Etoiles au Firmament (79) – Nunzio Gallo

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            L’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui n’a pas laissé une très grande trace dans l’histoire du Concours. La raison principale pourrait en être qu’il a présenté au Grand Prix de la Chanson Européenne un titre qui avait remporté la sélection italienne avec un autre interprète bien plus célèbre que lui – Claudio Villa, notre Étoile # 12. En revanche, un record qui ne sera jamais battu peut lui être accordé : c’est lui qui a défendu la chanson la plus longue (5 minutes et 9 secondes) de toute l’histoire de l’Eurovision !

ÉTOILE # 79 : Nunzio GALLO (1928-2008)

        Représentant l’Italie au Concours 1957 à Francfort-sur-le-Main

        Titre interprété : Corde della mia chitarra (traduction : Les cordes de ma guitare)

        Classement : 6° sur 10 – 7 points

            Nunzio Gallo naît à Naples le 25 mars 1928. Très tôt passionné de musique, il entreprend des études au Conservatoire de sa ville natale, où sa voix de ténor le fait remarquer. Ses débuts sur scène ont lieu alors qu’il n’a que 17 ans, dans un spectacle organisé par l’armée américaine. Le succès est tel qu’il décide de se consacrer uniquement au chant.

Naples, ville natale de Nunzio Gallo

Image associée

En 1948, il termine deuxième d’un concours de musique légère, ce qui lui ouvre les portes de la RAI. Six ans plus tard, on le retrouve à Milan dans une production de La Traviata de Giuseppe Verdi, au côté de la grande cantatrice Renata Tebaldi.

Renata Tebaldi

Mais Nunzio ne se cantonne pas à la musique classique, puisqu’il décide de participer au premier concours Canzonissima que la RAI organise, en 1956. Sa chanson Mamma l’emporte, ce qui l’entraîne à prendre part l’année suivante au célèbre Festival de San Remo. Deux des titres qu’il interprète, La più bella canzone del mondo et Non ti ricordi più, n’atteignent pas la finale, et le troisième, Per una volta ancora, ne décroche que la 8° place.

Toutefois, il est préféré à Claudio Villa pour présenter le morceau gagnant, Corde della mia chitarra, au deuxième Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne. Mais le 3 mars suivant, il passe relativement inaperçu et termine 6° avec 7 points – 2 du Royaume-Uni et des Pays-Bas, et 1 de la Belgique, du Luxembourg et du Danemark.

Il se console toutefois en remportant la même année le Concours de Piedigrotta avec Sera d’està. Puis, il enchaîne les succès dans les concours et festivals, décrochant la victoire au Festival de Naples en 1958 avec Vurria. Il y reviendra fréquemment, jusqu’en 1970.

En 1961, il signe l’un de ses plus grands succès, Sedici anni, qu’il vend à un million d’exemplaires. Il retente sa chance à San Remo un an plus tard avec deux titres, L’Ultimo pezzo di terra et Inventiamo la vita, mais ne peut cette fois empêcher Claudio Villa de représenter l’Italie au Concours.

Parallèlement, il se lance dans une carrière au cinéma, où il apparaît dans une vingtaine de films de 1946 à 2005. Mais le succès commence à s’éloigner, et comme beaucoup d’autres chanteurs de son époque et de son style, la fin des années 70 le voit peu à peu disparaître de la scène médiatique.

Au cinéma avec Armand Mestral

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Dans l’après-midi du 23 septembre 2007, après un dernier tour de chant couronné par un Prix pour l’ensemble de sa carrière, il fait une grave hémorragie. Son état ne fait que s’aggraver pendant les mois qui suivent son hospitalisation, et il décède le 22 février 2008 à la clinique de Telese Terme, en Campanie, auprès de sa femme Bianca et de ses quatre enfants. Ses fils Massimiliano et Gianfranco reprendront le flambeau paternel en se lançant dans une carrière artistique, au cinéma et dans la chanson.

Les fils de Nunzio Gallo

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(12 commentaires)

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  1. J’ai l’impression que c était surtout une tradition italienne de changer d interprete pour le concours. Ça devait être plutôt frustrant pour l’évincé, sauf si c était de lui même qu’il avait renoncé.

    Dans le cas du San Remo 1957, sais tu pourquoi Claudio Villa a été écarté ?

    1. Je ne sais pas certain, mais j’ai l’impression qu’à l’époque, les titres proposés étaient interprétés par deux candidats, et que la RAI optait pour celui en qui elle croyait le plus. Mais ce n’est que mon opinion. Après, c’est ce que fait encore le Royaume-Uni, même s’il laisse le public voter.

  2. – Une carrière en dent de scie et une mort à un bel âge mais hélas lors d’un tour de chant qui a entrainé son déclin définitif…

    – Ce n’est pas un chanteur à mon goût et la chanson de 1957 ne l’était pas non plus même si la voix était belle. Mais quel dommage qu’à l’époque, il n’y avait pas encore la règle de la chanson limitée à 3 mn !! Car là, c’était vraiment interminable…

    – Une petite remarque : le guitariste est gaucher et à cette époque ce devait être vraiment exceptionnel !!

    1. Effectivement, Nunzio Gallo et sa chanson charment moins que Domenico Modugno ou même Claudio Villa, malgré la pureté de sa voix. Je trouve qu’il lui manquait un peu de personnalité, ce petit quelque chose qui permet d’arrêter ce que l’on fait pour écouter. Mais ça ne l’a pas empêché de réussir.
      Bravo en tout cas, Zipo, pour ta remarque à propos du guitariste, tu as l’œil 😛

  3. Belle voix, mais , hormis « Mamma » que j’ai dû entendre tout petit sur un vieux disque vinyle, le reste de sa discographie me laisse assez indifférent. Dommage. Par contre, ses 2 fils sont plutôt réussis !… 🙂

    1. Ah encore quelqu’un qui a l’œil exercé LOL Au moins, Nunzio Gallo aura réussi à nous léguer de quoi ravir les yeux à défaut des oreilles 😉

    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 23 avril 2019 at 10:21
    • Répondre

    Je ne pense rien de Nunzio Gallo car je ne le connais pas en dehors de « Corde della mia chitarra ». Tout ce que je peux dire est que je trouve cette chanson très belle et que je l’aurais classée plus haut en 1957. Le solo de guitare et l’orchestration sont très réussis.

    1. Ah bah je suis content de voir que certains aiment le titre de Nunzio Gallo, c’est ça qui fait l’intérêt de la musique : la diversité des goûts, sans que certains soient supérieurs à d’autres. Merci à toi pour ton témoignage, Netty !

    • rem_coconuts on 23 avril 2019 at 11:16
    • Répondre

    Heureusement que la durée des chansons est depuis limitée, parce qu’il peut être assez difficile de faire tenir un titre longtemps, comme celui de Nunzio Gallo en 1957. 3 minutes c’est pas mal en fait (même si on ne pleurerait pas sur une tolérance de 10% de plus, comme les rédactions de langue au bac^^). Je ne le connaissais pas (ma culture eurovisionesque « classique » et historique reste à perfectionner, heureusement qu’il y a ta rubrique pour cela Francis!), mais quelle belle voix! On entend le travail dans le chant classique quand on écoute ses titres variété qui fleurent bon l’époque. Je vois que sa carrière musicale s’est un peu éteinte dans les années 70, mais il a continué à jouer dans quelques films, le dernier datant de trois ans avant sa mort. Mais l’Italie a décidément une histoire musicale d’une richesse sans nom, preuve en est le festival de San Remo et sa densité incroyable.

    1. Tu as parfaitement raison, l’Italie est un grand pays musical, de Vivaldi à San Remo, de Rossini à Domenico Modugno, des chansons napolitaines à Enrico Caruso… Ce n’est plus à prouver, en effet.

    • phileurophage on 29 avril 2019 at 11:12
    • Répondre

    Certes, c’est la chanson la plus longue chantée à l’Eurovision (cinq minutes neuf), l’introduction et le pont sont interminables mais l’ensemble, somptueux pour certains, est trop classique pour moi mais finalement ambitieux ce qui fait que je ne l’ai classée que 8ème de ce Concours.

      • Francis A. on 29 avril 2019 at 15:53
      • Répondre

      Même chose pour moi, mais je le classe quand même 6ème, eu égard à la qualité de sa voix.

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