Etoiles au Firmament (74) – Jan Werner Danielsen

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui à la découverte de notre deuxième Étoile norvégienne que je vous convie. Dix ans après Inger Jacobsen, disparaissait ce jeune artiste, dont la voix si puissante avait pourtant réussi à rivaliser avec celle d’une diva de l’Eurovision, Elisabeth Andreasson.

ÉTOILE # 74 : Jan Werner DANIELSEN (1976-2006)

        Représentant la Norvège au Concours 1994 à Dublin, en duo avec Elisabeth ANDREASSON

        Titre interprété : Duett (traduction : Duo)

        Classement : 6° sur 25 – 76 points

        Jan Werner Danielsen naît le 10 avril 1976 (soit une semaine après le Concours de La Haye) à Nord-Odal, dans le Sud-Est de la Norvège. Dès l’âge de quatre ans, il participe à une comédie musicale et démontre très jeune la justesse et la puissance de sa voix. L’année de ses douze ans, il remporte un concours de chant, ce qui lui permet de signer un contrat avec une maison de disques et de sortir son premier enregistrement, Jeg ser en dag.

Éblouis par cette voix qui couvre quatre octaves et demi, les dirigeants de la chaîne de télévision NRK lui proposent de participer à une célèbre émission pour enfants, Midt I Smørøyet, avec le titre Somewhere. Parallèlement, et pendant cinq ans, il accompagne l’orchestre symphonique de Hamar, jusqu’aux Jeux Olympiques de Lillehammer, où il se produit lors d’un concert. En 1994, il gagne également le concours Talentiaden organisé par la NRK avec The Right to Sing et Anthem, deux titres extraits de la comédie musicale Chess, écrite par Benny Andersson et Bjørn Ulvaeus, du groupe ABBA.

            Alors qu’il n’a pas encore dix-huit ans, il participe au Melodi Grand-Prix 1994, qui sert de sélection nationale pour le Concours Eurovision. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’associe pas à n’importe qui à cette occasion. En effet, il chante avec Elisabeth Andreasson, qui a déjà participé à deux reprises à la grande fête musicale européenne, à chaque fois en duo, et l’a même remportée en 1985 (c’est à l’époque la seule victoire de la Norvège). Quant à la chanson qu’ils interprètent, judicieusement nommée Duett, elle a été composée par Rolf Løvland, à l’origine de deux contributions du pays, dont le titre vainqueur, La det swinge. Jan Werner et Elisabeth décrochent facilement leur billet pour Dublin et s’envolent pour l’Irlande. Sur place, les deux puissants interprètes font presque aussi bien que la douce Silje Vige l’année précédente, puisqu’ils terminent à la 6° place avec 76 points – 10 de Chypre, 8 de l’Estonie et de la Russie, 7 de la Suède et des Pays-Bas, 6 de la Bosnie-Herzégovine, 5 de l’Espagne et de la Hongrie, 4 du Royaume-Uni et de la Roumanie, 3 de l’Irlande et de la Croatie, 2 de l’Allemagne, et 1 de l’Islande, de la Suisse, de la Lituanie et de la Grèce.

            Six ans après ce très bon classement, Jan Werner Danielsen décide de retenter sa chance au MGP, mais seul cette fois. Malheureusement, sa chanson One more time (cette fois-ci mal nommée) ne lui permet pas de fouler à nouveau la scène de l’Eurovision, puisqu’elle ne finit que 2°.

            Chacun de ses cinq albums se vend très bien dans son pays (dans des genres très variés allant de la pop au rock, en passant par la variété, le classique ou les musiques traditionnelles), on estime d’ailleurs qu’il a vendu plus d’un million de disques et autant de billets pour ses différents concerts – ce qui est remarquable pour un pays d’un peu plus de quatre millions et demi d’habitants ! Toutefois, le point culminant de sa carrière est sans nul doute le concert qu’il donne au Royal Albert Hall de Londres en 2003, durant lequel il chante des airs de Jean-Sébastien Bach. Il réitère cette performance lors du gala de remise des Prix Nobel en décembre de la même année, reprenant également Imagine de John Lennon avec Robert Plant, Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones !

            Il est en pleine organisation de sa future tournée au Canada quand il décède subitement à Oslo le 29 septembre 2006 – l’autopsie révèlera qu’une affection des bronches, associée à une fatigue physique extrême, a provoqué un arrêt cardiaque. Lors de ses obsèques, sa partenaire Elisabeth Andreasson interprète de manière bouleversante You raise me up, composé par Rolf Løvland, mais rendu célèbre par Josh Groban. Son dernier album, Stronger, est publié à la date qu’il avait décidée et se vend à 63 000 exemplaires en une semaine.

(15 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

  1. Merci Francis de parler de cet artiste, je me souviens très bien de son passage dans l’édition de 1994, c’est vrai qu’il avait une voix puissante et remarquable, j’avais bien aimé la chanson « Duet* avec Elisabeth Andreassen, une 6ème place méritée , je pense que si la Norvège avait pu interpréter son titre en anglais, qu’elle se serait probablement retrouvée sur le podium, 1994 à Dublin était un très bon cru, il y avait de très bonnes chansons en compétition, Pour revenir à Jan Werner Dielsen, il est bien parti bien trop tôt, c’était vraiment un bel artiste très talentueux, J’ai lu qu’il avait tout de même quelques problèmes de santé, il était un peu en surpoids ce qui le stressait beaucoup et malheureusement son coeur à lâché Paix à son âme, tout comme beaucoup d’artistes, il restera gravé dans nos mémoires ainsi que dans l’histoire de l’ESC.

    1. Je te rejoins pour ton appréciation sur l’édition 1994 en général (d’un très haut niveau) et sur la Norvège en particulier. Deux voix remarquables, une chanson puissante et un classement logique et mérité.
      Comme tu le fais remarquer, les problèmes de poids sont souvent lourds de conséquence pour la santé, ce qui a été le cas pour Jan Werner Danielsen. Ce n’est pas politiquement correct de le dire, mais surpoids et obésité font des ravages. C’est d’autant plus tragique que personne ne choisit sa constitution.

  2. La Norvège….est un magnifique pays et j’adore…je me souviens pas du tout de ce chanteur…jeunesse oblige…mais quel voix et quel talent…il avait vraiment beaucoup de talents cette artiste ….

    Élizabeth est une artiste qui détient un record je crois a eurovision…. De participations….pour les sélections de son pays ….

    Je trouve que ce pays s’est bien remis depuis cette année avec keino….sinon mon cher Francis…merci pour cette chronique… Et j’ai apprécié d’écouter les chansons de ce magnifique artiste…bonne sémaine

    1. Content de voir que tu as pu découvrir ce remarquable chanteur grâce à ma rubrique. Sa voix était impressionnante et sa technique vocale, parfaite. D’où sa capacité à émouvoir, je trouve. Renforcée par sa destinée, c’est sûr.

      J’adore la chanson candidate de cette année, elle est à l’heure actuelle dans mon Top 7. Et elle a de grandes chances d’y rester 🙂

  3. Belle carrière mais courte. Il avait à peine 30 ans…
    Par contre, je ne suis pas fan de la chanson du concours bien qu’il eût une belle et puissante voix.

    1. Il faut reconnaître que c’est le genre de chanson qui divise. Comme Roko ou Oto cette année. Mon problème, c’est que j’ai systématiquement un penchant pour ces interprétations virtuoses…

      1. J’aime les interprétations virtuoses, ce que j’apprécie moins ce sont certaines mélodies qui accompagnent ces belles voix 🙂

        Par exemple, j’ai aimé Michal Spazk et sa chanson même si elle était considéré comme vieillotte par beaucoup. Je pense que sa voix fait partie des plus belles voix de ces dernières années au concours 🙂 en tout cas dans mon classement belle voix si j’en avais un 🙂

        1. Je suis plutôt d’accord avec toi. Il y a des voix que beaucoup reconnaissent comme impressionnantes, mais qui ne me touchent pas parce que le répertoire abordé ne m’attire pas. Mireille Mathieu et Nicole Croisille en sont des exemples.
          Pour ce qui est de Michał Szpak, je souscris à tout ce que tu écris.

    2. En fait, je crois que c’est pour les artistes capables de chanter comme ça que j’ai un soft spot 😛

  4. – Ah… Un artiste qui meurt si jeune, ça me donne toujours des petites larmes à travers mes lunettes… Heureusement que j’ai pris l’habitude de lire ta rubrique en soirée pour ne pas être triste la journée…

    – Même si je n’aime pas toutes les chansons qu’il a chanté, je reconnais très volontiers qu’il a une voix splendide et qu’il chante de façon parfaite. D’ailleurs dans la chanson qu’il a chanté en duo avec Elizabeth, ce n’est pas le genre de chanson que j’affectionne particulièrement, mais les deux voix se mariaient si divinement que la magie a opéré dans mes oreilles, et du coup, j’ai apprécié la chanson.

    – Cette 6e place me semble méritée mais il faudra réécoute le concours 1994 pour me faire une idée plus précise. Et ce que j’aime particulièrement chez cet artiste, c’est qu’il s’est attaqué à tous les registres avec dans l’ensemble des succès dans tous.

    1. En effet, un tel éclectisme avec la même qualité est assez rare. Son interprétation d’un air de Bach est stupéfiante, je trouve.

  5. Je pense que ceux qui me lisent un peu connaissent mon irrésistible attirance pour les voix. Seules les personnes qui pratiquent –( comme toi, Francis )- ou ont pratiqué le chant peuvent comprendre à quel point le bien chanter, par sa valeur intrinsèque, peut transcender une prestation, scéniquement aussi bien rôdée soit-elle. Parce que je doute que ce critère, pourtant fondamental, fasse désormais l’unanimité des choix artistiques actuels. Rien de cela avec le chanteur que tu nous présentes aujourd’hui. Ce dernier réunit toutes les qualités d’un artiste qui se donne à fond pour son art, jusqu’à l’extrême, à s’en brûler les ailes. Et pourtant je suis passé à côté de sa prestation 1994, sans doute, comme beaucoup, attendri par l’interprétation irlandaise ou amusé par le culot très osé d’une Nina Morato ! En bref, je ne suis pas choqué par ce qui décoiffe, à condition que ce soit fait avec talent. Or, contrairement à celui de Jan qui est une évidence, il faut parfois le chercher loin, très loin, au-delà des faux scandales à deux balles ou des hystéries médiatiques.

    1. Eh bien, je n’aurais pas mieux dit! D’ailleurs, mon Top 3 de cette année (1. Macédoine du Nord, 2. Géorgie, 3. Croatie) révèle à la fois ma passion pour les grandes voix et la désaffection de trop nombreux fans actuels pour ce genre d’interprètes. Je le déplore, mais c’est malheureusement de plus en plus le cas :/

    • phileurophage on 24 mars 2019 at 09:13
    • Répondre

    Quel bel hommage Francis. Pour moi, « Duett » fut le plus beau et plus fort moment de la soirée, une sublime ballade pour deux immenses voix. Cette prestation me donne toujours des frissons. Et mourir à 30 ans est si injuste…

    1. Ce qu’il y a de pire dans un décès intervenu aussi jeune, c’est qu’on ne peut s’empêcher de penser à tout ce que l’artiste n’a pas eu le temps de produire et tout ce dont nous, public, aurons finalement été privés. En dehors bien sûr du côté humain, qui répugne forcément à voir disparaître quelqu’un de cet âge.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

%d blogueurs aiment cette page :