Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Après une soprano danoise la semaine dernière, évoquons aujourd’hui un baryton suédois. Eh oui, les chanteurs lyriques à l’Eurovision, ça ne date pas d’aujourd’hui 😛 Et celui-ci a vraiment fait parler de lui car il a été le premier à interpréter sa chanson dans une langue autre que celles officielles de son pays, en l’occurrence l’anglais. Ce n’était pas interdit à l’époque, mais personne n’avait songé à le faire… et une polémique est née. Est-ce cela qui lui a valu un classement si médiocre, alors que sa voix était magnifique et sa chanson très belle ? Nul ne le saura jamais… Mais filons droit découvrir notre

ÉTOILE # 97 : Ingvar WIXELL (1931-2011)

        Représentant la Suède au Concours 1965 à Naples

        Titre interprété : Absent friend (traduction : Amie absente)

        Classement : 10° sur 18 – 6 points

            Karl Gustav Ingvar Wixell naît le 7 mai 1931 à Luleå, petite ville du Nord-Est de la Suède. Après des études à l’Académie de Musique de Stockholm, il commence sa carrière de chanteur lyrique à Gävle (au Nord du pays) en 1952 avant de se produire dans La Flûte enchantée à l’Opéra Royal de Suède, trois ans plus tard. Il restera membre de cette compagnie jusqu’en 1967 avant de rejoindre durant 30 ans l’Opéra d’État de Berlin.

            Spécialisé dans le répertoire italien, il joue les premiers rôles dans Rigoletto, Simon Boccanegra, Aïda  ou La Force du destinpartout dans le monde, principalement à Édimbourg (1959), Londres (1960), Chicago et Berlin (1967), ou New York (1973). Il participe également aux célèbres festivals de Salzbourg (de 1966 à 1969) et de Bayreuth (en 1971) avec beaucoup de succès. Bref, une carrière internationale active et reconnue !

            En 1965, la chaîne nationale suédoise – visiblement décidée à présenter quelque chose de différent de tout ce qu’on a entendu jusque-là au Concours – lui demande de participer à la sélection pour l’Eurovision. Il y présente six titres, tous interprétés dans sa langue natale, et c’est la dernière, Annorstädes vals, qui est plébiscitée par le public et le jury puisqu’elle récolte à elle seule la moitié des votes !

            Mais à Naples, Ingvar Wixell en interprète une version en anglais, Absent friend… ce qu’aucun pays n’avait osé faire depuis la création de la compétition. La polémique enfle, forçant l’UER à décider dès l’année suivante que tout pays devra désormais présenter des chansons avec des paroles rédigées dans l’une de ses langues officielles. On sait ce qu’il adviendra par la suite de cette règle… En attendant, le pauvre baryton ne se classe que 10° avec 6 points (3 du Danemark et 3 de la Finlande) – ce qui est assez scandaleux finalement quand on voit qui le précède en fin de soirée.

            Ingvar Wixell repart de Naples sans le sentiment d’avoir démérité (ce qui est justifié) et reprend sa carrière lyrique internationale, jouant jusqu’en 2003 dans des œuvres aussi différentes que Les Noces de Figaro (avec Jessye Norman), Tosca (avec Montserrat Caballé), L’Élixir d’amour (avec Plácido Domingo) ou Don Giovanni. Sa dernière performance sur scène sera dans Ariane à Naxos de Richard Strauss, à l’Opéra de Malmö.

            C’est là qu’il décède le 8 octobre 2011, auprès de son épouse Margareta et de ses deux filles, Marit et Jette.