Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Après Mustafa Ismailovski, né en Croatie, Davor Popovic, né en Bosnie, et Berta Ambrož, née en Slovénie, c’est aujourd’hui à un quatrième candidat originaire d’ex-Yougoslavie que je vais m’intéresser. Il détient le plus triste des records puisqu’il est encore à ce jour le plus jeune de tous les anciens participants du Concours à nous avoir quittés. Ce n’est donc pas sans une réelle tristesse et une impression de grand gâchis que je vous présente notre premier participant à une demi-finale à décéder.

ÉTOILE # 76 : Toše PROESKI (1981-2007)

        Représentant l’Ex-République Yougoslave de Macédoine au Concours 2004 à Istanbul

        Titre interprété : Life (traduction : La vie)

        Classement : 10° sur 22 – 71 points en demi-finale ; 14° sur 24 – 47 points en finale

           Todor Proeski naît le 25 janvier 1981 à Prilep, la plus vaste des municipalités (mais pas la plus peuplée) de Macédoine, à l’époque une des républiques yougoslaves. À l’âge de onze ans, il participe à un festival de chansons pour enfants, le Zlatno Slavejče (le Rossignol d’Or), à Skopje, avec Jas i mojot dedo. Trois ans plus tard, c’est au Melfest de Prilep, un concours de chant pour adolescents, qu’il prend part. Enfin, celui qu’on n’appellera bientôt plus que Toše se fait réellement connaître en 1997 quand il interprète le titre Pušti me à un festival local, le Makfest.

            Sa carrière est lancée, et il commence à se produire sur scène, seul ou accompagné de grands noms de la musique yougoslave, comme Karolina Gotchéva (qui représentera l’ERYM à l’Eurovision en 2002 et 2007). Ses principaux succès à l’époque sont Usni na usni, Sonce vo tvoite rusi kosi, Nemir, Vo kosi da ti spijam, Izlaži me ušte ednaš ou Iluzija.

            Après deux premiers échecs en sélection nationale en 1998 (avec Ostani do kraj qui ne se classe que 8°) et en 2000 (avec Solzi pravat zlaten prsten qui termine 3° malgré une première place au télévote), Toše Proeski retente sa chance à l’Evrovizija en 2004. Il est sûr de gagner, puisqu’il est le seul concurrent choisi par le diffuseur, et c’est Angel si ti, l’un des huit titres qu’il interprète, qui est désigné pour représenter le pays à Istanbul. Sur place, sa chanson – traduite en anglais et renommée Life – doit passer le cap de la demi-finale, instaurée cette année-là devant l’afflux de demandes de participation de nouveaux pays.  C’est d’ailleurs à cause de cet enthousiasme débordant pour le Concours qu’il n’a pas pu participer l’année précédente alors qu’il avait remporté la sélection serbo-monténégrine avec Čija si.

Heureusement pour lui, le jeune homme est le dixième et dernier qualifié, avec 71 points – 12 de la Serbie-Monténégro, 8 de l’Albanie et de la Bosnie-Herzégovine, 6 de l’Ukraine et de la Slovénie, 5 de la Suisse et de la Croatie, 4 de la Roumanie et de la Grèce, 3 de l’Allemagne et de la Turquie, 2 de l’Autriche et de la Suède, et 1 du Danemark, de Malte et des Pays-Bas. Bref, on fait le plein du côté de l’ex-Yougoslavie, mais les autres pays ne boudent pas non plus la chanson. En finale, le succès est un peu moins au rendez-vous avec une 14° place seulement, assortie de 47 points – 12 de la Serbie-Monténégro, 8 de la Bosnie-Herzégovine, 7 de la Slovénie, 6 de l’Albanie, 5 de la Croatie, 4 de la Turquie, 3 de l’Ukraine, et 1 de Malte et de la Suisse. Là, en revanche, les votes de voisinage ont magnifiquement fonctionné (avec 38 points des pays balkaniques).

           De retour dans son pays, la notoriété de Toše explose, à un point tel qu’il est même nommé en août Ambassadeur National de l’UNICEF pour la Macédoine. Il enchaîne enregistrements et tournées, en compagnie de grandes vedettes comme Gianna Nannini, Željko Joksimović (représentant de la Serbie-Monténégro la même année que lui) ou Tony Cetinski (deuxième candidat croate en 1994). Mais le 16 octobre 2007, alors qu’il roule sur l’autoroute qui relie Zagreb à Belgrade, son véhicule percute un camion non loin de Nova Gradiška – comme cela avait été le cas pour Carlos Paião, notre Étoile # 15. Alors que les deux autres occupants de la voiture (dont son manager Ljiljana Petrović, première représentante yougoslave au Grand Prix Eurovision en 1961) ne sont que légèrement blessés, lui décède sur le coup dans son sommeil, la troisième vertèbre cervicale brisée. Il n’a que 26 ans.

Le véhicule de Toše après le terrible choc

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À l’annonce de son décès, le Parlement interrompt immédiatement sa session et le gouvernement dépêche un hélicoptère de l’armée pour récupérer son corps en Croatie. Des funérailles nationales sont décidées, et Toše est inhumé le 17 octobre – décrété journée de deuil national – à Kruševo, ville d’origine de ses parents, en présence du Président de la République Branko Crvenkovski, du Président du Gouvernement Nikola Gruevski, de représentants  de diverses organisations caritatives pour lesquelles il s’était mobilisé et de nombreux artistes issus des différents pays de l’ex-Yougoslavie. Sa tombe est aujourd’hui devenue un vrai lieu de pèlerinage, où se rendent chaque année des milliers de fans éplorés.

Funérailles nationales pour Toše

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Seule l’UER, finalement, a refusé lui rendre hommage, alors qu’une pétition en ligne signée par presque 14 000 personnes réclamait un geste, une évocation, pendant le Concours 2008. Cet “oubli” sera réparé par la candidate macédonienne, Tamara Todevska, qui dédiera sa chanson à cet “ange qui, là-haut, nous regarde”.

Tamara Todevska, la seule à rendre hommage à Toše

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