JEUDI 5 SEPTEMBRE

Ce mardi, s’est tenue la première réunion entre la production de l’Eurovision 2020 et les représentants de la ville-hôte. Dans la foulée, le producteur exécutif, M. Sietse Bakker, a accordé une interview à la presse néerlandaise et révélé les premières idées et lignes directrices du concept.

Pour concevoir une approche créative novatrice, la production a constitué un groupe de cent personnes, célèbres ou inconnues, les Magic 100, issues de la profession, repérées sur les réseaux sociaux ou simplement interpellées en rue. La production leur a demandé ce qu’ils attendaient de l’Eurovision et en quoi cette édition 2020 devait être différente des précédentes. M. Bakker souhaite ainsi sortir du cadre habituel des décisions prises en cercle restreint. Il estime que ce n’est pas dans la nature profonde des Néerlandais et que ceux-ci doivent être impliqués directement dans l’organisation du Concours.

Premier retour important de ces Magic 100 : il ne doit y avoir aucune blague forcée, pré-écrite, déjà vue, même légère. La présentation doit fonctionner au ressenti immédiat et des réactions spontanées. M. Bakker s’est déclaré convaincu par cette approche. Il a la conviction, encore une fois, que ce genre de plaisanteries répétées à l’avance ne correspondent ni à l’humour, ni aux caractères des Néerlandais. Sincérité et spontanéité seront donc les maîtres-mots de la présentation.

De nombreuses autres idées ont déjà été brassées, certaines réalistes, d’autres plus folles. En vrac : faire des directs durant les trois soirées depuis d’autres villes néerlandaises ; montrer dans les cartes postales les réalisations néerlandaises à travers le monde ; choisir des Néerlandais mondialement connus comme présentateurs, comme le coureur Max Vestappen, l’astronaute André Kuipers, voire la reine Maxima ; organiser des fêtes oranges simultanées partout aux Pays-Bas ; impliquer tous les écoliers dans la promotion et l’organisation du Concours ; réserver des places dans l’Ahoy pour les personnes handicapées et les faire participer à la présentation ; etc.

De son côté, la presse néerlandaise s’est penchée sur la question brûlante habituelle : le budget. Elle a estimé que les diffuseurs-hôtes auront besoin d’une enveloppe supplémentaire d’entre 8,6 et 12,5 millions d’euros pour couvrir les frais relatifs à la location du matériel ad hoc. Pour ce faire, elle s’est basée sur les appels d’offres lancés par la NOS. Vous noterez au passage que ces appels ont été rédigés en néerlandais et qu’ils demandent des réponses également en néerlandais, afin d’accorder un avantage aux entreprises néerlandaises. Par ailleurs, les diffuseurs-hôtes y annoncent que les contrats devront être conclus avant le 8 novembre.

Parmi les postes prévus :

  • un décor (entre 700.000 et 1,2 million d’euros) permettant la réalisation d’effets spéciaux et l’utilisation de lance-flammes, de feux d’artifice et de jets d’eau ;
  • une soixantaine de caméras (entre 300.000 et 600.000 euros) en mouvement, contrôlées indépendamment et équipées d’un système de sauvegarde ;
  • des caméras spéciales (entre 1,5 et 1,6 million d’euros) dont des caméras montées sur des grues téléscopiques et des caméras permettant l’usage de réalité virtuelle, ainsi que les techniciens capables de les utiliser ;
  • un millier de lampes et de spots (entre 1 et 1,5 million d’euros) dont au moins quatorze doivent accompagner automatiquement les artistes durant leur prestation ;
  • environ 80 micros sans fil et 80 haut-parleurs (entre 500.000 et 1 million d’euros) ;
  • des écrans LED couvant au minimum 750 mètres carrés (entre 500.000 et 1 million d’euros) ;
  • 200 appareils de levage (entre 300.000 et 600.000 euros) brevetés et sécurisés ;
  • un service de sécurité (entre 2,5 et 3,5 millions d’euros) capable d’accompagner plus de 10.000 personnes durant 10 jours et disposant d’une licence du Ministère de la Justice ;
  • un service de restauration (entre 750.000 et 1 million d’euros) capable de nourrir 200 personnes par jour durant dix jours et de prévoir des alternatives pour les régimes alimentaires spéciaux (intolérances, allergies, végétarien, végan et halal).

La facture totale, toujours selon la presse néerlandaise, devrait ainsi avoisiner les 30 millions d’euros.

JEUDI 12 SEPTEMBRE

La municipalité de Rotterdam, par le biais d’une déclaration officielle signée par son maire (ci-dessus), a annoncé avoir réservé 15,5 millions d’euros pour l’organisation de l’Eurovision 2020.

MARDI 17 SEPTEMBRE

Parallèlement à la production, la direction de l’Ahoy, salle-hôte, a également décidé d’un plan d’action. Il sera écolo-économique, son objectif étant d’organiser l’édition de l’Eurovision la plus écologique et la plus durable.

Parmi les mesures qui seront prises :

  • le tri généralisé des déchets. Des poubelles séparées seront installées et les déchets seront recyclés au maximum des possibilités ;
  • l’emploi de produits nettoyants écologiques. La direction a signé un partenariat avec la firme Hago, qui s’engage à n’utiliser aucun produit unique jetable (comme les lingettes), ni produit nettoyant chimique. Elle fera plutôt usage d’ustensiles réutilisables, de contenants recyclés et de produits nettoyants naturels ;
  • le recours à des transports verts. La direction a signé un partenariat avec la firme DB Schenker. Elle privilégiera les moyens de transports à faible émission de CO2 et compensera l’empreinte carbone générale ;
  • le recours aux énergies renouvables. 3.000 panneaux solaires seront installés sur le toit de l’Ahoy, suffisants pour assurer l’autonomie énergétique de la salle et même fournir du courant aux alentours ;
  • l’installation d’une grille thermique. Enterrée, elle permettra de stocker le surplus de chaleur et d’énergie sous terre et de le réutiliser en hiver. Cela fera baisser la consommation d’énergie liée au chauffage.

LUNDI 21 OCTOBRE

La télévision publique néerlandaise a adressé la semaine dernière une demande officielle de financement au gouvernement. Plus précisément, cette demande a été introduite auprès du Ministère de l’Enseignement, de la Culture et de la Science. Le porte-parole du Ministère en a confirmé bonne réception et examen au plus tôt. Il n’a cependant pas précisé le montant demandé.

La NPO avait au préalable estimé son budget global à 30 millions d’euros. Cela prévoyait un financement par le biais de l’UER, des sponsors et de la vente des billets et d’objets divers, mais nécessitait un apport supplémentaire. En août dernier, la présidente de la NPO, Mme Shula Rijxman, avait estimé avoir besoin d’entre 15 et 20 millions de la part du gouvernement.

Ce budget de 30 millions ne couvre que les frais relatifs à la production télévisuelle et à l’Eurovision en tant que spectacle. Tous les autres frais, relatifs à l’accueil et aux événements annexes, incombent à la municipalité de Rotterdam, qui a déjà réservé pour cela un budget de 15,5 millions d’euros.