Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

Comme la semaine dernière, je vous invite à en savoir un peu plus sur un musicien membre d’un groupe qui a participé au Concours. Je le dis à chaque fois, ces artistes n’ont pas eu la chance d’être dans la lumière, et sont par conséquent très discrets sur le Net. Cet article sera donc bien (trop) court, mais il permettra, je l’espère, de vous faire découvrir des musiques variées et qui gagnent à être écoutées. Voici notre…

ÉTOILE # 139 : Lenn DAUPHIN (1973-2016)

        Représentant la Belgique au Concours 2009 à Moscou au sein du groupe COPYCAT

        Titre interprété : Copycat  (traduction : Imitation)

        Classement : 17° sur 18 – 1 point en demi-finale 

        Lenn Dauphin naît à Anvers le 23 novembre 1973 dans une famille d’artistes, puisque son père est un photographe célèbre pour les clichés qu’il publie dans plusieurs magazines et que sa mère enseigne la création de costumes à l’Académie Royale des Beaux-Arts. Mais ce qui intéresse le petit garçon, c’est la musique. Il apprend donc le solfège et se met très vite à la contrebasse, dont il devient un vrai virtuose.

La mère de Lenn devant ses créations

De Antwerpse kostuumontwerpster Frieda Dauphin-Verhees verzamelde ...

            Très vite, il joue avec un certain nombre de groupes locaux (Stanton, Stijn, The Mighty Quiffs, entre autres), mais il commence à se faire remarquer quand il rejoint Traktor au début des années 2000. Proposant un savant mélange de rock, de jazz, de punk et de folk balkanique, la formation a vraiment besoin de son talent, qui apparaît de manière évidente dans leur album sorti en 2004, Sickboy’s.

            En parallèle, Lenn accompagne son ami Björn Eriksson dans chacun de ses projets. Il joue de la basse dans son groupe Maxon Blewitt dès 2002, participe aux enregistrements et concerts de sa formation de swing Les Blauw (très inspirée par le jazz manouche de Django Reinhardt) et apparaît en 2012 sur la bande originale du film Alabama Monroe, qu’Eriksson a composée.

            Parmi les groupes avec lesquels joue Lenn Dauphin, il y a aussi Runnin’ Wild – dont l’un des musiciens est Patrick Ouchène. Celui-ci lui demande un jour d’être partie prenante d’un de ses projets : Copycat, un groupe burlesque dont l’objectif serait de produire du rockabilly, style musical trop délaissé à son goût. Il accepte et c’est ainsi que naît le single du même nom, choisi par la RTBF pour représenter la Belgique au Concours Eurovision 2009. Malheureusement, la prestation le grand soir n’intéresse personne, malgré le recours au Chat de Philippe Geluck, et la chanson se classe avant-dernière de sa demi-finale, avec 1 seul point généreusement attribué par l’Arménie.

            Cet échec retentissant ne fait pourtant pas flipper Dauphin (oui, elle est osée celle-là), qui continue à accompagner en concerts des artistes locaux comme le groupe de pop – rap Fixkes ou Stijn Vandeputte (on ne se moque pas des noms de famille ! ! !). Il conserve son amitié à Patrick Ouchène, avec lequel il se produit toujours au sein de Runnin’ Wild, désormais réuni autour de Crystal, la fille dudit Ouchène. Ensemble, ils enregistrent sept albums, dont Good Taste in Bad Friends (tout un programme…), et remportent en 2013 la finale belge du Hard Rock Rising.

            Ayant découvert le dessin et la photographie sur le tard (mais bon sang ne saurait mentir), Lenn Dauphin commence à exposer ses œuvres dans une galerie en Belgique et crée un site internet où on peut également les admirer. Tout semble aller pour le mieux pour lui quand le public apprend au mois d’août 2016 qu’il a fait une grave chute à son domicile. Il est emmené d’urgence à l’hôpital, où il décède deux semaines plus tard, le 31 août. Ses obsèques ont lieu en l’église Saint-Paul d’Anvers, en présence de ses parents et de sa fille Victoria.