Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Après deux Étoiles des années 1950, partons aujourd’hui à la redécouverte d’un participant du Concours 1961 – le 9° de cette édition à nous avoir quittés. Son nom ne vous dit sûrement rien du tout, puisqu’il faisait partie du premier duo masculin à s’être présenté sur la scène de ce qui n’était encore que le Grand Prix de la Chanson Européenne. Comme pour Danièle Dupré, notre précédente Étoile, sa carrière artistique a été assez brève, mais le classement qu’il a obtenu à l’époque lui ouvre grand les portes du Panthéon eurovisionnesque.

ÉTOILE # 113 : Bob DAY (1941-2013)

        Représentant le Royaume-Uni au Concours 1961 à Cannes au sein du duo THE ALLISONS

        Titre interprété : Are you sure? (traduction : Es-tu sûre?)

        Classement : 2° sur 16 – 24 points

            Bernard Colin Day naît le 2 février 1941 à Trowbridge, dans le Wiltshire (dans le Sud-Ouest de l’Angleterre), où sa mère s’est réfugiée pendant le Blitz sur Londres. Son père, contrôleur dans le métro, est resté dans la capitale, et le petit garçon devra attendre pour le revoir d’obtenir une bourse pour l’Emanuel School de Parsons Green, dans le district de Fulham.

L’église St Dionis de Parsons Green

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            À l’âge de dix ans, il intègre la chorale de l’église St Dionis, tout près de son domicile. C’est là qu’il rencontre Brian Henry John Alford, son aîné d’un peu plus d’un an (il est né le 31 décembre 1939). Le courant passe tellement bien entre eux qu’ils commencent à harmoniser les chansons qu’ils entendent à la radio. C’est pourtant avec un autre partenaire, John White, que Brian, qui écrit ses propres chansons, monte sur scène pendant plusieurs mois. Mais le duo qu’ils forment, The Shadows Brothers, se sépare début 1959 quand John décide d’abandonner le monde de la musique. Colin, que tout le monde appelle Bob, quitte aussitôt l’école et le remplace au pied levé. Un an plus tard, les deux jeunes gens signent leur premier contrat avec un café de Soho, le Bread Basket, où ils vont se produire très régulièrement.

Le duo à ses tout débuts

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            1960 est une année très importante pour eux. Ils remportent en effet un concours de chant au Boys and Girls Exhibition avec Words, un titre composé par Brian, qui se fait nommé John (tout le monde suit ?). Là, un des juges, Tito Burns, les remarque et leur propose de signer un contrat avec Fontana Records. Parce qu’un duo américain, The Everly Brothers, accumule les succès depuis plusieurs années (citons Wake Up, Little Suzie par exemple), leur mentor décide de les faire passer eux aussi pour des frères : Bob et John Allison – The Allisons. Étrangement, personne ne cherche à vérifier l’exactitude de cette parenté.

The Everly Brothers

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            Leur premier passage à la télévision a lieu dans l’émission de Bert Weedon, Lucky Dip. Ils y interprètent Are you sure ?, qu’ils ont écrite à quatre mains. Leur succès est si grand que la BBC les invite à participer avec ce titre à A Song for Europe, la sélection britannique pour le futur Grand Prix de la Chanson Européenne. The Allisons remporte la finale (présentée par la célèbre Katie Boyle) d’un tout petit point, repoussant à la cinquième place le vainqueur sortant, Bryan Johnson, pourtant deuxième à Londres un an plus tôt. Pour l’occasion, Bob et John abandonnent leur traditionnelle tenue (pullovers en laine identiques) et portent à Cannes smokings et nœuds papillons. Mais le Royaume-Uni joue de malchance et échoue à la deuxième place pour la troisième année consécutive, récoltant tout de même 24 points – 8 du Luxembourg, 7 de la Suisse, 3 des Pays-Bas et de l’Espagne, et 1 de l’Italie, du Danemark et de la Belgique.

             Are you sure ? confirme son succès dans les charts britanniques en atteignant la deuxième place (décidément !) derrière Walk Right Back – des Everly Brothers :O Un million de copies en sont vendues en Grande-Bretagne, valant au duo un disque d’or et le Prix Ivor Novello de la meilleure chanson. Cinquante ans plus tard, le célèbre Andrew Lloyd-Webber (pourtant à l’origine de nombreux tubes dans son pays) la désignera comme la plus importante de toutes les contributions britanniques au Concours !

Andrew Lloyd-Webber

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            Grisée par ces ventes remarquables, la maison de disques Fontana décide de sortir Words en single, puis What a mess et Lessons in Love dans la foulée. Certains estiment que tous ces titres se ressemblent trop pour vraiment fonctionner auprès du public, et de fait aucun des trois ne leur permet de retrouver l’ivresse des sommets. Pire, Lessons in Love est repris par Cliff Richard and the Shadows, qui en vendent bien plus qu’eux. De plus, leur producteur exploite la naïveté et l’inexpérience des deux jeunes garçons, ne leur laissant que des miettes des millions de livres récoltées.

            Le duo se sépare donc dès 1963 après qu’a échoué leur tentative de signer un nouveau contrat avec le producteur Brian Epstein. Bob se reconvertit comme téléphoniste, puis dirige un café dans le Kent, ne rejoignant John que pour quelques concerts. Dans les années 1970, il trouve un emploi de steward à la British Airways, ce qui lui permet de faire le tour du monde – ce qu’il n’est jamais parvenu à faire en tant que chanteur. Son dernier emploi sera en tant que responsable de la restauration au Ministère de la Défense, dans le Surrey. Comme quoi l’Eurovision mène à tout !

Leur dernier album

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De son côté, John Alford poursuit ses galas, accompagnés de nouveaux ‘’frères’’ : Mike et Tony. La dernière collaboration du duo historique a lieu en 2001, année où ils enregistrent de nouvelles chanson pour leur album All the Hits Plus More, mais là encore, le succès n’est que d’estime. Commençant à souffrir d’une longue maladie qui finira par l’emporter, Bob Day a la douleur de voir mourir avant lui la fille que lui a donnée sa première épouse, son amour d’enfance Mary Carr. Il s’éteint le 25 novembre 2013, entouré de sa troisième épouse d’origine zimbabwéenne, Karen, et de la fille issue de son deuxième mariage.