Etoiles au Firmament (87) – Brita Borg

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui à la 5° représentante suédoise à nous quitter que je vais m’intéresser. Comme vous allez pouvoir le constater, sa notoriété a été très grande dans son pays pendant une vingtaine d’années, à l’issue desquelles elle est un peu retombée dans l’anonymat. Elle n’a pas vraiment eu de carrière internationale, et peu se souviennent encore de sa participation au Concours. En tant que grand fan de sa voix et de sa chanson, je me devais donc d’évoquer dans cette rubrique notre…

ÉTOILE # 87 : Brita BORG (1926-2010)

        Représentant la Suède au Concours 1959 à Cannes

        Titre interprété : Augustin

        Classement : 9° sur 11 – 4 points

            Brita Kerstin Gunvor Borg naît le 10 juin 1926 à Stockholm. C’est dans le quartier de son enfance, Södermalm, qu’elle commence sa carrière, alors qu’elle vient tout juste de remporter un concours de chant organisé par le magazine Vecko-Revyn. Elle intègre dans la foulée en 1943 la formation Vårat gäng, qui se produit sur scène dans des spectacles de variété. Deux ans plus tard, elle fonde le quatuor Flickery Flies avec son futur mari, Allan Johansson.

            En 1947, Povel Ramel, un écrivain et artiste de variété très célèbre à l’époque, l’invite à participer à son émission de radio, Fyra kring en flygel. Elle y restera jusqu’en 1962, interprétant le premier rôle dans de nombreuses productions. Son grand talent de chanteuse à multiples facettes lui permet d’incarner des rôles extrêmement variés : celui de Fat Mammy Brown, une chanteuse de jazz et de gospel afro-américaine, celui de Zamora, une séduisante gitane, ou encore celui d’une artiste parodique originaire des états du Sud des Etats-Unis. Brita continuera à se produire sur scène jusque dans les années 1970, y compris lorsque sa carrière solo déclinera. Elle ne prendra finalement sa retraite artistique que dans les années 1980 après avoir joué au théâtre avec un certain succès. 

            Entre-temps, la jeune femme se fait également remarquer dans le domaine de la chanson populaire. Sa notoriété est même si grande que la chaîne publique suédoise décide qu’elle l’enverra représenter son pays au Grand Prix Eurovision 1959, quel que soit le titre qui gagnera la sélection nationale ! Ainsi, Siw Malmkvist se voit préférer Brita Borg malgré sa victoire et devra attendre l’année suivante pour fouler la scène du concours. Difficile de dire ce qui se serait passer si elle avait été désignée pour chanter Augustin à Cannes, toujours est-il que sur place la Suède ne termine que 9° avec 4 points – 3 des Pays-Bas et 1 du Danemark.

            En dépit de ce classement assez décevant, Brita Borg poursuit sa carrière et sort plusieurs albums, qui rencontrent les faveurs du public. Son genre de prédilection est bien sûr la musique pop (parfois même en italien), mais elle s’essaye aussi à des rythmes plus modernes – par exemple, avec Frankenstein rock en 1957.

Malgré cela, elle ne peut empêcher d’autres interprètes, moins douées vocalement mais plus jeunes qu’elles, de lui voler la vedette. Son dernier succès, Ljuva sextital, lui sera offert en 1969 par Stig Anderson, Björn Ulvaeus et Benny Andersson, les mythiques créateurs du groupe ABBA. Ce sera un vrai carton, puisque le disque restera 20 semaines parmi les meilleures ventes en Suède.

Un peu oubliée du public et du monde de la musique, Brita Borg décède à Borgholm, sur l’île d’Öland, le 4 mai 2010 auprès de son second mari, Stig Solomonsson.

Brita et son 2° époux

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(15 commentaires)

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  1. 1959 , Cannes , !!!!!!! le temps ou l ‘orchestre brillait !!!Cela avait de la gueule!!!!!Si Brita a été imposé en 1959 ? IL n ‘y a pas eu de mélodi festival pour 1960 pour permettre à SIW de participer directement ?

    1. En fait, ce qui l’a empêchée de participer en 1959 lui a permis de prendre part au Concours l’année suivante. Bien qu’elle ait gagné la sélection en 1959, on lui a préféré Brita Borg, plus connue. En 1960, on a décidé de l’envoyer à Londres interpréter la chanson gagnante de la sélection parce qu’Östen Warnerbring n’avait pas encore sa notoriété. Un prêté pour un rendu, qui fait qu’il faudra au chanteur suédois attendre 7 ans pour fouler la scène de l’Eurovision. J’en parle d’ailleurs dans l’article de cette rubrique que je lui ai consacré (# 71).

  2. 9e c’est peut-être un peu sévère. Mais c’est vrai que le suédois n’est pas si évident que ça en chanson.

    1. Je pense que c’est la raison pour laquelle la Suède n’interprète plus dans sa langue ses contributions depuis un bon moment déjà. Je trouve ça un peu dommage, d’abord parce qu’il y a plus laid et ensuite, parce qu’une langue est forcément accompagnée d’une couleur, d’une atmosphère, qui lui est propre et qu’on ne retrouve pas en anglais.

  3. Merci Francis pour ce gros plan sur une artiste que j’avoue n’avoir jamais entendu chanter auparavant. Elle avait une façon si particulière de rouler ses R que je les imagine carrément tracés avec de petites roulettes aux jambes et une spirale dans le ventre !

    1. Je trouve que le phrasé de Brita est parfait pour cette chanson très entraînante, un peu humoristique (le texte est très bien écrit et second degré) et en effet, les R qu’elle roule théâtralisent son interprétation. C’est une des raisons pour lesquelles j’adore écouter cette chanson et regarder sa prestation en direct.

    • Duncky Barzilai on 26 juin 2019 at 19:58
    • Répondre

    Je ne savais pas que Brita avait connu une carrière aussi longue. Et une coopération avec Abba (enfin du moins B&B), c’est cocasse ! « Augustin » sonne vraiment rétro je trouve, ça manque sans doute un peu de fraîcheur. Mais en même temps c’est fou comme la mélodie de cette chanson se retient facilement !

    1. Tu as raison, personnellement j’ai adoré ce titre dès la première écoute. C’est pour moi une chanson redoutable, et très en avance sur son temps. Il y a un second degré dans le texte de la chanson que Brita fait extrêmement bien passer, je trouve.

  4. – Ce que j’aime bien chez cette artiste, c’est le fait d’avoir tenté de nombreux styles de chansons et elle prouve qu’avec sa voix que je trouve sublime, elle avait les capacités de se lancer dans toutes les directions sans jamais que ce soit ridicule.

    – Et sa chanson de l’Eurovision 1959, elle n’est pas mauvaise du tout : à titre personnel, je l’aurais bien classée après le podium de cette année-là. Et comme tu le sais désormais, ma maman a suivi avec les yeux de Chimène les deux concours ayant eu lieu à Cannes, sa ville natale . Elle trouvait cette chanteuse remarquable avec un talent fou !

    ( NB : ça n’a rien à voir, mais pour ta nouvelle rubrique que tu vas lancer, ma Maman et Gaël souhaitent y participer : pourrais-je donner trois votes séparés ou nous donnerons un vote combiné de nous trois après consultation évidemment ? )

    1. J’étais certain que ta maman avait apprécié ce titre!!! Je partage tellement ses goûts qu’il ne pouvait pas en être autrement 🙂 Fais-lui un bisou de ma part.

      Pour ma prochaine rubrique, évidemment qu’elle et Gaël peuvent voter. Je ne vois pas qui cela pourrait déranger 😉 En revanche, je trouve plus intéressant que tu nous fasses part de vos choix individuels, cela permettrait de situer les préférences en fonction de nos âges et de notre expérience du Concours. Et puis, ça me donnera l’impression que ma rubrique est suivie par plein de gens LOL

      1. – Ce sera fait demain matin : là, elle dort.

        – 😆 Tu as déjà trois personnes assurées de suivre fidèlement ta nouvelle rubrique. Je pense également que c’est beaucoup mieux un vote individuel d’autant plus que nous représentons trois générations bien distinctes ( Bientôt 18 ans, 43 ans en octobre et 7? ans )

        – Merci de ta permission mon cher Francis.

    • Pauline HALIMI on 27 juin 2019 at 13:06
    • Répondre

    Cher Francis

    Lors d’un pot au tribunal, une juge de retour de maternité m’a dit que son bébé s’appelle Augustin et je lui ai dit qu’une chanson de l’Eurovision portait ce prénom. J’espère que Coline la juge en question a depuis entendu le titre, je ne le sais pas, elle a été mutée.

    Pauline HALIMI

    1. Peut-être qu’elle a donné ce prénom à son fils parce qu’elle aime Beaumarchais. Ou qu’elle adore Bourvil dans La Grande Vadrouille.

    • rem_coconuts on 3 juillet 2019 at 13:53
    • Répondre

    Quelle carrière éclectique que Brita Borg, une grande interprète, capable de se faufiler à travers une multitude de styles avec brio et d’être en phase avec son époque, de délivrer des interprétations incarnées avec des accents théâtraux qui lui vont à ravir. J’adore le Fat Mammy Brown qu’elle chante avec un très bon groove! Par contre, je suis plus circonspect sur la chanson du concours qui manque de force et de pep’s par rapport aux autres titres d’elle que tu nous proposes ici, c’est un peu plat je trouve, même si, bien sûr, sa voix et son interprétation sauvent le tout. Sur le suédois, bizarrement c’est une langue que j’adore alors même que je suis plus branché langues du Sud d’habitude, je trouve qu’elle a une belle mélodie nordique et qu’elle transmet une atmosphère particulière, qui me parle. En cours de chant, il m’arrive régulièrement de chanter en suédois, et j’aime vraiment ça!

    1. C’est vrai qu’on n’imagine pas Augustin dans une autre langue que le suédois 😛 En tout cas, je suis ravi que tu apprécies l’éclectisme de cette grande chanteuse qu’était Brita Borg !

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