Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est une artiste particulièrement émouvante et au destin immensément tragique que je vais vous présenter aujourd’hui. Certains lecteurs du site se souviennent très bien d’elle, j’imagine, puisqu’elle a participé à notre Concours préféré il y a un peu plus de vingt ans. À l’instar d’autres Étoiles évoquées dans cette rubrique (Toše Proeski, Carlos Paião ou Jan Werner Danielsen, par exemple), l’annonce de sa disparition a été assez douloureuse pour moi qui avais tellement apprécié sa prestation le grand soir. Et voir quelqu’un d’aussi jeune nous quitter, et dans de telles circonstances, est toujours bouleversant.

ÉTOILE # 99 : Mălina OLINESCU (1974-2011)

        Représentant la Roumanie au Concours 1998 à Birmingham

        Titre interprété : Eu cred (traduction : Je crois)

        Classement : 22° sur 25 – 6 points

        Mălina Olinescu naît à Bucarest le 29 janvier 1974 – soit 41 ans jour pour jour après Laci Demeterffy, notre Étoile # 90. La jeune fille, qui est issue d’une famille d’artistes (son père, Boris Olinescu, est un célèbre acteur et sa mère, Doina Spătaru, poursuit une carrière de chanteuse à succès), se lance toutefois dans des études de philologie.

Doina Spătaru, la mère de Mălina Olinescu

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            Dès l’obtention de son diplôme en 1993, Mălina, qui se produit sur scène depuis l’âge de cinq ans, chante dans plusieurs clubs de la capitale roumaine. Deux ans plus tard, elle entreprend de participer à son premier festival, le Festival Aurelian Andreescu, où elle remporte un prix d’interprétation. Ce succès ne sera que le premier d’une longue liste.

Aurelian Andreescu, créateur du festival éponyme

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            En 1996, elle s’inscrit à Şcoala Vedetelor, une émission de télévision très célèbre en Roumanie. La même année, elle obtient un troisième prix dans un autre festival, à Mamaia (une station balnéaire sur la Mer Noire). Un an plus tard, elle remporte dans la même ville le premier prix grâce à la chanson Mi-e dor de tine composée par son futur complice Adrian Romcescu. Dans la foulée, elle monte sur la plus haute marche du podium du célèbre Cerbul de Aur (concours auquel sa propre mère avait participé en 1970 auprès d’Eurostars comme Thérèse Steinmetz, Julio Iglesias ou Raphael, mais aussi Marie Laforêt et Josephine Baker).

            La chaîne de télévision roumaine – qui envisage de revenir au Concours quatre ans après son très mauvais classement de 1994 – ne peut pas ignorer une telle artiste, si prometteuse. Elle l’invite donc à participer à sa Selecţia Naţională, qu’elle remporte de seulement 14 voix devant Monica Anghel (candidate refoulée en pré-sélection en 1996 mais future représentante de son pays en 2002). Parmi les autres postulants à la victoire, on remarque Marcel Pavel, Sanda Ladosi, Luminiţa Anghel et Paula Seling (candidats roumains en 2002, 2004, 2005 et 2010-2014). Bref, de sacrées pointures ! Malheureusement, Eu cred, composé par le même Adrian Romcescu, ne se classe que 22° à Birmingham, avec 6 points donnés par Israël.

            Certainement blessée par un résultat aussi vexant qu’incompréhensible, Mălina se présente une troisième fois au Festival de Mamaia. Elle y remporte un troisième prix, avec Pot sa zbor. Un bonheur n’arrivant jamais seul, elle se marie en 2000 avec Dan Ştesco, le pianiste du groupe roumain Compact. Elle est follement amoureuse de lui et déclare : “Je voulais épouser un grand homme, et je l’ai trouvé. Dan est très romantique, il m’offre des fleurs, nous passons beaucoup de temps ensemble. Nous formons une famille heureuse.”

            Seulement voilà, le jeune homme est très possessif et voit d’un très mauvais œil que sa femme poursuive une carrière musicale qui la tient souvent éloignée de lui. Il a également du mal à supporter que Mălina décide de la manière dont elle gère sa carrière. Les relations entre les époux sont donc de plus en plus tendues, ce que la jeune femme si amoureuse vit très difficilement. De plus, la deuxième tentative de Mălina en sélection nationale en 2003 se solde par un échec, puisque Tăcerea doare ne passe pas le cap de la demi-finale.

            Les maisons de disques brûlant toujours très vite les idoles qu’elles ont adorées, Mălina Olinescu se voit fermer les portes par tous les éditeurs du pays, qui trouvent sa musique bien peu commerciale. La jeune femme s’en plaint d’ailleurs lors d’une interview télévisée, ce qui n’arrange évidemment pas les choses. Plongeant de plus en plus dans la dépression, Mălina ne trouve pas dans son foyer le soutien dont elle a tant besoin. Son mari quitte le domicile conjugal et engage une procédure de divorce après 7 ans de vie commune.

            Désormais seule et sans aucun espoir de retrouver un contrat professionnel, la si douce chanteuse, qui a pourtant annoncé plusieurs fois depuis deux ans son souhait d’en finir avec la vie sans visiblement être écoutée, prend la plus terrible des décisions : dans la nuit du lundi 12 décembre 2011 (soit 17 ans exactement après Louis Hendrik Potgieter, notre Étoile # 27), à environ une heure du matin, elle se jette par la fenêtre de son appartement, situé au 6° étage d’un immeuble de Bucarest, non loin de la gare principale. Les secours sont aussitôt appelés et tentent tout pendant 30 minutes pour la ramener à la vie. Mais en vain, la jeune artiste de 37 ans décède de ses blessures – comme avant elle Günter Hoffmann, Betty Mars et Jozef Dubán, nos Étoiles # 8, 17 et 59.