Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            Je vous invite cette semaine à vous embarquer à mes côtés pour revivre l’édition du Concours qui s’est tenue dans la plus petite ville de toute son histoire. À mon sens, ce millésime est le meilleur de tous, pratiquement toutes les chansons me plaisent, et la victoire d’une bonne moitié d’entre elles m’aurait satisfait. C’est dire si j’ai un mal fou à définir un Top 10 et que je dois en rejeter un trop grand nombre à mon plus grand regret. Mais cessons de geindre, et revivons ensemble ce grand moment de musique qu’a été le…

38ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 15 mai 1993

en direct de la Green Glens Arena de Millstreet (Irlande)

présenté par Fionnuala Sweeney

L’organisation du Concours

Alors même que Linda Martin reprend son titre vainqueur à Malmö, un entrepreneur du comté de Cork (dans le sud-ouest de l’Irlande) décide d’écrire directement à la RTÉ. Propriétaire de la Green Glens Arena, un stade couvert dédié aux compétitions hippiques, Noel C. Duggan considère que ce serait le lieu idéal pour accueillir la compétition l’année suivante. Bien que le complexe soit situé près de Millstreet, une petite ville de 1500 habitants, le diffuseur national accepte son offre et prend la décision d’y organiser l’édition 1993. Seulement voilà, la localité ne dispose d’aucune des infrastructures nécessaires, si ce n’est une toute petite gare. On débloque rapidement de l’argent afin d’engager les travaux indispensables : on aplanit le sol de l’Arena, on augmente sa superficie et on surélève son plafond, puis on agrandit la gare et on prolonge sa voie ferrée jusqu’à Cork, où seront logés les délégations et les journalistes, lesquels s’y rendront par une navette mise en place pour l’occasion. Bref, une dépense énorme pour l’État, le Comté et la petite ville. On espère donc un retour sur investissement de qualité.

The Seven Strangest Eurovision Venues Of All Time | OnEurope
La Green Glens Arena de Millstreet

Comme Frank Naef l’avait précisé en Suède en 1992, le Concours rencontre un problème de taille : devant son succès, de nombreux pays souhaitent s’inscrire à la compétition, en particulier les nations nées de l’éclatement de l’ex-Yougoslavie et de l’Union Soviétique. Il a par conséquent été statué que les pays ayant participé l’année précédente (à l’exception de la Yougoslavie, pays officiellement défunt) seraient qualifiés d’office pour la finale irlandaise, et que les trois places restantes seraient attribuées aux nations arrivées en tête de la présélection, organisée à Ljubljana au mois d’avril. C’est ainsi que la Slovénie, la Croatie et la Bosnie-Herzégovine viennent grossir le nombre de concurrents, établissant un nouveau record de 25 postulants – qui tiendra jusqu’en 2003. Mais attention, on précise que le Concours devra accueillir l’année suivante tous les pays recalés ou déposant une nouvelle candidature, et que les plus mal classés de cette édition 1993 seront relégués pour un an ! On pense ainsi élever le niveau des propositions, on ne va en revanche faire naître que frustration et découragement.

La Slovénie se cherche une compagnie nationale - Déplacements Pros
Ljubljana, capitale de la Slovénie

Du côté des participants, on assiste aux traditionnels retours de plusieurs concurrents : Tony Wegas s’aligne pour l’Autriche pour la deuxième fois consécutive (avec, parmi ses choristes, Gary Lux, déjà trois fois candidat au Concours), Tommy Seebach et Katri-Helena retentent leurs chances pour le Danemark et la Finlande, respectivement 12 et 14 ans après leur précédente apparition sur la scène, le Finnois Pave et le Néerlandais Humphrey Campbell officient dans les chœurs… ce dernier accompagnant sa propre choriste, Ruth Jacott, devant les caméras irlandaises.

Les règles

Aucun changement n’est apporté au règlement. Nombre de commentateurs sont reconduits par leurs diffuseurs nationaux (Pat Kenny pour l’Irlande, Terry Wogan pour le Royaume-Uni, Daniel Pe’er pour Israël…), France 2 faisant confiance à Patrice Laffont, la télévision slovène à Tajda Lekše (qui a présenté la présélection un mois auparavant) et celle de Bosnie à Ismeta Dervoz-Krvavać, la divine chanteuse du groupe Ambasadori (avant-dernier du Concours 1976 pour la Yougoslavie). Olivier Minne, pour sa part, révèlera à nouveau les points du jury français – pour la dernière année par téléphone, puisque 1994 verra se mettre en place des liaisons vidéo par satellite.

Patrice Laffont : biographie, news, photos et videos - Télé-Loisirs
Patrice Laffont

Parmi les votants, siègent Maja Blagdan (2ème de la sélection croate et future représentante de son pays en 1996), Bessy Argyraki et Paschalis Arvanitidis (candidats pour la Grèce en 1977) et Sergio Blanco Rivas et Estíbaliz Uranga (présents à Stockholm pour l’Espagne en 1975).

Paroles de « Maja Blagdan » - FR
Maja Blagdan

La présentation et l’orchestre

Pour la première fois depuis Viktor Laszlo en 1987, c’est sur les épaules d’une seule maîtresse de cérémonie que va reposer la lourde charge d’animer le Concours. La sublime Fionnuala Sweeney (née à Belfast en 1965) a grandi à Dublin, où elle a étudié l’anglais et l’histoire. Diplômée en Sciences de l’Éducation du célèbre University College, elle est entrée en 1986 sous le pseudonyme de Lisa Moore à Energy Power, une radio pirate où elle annonçait les nouvelles aux auditeurs. Arrivée deux ans plus tard à la radio puis à la télévision nationales, elle y a monté tous les échelons, jusqu’à ce Concours Eurovision qui va être un vrai tremplin pour elle, comme pour plusieurs artistes concourant pour le titre suprême. En effet, elle alternera pendant plusieurs années ses missions d’envoyée spéciale pour la RTÉ et pour CNN, se rendant sur des zones de conflit comme Haifa, l’Égypte de Moubarak ou la Libye de Khadafi.

Out the Door at CNN International? — FTVLive
Fionnuala Sweeney

Pour la 3ème fois après 1981 et 1988, Noel Kelehan dirige l’orchestre de la RTÉ – faisant de lui le recordman de la spécialité, à égalité avec le Britannique Ronnie Hazlehurst (chef d’orchestre en 1974, 1977 et 1982).

Les chansons candidates

Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, public et téléspectateurs sont transportés quelques instants dans le monde magique si caractéristique de l’île d’Émeraude, avec une référence aux personnages de la mythologie irlandaise, Eochaid et Étain. Puis, sont diffusées les habituelles images du pays sur fond de musique celte, avant que n’apparaisse au centre de la scène la reine de la soirée, Fionnuala Sweeney. D’une élégance et d’une classe extrêmes, sa beauté est encore sublimée par les lumières imaginées par le décorateur Alan Farquharson. Le plateau translucide est en effet éclairé par des rampes lumineuses qui surplombent la scène, mais aussi par des néons placés sous le plancher.

Alan Farquharson - Set Designer - Celtic Rising The Show; JBM ...
Alan Farquharson

Après avoir fait applaudir Davy Spillane, qui a joué pendant l’ouverture de la retransmission, la très belle Fionnuala s’exprime en gaélique, français et anglais (appréciez l’ordre choisi…) pour faire remarquer que cette 38ème édition est la plus grande jamais organisée avec 25 pays participants, et que 300 millions de téléspectateurs vont la regarder dans le monde entier. Puis, elle salue Noel Kelehan, dont c’est la 21ème apparition au Concours, et lance une courte vidéo, qui présente la ville et sa région. Enfin, la première carte postale est diffusée.

1. ITALIE : Sole d’Europa par Enrico Ruggeri (né en 1957)

        Paroles et Musique : Enrico Ruggeri              Chef d’orchestre : Vittorio Cosma                 Sélection : interne

            Vainqueur à deux reprises du Festival de San Remo, dont la dernière édition trois mois plus tôt, le chanteur du groupe punk rock Decibel met un peu d’eau dans son vin en proposant une chanson peu marquante et assez plate sur la construction d’une nouvelle Europe. Impossible de dire si l’exemple de Toto Cutugno trois ans plus tôt l’a inspiré, mais le destin du chanteur milanais sera bien différent de celui du compositeur de L’Italiano.

2. TURQUIE : Esmer yarım par Burak Aydoş (né en 1972)

        Paroles et Musique : Burak Aydoş     Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 13 mars 1993 à Istanbul

            Deuxième auteur – compositeur – interprète de la soirée, le tout jeune Burak Aydoş se présente sur scène avec ses musiciens, les frères Öztürk (dont l’un est le portrait craché de George Michael). Là encore, un titre un peu passe-partout, qui aura bien du mal à marquer les jurys européens. Et malgré le rythme endiablé et un saxophoniste plein d’énergie, la relégation de la Turquie semble évidente à tout le monde.

3. ALLEMAGNE : Viel zu weit par Münchener Freiheit

        Paroles et Musique : Stefan Zauner              Chef d’orchestre : Norbert Daum                  Sélection : interne

            Après les multiples échecs subis depuis 1988, le diffuseur public allemand décide de sélectionner en interne son représentant pour l’édition de Millstreet. Son choix se porte sur le groupe Münchener Freiheit, qui a signé cinq ans plus tôt un grand succès avec Keeping the Dream Alive, très bien classé au Royaume-Uni. Mais la formation, bien qu’elle comprenne en son sein Michael Kunze (déjà parolier de cinq contributions au Concours), ne parvient pas plus que ses deux adversaires précédents à impressionner les jurys européens.

4. SUISSE : Moi, tout simplement par Annie Cotton (née en 1975)

        Paroles : Jean-Jacques Egli               Musique : Christophe Duc       Chef d’orchestre : Marc Sorrentino

Sélection : 1ère place à Schweizer Ausscheidung présentée par Sandra Simó le samedi 6 février 1993 à Zurich

            Parce qu’il pense (comme d’autres avant et après lui) que ce qui a marché une fois peut encore fonctionner, le public suisse choisit comme représentante une jeune fille originaire du Canada, à la voix affirmée et à la présence sur scène incontestable. Les paroles de la chanson, écrites par celui qui avait signé le titre de Carol Rich en 1987, sont bien plus intéressantes que Moitié – moitié, et la déterminée Annie Cotton les interprète avec un tel aplomb qu’elle va filer (coton, filer… métaphore filée, diraient mes collègues professeurs de lettres) vers un podium inattendu pour la Confédération. Le dernier en date.

5. DANEMARK : Under stjernerne på himlen par Seebach Band

[dont Tommy Seebach (1949-2003) Étoile au Firmament # 58]

        Paroles : Keld Heick               Musique : Tommy Seebach                 Chef d’orchestre : George Keller                   Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 3 avril 1993 à Odense

            Grand habitué du DMGP auquel il a participé à six reprises entre 1979 et 1987, Tommy Seebach y fait son grand retour en espérant l’emporter pour la troisième fois. L’affaire est rondement menée (son parolier lui a porté chance puisqu’il co-anime la finale avec Kirsten Siggaard du duo Hot Eyes), et il y gagne son billet pour l’Irlande, douze ans après sa dernière visite sur l’île d’Émeraude. La chanson est très agréable à écouter, légère et sans prétention. Tommy, marqué par les épreuves de la vie, incite forcément à la compassion. L’orchestration est très réussie et la présentation est originale. Bref, le classement catastrophique qu’il décroche en fin de soirée – et qui va tellement lui être reproché – est à mon sens profondément injuste et purement scandaleux.

6. GRÈCE : Ellada, hora tou fotos par Katerina Garbi (née en 1961)

        Paroles et Musique : Dimosthenis Stringlis               Chef d’orchestre : Haris Andreadis   Sélection : interne

            Folle de joie et soulagée après la 5ème place obtenue par Cleopatra à Malmö (son meilleur classement depuis 15 ans), la chaîne nationale grecque décide de poursuivre dans la même voie en sélectionnant sa représentante en interne. Cette fois, elle opte pour Katerina Garbi, qui s’est fait connaître plus jeune grâce au duo qu’elle formait avec sa petite sœur Liana. Le titre qu’elle interprète à Millstreet est certes typiquement grec, mais la jeune femme a d’autres atouts qu’elle utilise à la perfection, en particulier la robe qu’elle porte pour l’occasion. Celle-ci va créer la polémique dans son pays et inciter la réalisatrice (la première femme à occuper ce poste) à la filmer en gros plan pendant 43 secondes, record inégalé :O

7. BELGIQUE : Iemand als jij par Barbara (née en 1974)

        Paroles : Tobana                    Musique : Marc Vliegen                      Chef d’orchestre : Bert Candries                   Sélection : 1ère place à Eurosong le samedi 6 mars 1993 à Knokke

            Gagnante de la sélection belge avec une chanson dont le texte a été écrit par son père, la pauvre Barbara n’imaginait sûrement pas la déconvenue qu’elle allait subir. D’abord, les critiques au sujet de la robe qu’elle porte et qu’elle a cousue point par point seront si acerbes qu’elles motiveront la création quelques années plus tard d’un Prix portant son nom et récompensant la tenue la plus laide arborée par un candidat au Concours. Ensuite, les trois petits points qu’elle décrochera en fin de soirée seront très douloureux et, honnêtement, injustifiés. Mais l’homonyme de la créatrice de Ma plus belle histoire d’amour, c’est vous ou de Dis, quand reviendras-tu ? n’en gardera pas rancune puisqu’elle tentera à plusieurs reprises de revenir au Concours.

8. MALTE : This time par William Mangion (né en 1958)

        Paroles et Musique : William Mangion                                              Chef d’orchestre : Joseph Sammut

Sélection : 1ère place à Kanzunetta għall-Ewropa le samedi 13 mars 1993 à La Valette

            Opposé à de nombreuses Eurostars passées ou futures (Enzo Guzman, Renato Micallef, Paul Giordimaina, Moira Stafrace, Mike Spiteri ou Claudette Pace), William Mangion gagne chez lui le droit de représenter son archipel natal avec la version anglaise de sa chanson. Assez différente des autres contributions de par son rythme très rock (on pense immanquablement à Joe Cocker), This time va suffisamment marquer les jurys pour qu’ils offrent au petit état insulaire un troisième Top 10 d’affilée. Et surtout, le guitariste et deux des choristes qui accompagnent William sur scène vont prendre le virus de la compétition et y revenir dans de très brefs délais.

9. ISLANDE : þá veistu svarið par Inga (née en 1972)

        Paroles : Friðrik Sturluson                                         Musique et Chef d’orchestre : Jon Kjell Sejleseth

            Sélection : 1ère place au Söngvakkepnin le samedi 20 février 1993 à Reykjavik

            Largement victorieuse devant Anna Mjöll Ólasfsdóttir (candidate pour l’Islande en 1996), Ingibjörg Stefánsdóttir – Inga pour le Concours – vient éclabousser de sa beauté et de son sourire irrésistible la scène de l’Eurovision. Beaucoup de fraîcheur et de légèreté dans le titre qu’elle interprète, des choristes au top (dont la très jolie Eva Ásrún Albertsdóttir), un saxophoniste de grand talent : tout ce qu’il faut logiquement pour assurer une place parmi les dix premiers.  Sauf que… non 🙁

10. AUTRICHE : Maria Magdalena par Tony Wegas (né en 1965)

        Paroles : Thomas Spitzer                   Musique : Christian Kolonovits & Johann Bertl

            Chef d’orchestre : Christian Kolonovits

            Sélection : 1ère place à Österreichische Vorausscheidung le mardi 30 mars 1993 à Vienne

            Particulièrement déçue par sa dixième place l’année précédente mais toujours confiante dans les capacités de Tony Wegas de décrocher un excellent classement, l’ÖRF décide de faire à nouveau appel à lui. Elle lui propose d’interpréter sept titres en finale nationale, parmi lesquels le public désignera le plus susceptible de gagner en Irlande. Maria Magdalena (composée par Christian Kolonovits, l’un des membres de The Milestones, 5ème à Édimbourg en 1972) démarre sur les chapeaux de roue, les choristes sont extrêmement convaincants et Tony a une énergie très communicative. Et de fait, il fait encore partie des favoris avant Concours… mais une deuxième tentative pour un Sarközi ? Échec assuré :O

11. PORTUGAL : A cidade até ser dia par Anabela (née en 1976)

Paroles et Musique : Pedro Abrantes, Marco Quelhas & Paulo De Carvalho   Chef d’orchestre : Armindo Neves

Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le jeudi 11 mars 1993 à Lisbonne

            Qualifiée avec 19 autres interprètes à l’issue de cinq demi-finales, la très jeune Anabela Braz Pires (elle n’a pas encore 17 ans) fait partie des quatre artistes que sélectionne un jury d’experts, parmi lesquels on peut voir Carlos Mendes, Fernando Tordo, Dulce Pontes (trois anciens représentants portugais au Concours) et Rita Guerra (qui défendra les couleurs de son pays en 2003). L’adolescente présente déjà un CV impressionnant : victorieuse à douze ans de la Grande Nuit du Fado, elle termine la même année 2ème du Festival de la Chanson organisé par l’UNICEF aux Pays-Bas, où elle se voit remettre le Prix Danny-Kaye de la meilleure interprète. Quant à sa chanson, elle a été co-écrite et composée par Paulo De Carvalho, dont on sait l’importance que sa contribution de 1974 a eue sur la Révolution des Œillets et sur sa propre carrière. Bon, trêve de suspense : elle l’emporte largement devant José Cid (candidat à La Haye en 1980) et s’envole pour l’Irlande, où elle sera tout aussi magistrale.

12. FRANCE : Mama Corsica par Patrick Fiori (né en 1969)

        Paroles et Musique : François Valéry             Chef d’orchestre : Christian Cravero             Sélection : interne

            Natif de Marseille et ayant vécu à Ajaccio, Patrick Fiori (dont le père est d’origine arménienne) a choisi le nom de jeune fille de sa mère pour faire carrière. Il a débuté très jeune puisque le fils de Fernandel l’engage en 1981 pour une comédie musicale qu’il a écrite, La Légende des Santonniers. Puis après un passage dans l’émission Les Habits du Dimanche de Léon Zitrone, il assure les premières parties de Gilbert Montagné, de Michèle Torr et de Barry White. Autant dire que Marie-France Brière, toujours à la recherche de talents vocaux capables de valoriser les différents courants musicaux dont regorge la France, saute sur l’occasion dès qu’elle le rencontre. Elle demande à François Valéry, qui a signé des tubes immenses dans les années 70 et 80 (citons Emmanuelle, Elle danse Marie ou Aimons-nous vivants), de lui écrire une chanson : ce sera Mama Corsica, et le triomphe sera complet, tant en ce 15 mai qu’en France, où le jeune homme ne va pas tarder à devenir l’un des plus grands vocalistes du pays.

13. SUÈDE : Eloise par Arvingarna

        Paroles : Gert Lengstrand                  Musique : Lasse Holm             Chef d’orchestre : Curt-Eric Holmquist

Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le vendredi 5 mars 1993 à Göteborg

            Après l’avant-dernière place historique décrochée par Christer Björkman un an plus tôt, il fallait impérativement redorer le blason du pays en envoyant au Concours une chanson efficace et très bien chantée (tout ce que n’était pas I morgon år en annan dag). L’ancien coiffeur est donc totalement ignoré par le public, qui lui préfère cette Eloise, composée par l’ancien candidat Lasse Holm – à qui on doit déjà Dag efter dag, Främling et Bra vibrationner. Arvingarna (Les Héritiers, puisque les parents de deux des choristes sont également membres d’un groupe à succès en Suède) va faire le job, c’est le moins que l’on puisse dire !

14. IRLANDE : In your eyes par Niamh Kavanagh (née en 1968)

        Paroles et Musique : Jimmy Walsh                                                   Chef d’orchestre : Noel Kelehan

            Sélection : 1ère place à National Song Contest présenté par Pat Kenny le dimanche 14 mars 1993 à Dublin

            Très largement gagnante de la finale irlandaise, celle qui travaille encore en tant que guichetière à l’Allied Irish Bank espère bien faire la passe de deux après la victoire de Linda Martin à Malmö. Elle n’est déjà pas une inconnue pour le public irlandais puisqu’elle a chanté sur la bande originale du film The Commitments, d’Alan Parker. Quant à son employeur, il lui paye une page entière dans la presse locale pour lui faire sa publicité, lui promettant son lundi si elle réussit à remporter la compétition ! Bah voilà comment bénéficier d’un week-end prolongé 😛

15. LUXEMBOURG : Donne-moi une chance de te dire par Modern Times

        Paroles et Musique : Jimmy Martin & Patrick Hippert                      Chef d’orchestre : Francis Goya

Sélection : interne

            Pour ce qui va se révéler être la dernière contribution du pays au Concours, le Grand-Duché choisit un duo d’artistes luxembourgeois (comme Sarah Bray et Marion Welter), abandonnant la formule qui lui avait pourtant si bien réussi pendant des décennies : l’appel à des artistes francophones déjà très connus ou en passe de le devenir. Simone Weis et Jimmy Martin (qui a co-écrit la chanson avec Patrick Hippert, l’auteur d’Un baiser volé) ont peu de charisme, leurs looks ne sont pas assortis, le mélange du français et du luxembourgeois ne fonctionne pas… Bref, tout cela présage du pire pour la fin de soirée 🙁

16. SLOVÉNIE : Tih deževan dan par 1 x Band

        Paroles : Tomaž Kosec                        Musique : Cole Moretti           Chef d’orchestre : Jože Privšek

Sélection : 1ère place à la présélection de Ljubljana le samedi 3 avril 1993

            Porté par sa victoire lors de la phase de qualification organisée un mois plus tôt dans son pays, Cole Moretti se présente rempli de confiance à Millstreet. Il faut lui reconnaître deux décisions très intelligentes : le changement de tenue bienvenu (toujours aussi coloré qu’à Ljubljana, mais moins folklorique quand même) et l’appel au talentueux chef d’orchestre slovène qui avait accompagné les deux premières candidates yougoslaves en 1961 et 1962. Mais pas de chance pour ce groupe quelconque (c’est ce que signifie son nom), le niveau est diablement élevé en Irlande et Tih deževan dan va passer totalement inaperçu. Dommage.

17. FINLANDE : Tule luo par Katri-Helena (née en 1945)

        Paroles : Jukka Saarinen                    Musique : Matti Puurtinen      Chef d’orchestre : Olli Ahvenlahti

Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 6 mars 1993 à Helsinki

            Vedette immense depuis trente ans dans son pays, la sublimissime Katri-Helena n’avait pas remis les pieds à sa sélection nationale depuis sa victoire en 1979. Les nombreux accessits qu’elle y avait décrochés lors de ses quatre premières participations avaient dû la décourager autant que son classement à Jérusalem. Mais en 1993, Matti Puurtinen, qui avait déjà signé avec le succès que l’on sait La Dolce Vita pour Anneli Saaristo, lui propose Tule luo. Séduite par cette magnifique chanson, elle accepte de s’aligner à nouveau à l’Euroviisut, qu’elle remporte haut la main. Mais il faut croire que les jurys européens cette année-là étaient totalement sourds et aveugles, puisqu’ils ne la classeront que très, très loin de la place qui aurait dû lui revenir. Une honte.

18. BOSNIE-HERZÉGOVINE : Sva bol svijeta par Fazla (né en 1967) 

        Paroles : Fahrudin Pecikoza & Edin Dervišhalidović                           Musique : Edin Dervišhalidović

Chef d’orchestre : Noel Kelehan        Sélection : 2ème place à la présélection de Ljubljana le samedi 3 avril 1993

Ayant décroché la 2ème place un mois plus tôt en Slovénie, Muhamed Fazlagić et ses musiciens ont dû braver les bombardements serbes sur Sarajevo pour pouvoir monter dans l’avion qui les emmenait en Irlande. Pris sous un feu d’artillerie, le chef d’orchestre bosniaque, Esad Arnataulić, n’a pas pu monter à bord, c’est donc Noel Kelehan qui va diriger l’orchestre pour Sva bol svijeta (Tous les malheurs du monde). Après une très longue ovation du public, Fazla va se lancer dans cette chanson éminemment bouleversante, à la musique lancinante qui rappelle le bruit des bombes. Personnellement, je ne comprends même pas comment il a pu chanter son titre après une telle réception !

19. ROYAUME-UNI : Better the devil you know par Sonia (née en 1971)

            Paroles et Musique : Dean Collinson & Red                                        Chef d’orchestre : Nigel Wright

            Sélection : 1ère place à A Song for Europe présentée par Terry Wogan le vendredi 9 avril 1993 à Londres

            Remarquée par le trio Stock – Aitken – Waterman (qui lance dans les années 80 les carrières internationales de Rick Astley, Kylie Minogue, Samantha Fox ou Sabrina), Sonia Evans décroche son premier numéro un avec You’ll Never Stop me from Loving you alors qu’elle n’a que 18 ans. Forte d’un deuxième succès, Listen to your Heart, la demoiselle devient la première chanteuse britannique à atteindre le Top 20 avec cinq extraits consécutifs de son premier album. Il n’en faut pas plus pour que la BBC lui demande d’interpréter huit chansons lors de la finale britannique. La 5ème remporte le double de voix de celle classée deuxième, ce qui fait de Sonia la favorite pour Millstreet. Et il faut reconnaître qu’elle a une présence incroyable sur scène et joue admirablement avec les caméras !

20. PAYS-BAS : Vrede par Ruth Jacott (née en 1960)

            Paroles : Henk Westbroek      Musique : Eric van Tijn & Jochem Fluitsma    Chef d’orchestre : Harry van Hoof

            Sélection : 1ère place au Nationaal Songfestival le vendredi 26 mars 1993 à Amsterdam

Sélectionnée d’office par le diffuseur néerlandais, l’artiste originaire du Surinam (comme son complice et futur mari Humphrey Campbell) propose huit chansons lors de la finale nationale. La 6ème – dont le titre est parfait pour une compétition qui prône la paix entre les peuples – est choisie par le public, visiblement désireux de présenter quelque chose de différent de ce qu’on voit au Concours chaque année. Complètement relookée (tenue et coiffure), Ruth Jacott va marquer le public (Patrice Laffont se fendra d’un ‘’La dame a plu’’) tout autant que les jurys.

21. CROATIE : Don’t ever cry par Put

            Paroles : Đorđe Novković                                                       Musique et Chef d’orchestre : Andrej Baša 

            Sélection : 3ème place à la présélection de Ljubljana le samedi 3 avril 1993

            C’est un très agréable parfum de classicisme que propose le sextuor croate, arrivé troisième en Slovénie un mois auparavant. Classique dans le style de musique, classique dans les arrangements, classique dans les tenues arborées (on dirait les divines sœurs Brontë chantant avec leur frère). Mais après la prestation néerlandaise si moderne, un tel classicisme se remarque forcément (comme quoi il n’est pas nécessaire d’imposer un ordre de passage pour faire naître l’alternance musicale… une autre de mes marottes, ça, je sais !). Et ces jeunes gens sont si beaux et chantent si bien qu’ils auraient forcément décroché un bien meilleur classement lors de n’importe quelle autre édition du Concours.

22. ESPAGNE : Hombres par Eva Santamaría (née en 1971)

            Paroles : Carlos Toro                                     Musique : Carlos Toro, Ralf Steinman & Christian de Walden

            Chef d’orchestre : Eduardo Leiva                  Sélection : interne

            Sélectionnée par la TVE pour interpréter Hombres écrit spécialement pour le Concours par le journaliste Carlos Toro, la jeune femme originaire de Cadix entre dans l’arène, bien décidée à planter des banderilles dans le dos de ses adversaires. Ses danseurs déchaînés donnent beaucoup d’énergie à la chanson, qui en a bien besoin car elle n’est en soi guère marquante. C’est sans doute ce qui explique à la fois le milieu de tableau obtenu après la période de vote… et la décision d’Eva de ne plus à l’avenir se consacrer qu’au théâtre. L’un des rares titres de la soirée qui m’indiffère, voire qui m’agace selon mon humeur du moment.

23. CHYPRE : Mi stamatas par Zymboulakis & Van Beke

            Paroles : Rodoula Papalambrianou                  Musique : Aristos Moskovakis            

Chef d’orchestre : George Theofanous

Sélection : 1ère place à la finale chypriote le mardi 23 mars 1993 à Nicosie

            Plutôt habitués à accompagner les artistes locaux dans les chœurs, Kyriakos Zymboulakis et Demos Van Beke voient la chance leur sourire à Nicosie en ce 23 mars, puisqu’ils battent leurs sept adversaires (dont Alexandros Panayi, qui échoue pour la deuxième fois). Mais leur chanson, composée par un des membres du groupe Island (candidat pour l’île méditerranéenne en 1981), est assez plate et les deux garçons n’ont pas le charisme nécessaire pour la sublimer.

24. ISRAËL : Shiru par Lahakat Shiru

            Paroles : Yoram Taharlev & David Chris         Musique : Shaike Paikov          Chef d’orchestre : Amir Frohlich

            Sélection : 1ère place à Kdam Erovizyon le jeudi 1er avril 1993 à Tel Aviv

            Six ans jour pour jour après sa victoire, Nathan Datner (l’un des deux Blues Brothers burlesques de Bruxelles) anime la sélection de son pays à Tel Aviv. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la chanson choisie (de justesse) par le public est loin d’être aussi loufoque que ce sympathique garçon ! Là aussi, un exemple parfait de ce que peut proposer Israël : une mélodie agréable à l’écoute mais sans surprise, de très belles mais attendues harmonies, une chorégraphie on ne peut plus traditionnelle de la part de l’état hébreu. On est forcément un peu déçu de la part de l’auteur de Hora… mais tout cela ne méritait quand même pas le camouflet que le groupe subira en deuxième partie de soirée 🙁

25. NORVÈGE : Alle mine tankar par Silje Vige (née en 1976)

            Paroles et Musique : Bjørn-Erik Vige                                                             Chef d’orchestre : Rolf Løvland

            Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le samedi 6 mars 1993 à Oslo

            Nettement gagnante de la sélection norvégienne face à Jahn Teigen (dernier), Merethe Trøan (6ème) ou Tor Endresen (qui échoue pour la sixième fois consécutive à remporter son billet pour le Concours), la deuxième plus jeune concurrente de la finale européenne interprète une chanson écrite et composée par son propre père – comme la Belge Barbara, mais avec un parcours bien différent. La douceur et le charme de Silje, associées à la beauté de la musique et aux jeux de lumières sur scène vont amener très, très haut cette magnifique contribution norvégienne. La demoiselle ne gagnera pas, mais tout ne sera pas perdu pour le pays puisque le chef d’orchestre va rencontrer à cette occasion une des violonistes de l’orchestre, engageant ainsi une marche vers le succès au Concours suivi d’une renommée mondiale.

L’entracte

            Les 25 chansons candidates ayant été interprétées, Fionnuala Sweeney rappelle que les jurys européens doivent maintenant délibérer et décider des dix chansons à qui ils vont accorder des points. Afin de faire patienter le public, Linda Martin réinterprète un extrait de Why me ?, le titre qui lui a permis de remporter le trophée un an plus tôt en Suède. Elle est suivie du double vainqueur, Johnny Logan, qui vient présenter sa dernière chanson, Keep Love Alive, accompagné de chorales d’enfants de Millstreet et de l’École de Musique de Cork. Puis, la maîtresse de cérémonie accueille le nouveau scrutateur de l’UER, le Danois Christian Clausen – premier d’une liste désormais trop longue de superviseurs scandinaves qui vont œuvrer pendant les années à venir pour faire du Concours européen une compétition bien différente de ce qu’elle a été jusqu’à maintenant. Hommage est également rendu au précédent scrutateur, Frank Naef, présent dans le public.

Le vote et les résultats

 P L A C ES C O R E  I T A  T U R  A L L  S U I  D A N    G R È  B E L  M A L  I S L  A U T  P O R  F R A    S U È  I R L  L U X  S L O  F I N  B O S  U K  N E D  C R O  E S P  C H Y  I S R  N O R
I1245   1   7  105  10 8  2 2   
TQ2110        1        2  16   
D18188  23        4     1     
CH314810 12 1078546112671284 10823643
DK229            1 3  5       
G964222    6   7    6  5 81277
B253  3                      
MA869754755   42242   46 4413 
IC1342    44   1  71 5  275 222
A1432 4   13    3 6   123      
P1060  1 12  25 82 4 2 112 123 5
F4121 7 4123  8712 810641 438 1086
S789  887 10 7104   567 7    10 
IR1187121512662123861012 7123812106107512
L2011       10       1         
SV2294      1    3    1       
SF1720 3   8 25     2          
BH1627312    14   4 3           
GB216418658 12 12127610881053 41054128
NL692667   7363  512 7 10  37  10
CR1531   3  4   5       8  1 64
E11585  6  58 2     2106  7 511
CY1917    210            5      
IL244          31             
N5120 101010 126 10 8  513127 612 8  

Après un début de votes très incertain où Irlande et Norvège se disputent la première place, le Royaume-Uni prend la tête… avant de la laisser à nouveau à l’Irlande. Lorsque s’annonce le dernier porte-parole, celui de Malte (qui était injoignable jusqu’alors), Niamh Kavanagh a 11 points d’avance sur Sonia. Le suspense est donc à son comble car tout le monde s’attend à ce que l’ancienne dépendance britannique de la Méditerranée donne beaucoup de points au 2ème du classement. Les points s’égrènent, et toujours rien pour les deux leaders… Le Luxembourg reçoit 10 points de Malte (si si!), qui attribue sa note maximale à… l’Irlande.

L’île d’Émeraude remporte donc une 5ème victoire, ce qui la met au même niveau que la France et le Luxembourg. C’est le quatrième pays à gagner deux fois de suite, après l’Espagne, le Luxembourg et Israël. Le Royaume-Uni termine sur la deuxième marche du podium pour la 14ème fois, devant la Suisse, qui n’avait plus été à telle fête depuis la victoire de Céline Dion – et qui ne le sera plus avant bien longtemps ! La France est 4ème, devant la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Concernant les pays de l’ex-Yougoslavie, ils ne réussissent pas vraiment leur entrée puisqu’ils terminent tous trois au-delà de la 14ème place. La Belgique est bonne dernière pour la 7ème fois, comme l’Autriche et la Finlande les deux années précédentes. Seule question encore irrésolue : quels pays arrivés en bas de tableau devront s’effacer lors de l’édition 1994 ? Tout dépendra du nombre de nouveaux entrants.

Eurovision winner Niamh Kavanagh has a 20% risk of losing her ...
Niamh Kavanagh et le trophée du vainqueur

En attendant, Niamh Kavanagh revient sur scène sous les vivats hystériques du public, qui chantent ce magnifique hymne, Ohé Ohé Ohé, au texte si bouleversant. Linda Martin remet à l’auteur – compositeur un trophée en cristal créé pour l’occasion, puis un bouquet Interflora (vive le placement produits) à la gagnante complètement décoiffée. In your Eyes, que reprend aussitôt celle qui ne retournera plus au guichet de sa banque en tant qu’employée, sera la meilleure vente de disques de l’année en Irlande.

Mon Top 10

            Comme je l’ai indiqué plus haut, une édition extraordinaire du Concours que ce millésime 1993 – la meilleure de toutes à mon sens. Le choix de seulement dix chansons a donc été horriblement ardu, et j’ai dû refouler des titres que j’adore et écoute encore très régulièrement. Mes plus plates excuses à Annie Cotton, Fazla, Ruth Jacott ou Lahakat Shiru, que j’aime toujours autant et qui auraient forcément intégré mon Top 10 lors de toute autre édition.

  1. SUÈDE : Eloise par Arvingarna (j’en suis dingue de cette chanson, je pourrais la hurler des heures dans mon bureau)
  2. NORVÈGE : Alle mine tankar par Silje Vige (la plus belle de toutes les chansons du pays au Concours)
  3. FRANCE : Mama Corsica par Patrick Fiori (parce que c’est émouvant de voir éclore en direct un magnifique papillon)
  4. FINLANDE : Tule luo par Katri-Helena (parce que ces yeux, cette voix me remuent à chaque fois au plus profond)
  5. AUTRICHE : Maria Magdalena par Tony Wegas (ma chanson préférée du pays… jusqu’à Rise like a Phoenix)
  6. PORTUGAL : A cidade até ser dia par Anabela (la benjamine de la soirée est un vrai rayon de soleil… et quelle voix ! ! !)
  7. DANEMARK : Under stjernerne på himlen par Seebach Band (parce que Tommy Seebach était un grand mélodiste)
  8. ISLANDE : þá veistu svarið par Inga (parce qu’Inga est très belle et ses fossettes sont irrésistibles)
  9. ROYAUME-UNI : Better the devil you know par Sonia (pour le parfum 60s et l’extrême professionnalisme de Sonia)
  10. IRLANDE : In your eyes par Niamh Kavanagh (très jolie ballade irlandaise, magnifiquement interprétée)

Lanterne rouge : LUXEMBOURG : Donne-moi une chance de te dire par Modern Times (une bien triste fin pour cet ancien grand compétiteur)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 15 août à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : En pleine période de vacances, nous avons été 34 votants à nous prononcer sur cette finale de l’édition 1993… ce qui est un très beau score. Après un début un peu difficile, notre gagnant a pris la tête pour ne plus la lâcher, laissant à ses adversaires le soin de se disputer une place sur le podium. Les votes ont été assez éclatés, ce qui a eu deux effets non négligeables : le nombre de points assez médiocre obtenu par le pays victorieux (le plus faible depuis 1966), et un Top 7 détaché de ses poursuivants. En revanche, les écarts sont plutôt serrés dans la deuxième partie de tableau. Voyons tout cela ensemble !

25. Turquie : Esmer yarım par Burak Aydoş : 4 point d’un seul votant (maximum 4 points) – 4 places par rapport au classement officiel

24. Chypre : Mi stamatas par Zymboulakis & Van Beke : 14 points de 7 votants (maximum 3 points) – 5 places

23. Luxembourg : Donne-moi une chance de te dire par Modern Times : 19 points de 4 votants (maximum 10 points) – 3 places

22. Israël : Shiru par Lahakat Shiru : 19 points de 4 votants (maximum 12 points de Phileurophage) + 2 places

21. Slovénie : Tih deževan dan par 1 x Band : 20 points de 5 votants (maximum 6 points) + 1 place

20. Belgique : Iemand als jij par Barbara : 29 points de 7 votants (maximum 12 points de Minsk) + 5 places

19. Allemagne : Viel zu weit par Münchener Freiheit : 35 points de 8 votants (maximum 8 points) – 1 place

18. Autriche : Maria Magdalena par Tony Wegas : 37 points de 8 votants (maximum 8 points) – 4 places

17. Islande : þá veistu svarið par Inga : 37 points de 10 votants (maximum 8 points) – 4 places

16. Espagne : Hombres par Eva Santamaría : 37 points de 10 votants (maximum 10 points) – 5 places

15. Malte : This time par William Mangion : 46 points de 10 votants (maximum 10 points) – 7 places

14. Croatie : Don’t ever cry par Put : 58 points de 14 votants (maximum 12 points de PLG) + 1 place

13. Italie : Sole d’Europa par Enrico Ruggeri : 61 points de 10 votants (maximum 12 points de Roland) – 1 place

12. Bosnie-Herzégovine : Sva bol svijeta par Fazla : 68 points de 14 votants (maximum 10 points) + 4 places

11. Danemark : Under stjernerne på himlen par Seebach Band : 77 points de 12 votants (maximum 12 points de Yom et Duncky) + 11 places

10. Portugal : A cidade até ser dia par Anabela : 93 points de 17 votants (maximum 12 points de Pauline) score identique

9. Finlande : Tule luo par Katri-Helena : 104 points de 19 votants (maximum 12 points de Gwendal et Yvonne) + 8 places

8. Grèce : Ellada, hora tou fotos par Katerina Garbi : 105 points de 18 votants (maximum 10 points) + 1 place

7. Suisse : Moi, tout simplement par Annie Cotton : 137 points de 22 votants (maximum 12 points de Franck, Benoît et Juju) – 4 places

6. Suède : Eloise par Arvingarna : 141 points de 23 votants (maximum 12 points d’Olivier et Francis) + 1 place

5. Royaume-Uni : Better the devil you know par Sonia : 143 points de 22 votants (maximum 12 points de Julien, Marie, Jean-Michel et Garfieldd) – 3 places

4. France : Mama Corsica par Patrick Fiori : 150 points de 24 votants (maximum 12 points de Zipo) score identique

3. Norvège : Alle mine tankar par Silje Vige : 171 points de 24 votants (maximum 12 points de RV, Philippe, Pascal et Jérémie) + 2 places

2. Pays-Bas : Vrede par Ruth Jacott : 179 points de 21 votants (maximum 12 points de Gérald, Picasso, Valifran, Gaël, Betty et Denez) + 4 places

1. Irlande : In your eyes par Niamh Kavanagh : 188 points de 26 votants (maximum 12 points de Taron, Kikichouchou, Chloé, Rem et tHEO) score identique

            Nous offrons donc une troisième victoire à l’Irlande (après celles de 1970 et 1980), mais la suite du classement est assez différente de celle de Millstreet. Le podium est complété par les Pays-Bas (qui n’y étaient pas monté depuis 1980) et la Norvège. De très belles progressions sont à remarquer, en particulier celles de la Finlande et du Danemark, alors que Malte enregistre une forte dégringolade. L’Italie quitte le Top 10, ce qu’elle n’avait pas fait depuis 1978. Quant au Bottom 6, les pays qui s’y retrouvent obtiennent leurs plus mauvais classements depuis le début des Rétrospectives – en particulier la Turquie, qui hérite d’une deuxième lanterne rouge après 1983.

            Voilà pour le scrutin mis en place pour cette édition 1993. La Rétrospective 1994 est déjà en ligne, je vous attends encore plus nombreux pour voter. En attendant, portez-vous bien et prenez soin de vos proches !