Août 06

The History Book On The Shelf (Is Always Repeating Itself) – sixième épisode

history_bookLa semaine dernière, nous avions évoqué ensemble le monde merveilleux de l’Eurovision, nous l’avions comparé à celui des Bisounours. Une semaine plus tard, je vous pose la question : ne s’agirait-il pas plutôt du monde des Toupoutous ? Car sous ses apparences de barnum musical délirant, joyeux et sans préjugés, l’Eurovision demeure un concours, une compétition, voire parfois un sanglant jeu de massacre, sans merci ni rédemption, parsemé de carrières brisées, d’espoirs réduits en cendres et de cinglantes humiliations. Mais je m’adresse ici à des lecteurs belges, français et suisses, qui savent parfaitement ce que défaite signifie en matière d’Eurovision…

tyskland2-jpgL’avenir nous dira l’impact qu’aura leur dernière place sur Jamie-Lee, Jüri et Rykka. Et si vous êtes en train de vous dire que ce sixième épisode de notre chronique estivale traitera de l’injustice de terminer dernier à l’Eurovision, sachez que… vous vous trompez ! À la recherche d’une idée originale pour poursuivre notre série, je me suis avisé de la remarque de l’un d’entre vous (oui, tu verras, tu te reconnaîtras) à propos de Miracle : sacrilège, il ne peut y avoir qu’un seul Miracle ! J’ai décidé de parcourir ce fil d’Ariane. Mes recherches ont été couronnées : la discographie de l’Eurovision est si vaste que, fatalement, certaines chansons se retrouvent porter un titre identique.

Vous hurlez déjà : la cause de ce malheur est l’omniprésence de l’anglais au Concours ! Je ne rouvrirai pas ce débat, j’ai simplement compilé ces chansons homonymes et décidé de les lancer face à face dans une arène virtuelle. L’esprit malin de l’Eurovision ressuscite ce week-end en six affrontements à mort. Qui l’emportera ? Qui imposera sa chanson homonyme ? Qui deviendra notre champion ? Voyez ci-dessous et souvenez-vous : l’auteur de ce nouveau chapitre de notre livre d’histoire sur l’étagère est subjectif, personnel, partial. Abaissez votre pouce, si vous êtes mécontents du résultat et écrivez-nous un commentaire. Qui sait, vous me donnerez l’idée d’un futur article

Aujourd’hui donc : le grand match des chansons homonymes !

6. Soldiers Of Love: Lighthouse X vs Liliane Saint-Pierre

Søren, Johannes et Martin sont bien des soldats de l’amour : ils ont fondé leur groupe afin d’aider les personnes en difficulté et reversent donc une partie de leurs profits à des associations caritatives. Le monstre sarcastique que je suis et qui mériterait de recevoir la première pierre en pleine tronche, a envie de vous dire qu’au vu du succès du groupe, les nécessiteux danois devront patienter pour être sauvés… Soldiers Of Love version 2016 est une chanson passe-partout, molle du genou, en panne d’inspiration. La bonne volonté de notre trio n’aura pas suffi : ils resteront à quai, en demi-finale.

Liliane Saint-Pierre a vécu plusieurs vies : yé-yé girl flamande, Galatée de Claude François, égérie gospel, candidate malheureuse à l’Eurosong, reine du dancefloor, comète de l’an 2000 et chanteuse classieuse. Pour les fans du Concours, elle demeure la représentante belge à Bruxelles. Rappelez-vous : suite à la victoire de Sandra Kim, les télévisions publiques néerlandophone et francophone étaient censées collaborer et organiser ensemble l’édition 1987 du Concours. La VRT claqua rapidement la porte et la RTBF se retrouva seule à la barre. C’est beau la Belgique… Là-dessus, doute : qui allait représenter notre pays sur son propre sol ? La VRT bouda un temps, mais c’était son tour : un Eurosong fut organisé et remporté par Soldiers of Love version 1987, une chanson rythmée et engagée, appelant au désarmement et à la paix sur Terre. Liliane se fit un brin voler la vedette par ses guitaristes et termina à une honorable onzième place.

Verdict : la version 1987 l’emporte pour moi, sans aucune hésitation. Parce que la Belgique, parce que Liliane Saint-Pierre, parce que cet improbable tailleur-pantalon-robe de cour et surtout, parce que la paix sur Terre en néerlandais, ça donne follement envie.

Et si vous aussi, vous souhaitez devenir un soldat de l’amour, ajoutez à votre playlist la version du soulman américain Arthur Alexander :

5. Goodbye : Sanja vs Alma

L’on aime se dire au revoir à l’Eurovision : nous poursuivons notre série par le combat des Goodbye. Dans sa version 2016, la chanson est portée par Sanja, une bien sympathique et rigolote chanteuse serbe, affligée sur scène de tics nerveux et vocaux. Une thématique profonde et sérieuse, une Sanja under control, mais une présentation floue conduiront la Serbie à une dix-huitième place en finale. Résultat décevant pour une si bonne chanson. La réussite au Concours est décidément imprévisible et ne repose sur aucune formule magique…

À propos de formule magique, voilà un pays qui a oublié la sienne, cette année. La Bosnie-Herzégovine a perdu son record de qualification perpétuelle. Mais n’était-ce pas mérité ? Bref, en 1997, le pays, à peine sorti d’un conflit sanglant, est représenté par Alma et un Goodbye plutôt bien emballé. La chanteuse avait déjà participé au Concours, en 1994. Elle termine ici dix-huitième. Tiens donc… Son heure de gloire viendra plus tard, en 2004 : elle reçoit dans son pays le titre de chanteuse de la décennie et son Dva Dana, celui de chanson de l’année.

Verdict : me voilà bien en peine de trancher ! Alma a pour elle, la conviction et la fraîcheur ; Sanja, l’assurance et la profondeur. J’accorderai malgré tout la victoire au Goodbye de 2016, plus élaboré, plus construit, plus musical. Victoire sur un cheveu…

Elle était une si grande star, qu’en arrivant à Amsterdam, Dana était convaincue que ce serait elle qui remporterait le quinzième Concours Eurovision. En 1970, Mary Hopkin était au sommet de sa carrière. Elle avait remporté en 1968 le télécrochet Opportunity Knocks. Repérée, elle devient la première artiste à signer un contrat avec Apple, la maison de disques des Beatles. Elle enchaîne avec Those Were The Days qui se vend à des millions d’exemplaires. L’Eurovision étant un royaume imprévisible, Mary termine deuxième avec Knock, Knock, Who’s There. L’année suivante, elle décide d’accorder la priorité à sa famille. Elle n’enregistre plus que de loin en loin et donne de rares concerts. Son dernier album est sorti en 2013, la magie de sa voix est demeurée intacte. Pour moi, son sommet demeurera… Goodbye, qu’elle chante en 1969.

Souvenirs d’adolescence ! En 1998, je découvrais à peine l’Eurovision et Goodbye était avant tout le premier single des Spice Girls, depuis le départ de Geri. Hélas, cette mièvre ballade ne m’a jamais consolé. Mon groupe préféré d’alors ne serait plus le même, la magie avait été brisée, tous mes espoirs et mes enthousiasmes glisseraient insensiblement vers le Concours.

Non, ne pleurez pas sur mon adolescence brisée ! Consolez-vous avec cet excellent morceau électro, l’une des chansons que j’ai le plus écouté l’an dernier. Un succès mondial, un tube imparable dû au DJ français Feder. Déjà l’un des marqueurs musicaux de ma décennie de trentenaire…

4. Miracle : Samra vs Paula et Ovi

Nous voilà au match qui a inspiré cet article ! Et que n’a-t-on dit de Samra, cette année ! Du mal, beaucoup de mal… Soyons raisonnables : elle a convenablement chanté sa suédoiserie. Miracle est un bon morceau, honnête, qui s’écoute sans gêne, ni ressentiment. Samra n’est pas Montserrat Caballé, non, mais elle s’en sort avec les honneurs. Une dix-septième place en finale, ce n’est point risible. En ce qui me concerne, je pointerais du doigt la mise en scène, gigantesque accumulation de clichés. Chers amis azerbaïdjanais, nous sommes en 2016 : le temps des justaucorps dorés, des danseurs-choristes tournicotant sur eux-mêmes et des chorégraphies saccadées est passé…

Ils ont joué avec le feu en 2010, ils ont enflammé Copenhague en 2014. Paula et Ovi ont gravé leurs noms dans la légende du Concours, grâce à leurs vocalises, leurs prestations ébouriffantes et leur alchimie interpersonnelle. Pas de miracle pourtant avec leur Miracle : une douzième place en finale. Mais que de l’anthologique, du mythique : l’avatar de Paula, le piano circulaire d’Ovi, la gestuelle aléatoire, leur embrassade… Et un record : la plus longue note tenue de toute l’Histoire du Concours. Depuis, Paula s’est fait discrète, Ovi tout autant et la Roumanie a poursuivi sa dégringolade. Et si on les rappelait, l’an prochain ?

Verdict : Samra a été pesée et jugée trop légère face à ces deux monstres sacrés que sont Paula et Ovi. Miracle version 2016 s’efface devant Miracle version 2014, puissance vocale de Paula oblige. Aucun miracle, aucune surprise…

L’Eurovision part de l’alpha, va jusqu’à l’oméga et parcourt toutes les lettres de la musique. Notre recherche homonymique nous permet de retrouver un groupe ayant participé en 2013 : Cascada. Glorious ne fut pas leur meilleure réussite, au contraire de Miracle, qui lança leur carrière, en 2004. Et si vous aimez les bons souvenirs, cliquez ici, ici et ici.

3. Heartbeat : Justs vs Can-Linn feat. Kasey Smith

La Lettonie avait touché le fond, elle est revenue au sommet par la seule grâce d’Aminata. Sa composition Heartbeat, interprétée par Justs Sirmais, a volé les cœurs des fans, dès sa publication. Nos amis lettons ont marqué, à l’ultime moment du vote, une incompréhensible préférence pour Catalepsia. Dieu merci, Justs a bénéficié du vote Internet et gagné son billet pour Stockholm. Sa prestation sur la scène du Globen fut christique : beaucoup de douleur, de souffrance, de larmes, limite du sang. Qui a dit que l’Eurovision était une partie de plaisir ? Au final, une quinzième place, un peu maigre à mon avis, mais d’autres pays en seraient comblés. Reste la question que nous nous posons tous : comment vont-ils faire l’année prochaine sans elle ?

L’Irlande, justement, est l’un de ces pays qui seraient ravis d’une quinzième place en finale. L’île d’émeraude a atteint le fond de l’Eurovision et plus grave, semble faire peu d’effort pour renverser son triste sort. Parmi ses échecs, sa tentative de 2014 est presque un modèle du genre : une chanson recyclant les poncifs irlandais au Concours, un groupe instrumental réduit à néant par la bande-son préenregistrée, une chanteuse n’ayant pas les capacités vocales pour porter le morceau, une mise en scène accumulant les clichés irlandais au Concours, bref, un pot-pourri ayant dépassé sa date de péremption. L’élimination était quasi inévitable… Y a-t-il un pilote dans l’avion de la RTE ?

Verdict : la confrontation était pour le moins inégale. Entre l’une des meilleures chansons de cette année et l’un des morceaux les plus oubliables de la décennie, la victoire va par K.O. à Justs, Aminata et la Lettonie. Longtemps mon cœur battra au rythme de Heartbeat.

Elle, elle s’appelle Annie, Annie tout court, et elle aura marqué mes années d’université, de 2004 à 2009. La chanteuse norvégienne a, elle aussi, chanté Heartbeat. Et si cela vous plait, mâchez du chewing-gum, embrassez Anthonio, repensez à lui et embrassez plutôt un Russe.

2. You Are The Only One: Sergey Lazarev vs Ivan Mikulić

Il est l’une des plus grandes stars de son pays, il fait fantasmer hommes et femmes, personne ne sait comment orthographier son nom en français, il est arrivé à Stockholm en tête des paris, il a survolé sa demi-finale, il a été acclamé par la foule, il a escaladé son mur invisible, il a soufflé les lambda du monde entier, il a reçu à quatorze reprises la note maximale, il a remporté le vote du public, mais il est reparti troisième. Sergey Lazarev aura marqué les esprits et repoussé les limites technologiques de l’Eurovision, au point de susciter la controverse : est-ce encore un concours de chant ? Il sera intéressant de juger l’héritage que nous lègue Sergey. Sur ce, sa carrière ne devrait souffrir aucunement de sa médaille de bronze et de nombreux fans soupirent déjà après son retour. Mais que va-t-il bien pouvoir escalader, la prochaine fois ?

Non ! Non, pas vous ! Ne me dites pas que vous l’aviez oublié ! Est-ce bien digne de véritables fans ? Hélas, oui ! J’avais COMPLÈTEMENT oublié ce brave Ivan. La fonction « recherche » de Windows l’a ressuscité, j’en ai été tout confus. Avec cette ballade un brin hurlée, la Croatie avait atteint la douzième place en finale. Comme les temps ont changé, comme le Concours a changé, comme ce You Are The Only One version 2004 a vieilli. Ivan, quant à lui, est demeuré fidèle à son style. Je lui conseillerais quand même d’escalader quelque chose…

Verdict : poser la question, c’est y répondre. Entre Sergey et Ivan, entre l’un des moments les plus mémorables et les plus commentés de la décennie présente et l’un des plus oubliés et des plus passables de la décennie passée, pas le soupçon de l’ombre d’un doute. Sergey triomphe et repart victorieux de ce duel, enfin !

Notre homonymie nous emporte dans un registre aux antipodes. Consacrons trois minutes de notre temps à une légende vivante de la country américaine, Dolly Parton, et l’une de ses chansons d’amour sucrée dont elle a le secret. Notez que ce genre de morceau rencontrerait certainement le succès à l’Eurovision…

1. Fairytale : Eneda Tarifa vs Alexander Rybak

Remuerais-je le couteau dans la plaie ? Eh bien, oui ! Répète et répépète : la refonte de ce Fairytale 2016 a coupé ses ailes à la chanson et l’a réduite à trois minutes de musique d’ascenseur. Eneda a donné le meilleur d’elle-même, sa prestation vocale a démontré l’étendue de son talent. Mais quelle idée d’aller se déguiser en serviette de table… L’élimination en demi-finale était acquise, avant même le début du Te Deum. Du gâchis, du gâchis et encore du gâchis…

Il est partout ! Alexander Rybak est devenu omniprésent, à un point inconcevable. La Saison le voit apparaître aux quatre coins de l’Europe, en tant que juré, auteur, compositeur, manager, invité, entracte, figurant, j’en passe et des meilleures. Armé de son violon, il écume les plateaux. Cette année, apothéose, le voilà statufié vivant dans Love Love Peace Peace et transformé en publicité récurrente sur YouTube. Rarement un vainqueur du Concours aura exploité à ce point le filon ! Alexander a fait carrière grâce à l’Eurovision, sans doute est-ce sa façon de manifester sa gratitude… Heureusement, son Fairytale 2009 nous a laissé le meilleur des souvenirs…

Verdict : on ne mélange pas les violons et les serviettes ! Alexander l’emporte ici à plate couture. Mais comment Eneda aurait-elle pu rivaliser avec l’un des vainqueurs majeurs des six décennies du Concours ? Il ne manque désormais plus à l’éternellement jeune norvégien qu’un joyau à sa couronne : un véritable tube, qui élargirait ses horizons et nous permettrait de respirer sans lui…

Vous l’aviez quittée virginale, sur son tabouret amstellodamois ; vous l’aviez peut-être retrouvée candidate à la présidence de son pays. Entre ces deux dates, Dana s’est inventée et réinventée. Je ne l’ai pas suivie dans ses répertoires chrétiens. En revanche, je demeure un grand fan de sa période disco. Certes Fairytale, son deuxième plus grand succès commercial après All Kinds Of Everything, mais aussi I Love How You Love Me et l’immense Something’s Cooking In The Kitchen.

Ex-aequo entre 2016 et le passé ! La dernière édition du Concours s’impose à trois reprises et s’incline aussi à trois reprises. Cela ne préjuge en rien de sa qualité, ces confrontations étant anecdotiques et hasardeuses. Les années s’écouleront et nous démontreront l’intemporalité des morceaux en lice. Rendez-vous dans dix ans !

BONUS

Il n’y a pas que l’Eurovision dans la vie ! Il y a la musique aussi ! Prolongeons pour quelques instants notre plaisir et faisons s’affronter des chansons de l’Eurovision et des tubes homonymes.

5. Play : Jüri Pootsmann vs Jennifer Lopez


Verdict : il a terminé dernier, elle en a vendu des centaines de milliers, il serait aisé d’accorder la victoire à J.Lo. Play version 2001 aura marqué ma jeunesse, j’ai adoré ce morceau et son clip au-delà du raisonnable. Mais avec le recul, les paroles m’apparaissent idiotes et superficielles. De son côté, Jüri avait une attitude et une mise en scène tout aussi idiotes et superficielles. Son Play demeure malgré tout une excellente chanson, intemporelle, supérieure, polie, parfaite, bien digne de son auteur, Stig Rästa. Je lui accorde la victoire.

4. Slow Down : Douwe Bob vs Selena Gomez


Verdict : deux styles, deux univers, deux artistes à des années-lumière l’un de l’autre. Vous me direz : Douwe Bob n’est pas sorti avec Justin Bieber, lui ! Selena Gomez est un autre avatar des productions Disney. Ce n’est plus une chanteuse, c’est un produit commercial. Jugée ainsi, son choix de Slow Down et l’interprétation qu’elle en livre, sont d’une efficacité redoutable. C’est calibré, millimétré, elle en a vendu des platées et dans son genre, il s’agit d’un excellent morceau. Mais comment ne pas offrir la victoire à Douwe Bob, un artiste authentique, vrai de vrai, au charisme magnétique ? Son Slow Down fleurait bon le fait-maison, tout en ayant une portée universelle. Sa prestation à Stockholm m’aura impressionné : j’ai oublié être assis devant l’Eurovision et me suis cru à un concert de Douwe.

3. You’re Not Alone : Joe & Jake vs Modern Talking vs Olive



Verdict : À ma gauche, deux charmants jeunes gens qui débutent dans le métier ; à ma droite, les machines infernales des années 90. Joe et Jake sont mignons, de petits chatons, et leur prestation fut tout à fait honnête. Hélas, les voilà éliminés au premier tour, trop légers, trop oubliables, trop anodins. Restent face à face, mon groupe allemand préféré de tous les temps et un groupe de trip hop anglais. Les premiers ont vendu des millions de disques entre 1984 et 2003. Les seconds n’ont connu qu’un seul grand succès, en 1997. Le match semble joué. Et pourtant : le You Are Not Alone des Modern Talking, le single de leur réunion, est une production lourdingue, accumulant les poncifs et s’avérant pénible à force. Alors que le You’re Not Alone d’Olive a su capturer la Zeitgeist des années 90 et n’a rien perdu de sa fraîcheur et de son audace. J’ai adoré cette chanson, je l’adore tout autant aujourd’hui. Victoire pour Olive !

2. The Real Thing : Highway vs 2 Unlimited vs Tony di Bart vs Lisa Stansfield




Verdict : Nous y revoilà ! Un groupe monténégrin audacieux, trop audacieux qui a fait plouf à Stockholm face à une décennie entière. Que voulez-vous ? Enterrons dès ici Highway. Ils auront tenté une nouvelle approche du Concours. Malheureusement, leur Real Thing était discordant. Passons à ces dix années qui furent celles de mon adolescence. Des trois Real Ting, celui de 2 Unlimited est le moins subtil et le plus daté. Je prends plaisir à danser sur son rythme saccadé, lors d’une soirée God Save The Nineties, mais je ne le réécoute plus spontanément. Restent un chanteur anglais dont ce fut le seul tube et une chanteuse anglaise qui incarna à elle seule cette décennie. Sorry Tony, j’accorde la victoire à Lisa Stansfield, l’idole de mon adolescence, une chanteuse géniale, que j’admire et réécoute encore et toujours. Compilation en une, deux, trois, quatre, cinq petites madeleines.

1. Sound Of Silence : Dami Im vs Simon & Garfunkel


Verdict : Comment les départager ? Impossible ! Dami a marqué l’imaginaire du Concours, par sa candidature, sa chanson, sa prestation, sa voix, son charisme et hélas, sa défaite à l’ultime minute de la finale. Elle n’a rien à se reprocher, tant elle a donné le meilleur d’elle-même, tant elle a touché la perfection. Voilà Dami statufiée parmi les meilleures deuxièmes places de l’histoire de l’Eurovision et voilà l’Australie entrée dans sa légende dorée. De leur côté, Simon et Garfunkel ont marqué de leur empreinte profonde l’histoire de la musique pop, de la musique américaine et de la musique folk. Ils sont des icônes de la culture contemporaine et leur influence perdure encore. Leur Sound of Silence, sorti en 1965, est leur premier grand succès et est un véritable classique. Le Sound of Silence de Dami, quant à lui, est déjà un classique eurovisionesque et l’une des chansons les plus en phase avec l’air du temps. Espérons que l’an prochain, nous verrons de nombreux morceaux d’une qualité aussi élevée. Et espérons que l’an prochain, l’Australie gagne enfin !

(10 commentaires)

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  1. Intéressants, tous ces parallélismes. Et d’accord sur toutes les issues.
    Quand est venu le tour de « Heartbeat », j’étais pourtant si sûr que nous aurions droit en bonus à celui de Margaret… 😉

  2. J’aime beaucoup Alexander Rybak et pourtant je n’ai même pas voté pour lui.
    Mais dés que c’est pour l’Eurovision , il est toujours sollicité!
    Quant aux chansons « Miracle » de la Roumanie et de l’Azerbaidjan, je ne trouve ni l’une ni l’autre transcendante , par contre j’adore « Playing with Fire », j’aurais bien aimé les voir gagné.

  3. Je reviendrais juste sur la dernière phrase: « Et espérons que l’an prochain, l’Australie gagne enfin ! ». Mais enfin, tout le monde sait bien que l’an prochain, c’est au tour de la France de gagner! L’Australie attendra 1 an de plus. On attend depuis 40 ans, l’Australie peut bien attendre 3 ans.

    1. Tout à fait!

  4. À mes yeux, il n’y a pas photos :
    Selena >>>>>>>>>>> Douwe Bob
    Je ne me suis même pas poussé la question. Même si j’aime plutôt bien Douwe Bob, Selena est une star internationale avec un sens du show incroyable !! C’est une bombe :3

  5. Pour moi, Liliane Saint-Pierre, Sanja Vucic, Samra, Can-linn, Sergey Lazarev et Alexander Rybak gagnent ces duels.

    En revanche, mes archives m’indiquent d’autres homonymies:

    Angel: Islande 2001 – Malte 2005 – Ukraine 2011
    Boom boom: Danemark 1978 – Arménie 2014
    Casanova: Norvège 1977 – Andorre 2008
    Coming home: Islande 2011 – Malte 2014
    Congratulations: Royaume-Uni 1968 – Islande 2006
    Leila – Lejla: Yougoslavie 1981 – Bosnie-Herzégovine 2006
    Love (?): Irlande 2005 – Lituanie 2009
    Mari(j)a Magdalena: Autriche 1993 – Croatie 1999
    Never let you go: Grèce 2003 – Russie 2006
    Run away: Estonie 2002 – Moldavie 2010
    Shine: Pays-Bas 2009 – Géorgie 2010 – Russie 2014
    Socrates: Grèce 1979 – Islande 1988
    Stop: Grèce 1987 – Slovénie 2005
    This is my life: Islande 2008 – Suède 2010
    This time: Malte 1993 – Lituanie 2015
    Time: Israël 2012 – Biélorussie 2015
    Vivre: Suisse 1978 – France 1983
    Without your love: Irlande 2001 – Arménie 2006
    You and me: Pays-Bas 2012 – Suisse 2013

    Je pense n’en avoir oublié aucun 😛

    1. Et les 2 « Warrior » de 2015 alors?

      1. Damned!!!! Comment les oublier? Merci Maxime 🙂

    2. « Shine » c’était l’Autriche 2013 aussi, bien que super oubliable ! 😀

      1. Alors là, je suis impardonnable… j’adore cette chanson! Si si!

        Bon bah faut que je vérifie ma liste 🙁 En tout cas, merci à vous deux pour votre attention, ça prouve qu’on lit mes commentaires LOL

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