Etoiles au Firmament (50) – Butch Moore

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Après Pat McGeegan il y a quelques mois, partons à la découverte de notre deuxième Étoile irlandaise. Encore une fois, assez peu de choses à dire au sujet du troisième candidat de l’édition 1965 à disparaître, si ce n’est qu’il a lancé une mode qui fera ses preuves au Concours, la ballade romantique irlandaise.

 

 

ÉTOILE # 50 : Butch MOORE (1938-2001)

        Représentant l’Irlande au Concours 1965 à Naples

        Titre interprété : I’m walking the streets in the rain (traduction : Je parcours les rues sous la pluie)

        Classement : 6° sur 18 – 11 points

 

James Augustine Moore (rien à voir avec Roger, Gary ou Michael) naît à Dublin le 10 janvier 1938. Dès son adolescence, celui qu’on ne nommera bientôt plus que Butch joue avec plusieurs groupes, entre autres les Melochords ou les Blue Clavons. Il n’est encore qu’apprenti dans une imprimerie quand il rencontre Des Kelly à Galway, et décide en 1960 d’intégrer sa formation, The Capitol, avec laquelle il se fait connaître du public.

Butch Moore et The Capitol

https://i2.wp.com/www.rebeatmag.com/wp-content/uploads/Screen-Shot-2015-03-07-at-1.59.05-PM-e1425755123300.png?resize=388%2C166&ssl=1

Le groupe de huit musiciens commence à tourner dans tout le pays, interprétant des chansons dont certaines sont écrites par Phil Coulter (lequel deviendra célèbre quelques années plus tard pour les titres qu’il écrira pour le Concours Eurovision, comme Puppet on a string en 1967). Le succès est si grand qu’ils partent en tournée aux Etats-Unis en 1961 et qu’ils sont en 1963 le premier groupe à apparaître à la télévision irlandaise. En 1964, The Capitol joue même sur la scène du Palladium de Londres, au côté de la grande star Roy Orbison.

À titre personnel, Butch Moore épouse Norah Sheridan en 1962. Cependant, malgré la naissance de trois enfants (Karen, Grainne et Gary… non, pas le guitariste!!!), le couple se sépare en 1969. Entre-temps, l’Europe occidentale a découvert le jeune chanteur irlandais. En effet, la chaîne RTÉ souhaite faire son entrée au Grand Prix Eurovision en 1965. Elle propose donc au leader de The Capitol de prendre part à la sélection nationale irlandaise. Le titre qu’il y présente, I’m walking the streets in the rain, gagne son billet pour Naples, où l’Irlande se classe 6° avec 11 points – 5 de l’Italie et 3 du Portugal et de la Yougoslavie.

Butch Moore retente sa chance à la sélection irlandaise à deux reprises, mais sans succès : en 1966 (Why don’t I believe in her? se classe quatrième et I see your face, dixième) et en 1969 (Too late termine dernier). C’est donc une année noire pour lui, qui vit en même temps la fin de sa vie de couple et le début du déclin de sa carrière.

Maeve, 2° épouse de Butch Moore

Image associée

Il émigre l’année suivante aux Etats-Unis, où il rencontre sa future femme, la chanteuse Maeve Mulvany, qui s’est fait une spécialité de la ballade irlandaise… Ils se marient en 1972 et forment un duo, Butch ‘n’ Maeve, qui se taille un joli succès en mélangeant la musique irlandaise à la pop. Leur titre le plus connu est The Parting glass, nom qu’ils donnent d’ailleurs au pub qu’ils achètent dans le Massachusetts. Hormis leurs disques, le couple donne également naissance à trois enfants, Rory, Tara et Thomas.

Souffrant d’un cancer de l’œsophage, Butch Moore décède chez lui d’une crise cardiaque le 3 avril 2001 et son corps est rapatrié en Irlande pour y être inhumé. Maeve le rejoint le 14 février 2004.

La stèle sur la tombe de Butch Moore

Résultat de recherche d'images pour "butch moore too late"

 

 

(10 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

    • marie on 21 novembre 2018 at 19:05
    • Répondre

    Il n’y a pas photo pour moi, c’est France Gall. La chanson de Serge Gainsbourg figure parmi celles que je préfère toutes éditions confondues. La chanson de Butch Moore paraît démodée à côté. L’eurovision venait de tourner une page. Même si sa chanson ne joue pas dans la même catégorie que Poupée de Cire et Poupée de Son, j’aime bien sa voix très années 50.

    1. Je dois reconnaître que cette première proposition irlandaise est un peu fade comparée à d’autres ballades présentées par l’Île d’Émeraude. Je préfère nettement, par exemple, Chance of a Lifetime, le titre interprété en 1968 par Pat McGeegan, notre Étoile # 13. Mais ce premier succès a eu un effet indiscutable : une suite impressionnante de ballades celtes.

    • ZIPO on 21 novembre 2018 at 21:15
    • Répondre

    – Une vie privée pas facile, une carrière musicale qui a décliné et son décès dû à un cancer : on ne peut pas dire qu’il ait été épargné par les difficultés ou malheurs…

    – Concernant sa chanson à l’Eurovision, j’aime vraiment sa voix qui malheureusement ne suffisait pas à rehausser le niveau de cette chanson qui était vraiment monotone et sans relief : à la fin de l’écoute je fais plutôt une grimace d’ennui…

    – Si c’est lui qui a été à l’origine des ballades irlandaises au concours, je ne bénis pas 😆 Car comme je l’avais dit dernièrement dans la rubrique de Marie, aucune des sept victoires irlandaises n’est pour moi méritée ou au moins évidente : je comprends mieux pourquoi…

    1. Disons que le bon classement obtenu par Butch Moore a laissé penser à d’autres que la ballade à l’irlandaise était une bonne méthode pour briguer la victoire. Certains s’y sont engouffrés… avec succès parfois 😛

      Après, je suis comme toi, j’estime que les sept victoires du pays n’étaient pas toutes justifiées. Oui pour 1970 et 1992 (auxquelles je rajouterais 1966) mais pour les autres, non. Il y avait mieux à chaque fois.

    • TANO on 22 novembre 2018 at 00:10
    • Répondre

    Bon. Il est vrai que la chanson qui représentait l’Irlande en 1965 sonne assez « américain », et pourtant, comme Marie, je pense qu’elle n’est déjà plus en phase avec une décennie qui remettait en cause les anciens standards musicaux. Aussi, le fait qu’il rejoigne le nouveau monde un jour pour une autre vie, une autre carrière, ( comme tant d’autres Irlandais avant lui, mais pour d’autres raisons …) est une évidence. Bravo au géniteur, mais que sont devenus ses enfants des deux côtés de l’Atlantique ? En a-t-il fait des émules ? Retour aux sources, post mortem. Ce qui prouve qu’on a beau tourner la page d’un pan de sa vie, l’appel de sa terre est parfois le plus fort, le dernier moment venu. Quant aux ballades irlandaises victorieuses du concours, même si on n’apprécie pas forcément ce style, force est de reconnaître qu’elles ont souvent été de qualité et que leur représentant(e) ont su les porter haut. Le plus difficile pour ce pays, c’est désormais de passer à autre chose …

    1. Effectivement, c’est désormais très difficile pour l’Irlande de trouver un créneau qui lui soit propre et qui lui procure en même temps le succès. On sent que la pays cherche et cherche, mais force est de constater que ses choix ne sont pas efficaces… pour le moment. Il n’est en effet pas aisé de se détacher d’un modèle qui a fait ses preuves à de multiples reprises :/

    • phileurophage on 22 novembre 2018 at 08:33
    • Répondre

    Mon cher Francis, voilà encore un article passionnant sur une trajectoire. La chanson dont le titre exact est « Walking the streets in the rain » est une jolie ballade classique mais elle ne pouvait rivaliser avec le Luxembourg cette année-là (ni avec l’Autriche de mon idole absolue Udo…). Quant à démarrer la longue, trop longue liste des ballades irlandaises, c’est malheureusement vrai. Certes, il y eut du bon et du très bon dans ces prestations, mais la recette fut trop souvent utilisée pour ne pas nous (me) lasser.
    Bravo pour ces 50 articles ! Tu fais un travail remarquable !
    Philippe

    1. Merci Philippe pour ces nouveaux compliments !!!!

      À titre personnel, ma chanson préférée du concours 1965 est celle de la Yougoslavie. Je dois bien être le seul en Europe à avoir envisagé de lui offrir la victoire LOL Mais Ceznja me touche toujours profondément dès que je l’écoute.

      Pour ce qui est du titre de la chanson de Butch Moore, il est difficile de se mettre d’accord, tous les sites ne font pas consensus. Tu me diras que l’important, c’est la chanson en elle-même, et qu’elle est finalement assez plate… quel que soit son titre.

        • phileurophage on 23 novembre 2018 at 09:02
        • Répondre

        Francis, il ne m’étonne pas que tu évoques la contribution yougoslave de 1965 car j’avais publié lors de l’anniversaire de la mort de Vice Vukov un post Instagram avec entre autres ces mots : « homme politique, ambassadeur, il fut aussi la belle gueule et la belle voix yougoslave (croate) à Londres puis à Naples surtout avec le lent et nostalgique « Ceznja ». C’était si beau… ».
        A bientôt, Philippe

        1. Content de voir que je ne suis pas le seul à apprécier la voix de Vice Vukov et son très beau titre de 1965. Quant à son physique, il était effectivement… remarquable 😛 Je l’evoquerai bien sûr dans un prochain article, malheureusement.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

%d blogueurs aiment cette page :