Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui à un Concours d’anthologie que je vous convie. D’abord parce que de nombreuses vedettes y ont pris part (en tant qu’interprètes, auteurs-compositeurs, chefs d’orchestre ou maîtresse de cérémonie), mais aussi et surtout parce que pour la première fois – et la seule à ce jour – un ancien gagnant décrochait à nouveau la victoire. Envolons-nous donc pour la capitale de l’Europe afin d’assister pour ce 30ème anniversaire du Traité de Rome au…

32ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 9 mai 1987

en direct du Palais du Centenaire de Bruxelles (Belgique)

présenté par Viktor Lazlo

L’organisation du Concours

Quatre ans après l’Allemagne, la Belgique est le dernier pays fondateur à enfin inscrire son nom au palmarès du Concours Eurovision en 1986. L’UER demande par conséquent à la RTBF et à la BRT d’organiser conjointement la prochaine édition de la compétition. Mais il n’est jamais simple de réunir francophones et néerlandophones chez nos voisins belges, et des dissensions ne tardent pas à apparaître au sujet de la salle à choisir, de la présentatrice à désigner et de la retransmission à assurer. Les deux diffuseurs optent alors pour un divorce à l’amiable avec répartition des tâches : la chaîne flamande sélectionnera l’artiste représentant le pays et la RTBF gèrera tout le reste :O Un problème de taille se pose toutefois : le coût de l’organisation est si élevé qu’il faut demander à des sponsors privés d’aider au financement de la soirée – une grande première au Concours. Enfin, après toutes ces péripéties, il est décidé d’accueillir délégations et public au Palais du Centenaire de Bruxelles, un bâtiment inauguré lors de l’Exposition Universelle de 1935 dans le Parc du Heysel.

Belgium Bruxelles Palais du Centenaire, Brussels Palace of the ...
Le Palais du Centenaire, à Bruxelles

Un record vieux de neuf ans – et établi chez le voisin français – est enfin battu : avec le retour de l’Italie et de la Grèce (participants clignotants au Concours), ce sont effectivement 22 nations qui se présentent sur la ligne de départ. Seuls Monaco, Malte et le Maroc font la sourde oreille – prouvant ainsi que la lettre M n’est plus chez eux synonyme d’amour pour le Concours 🙁 Inquiète devant le nombre croissant de nations intéressées, l’UER décide d’ailleurs que l’effectif total ne pourra plus dépasser ce plafond. Voilà qui posera nécessairement problème dans les années à venir avec l’afflux de pays d’Europe de l’Est extrêmement motivés. Fait intéressant : on apprendra une vingtaine d’années plus tard que l’Union Soviétique aurait souhaité participer à l’édition bruxelloise. Le pays commençant à s’ouvrir à l’Ouest grâce à la politique de Mikhail Gorbachev, le Ministre de l’Éducation, Youri Veselov, aurait fait part de son désir de voir concourir le chanteur pop Valery Leontiev. Mais que cette demande ait été rejetée ou qu’elle ait juste été le fruit de l’imagination de quelques-uns, l’apparition de la Grande URSS n’aura pas eu lieu. Précisons en outre que ledit Leontiev n’était pas en odeur de sainteté au Kremlin, vu ses prises de position politiques diversement appréciées par les dirigeants soviétiques.

Biographie Valery Leontiev. vie personnelle, photo, créatif
Valery Leontiev

Pour l’heure, quatre anciens participants, et non des moindres, retentent leurs chances sur la scène de la plus grande compétition musicale européenne : Alexia Vassiliou (6ème avec le groupe chypriote Island en 1981) pour l’Île d’Aphrodite, Gary Lux pour l’Autriche et Wind pour l’Allemagne (respectivement 8ème et 2ème en 1985)… et surtout Johnny Logan, 8ème vainqueur à briguer une nouvelle fois le titre suprême.

Les règles

Le système de vote reste le même et l’annonce des points est également reconduite. Aux commentaires, quelques changements apparaissent : alors que Terry Wogan, André Torrent, Julien Lepers et Roald Øyen officient toujours pour BBC 1, RTL Radio, France Inter et la radio norvégienne, Antenne 2 et Reshet Gimel font respectivement appel à Patrick Simpson-Jones et Yigal Ravid (futur maître de cérémonie en 1999), alors que les auditeurs de la radio néerlandaise entendent la voix de Rudi Carrell (candidat des Pays-Bas au Concours 1960). Le Luxembourg confie la mission de révéler les votes de son jury à Frédérique Ries pour la troisième année consécutive, pendant que ceux de la France sont annoncés par le regretté Lionel Cassan – né dans la même ville que l’animatrice de la soirée.

Lionel Cassan est mort à 46 ans
Lionel Cassan

La présentation et l’orchestre

À la lecture du nom de Viktor Lazlo, les moins informés (je n’ai pas voulu écrire ‘’les plus ignorants’’, comme le porte-parole suisse…) ont dû penser à l’époque que Lohengrin Filipello avait enfin trouvé un successeur : un deuxième homme pour présenter le Concours ! Ils se sont vite rendus à l’évidence : pas plus que George Sand, Viktor Lazlo n’est un homme, cela saute aux yeux 😛 Née Sonia Dronier à Lorient en 1960, la jeune fille (née d’une mère martiniquaise et d’un père originaire de l’île de Grenade) a fait des études d’histoire de l’art en Belgique avant de commencer une carrière de mannequin, pour Chantal Thomass et Thierry Mugler notamment. C’est à cette époque que l’artiste belge Francis ‘’Lou’’ Deprijck (ancien du groupe Two Man Sound) lui demande d’intégrer The Hollywood Bananas, les choristes qui l’accompagnent sur scène. Citons deux de ses plus grands tubes : Kingston Kingston et Les Petites Rues de Singapour (j’adore). Remarquée par Alain Chamfort, la jeune Sonia – qui a adopté son pseudonyme en l’honneur d’un des personnages du génial film Casablanca de Michael Curtiz, avec Humphrey Bogart, Ingrid Bergman et le non moins génial Peter Lorre – se voit offrir Backdoor Man, une chanson qui sera intégrée à la BO d’À mort l’arbitre, de Jean-Pierre Mocky, en 1984 (avec Michel Serrault, Eddy Mitchell et Carole Laure – à voir impérativement). Le succès est tel que des producteurs s’intéressent à elle et lui font signer un contrat. C’est ainsi que débute une carrière qui dure encore aujourd’hui, forte d’une dizaine d’albums, de tubes incontournables comme Canoë rose ou Pleurer de Rivières, de collaborations avec les plus grands noms de la chanson française (Serge Gainsbourg, Françoise Hardy, Bernard Lavilliers ou André Manoukian) et de nombreux duos avec des artistes aussi différents que Florent Pagny, Arno et… Serhat ! ! ! Si si, le magnifique dentiste turc double candidat pour Saint-Marin. Rajoutons que la superbe Viktor est également romancière et comédienne (on l’a vue dans Navarro et Sœur Thérèse.com, mais aussi dans des spectacles de cabaret comme celui qu’elle a consacré à la grande chanteuse de jazz Billie Holiday).

Sonia adore faire du canoë sur les rivières... - Le top de la ...
Viktor Lazlo

L’orchestre est pour sa part dirigé par Jo Carlier (1930-2001), que les Eurofans ont déjà pu voir accompagner les deux dernières contributions belges francophones en 1984 et 1986. En revanche, il laisse sa place ce soir-là à un autre chef d’orchestre lorsque se produit la candidate sélectionnée par le diffuseur flamand. Tromboniste et trompettiste de formation, il a créé son premier orchestre en 1960, participant à de nombreuses émissions télé derrière de grandes vedettes comme Marcel Amont. Il est également à l’origine du Festival de la Chanson Française de Spa, inauguré en 1964, qui a révélé de grands noms comme Serge Lama, Maxime Leforestier, Robert Charlebois, Alain Souchon ou Francis Cabrel.

Passion Chanson » Jo Carlier
Jo Carlier

Les chansons candidates

Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, public et téléspectateurs peuvent voir les habituelles images qui présentent la ville–hôtesse et les plus beaux sites de la région. Puis, apparaît sur une scène ultra-moderne la sculpturale Viktor Lazlo, qui reconduit un usage mis en place par Lill Lindfors et Åse Kleveland : elle aussi interprète une chanson, Breathless, son nouveau titre, qu’elle a imposée à la production comme condition préalable pour présenter la soirée.

Puis, elle ouvre le Concours en français, anglais et flamand, rappelant que 500 millions de téléspectateurs sont ce soir devant leur écran, y compris en Australie et en Europe de l’Est. Enfin, elle lance la première carte postale, qui célèbre l’un des grands talents de la Belgique puisque toutes rendront hommage à la bande dessinée (de Tintin au Chat de Philippe Geluck, en passant par Boule et Bill, les Schtroumpfs ou Gaston Lagaffe) :

1. NORVÈGE : Mitt liv par Kate (née en 1965)

        Paroles : Rolf Løvland & Hanne Krogh            Musique : Rolf Løvland           Chef d’orchestre : Terje Fjærn

            Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le samedi 28 février 1987 à Oslo

            Quand votre chaîne nationale vous propose dix chansons, dont une interprétée par un ancien candidat célèbre pour son zéro pointé (Finn Kalvik) et une autre proposée par le compositeur (Rolf Løvland) du seul titre gagnant pour votre pays, que faites-vous ? Eh bien, vous n’hésitez pas : vous choisissez la deuxième, surtout si le texte a été co-écrit par l’un des deux membres du duo vainqueur (Hanne Krogh). Et peu importe que la jeune interprète soit la fille de Desireless et d’un hérisson, vous y croyez dur comme fer ! Bon après, ça assure un Top 10 mais rarement une victoire, ce genre de choix…

2. ISRAËL : Lazy bums [Shir habatlanim] par Datner (né en 1956) & Kushnir (né en 1960)

        Paroles et Musique : Zohar Laskov                Chef d’orchestre : Kobi Oshrat

            Sélection : 1ère place à Kdam Erovizyon le mercredi 1er avril 1987 à Tel Aviv  

            On reproche souvent à Israël de présenter toujours le même type de chanson, rythmée et influencée par sa musique traditionnelle, tout cela présenté sur scène avec une chorégraphie répétée à l’envi chaque année. C’est un peu oublier que l’état hébreu est parfaitement capable de proposer autre chose. Ainsi, alors que tout le monde s’attend à ce qu’Izhar Cohen (vainqueur sortant) emporte à nouveau la sélection nationale co-présentée par Yardena Arazi, c’est un duo de Blues Brothers complètement loufoque qui rafle la mise en ce 1er avril (ça ne s’invente pas LOL) ! Cette large victoire n’est pas du goût de tous, le Ministre de la Culture menaçant même de démissionner si jamais Datner & Kushnir étaient confirmés pour Bruxelles ! Le duo va pourtant séduire le grand soir, par son énergie, son humour et des qualités vocales non négligeables (il y a de fantastiques harmonies), au point de décrocher un nouveau Top 10. Et le ministre alors, me demanderez-vous ? Bah en vrai politicien, il n’a pas tenu sa promesse…

3. AUTRICHE : Nur noch Gefühl par Gary Lux (né en 1959)

        Paroles : Kenneth Westmore              Musique : Stefanie Werger    Chef d’orchestre : Richard Österreicher

            Sélection : interne

            Persuadée qu’il ne faut pas changer une formule qui gagne presque, l’Autriche, très mal classée un an plus tôt, décide de rappeler le Canadien Gary Lux, qui a déjà terminé deux fois dans le Top 10. Mais je le dis à chaque fois : si vous proposez le même plat au client à chaque invitation, il le mangera par correction, mais ne conseillera votre menu à personne ! Eh bien, c’est exactement ce que va comprendre Gary en fin de soirée, lorsqu’il viendra inscrire son nom au bas d’une longue liste (qui s’étoffera encore dans les années à venir) d’anciens candidats ayant raté leur retour 🙁

4. ISLANDE : Hægt og hljótt par Halla Margrét (née en 1964)

        Paroles et Musique : Valgeir Guðjónsson                                           Chef d’orchestre : Hjálmar Ragnarsson

Sélection : 1ère place au Söngvakeppnin le lundi 23 mars 1987 à Reykjavik

            Deuxième finale islandaise et deuxième échec consécutif pour la future Eurostar Bo Halldórsson, qui interprétait pourtant trois titres (dont un en duo). Cette fois, c’est une toute jeune fille, blonde comme les blés et aux magnifiques yeux d’azur, qui le bat à plate couture. Mais malgré sa douceur et sa beauté, elle ne convaincra pas plus les jurys que le groupe Icy ne l’avait fait en 1986. Il faut bien reconnaître que son statut de néophyte (c’est la première fois qu’elle monte sur une telle scène) n’aide pas à donner assurance et allant à sa prestation.

5. BELGIQUE : Soldiers of love par Liliane Saint-Pierre (née en 1948)

        Paroles : Liliane Keuninckx     Musique : Gyuri Spies & Marc De Coen           Chef d’orchestre : Freddy Sunder

            Sélection : 1ère place à Eurosong le samedi 14 mars 1987 à Bruxelles

            Un an après la benjamine Sandra Kim, la doyenne de la soirée (battue par Emly Starr en 1981) se présente sur scène avec un titre engagé dont elle a elle-même écrit les paroles… et avec un début d’angine qui inquiète toute la délégation belge. Malgré cela, elle délivre une prestation énergique et marquante, tant par la conviction dont elle fait preuve que par sa façon d’attirer les regards. Et que dire de ces deux guitaristes qui manient leurs instruments comme s’ils étaient les armes évoquées dans la chanson ? Difficile de dire si les observateurs ont jamais été conscients de ce symbole, mais cette attitude a marqué à jamais la mémoire des téléspectateurs de l’époque, c’est indéniable ! Comment dit-on déjà, outre Atlantique ? Ah oui, un evergreen 😉

6. SUÈDE : Boogaloo par Lotta Engberg (née en 1963)

        Paroles : Christer Lund           Musique : Mikael Wendt                    Chef d’orchestre : Curt-Eric Holmquist

Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le samedi 21 février 1987 à Göteborg

            Présente parmi les choristes en 1984 et 1985, Lotta Engberg remporte d’un tout petit point la sélection suédoise, provoquant ainsi le deuxième échec consécutif de Lena Philipsson (représentante de son pays en 2004). Sa chanson, Fyra bugg och en coca-cola (soit que le titre est imprononçable pour tout commentateur qui ne maîtrise pas la langue d’Agnetha et Frida, soit qu’on lui déconseille de citer une marque) se voit rebaptisée pour l’occasion Boogaloo – un titre tout aussi profond que celui de la chanson gagnante du groupe Herreys. Alors certes, le rythme est très différent de celui des autres titres candidats et tout cela est plein de bonne humeur, mais l’ensemble reste quand même très, très léger musicalement parlant.

7. ITALIE : Gente di mare par Umberto Tozzi (né en 1952) & Raf (né en 1959)

        Paroles : Giancarlo Bigazzi     Musique : Umberto Tozzi & Raf         Chef d’orchestre : Gianfranco Lombardi

            Sélection : interne

            Trois mois avant le Concours, s’est tenu le célèbre Festival de la Chanson Italienne de San Remo, où se sont illustrées de nombreuses vedettes : d’anciennes Eurostars (Ricchi e Poveri, Dori Ghezzi, Romina Power & Al Bano) et de futurs participants (Luca Barbarossa, Toto Cutugno, Peppino Di Capri ou Fausto Leali). Mais c’est un trio qui l’a emporté : Gianni Morandi (le souriant candidat italien de 1970), Enrico Ruggeri (qui portera les couleurs de son pays en 1993) et l’immense star Umberto Tozzi. Auteur de trois tubes planétaires (Ti amo, Tu et Gloria) à la fin des années 70, le talentueux rouquin décide de doubler la mise : il propose à Raf Riefoli (qui a signé le titre vainqueur en Ligurie) de composer une musique à quatre mains sur un texte de Giancarlo Bigazzi, auteur des deux chansons interprétées au Concours par Massimo Ranieri en 1971 et 1973. Raf, qui aimerait revivre les sensations vécues lors du succès mondial de Self Control, accepte avec joie. Le moins que l’on puisse dire est que le duo ne sera pas déçu par cette nouvelle collaboration.

8. PORTUGAL : Neste barco à vela par Nevada

        Paroles : Alfredo Azinheira                           Musique : Alfredo Azinheira & Jorge Mendes          

Chef d’orchestre : Jaime Oliveira    

Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le samedi 7 mars 1987 à Funchal

            Vainqueur à Madère de la sélection portugaise pour un seul petit point, le duo Nevada présente un titre on ne peut plus adapté à une finale située dans un archipel. Même leur tenue est en accord avec le texte de la chanson. Mais comme à son habitude (et de manière assez incompréhensible, à mon sens), la contribution portugaise ne va pas séduire les jurys européens, et le pays de Magellan et de Vasco de Gama va à nouveau échouer en bas de tableau 🙁

9. ESPAGNE: No estas solo par Patricia Kraus (née en 1964)

        Paroles : Patricia Kraus                                  Musique : Rafael Trabucchelli & Rafael Martinez

            Chef d’orchestre : Eduardo Leiva                  Sélection : interne

            Fille du célèbre ténor espagnol Alfredo Kraus, la toute jeune Patricia a préféré abandonner le chant lyrique auquel elle se formait pour se tourner vers la musique pop. Confiante en ses capacités vocales, la TVE décide de la sélectionner en interne pour représenter le pays à Bruxelles, avec une chanson dont l’un des compositeurs avait déjà signé en 1971 le titre de Karina avec le succès que l’on sait. Malheureusement, c’est plutôt son maquillage outrancier et sa tenue en cuir agrémentée d’une écharpe en tulle vert pomme qui vont marquer les votants…

10. TURQUIE : Şarkım sevgi üstüne par Seyyal Taner (née en 1952) & Grup Locomotif

        Paroles et Musique : Olcayto Ahmet Tuğsuz                                     Chef d’orchestre : Garo Mafyan

            Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 21 février 1987 à Ankara

            Arrivée en tête des votes l’année précédente à égalité avec Klips ve Onlar, la chanteuse et comédienne Seyyal Taner (qui avait été lâchée par le président du jury turc à cette occasion) prend sa revanche en 1987 en écrasant la concurrence. Ses adversaires doivent tous s’incliner, et parmi eux un certain nombre d’Eurostars passées ou futures : Nilüfer Yumlu,  MFÖ, Arzu Ece ou Kayahan Açar. Ce triomphe à Ankara laisse présager du meilleur, surtout si l’on considère que le pays a enfin obtenu un premier Top 10 à Bergen et que l’auteur-compositeur de la chanson candidate cette année avait permis à Neco de signer le meilleur classement de la Turquie en 1982. La désillusion à l’issue des votes n’en sera que plus cruelle pour Seyyal… à défaut d’être surprenante pour les observateurs, perplexes devant une telle débauche d’énergie.

11. GRÈCE : Stop par Bang !

        Paroles et Musique : Thanos Kalliris & Vassilis Dertilis                      Chef d’orchestre : Giorgos Niarchos

            Sélection : 1ère place à la finale grecque le lundi 16 mars 1987 au Pirée

            C’est une victoire incontestée que remporte le duo Bang ! le soir de la finale grecque. Il engrange en effet pratiquement le double de voix obtenues par son dauphin et relègue Lia Vissi (candidate pour Chypre en 1985) à la 3ème place. Même si le résultat ne sera pas honteux en fin de soirée, le succès à Bruxelles de cette pale copie de Wham ! (n’est pas George Michael qui veut) sera toutefois bien moindre. Malgré tout, une des choristes, Mariana Efstratiou, appréciera tellement l’expérience qu’elle reviendra à deux reprises fouler la scène de l’Eurovision.

12. PAYS-BAS : Rechtop in de wind par Marcha (née en 1956)

        Paroles et Musique : Peter Koelewijn                                                Chef d’orchestre : Rogier van Otterloo

Sélection : 1ère place au Nationaal Songfestival le mercredi 25 mars 1987 à La Haye

            Sélectionnée en interne par le diffuseur néerlandais, la très séduisante Marcha interprète six titres lors de la finale nationale. C’est le 3ème, particulièrement efficace, que choisit le public pour défendre les couleurs du pays chez le voisin belge. Il n’aura pas à le regretter.

13. LUXEMBOURG : Amour, amour par Plastic Bertrand (né en 1954)

        Paroles et Musique : Alec Mansion & Plastic Bertrand                      Chef d’orchestre : Alec Mansion                   Sélection : interne

            Habitué à être représenté par de grandes voix (Nana Mouskouri, Jeane Manson, Corinne Hermès ou Sophie Carle – euh non, pas Sophie Carle), le Grand-Duché persiste dans la même voie en demandant au planant Belge Plastic Bertrand de concourir en son nom avec une chanson qu’il a co-écrite avec Alec Mansion (un des frères du duo Léopold Nord, et époux de la chanteuse Muriel Dacq). Bon OK je rigole… mais c’est aussi que je ne comprends rien de rien à cette désignation : notre pauvre Roger est mal coiffé et trop maquillé, il saute dans tous les sens, il a la voix de Donald (Duck, pas Trump hein !)… Bref, c’est une gigantesque catastrophe qui fait passer Chris Baldo, Geraldine Branagan et Anne-Marie Besse pour des artistes lyriques de premier plan 🙁 Remarque sans intérêt : Patricia Maessen (candidate en 1970 et 1977) est à nouveau dans les chœurs un an après avoir accompagné Sandra Kim en Norvège – comme quoi les années se suivent et ne se ressemblent pas.

14. ROYAUME-UNI : Only the light par Rikki (né en 1956)

        Paroles et Musique : Richard Peebles                                               Chef d’orchestre : Ronnie Hazlehurst

            Sélection : 1ère place à A Song for Europe présenté par Terry Wogan le vendredi 10 avril 1987 à Londres

            Retombé dans l’anonymat après les quelques succès signés avec son groupe Marmalade, le jeune auteur-compositeur-interprète écossais reconverti en chauffeur de taxi à Glasgow remporte contre toute attente la sélection britannique pour le Concours Eurovision. Aussi fier de ses origines que son illustre prédécesseur, le porteur de kilt Kenneth McKellar, Rikki se présente sur scène tout de noir et blanc vêtu… mais avec une pièce de tartan sur l’épaule. Apparemment, c’est la seule chose que les jurys ont dû voir comme signe distinctif car le pauvre garçon va offrir à son pays son plus mauvais classement depuis 1957 – record qui tiendra 13 ans ! ! !

15. FRANCE : Les mots d’amour n’ont pas de dimanche par Christine Minier (née en 1964)

        Paroles : Marc Minier             Musique : Gérard Curci                 Chef d’orchestre : Jean-Claude Petit

Sélection : 1ère place à la finale française le samedi 4 avril 1987 à Paris

            Encore une fois, l’émission de sélection (cette fois-ci présentée par Marie-Ange Nardi et Patrick Simpson-Jones) proposée par Antenne 2 débouche sur la victoire d’une jeune artiste totalement inconnue. Christine Minier, coiffeuse de son état, ne fera toutefois pas carrière et quittera assez vite les feux des projecteurs, comme nombre d’anciens candidats avant elle (les derniers en date étant Annick Thoumazeau et Roger Bens). La faute aux classements médiocres obtenus le grand soir, ou à un manque d’originalité rédhibitoire pour envisager une carrière sur le long terme ? Heureusement, son oncle Gérard Curci lui permettra d’intégrer la Bande à Basile deux ans après son expérience bruxelloise. Ce qui peut être vu comme une consolation. Ou pas.

16. ALLEMAGNE : Laß die Sonne in dein Herz par Wind

[dont Rob Pilatus (1965-1998) Étoile au Firmament # 41]

        Paroles : Bernd Meinunger      Musique : Ralph Siegel               Chef d’orchestre : Laszlo Bencker

Sélection : 1ère place à Ein Lied für Brüssel le jeudi 26 mars 1987 à Nuremberg

            Arrivé deuxième à Göteborg en 1985, le groupe Wind (qui a changé entre-temps de chanteur masculin) espère bien monter sur la plus haute marche du podium pour sa deuxième tentative. Cette fois-ci, ce sont les prolifiques Siegel et Meinunger – créateurs du seul titre ayant gagné pour l’Allemagne – qui ont écrit les paroles et la musique de la chanson candidate. Laß die Sonne in dein Herz est très différent de ce qui est proposé par les autres pays en ce 9 mai, et chaque membre de la délégation espère que les influences reggae et le rythme très dansant de la contribution allemande vont convaincre les jurys.

17. CHYPRE : Aspro – mavro par Alexia (née en 1964)

        Paroles : Maria Papapavlou     Musique : Andreas Papapavlou            Chef d’orchestre : Jo Carlier

Sélection : interne

            Membre du groupe Island qui avait décroché un inattendu Top 10 pour Chypre lors de sa première participation, Alexia Vassiliou est sélectionnée en interne par le diffuseur national pour représenter à nouveau son pays, cette fois-ci en solo. Ce sera une deuxième réussite pour la jeune femme… et pour trois de ses choristes et danseurs (Evridiki, Elena Patroklou et Haris Anastaziou) qui trouveront là une motivation énorme pour prendre part à nouveau à la grande fête musicale européenne dans les années à venir.

18. FINLANDE : Sata salamaa par Vicky Rosti (née en 1958)

        Paroles : Veli-Pekka Lehto      Musique : Petri Laaksonen                  Chef d’orchestre : Ossi Runne            Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 21 février 1987 à Helsinki

Lors de la finale nationale présentée par deux anciens candidats finlandais (Laila Halme a représenté son pays en 1963 et Lasse Mårtenson lui a succédé à Copenhague), Virve Rosti gagne assez facilement son billet pour Bruxelles grâce à une chanson écrite par le duo qui avait signé Eläköön elämä deux ans plus tôt. Le grand soir, la jeune femme, rebaptisée Vicky Rosti, se fait accompagner du groupe Boulevard (qui défendra seul les couleurs du pays en 1988) pour interpréter cette chanson très entraînante et sympathique. Question : un tel patronyme va-t-il attirer les votes des jurys suisses ou est-ce râpé d’avance ? Réponse en fin de soirée.

19. DANEMARK : En lille melodi par Anne-Cathrine Herdorf (née en 1967) & Bandjo

            Paroles : Jacob Jonia             Musique : Helge Engelbrecht              Chef d’orchestre : Henrik Krogsgaard

            Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 28 février 1987 au Tivoli Koncertsal de Copenhague

            Ce sont de grands habitués qui se présentent à nouveau à la sélection danoise en 1987 : Kirsten Sigaard du duo Hot Eyes, Dario Campeotto (représentant de son pays au Concours 1961 !), Tommy Seebach (candidat en 1979 et 1981), son parolier Keld Heick et la future Eurostar Birthe Kjær. C’est pourtant une toute jeune fille qui l’emporte avec une chanson qui rappelle beaucoup celle de Nicole en 1982 en un peu plus rythmée. Malgré cela, ou peut-être à cause de cela, la fraîche Anne-Cathrine et son groupe Drengene (présenté à Bruxelles sous le nom de Bandjo… allez savoir pourquoi) vont faire un très beau parcours et terminer très haut dans le classement. Je reste perplexe.

20. IRLANDE : Hold me now par Johnny Logan (né en 1954)

            Paroles et Musique : Sean Sherrard                                                 Chef d’orchestre : Noel Kelehan       

            Sélection : 1ère place au National Song Contest co-présenté par Maxi le dimanche 8 mars 1987 à Dublin

            Dernier candidat à se présenter sur la scène du Gaiety Theatre, le deuxième vainqueur irlandais du Concours fait figure de favori… et pas uniquement parce que siège dans le jury d’experts Linda Martin, pour qui il avait écrit Terminal 3 en 1984. Sa chanson, qu’il a cette fois lui-même écrite et composée, est une ballade tout ce qu’il y a de plus classique et extrêmement caractéristique de l’Irlande à l’Eurovision. Rajoutez à cela que la finale internationale a lieu en Belgique (l’un des plus gros pourvoyeurs de points du pays) et vous comprendrez aisément pourquoi Johnny Logan est si optimiste sur l’issue de la compétition. Il a d’ailleurs bien besoin d’un nouveau succès, vu le mal qu’il éprouve depuis What’s another year ? à retrouver les sommets des charts …

21. YOUGOSLAVIE : Ja sam za ples par Novi Fosili

[dont Nenad Šarić (1947-2012) Étoile au Firmament # 106 et Rajko Dujmić (1954-2020)]

            Paroles : Stevo Cvikić             Musique : Rajko Dujmić                      Chef d’orchestre : Nikica Kalogjera 

            Sélection : 1ère place à Pjesma Eurovizije le samedi 7 mars 1987 à Belgrade

            Comme tous les ans, la finale yougoslave regorge de vedettes qui rêvent de retenter l’Eurovision (Tereza Kesovija, Daniel et Seid Memić-Vajta) ou qui souhaitent vivre cette expérience incomparable (Kaliopi, Hari Mata-Hari, Bebi Dol ou Indeksi, le groupe de Davor Popović). Mais il faut faire preuve de patience, comme le démontre Novi Fosili qui triomphe enfin à sa 5ème tentative. Et quand longue attente rime avec excellent classement, le bonheur est forcément extrême ! La chanteuse du groupe, Sanja Doležal, pouvait difficilement espérer plus beau cadeau d’anniversaire.

22. SUISSE : Moitié – moitié par Carol Rich (née en 1962)

            Paroles et Musique : Jean-Jacques Egli                                            Chef d’orchestre : aucun      

            Sélection : 1ère place à la finale suisse le samedi 31 janvier 1987 à Lugano

            Battue par le trio Rainy Day en 1984, Carol Rich remporte sa sélection nationale à sa deuxième tentative, devant Marc Dietrich (du trio Peter, Sue & Marc) et Furbaz (qui représentera son pays en 1989). Interprétant sa chanson sur scène sans être accompagnée par l’orchestre (ce qui deviendra la règle douze ans plus tard), la candidate helvétique fait elle aussi preuve de beaucoup d’énergie, sans toutefois parvenir à convaincre. Les jurys européens l’ignoreront complètement – ce qui est bien mal payer les efforts vestimentaires de la jeune femme et de son groupe. Non, je plaisante.

L’entracte

            Les 22 chansons candidates ayant été interprétées, Viktor Lazlo rappelle que chaque pays participant doit maintenant procéder au vote, qu’il communiquera après l’entracte. En attendant les résultats, public et téléspectateurs sont invités à visionner une vidéo célébrant la construction de la Communauté Européenne, sur fond d’Hymne à la Joie. La célèbre musique de Ludwig van Beethoven est pour l’occasion jouée par Marc Grauwels, un flûtiste belge né en 1954, nommé directeur de l’Orchestre Symphonique de la RTB en 1978 et auteur de la bande originale du film Amadeus de Miloš Forman, en 1984. Créateur de la Cantate pour l’Europe composée par Ennio Morricone, il se produira également en 2004 lors de l’inauguration des Jeux Olympiques d’Athènes, sur une partition signée d’un musicien grec, Yannis Markopoulos.

Marc Grauwels - GetSongBPM
Marc Grauwels

Le vote et les résultats

           P L A C ES C O R E  N O R  I S R    A U T  I S L  B E L  S U È  I T A    P O R  E S P  T U R    G R È  N E D  L U X    U K  F R A  A L L  C H Y  F I N  D A N  I R L  Y O U  S U I
NOR965  4 7107 3  4  473532 6
ISR8732 1564 10   3 4108 7 5 8
AUT208      1   7           
ISL16284   4   4 6    10      
BEL1156523   6 74  58 453  4 
SUÈ1250 12 81 37 2    3 7 7   
ITA3103 36351 12128  41 1214 12127
POR1815        8 5    2      
ESP1910          10           
TUR220                      
GRÈ1064   1268    5757 12 6 5 
NED583 52   10 573 8312  226810
LUX214       2     2        
UK1347 105 35 3 3  1   214325
FRA14441  4  5   4112  5   10 2
ALL21413810121074516 106106 61012771
CHY7806  6 2    122 653 6108104
FIN153210    3 42 182  1    1 
DAN5837677 821 186 78  8 4 3
IRL11728412 12121281010 121012168125 612
YOU4921278108  66122   2 10 81  
SUI1726 1 2     5 73   4 1 3 

Après un début de votes très favorable à la Yougoslavie, l’Irlande décroche une 3ème victoire, faisant de Johnny Logan le premier artiste à l’emporter deux fois. Comme en 1980, il termine la soirée devant l’Allemagne – Wind devenant le seul groupe à hériter deux fois de la médaille d’argent. Le podium est complété par l’Italie, qui ne peut plus prétendre être sous-estimée par les jurys. Grèce et Chypre mettent en place leur passe-temps annuel préféré : l’échange de notes maximales. Pour les pays francophones, c’est la déconfiture totale puisqu’ils finissent tous dans la partie droite du tableau (la France est 14ème, la Suisse 17ème et le Luxembourg 21ème). Quant à la Turquie, elle termine bonne dernière avec zéro point – comme en 1983.

Eurovision winners from years gone by
2° victoire pour Johnny Logan

Chaleureusement félicité par ses adversaires, le grand vainqueur revient sur scène, littéralement porté par les membres de sa délégation. Il y reçoit son prix (un trophée de verre en forme de pyramide) des mains de Sandra Kim, puis réinterprète Hold me now avec beaucoup d’émotion, après que Viktor Lazlo a clos la soirée en français, anglais, allemand et flamand.

Mon Top 10

            Une nouvelle édition du Concours assez moyenne. Peu de titres marquants selon moi, à part celui à qui je donne mes 12 points. D’où mon Top 10, qui ne m’enchante pas moi-même.

  1. BELGIQUE : Soldiers of love par Liliane Saint-Pierre (la meilleure chanson de la soirée, c’est indiscutable)
  2. IRLANDE : Hold me now par Johnny Logan (pour le romantisme et le timbre de voix)
  3. ALLEMAGNE : Laß die Sonne in dein Herz par Wind (pour le rythme et les influences différentes)
  4. ISRAËL : Lazy bums [Shir habatlanim] par Datner & Kushnir (j’adore leur second degré et leur énergie)
  5. ITALIE : Gente di mare par Umberto Tozzi & Raf (parce que c’est l’Italie)
  6. YOUGOSLAVIE : Ja sam za ples par Novi Fosili (légèreté très appréciable lors d’une soirée parfois longuette)
  7. FINLANDE : Sata salamaa  par Vicky Rosti (j’aime beaucoup sa voix et la chanson est plaisante à écouter)
  8. CHYPRE : Aspro – mavro par Alexia (pour récompenser les danseurs)
  9. FRANCE : Les mots d’amour n’ont pas de dimanche par Christine Minier (pour sa jupe rose)
  10. PAYS-BAS : Rechtop in de wind par Marcha (la plus jolie fille de la compétition)

Lanterne rouge : ESPAGNE : No estas solo par Patricia Kraus (parce qu’il n’y a rien à sauver)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous et sur ma messagerie personnelle : andre-francis@orange.fr (date limite : samedi 23 mai à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Nouveau record battu, nous avons été 35 à voter cette semaine pour l’édition 1987 🙂 Comme vous allez le voir, il n’y a pas eu beaucoup de suspense pour le podium, qui s’est assez vite dessiné (malgré un combat pour la troisième place qui a duré un petit moment). Etonnamment, personne n’est parvenu à deviner nos trois lauréats dans l’ordre alors qu’à un détail près, nous avons couronné les mêmes que les jurys de l’époque. Mais tout de suite, les résultats :

22. Suisse : Moitié-moitié par Carol Rich : 11 points de 4 votants (maximum 4 points) – 5 places par rapport au classement d’origine

21. Espagne : No estas solo par Patricia Kraus : 11 points de 5 votants (maximum 6 points) – 2 places

20. Suède : Boogaloo par Lotta Engberg : 21 points de 8 votants (maximum 4 points) – 8 places

19. Luxembourg : Amour, amour par Plastic Bertrand : 25 points de 6 votants (maximum 7 points) + 2 places

18. Autriche : Nur noch Gefühl par Gary Lux : 34 points de 8 votants (maximum 10 points) + 2 places

17. Turquie : Şarkım sevgi üstüne par Seyyal Taner & Grup Locomotif : 36 points de 7 votants (maximum 7 points) + 5 places

16. France : Les mots d’amour n’ont pas de dimanche par Christine Minier : 38 points de 11 votants (maximum 10 points) – 2 places

15. Portugal : Neste barco à vela par Nevada : 50 points de 11 votants (maximum 10 points) + 3 places

14. Norvège : Mitt liv par Kate : 51 points de 14 votants (maximum 7 points) – 5 places

13. Grèce : Stop par Bang ! : 53 points de 13 votants (maximum 12 points de Pauline) – 3 places

12. Royaume-Uni : Only the light par Rikki : 66 points de 17 votants (maximum 8 points) + 1 place

11. Danemark : En lille melodi par Anne-Cathrine Herdorf & Bandjo : 73 points de 17 votants (maximum 8 points) – 6 places

10. Islande : Hægt og hljótt par Halla Margrét : 75 points de 15 votants (maximum 10 points) + 6 places

9. Chypre : Aspro-mavro par Alexia : 76 points de 18 votants (maximum 10 points) – 2 places

8. Israël : Lazy bums [Shir habatlanim] par Datner & Kushnir : 88 points de 15 votants (maximum 12 points de Garfieldd) score identique

7. Pays-Bas : Rechtop in de wind par Marcha : 136 points de 20 votants (maximum 12 points de Denez, Kikichouchou et Yvonne) – 2 places

6. Yougoslavie : Ja sam za ples par Novi Fosili : 144 points de 24 votants (maximum 12 points de Juju et J-F) – 2 places

5. Finlande : Sata salamaaa par Vicky Rosti : 149 points de 25 votants (maximum 12 points de Gaël et Julien) + 10 places !!!!

4. Belgique : Soldiers of love par Liliane Saint-Pierre : 182 points de 26 votants (maximum 12 points de Zipo, Augures et Francis) + 7 places

3. Allemagne : Laß die Sonne in dein Herz par Wind : 201 points de 26 votants (maximum 12 points de Jérémie et Benoît) – 1 place

2. Irlande : Hold me now par Johnny Logan : 232 points de 28 votants (maximum 12 points de Marie, Gwendal, RV, Rem, tHEO, Arnaud, Chloé et Taron) – 1 place

  1. Italie : Gente di mare par Umberto Tozzi & Raf : 278 points de 32 votants (maximum 12 points de Gérald, Franck, Phileurophage, Nico, Minsk, Philippe, Valifran, Yom, Roland, Picasso, Duncky, PLG et Jean-Michel) + 2 places

Nous couronnons ainsi l’Italie pour la 4ème fois et refusons à Johnny Logan son deuxième trophée. L’Allemagne récolte une troisième médaille de bronze (ce qui lui fait neuf podiums en dix éditions !!!). Très belles remontées de la Belgique, de la Finlande et de l’Islande, mais les autres pays scandinaves (Danemark, Norvège et Suède) chutent à nouveau lourdement. Chypre fait son retour dans le Top 10 après quatre années au plus bas. En revanche, les chansons classées aux quatre dernières places rapportent à leurs pays leur plus mauvais résultat aux Rétrospectives. Remarque : après l’Autriche en 1967, la Suisse est la deuxième nation à arriver dernière l’année qui suit qui suit sa victoire.

Voilà pour cette édition bruxelloise. Je vous retrouve dès ce soir pour un nouveau Concours, en vous espérant toujours aussi nombreux… voire plus 😉 Bonne journée à tous, prenez bien soin de vous !