Etoiles au Firmament (75) – Kirka

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui le troisième artiste originaire de Finlande à nous avoir quittés que je vais vous présenter. Bien que cela n’ait pas un grand intérêt, j’attire votre attention sur le fait que ce chanteur, le deuxième soliste finlandais à décéder, est né le même jour que la deuxième chanteuse belge – Ann Christy – et la deuxième représentante de Monaco – Colette Deréal – à avoir rejoint les étoiles. Je vous avais prévenu, ce genre de statistique ne sert à rien 😉

ÉTOILE # 75 : KIRKA (1950-2007)

        Représentant la Finlande au Concours 1984 à Luxembourg

        Titre interprété : Hengaillaan (traduction : Amusons-nous)

        Classement : 9° sur 19 – 46 points

        De son vrai nom Kirill Babitzin, Kirka naît à Helsinki dans une famille de Russes immigrés le 22 septembre 1950 – soit vingt-trois ans jour pour jour après Colette Deréal, notre Étoile # 14, et cinq ans après Ann Christy, notre Étoile # 10. L’année de ses cinq ans, sa grand-mère lui offre un accordéon, ce qui va être pour lui une révélation. Il remporte d’ailleurs la deuxième place d’une compétition avec cet instrument dès 1960.

Kirka et son instrument de prédilection

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            Il n’attend pas longtemps pour fonder son premier groupe, The Creatures, en 1962 – date à laquelle il choisit son pseudonyme, Kirka. Leur plus grand succès, Baby I need you, sort en 1964. Trois ans plus tard, il rejoint The Islanders, fondé par Ilkka Lipsanen, plus connu sous le nom de Danny, un célèbre chanteur et guitariste local. C’est avec ce groupe qu’il connaît ses premiers succès (d’estime), d’inspiration pop rock comme Hetki lyö. Parallèlement, il se lance dans une carrière solo et rencontre là aussi les faveurs du public, en particulier avec Leijat et Varrella virran. Malgré cela, l’argent a bien du mal à rentrer et Kirka rencontre régulièrement des difficultés financières. Il tente donc de percer par tous les moyens sur la scène internationale, en participant par exemple au Festival de Sopot, en Pologne, ou à l’Orphée d’Or, en Bulgarie.

            En ce qui concerne le Concours Eurovision de la Chanson, le moins que l’on puisse dire est que Kirka s’est acharné pour pouvoir concourir puisqu’il a participé à la sélection nationale à treize reprises ! ! ! Premier essai, en 1972 : il finit 3° avec Kaikkea on, juste derrière Katri Helena (qui représentera son pays en 1979 et 1993). Deux ans plus tard, son titre Energiaa échoue en demi-finale. En 1975, Oh New York rakkain, qu’il interprète avec son groupe The Islanders, termine 5°. Un an plus tard, il décroche une 4° place avec Naidonryöstö. En 1979, il présente Aikuiset anteeksi antaa avec ses sœurs Anna et Muska, mais échoue à nouveau au pied du podium. Karthago, l’année suivante, n’est battue que par Huilumies, de Vesa-Matti Loiri (qui sera lanterne rouge à La Haye). Il se classe à nouveau 2° en 1983 avec Täytyy uskaltaa (les deux autres titres qu’il présente, Tuhanteen aamuun laulun teen et Kaksi vaan, terminant 5° et 8°).

            Il lui faut donc attendre douze ans pour enfin représenter son pays à l’Eurovision 1984 avec Hengaillaan – ses autres chansons candidates, Oo Marie et Laulu maailmalle,décrochant les 4° et 7° places de l’Euroviisut. Un bonheur ne venant jamais seul, Kirka a la joie de voir son titre atteindre la 9° place de la finale avec 46 points – 7 de la Suède, 6 du Danemark et de la Turquie, 5 de la France, de la Norvège et de l’Autriche, 4 de Chypre, 3 de la Yougoslavie et du Portugal, et 1 de l’Espagne et de l’Allemagne. C’est le sixième meilleur score de la Finlande en vingt-trois participations, et le titre lui vaudra un disque d’or dans son pays.

            Après une nouvelle 2° place en 1986 avec Uusiin taivaisiin (juste devant son duo avec Kim Lönnholm, Aitoa taikaa, et à un point du titre vainqueur), Kirka signe son plus grand succès individuel avec une chanson de variété un peu mélancolique, Surun pyyhit silmistäni,en 1988… malheureusement pas candidate à l’Euroviisut.

            Il tente encore quatre fois sa chance à la sélection finlandaise, en 1989, 1991, 1992 et 1996 – où il termine respectivement 5° (avec Hiljaisuutta), 4° (avec Taivas ja maa), finaliste (avec Antaa menneisyyden mennä) et 3° (avec Toukokuu). Toutefois, Kirka, malgré les récompenses musicales qu’il reçoit régulièrement, n’est pas toujours très satisfait de ses productions, lui qui aimerait ne se consacrer qu’au rock’n’roll, son genre de prédilection. Mais il lui faut bien nourrir sa famille, et la musique commerciale est idéale pour cela… C’est la raison pour laquelle il publie presque 80 singles et 60 albums, dont 15 compilations, tout au long de sa carrière.

            À la surprise générale, Kirka succombe à une maladie tout aussi rapide que fatale, le 31 janvier 2007 à Helsinki. Il est enterré auprès de son frère aîné Sammy, lui aussi chanteur reconnu, décédé dans un accident de voiture en 1973. Kirka laisse une veuve, Paula, et quatre enfants issus de son premier mariage, Katarine, Boris, Aleksandra et Nikolai.

Sammy Babitzin, le frère aîné de Kirka

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(12 commentaires)

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  1. Ça avait l’air d’être un vrai stakhanoviste ce Kirka!

    Par contre ,devoir renier ses envies profondes pour pouvoir financer le train de vie de sa famille c’est vraiment triste. Mais je dois être un poil trop idéaliste sur ce coup là.

    1. Il est vrai qu’il est triste de devoir composer avec le système, mais cela reste compréhensible. Ce n’est pas de la compromission, puisque Kirka devait tout de même apprécier ses nombreuses propositions à la sélection nationale. Je me souviens d’ailleurs d’avoir entendu Roch Voisine dire la même chose il y a quelques années.

    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 25 mars 2019 at 15:15
    • Répondre

    Je n’ai jamais été fan de « Hengaillaan ». Pour l’anecdote, je me souviens que pendant l’Euro 84 ma sœur (qui n’aimait pas du tout l’Eurovision) avait passé une tête dans le salon durant la prestation de Kirka et qu’elle avait été horrifiée !!! C’était un titre joyeux, mais pas franchement subtil. Je me souviens que je préférais la face B du 45T en anglais (que j’avais acheté en France !), « Oh Marie ». Je me souviens que j’aimais beaucoup aussi sa chanson de 89, « Hiljaisuutta ». Kirka était en tout cas un véritable artiste.

    1. Je n’étais pas non plus un grand fan de Hengaillaan mais je reconnais que ce titre enjoué tranchait sur tout ce que la Finlande avait proposé avant.
      Pour Oh Marie, tu peux entendre la version originale dans le corps de l’article.

  2. Une joli voix et de jolies chansons….très triste destin encore….ce chanteur a de très jolies mélodies ..ma chanson préfère est uuslin…taivasin….merci Francis….pour cette chronique.
    Dommage que la Finlande ne choisisse pas mieux leur candidat cette année..darude bof….il aurait du juste choisir le chanteur sans le DJ….j’aurais même préfère….bonne semaine a toi….et merci de tes articles…

    1. Je suis d’accord avec toi sur la voix de Kirka, elle était en effet assez particulière. À titre personnel, je préfère de loin ses toutes premières chansons.
      Merci à toi Sakis d’être si fidèle, ça me touche toujours.

  3. – Encore une triste fin, en plus brutale… C’est bien triste.

    – J’avoue que j’aime bien ce chanteur : il a une voix très particulière qui porte loin comme je le dis parfois, et on sent le vrai professionnel sûr de lui.

    – Je constate qu’il a été très prolifique dans sa carrière même si ce n’est pas toujours pour des raisons artistiques ; l’essentiel c’est qu’il ait eu du succès.

    – Enfin concernant la chanson de l’Eurovision, je trouve qu’elle est bien interprétée et elle n’est pas désagréable. Après j’ai du mal avec la langue finnoise et j’estime que les choristes étaient vraiment inutiles dans cette chanson ! Ils rendaient même la prestation  » moins sérieuse « …

    1. C’est en effet une langue assez particulière que le finnois, un peu comme l’estonien, une autre langue riche en voyelles, principalement en A. Cela lui donne une musicalité assez originale. Mais on peut parfaitement ne pas aimer, je le conçois.

  4. Pas fan de la chanson de l’eurovision mais il a eu une belle carrière qui a terminé brutalement. Il n’y a pas que les cancers qui tuent, la route est tout aussi dangereuse.

    1. Surtout dans les années 70, où on n’avait pas encore mis en place beaucoup de campagnes préventives sur les dangers de la route. On se souvient que parmi nos Etoiles au Firmament, un certain nombre ont payé le prix fort (Gustav Winckler, Dany Dauberson, Louis Neefs, Carlos Paiao, Allan Barton ou Gundars Mausevics, par exemple).

    • phileurophage on 23 avril 2019 at 07:49
    • Répondre

    Me voilà de retour après quelques soucis. Rien de grave mais c’est avec plaisir que je reviens pour te remercier encore Francis de cette rubrique, rattraper mon « retard » et dire que j’ai toujours bien aimé cette contribution finlandaise : Kirka assura le show avec son énergie positive, son large sourire, son harmonica, la gaieté de la chanson et des choristes qui ne passèrent pas inaperçus. Bref, encore un grand moment du Concours pour moi !

    1. Ah tu es de retour !!! Tes commentaires, tout aussi gentils pour moi que parfaitement argumentés, me manquaient. J’espère que tu n’as pas vécu de moments trop difficiles et que tu es maintenant en pleine forme.
      Pour ce qui est de Kirka, je dois dire que c’est une des premières chansons finlandaises à m’avoir marqué avec Fantasiaa. Et ce garçon avait vraiment l’air sympathique.

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