            C’est à une authentique artiste que le jury et le public russes confient la charge de représenter le pays au Concours pour sa première participation. Ayant débuté encore adolescente dans un groupe de hard rock, Maria Katz accompagne depuis plusieurs années de nombreux artistes locaux, et commence à écrire ses propres chansons. C’est le cas de Vječnij stranjik, qu’elle emmène avec elle à Dublin. Si le titre est aujourd’hui un peu oublié (à tort selon moi), nul n’a oublié le talent avec lequel elle utilise sa robe pour ressembler tantôt à une madonne implorant le retour de l’être aimé, tantôt un aigle prêt à s’envoler pour le rejoindre. On est très loin des effets de robe un peu gratuits d’Ireen Sheer en 1978 ou des Bucks Fizz en 1981.

24. POLOGNE : To nie ja ! par Edyta Górniak (née en 1972)

            Paroles : Jacek Cygan            Musique : Stanisław Syrewicz                         Chef d’orchestre : Noel Kelehan

            Sélection : interne

            Enfin autorisée à participer à un Concours qu’elle diffuse depuis des années, la Pologne ne fait pas dans la demi-mesure pour sa première contribution à la compétition. Edyta Górniak (dont le visage fait penser à celui de Valérie Kapriski) ne chante pas from the back of her neck, comme on dit Outre-Manche, et soumet là une prestation à littéralement vous couper le souffle. La 2ème place qu’elle décroche en fin de soirée – la meilleure pour un primo-arrivant de toute l’Histoire du Concours – paraît même à certains comme une sanction pour la jeune femme, qui a osé interpréter une partie de sa chanson en anglais, lors de la générale devant les jurys appelés à voter. Que se serait-il passé si elle s’était tenue à sa langue maternelle ? Bien malin est celui qui pourrait répondre à cette question… À part peut-être les six pays (sur les 13 nécessaires) qui ont demandé à l’époque la disqualification de la Pologne.

25. FRANCE : Je suis un vrai garçon par Nina Morato (née en 1966)

            Paroles : Nina Morato Musique : Bruno Maman                Chef d’orchestre : Alain Goraguer      

          Sélection : interne

            Changeant son fusil d’épaule après quatre propositions plus ethniques, France 2 sélectionne Nina Morato comme candidate française à Dublin. Habillée par Chantal Thomass qui lui dessine une guêpière bien plus sexy que celle des sœurs Kätkä, la délurée artiste fait un peu scandale dans la prude Irlande, et ceci d’autant plus qu’elle prononce le mot ‘’putain’’ dans sa chanson – provoquant la demande de certains de supprimer cette grossièreté lors de la finale. Autorisée à conserver tel quel le texte de sa chanson, Nina joue littéralement avec la caméra, rapportant un nouveau Top 10 à la France. Remarque : Matthieu Chedid, pas encore M-isé, l’accompagne à la guitare et Alain Goraguer (auprès de France Gall en 1965 et d’Isabelle Aubret en 1968) dirige l’orchestre.

L’entracte

            Les 25 chansons candidates ayant été interprétées, Cynthia et Gerry annoncent l’entracte peut-être le plus célèbre de toute l’histoire de l’Eurovision : Riverdance. Une troupe de danseurs traditionnels (dont les champions du monde de la spécialité Jean Butler et Michael Flatley) présentent une remarquable prestation artistique et physique, sur une musique composée par le talentueux Bill Whelan et accompagnée du groupe vocal Anúna (rien à voir avec un affligeant animateur français). Le triomphe sera tel que, après avoir été premier des charts irlandais pendant des semaines devant le duo vainqueur, le collectif se produira dans le monde entier et récoltera une notoriété très méritée.

À l’issue de cette prestation dûment ovationnée par la salle, les deux maîtres de cérémonie – qui ont changé de tenue pour la deuxième partie de soirée – annoncent que les votes vont pour la première fois être annoncés par satellite, ce qui va permettre à chacun de découvrir les visages de tous les porte-parole.  Puis, pour la première fois depuis 1956, ils accueillent à leurs côtés le scrutateur général, Christian Clausen, avant de rappeler la règle en cas d’ex-æquo et de présenter le trophée dessiné par une artiste irlandaise pour l’occasion. Puis, commence la révélation des points attribué par chaque jury national.

Le vote et les résultats

 P L A C ES C O R E  S U È  F I N  I R L  C H Y  I S L    U K  C R O  P O R  S U I  E S T    R O U  M A L    N E D  A L L  S V K  L I T  N O R  B O S  G R È  A U T  E S P  H O N  R U S    P O L  F R A
S1348    2   72 365 510  512   
SF2211                 110      
IR1226107 81210121212108512126101210 1010101288
CY1151 10  3  52       5 12 4 253
IC1249816  6 33     13   36 144
GB1063  15  6885  243 24 13353 
CR1627           10  12   5      
P873558 88  5  13    8  127416
CH1915           8        2   5
ES242                  2      
R2114           6   2  6      
MA59746102 1746710 13107 127      
NL234                   4     
D31286356771010 312 4 7417 281277 
SK1915           12      3      
LT250                         
N6767 310143 184 72 1 61 558  
BH1539 2    4    7  8     71  10
G144424 12      64 15 4    4 2 
A17191  7 32   1      5       
E1817          5   2   8     2
H4122121212 10251442 107  83 8  3127
RU970  434512 13 56 63 46 6 101
PL2166 871612871012728104126  12 86 12
F7743 245  6 6   8 872 7  106 

L’Irlande, qui a mené au score pendant la plus grande partie des votes, remporte donc sans surprise une 6ème victoire – ce qui fait d’elle le pays le plus victorieux depuis la création du Concours. C’est également la première fois qu’un pays gagne trois fois de suite, et son écart avec son dauphin est historique, puisqu’il termine avec 60 points d’avance (seule Nicole en 1982 avait distancé d’un seul point supplémentaire Israël). La Pologne (2ème), la Hongrie (4ème après avoir été en tête des votes au tout début) et la Russie (9ème) réussissent magnifiquement leur entrée – les deux premières n’ayant toujours pas fait mieux depuis. L’Allemagne retrouve enfin un podium sept ans après Wind, alors que Malte, la Norvège, la France, le Portugal et le Royaume-Uni continuent leurs moissons de Tops 10. A contrario, ça sent le sapin pour une éventuelle participation de la Lituanie, de l’Estonie, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Roumanie, de la Slovaquie et de la Suisse en 1995.

Look: The most memorable Eurovision moments
Le trio vainqueur récompensé

Paul Harrington et Charlie McGettigan reviennent donc sur scène, accompagnés de leur auteur – compositeur, pour recevoir leur trophée des mains de Niamh Kavanagh. C’est évidemment l’allégresse dans la salle, où le public jubile. Puis, la soirée se termine comme tous les ans : par la reprise du titre vainqueur.

Mon Top 10

            Même s’il n’atteint pas à mes yeux (ou à mes oreilles) le niveau de l’édition 1993, ce Concours de Dublin est pour moi un excellent cru, avec des chansons que j’adore et que j’écoute toujours très régulièrement et avec un plaisir énorme. Comme l’année précédente, de nombreux titres candidats en ce 30 avril occupent encore mon Top 5 mis en place pour chaque nation.

  1. POLOGNE : To nie ja ! par Edyta Górniak (il faut vraiment justifier ?)
  2. RUSSIE : Vječnij stranjik par Youddiph (absolument tout est de la plus grande beauté dans cette proposition)
  3. CHYPRE : Ime anthropos ki ego par Evridiki (quelle voix, quels yeux, quelle musique… et la superbe langue grecque)
  4. ALLEMAGNE : Wir geben ‘ne Party par MeKaDo (la plus dansante de la soirée, et une choré entrée dans les annales)
  5. PORTUGAL : Chamar a música par Sara (parce que la voix de Sara est tout aussi puissante que douce, un exploit)
  6. ROYAUME-UNI : We will be free par Frances Ruffelle (pour le rythme très original et cette voix si belle)
  7. MALTE : More than love par Moira Stafrace & Christopher Scicluna (chanson admirablement écrite et interprétée)
  8. NORVÈGE : Duett par Elisabeth Andreasson & Jan Werner Danielsen (pour les deux magnifiques voix)
  9. CROATIE : Nek’ ti bude ljubav sva par Tony Cetinski (pour le romantisme et les remarquables choristes)
  10. FINLANDE : Bye bye baby par CatCat (parce que le pays ne mérite pas ces camouflets à répétition)

Lanterne rouge : GRÈCE : Diri Diri par Kostas Bigalis (parce que tout m’agace dans cette proposition)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 22 août à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Petite augmentation dans le nombre de votants cette semaine, avec 36 courageux lecteurs qui se sont arraché les cheveux pour établir un Top 10 digne de ce nom. La chanson victorieuse s’est assez vite détachée, et comme souvent le combat a été acharné pour les deux autres places sur le podium. Au final, des écarts assez nets entre les titres proposés, et beaucoup de premières couronnes dans les classements individuels.

25. Lituanie : Lopšine mylimai par Ovidijus Vyšniauskas : 8 points de 3 votants (maximum 4 points) score identique à celui d’origine, mais pas vierge

24. Suisse : Sto pregando par Duilio : 11 points de 2 votants (maximum 6 points) – 5 places

23. Espagne : Ella no es ella par Alejandro Abad : 11 points de 3 votants (maximum 5 points) – 5 places

22. Grèce : Diri Diri par Kostas Bigalis : 17 points de 3 votants (maximum 8 points) – 8 places

21. Estonie : Nagu merelaine par Silvi Vrait : 21 points de 5 votants (maximum 7 points) + 3 places

20. Croatie : Nek ‘ti bude ljubav sva par Tony Cetinski : 22 points de 8 votants (maximum 7 points) – 4 places

19. Slovaquie : Nekonečná pieseň par Martin Đurinda & Tublatanka : 26 points de 6 votants (maximum 10 points) score identique

 18. Suède : Stjärnorna par Marie Bergman & Roger Pontare : 29 points de 10 votants (maximum 12 points de Roland) – 5 places

17. Islande : Nætur par Sigga : 37 points de 8 votants (maximum 12 points de Rem) – 5 places

16. Roumanie : Dincolo de nori par Dan Bittman : 41 points de 7 votants (maximum 10 points) + 5 places

15. Autriche : Für den Frieden der Welt par Petra Frey : 41 points de 8 votants (maximum 10 points) + 2 places

14. Pays-Bas : Waar is de zon ? par Willeke Alberti : 43 points de 9 votants (maximum 12 points de Philippe) + 9 places

13. Bosnie-Herzégovine : Ostani kraj mene par Alma & Dejan : 56 points de 9 votants (maximum 12 points de Valifran et Julien) + 2 places

12. Finlande : Bye bye baby par CatCat : 72 points de 17 votants (maximum 12 points de Zipo) + 10 places

11. Malte : More than love par Moira Stafrace & Christopher Scicluna : 86 points de 14 votants (maximum 12 points de Garfieldd) – 6 places

10. France : Je suis un vrai garçon par Nina Morato : 89 points de 18 votants (maximum 12 points de Gaël) – 3 places

9. Chypre : Ime anthropos ki ego par Evridiki : 117 points de 23 votants (maximum 12 points de Greg) + 2 places

8. Portugal : Chamar a música par Sara : 119 points de 21 votants (maximum 12 points de Duncky) score identique

7. Allemagne : Wir geben ‘ne Party par MeKaDo : 133 points de 26 votants (maximum 10 points) – 4 places

6. Royaume-Uni : We will be free [Lonely symphony] par Frances Ruffelle : 156 points de 26 votants (maximum 12 points de Minsk et PLG) + 4 places

5. Norvège : Duett par Elisabeth Andreasson & Jan Werner Danielsen : 159 points de 26 votants (maximum 12 points de Phileurophage et Olivier) + 1 place

4. Russie : Vječnij stranjik [Eternal wanderer] par Youddiph : 169 points de 25 votants (maximum 12 points de Pauline, Jérémie et Pascal) + 5 places

3. Hongrie : Kinek mondjam el vétkeimet ? par Friderika : 186 points de 26 votants (maximum 12 points de Gérald, Franck, Benoît et Sakis) + 1 place

2. Irlande : Rock’n’roll kids par Paul Harrington & Charlie McGettigan : 195 points de 27 votants (maximum 12 points de RV, Yom, Taron, Chloé, Denez et Marie) – 1 place

1. Pologne : To nie ja ! par Edyta Górniak : 244 points (12 x 12 ! ! !) de 30 votants (maximum 12 points de Kikichouchou, Gwendal, Jean-Michel, Picasso, tHEO, Yvonne, Betty, Juju et Francis) + 1 place

            Comme vous pouvez le constater, de grandes disparités entre le vrai Concours et notre classement sont à remarquer. Nous attribuons la victoire à la Pologne (ce que nous n’avions pas fait pour un primo-arrivant depuis 1956), devant l’Irlande (pour la 3ème année de suite sur notre podium). La Hongrie et la Russie réussissent magnifiquement leur entrée avec deux places dans le Top 5 – au contraire de l’Estonie, de la Slovaquie et de la Lituanie. Chypre revient dans le Top 10 pour la première fois depuis 1987, alors que la Suisse, la Grèce et l’Espagne obtiennent leurs plus mauvais classements de nos Rétrospectives. Belles progressions également des Pays-Bas et de la Finlande, que nous avons beaucoup plus appréciés que les jurys de l’époque. Autant dire que nous n’aurions pas relégué les mêmes pays…

            Voilà pour les résultats de cette 39ème édition. Je vous donne rendez-vous dès ce soir pour un nouveau cru irlandais 😛 En attendant, portez-vous bien, et prenez soin de vous et de vos proches !