Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            L’édition du Concours que nous allons revivre ensemble aujourd’hui est un millésime important en ce qu’elle porte en elle de nombreux points annonciateurs du futur de la compétition. D’abord, elle est remportée par un pays qui va écraser tous les autres lors de cette décennie 90. Ensuite, elle va voir concourir un artiste toujours très influent à l’heure actuelle. Enfin, le nombre de participants (un nouveau record) annonce l’arrivée massive de nations motivées qui feront leur apparition dès l’année suivante… forçant l’UER à imaginer une présélection, ancêtre de nos actuelles demi-finales. Voyons tout cela grâce à ce…

37ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 9 mai 1992

en direct de l’Isstadion de Malmö (Suède)

présenté par Lydia Capolicchio et Harald Treutiger

L’organisation du Concours

Ayant obtenu sa troisième victoire sur tapis vert l’année précédente à Rome, la Suède est désignée pour organiser le Concours 1992. Après Stockholm en 1975 et Göteborg en 1985, c’est la 3ème ville du pays, Malmö, qui est choisie pour accueillir artistes et public. Située en Scanie, à l’extrême sud du pays, la ville n’est qu’à une vingtaine de kilomètres de Copenhague, à laquelle un pont la reliera bientôt. Tout le monde est convié à se rendre à l’Isstadion, une arène de 5800 places inaugurée en 1968 et qui sert alors de lieu d’entraînement et de compétition à l’équipe locale de hockey sur glace.

Malmö Isstadion tickets and event calendar | Malmö, Sweden | AXS.com
L’Isstadion de Malmö

Deux ans plus tôt, l’UER avait refusé à Malte le droit de prendre part à l’édition de Zagreb sous prétexte que le nombre de participants en finale était limité à 22. En 1991, l’archipel méditerranéen avait pu s’aligner au départ grâce au forfait des Pays-Bas. Mais les instances dirigeantes avaient bien spécifié que cet accueil ne serait à nouveau possible que si une autre nation décidait de ne pas s’inscrire. Seulement voilà… Frank Naef et ses amis n’avaient pas tablé sur le fait que la chanson proposée par le diffuseur maltais décrocherait un historique Top 10 – forçant ainsi les décideurs internationaux à accepter définitivement la participation du micro-état. Et c’est ainsi qu’un nouveau record est établi : 23 pays briguent la victoire en Suède. Petite remarque : la majorité de ses républiques ayant décidé de faire sécession, c’est réduite à sa plus simple expression (Serbie et Monténégro) que la Yougoslavie se présente. Par la suite, on lui refusera le billet pour la grande finale, eu égard aux reproches formulés à son endroit par la communauté internationale face aux exactions dont le pays est accusé.

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Les représentants maltais en 1991

Le Concours 1992 ne perd toutefois pas toutes ses (bonnes) habitudes. Ainsi, plusieurs candidats font leur retour sur la scène : Sigriður et Grétar (du groupe Stjórnin) retentent leurs chances deux ans après leur quatrième place ; Linda Martin (deuxième en 1984) obtient enfin le droit de concourir à nouveau ; Mia Martini (candidate à Londres en 1977) revient métamorphosée ; et l’Allemagne fait pour la 3ème fois confiance au groupe Wind (certes bien modifié dans sa composition) après ses deuxièmes places de 1985 et 1987. On remarque également que le groupe qui accompagne la candidate luxembourgeoise comprend un des membres de la formation Park Café, et deux anciens choristes, le Finlandais Pave et la Chypriote Evridiki, profitent pour la première fois des lumières de l’avant-scène.

Les règles

Aucun changement n’est apporté au règlement – que tout le monde, y compris la France, semble désormais connaître sur le bout des doigts 🙁 Terry Wogan et Pat Kenny continuent d’assurer les commentaires pour leurs pays respectifs, rejoints par Thierry Beccaro pour Antenne 2, Marc-Olivier Fogiel pour France Inter, Lotta Engberg pour la radio suédoise et la future maîtresse de cérémonie (en 2010) Nadia Hasnaoui pour celle de Norvège. Parmi les porte-parole, on assiste au retour de Daniel Pe’er et de Korhan Abay, et à l’arrivée du génial Olivier Minne pour la France.

Un animateur prolifique
Thierry Beccaro

L’Espagne invite à nouveau une candidate emblématique, cette fois-ci Karina, à rejoindre son jury – imitée par la Finlande (qui convie Vicky Rosti) et les Pays-Bas (qui font coup double avec Bernadette et Karin Vlasblom, du quatuor Frizzle Sizzle).

Biografía de Karina
Karina

La présentation et l’orchestre

Comme cela est devenu la coutume depuis 1988, c’est un duo de présentateurs qui se voit confier la charge d’animer la soirée. Lydia Capolicchio, née en 1964 d’un père italien et d’une mère slovène, est originaire de Borås, au sud-ouest du pays. C’est vraiment le Concours Eurovision qui lui met le pied à l’étrier, car après sa prestation, on lui confiera de nombreuses missions, comme la présentation de l’élection de Miss Suède en 2001. Elle est encore aujourd’hui très active à la télévision suédoise.

Boka Lydia Capolicchio som moderator
Lydia Capolicchio

Son comparse Harald Treutiger (né à Göteborg en 1956) a obtenu son diplôme de journaliste en 1981, un an avant d’entrer à la SVT comme reporter. Il gravit les échelons à la rédaction, jusqu’à présenter le JT et la météo en 1989. Il se diversifie ensuite en tenant les rênes du Melodifestivalen en 1991 (ce qui a sûrement motivé les dirigeants de la chaîne à le nommer à l’animation du Concours de Malmö) et en devenant le premier présentateur d’Expédition Robinson (qui sera décliné dans le monde entier sous le titre Survivor) pendant deux saisons. Passé à TV3 en 1998, il ne rencontrera malheureusement que peu de succès à la tête des émissions qu’il présentera. Passionné de voile (il obtiendra son diplôme en 2011), il décide de s’éloigner alors du milieu médiatique, se consacrant principalement à des conférences et à la direction d’une société de bateaux d’excursion.

TV Time - 18 Karat (TVShow Time)
Harald Treutiger

L’orchestre est pour sa part dirigé par Anders Berglund (né à Stockholm en 1948). Ancien membre du groupe Blue Suede avec lequel il a sorti deux albums de reprises au début des années 70, il devient le coordonnateur musical du Melodifestivalen quand le leader de sa formation, Björn Skifs, décide se lancer dans une carrière solo. Chef d’orchestre à huit reprises au CEC, il compose et arrange également plusieurs comédies musicales à succès en Suède.

Anders Berglund - IMDb
Anders Berglund

Les chansons candidates

Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, sont diffusées des images de synthèse qui permettent à chacun de s’envoler du Colisée à Malmö, en passant par les Alpes, Paris et le Danemark. Suivent des vues du pays, qui démontrent la diversité des paysages scandinaves. Enfin, la scène est dévoilée alors que l’orchestre joue une version de Fångad av en stormvind et qu’une troupe de danseuses à rubans toutes de jaune et bleu vêtues évolue devant les caméras. Le plateau forme un hexagone au sol peint à l’effigie du logo de l’Eurovision, placé devant la proue d’un énorme drakkar.

Eurovision Song Contest 1992 | Eurovision Song Contest Wiki | Fandom
Les maîtres de cérémonie sur scène

C’est alors que les deux maîtres de cérémonie descendent un grand escalier et se présentent au public – avec l’expression de deux condamnés qui s’approchent de l’échafaud ! On est bien loin de l’improvisation cutugnesque ou du charme cinquettien. De plus, le micro de Lydia Capolicchio ne fonctionne pas lorsqu’elle commence à parler, ce qui fait que ses explications en français sont totalement inaudibles 🙁 Ils laissent temporairement la place à Carola, la tenante du titre, laquelle interprète sa nouvelle chanson, All the Reasons to Live, démontrant s’il en était encore besoin ses très grandes capacités vocales. Alors que les drapeaux des pays candidats sont brandis derrière elle, elle lance la dernière phrase de sa chanson (Show me the way) – la traduction exacte du dernier titre concurrent de la soirée. Un signe ?

Avant d’envoyer la première carte postale, Lydia et Harald présentent la deuxième mascotte de l’histoire du Concours, un oiseau prénommé Nightingoose (Rossignoie???) qui apparaîtra tout au long de la retransmission pour ouvrir le Grand Livre des Postulants.

Eurovision-fr.net - Histoire Eurovision 1992
Nightingoose

1. ESPAGNE : Todo esto es la música par Serafín (né en 1964)

        Paroles : Luis Miguélez           Musique : Luis Miguélez & Alfredo Valbuena  Chef d’orchestre : Javier Losada

            Sélection : interne

            Deux ans après Azúcar Moreno, Serafín Zubiri ouvre la soirée… avec l’espoir de ne pas revivre ce que les sœurs Salazar avaient dû subir à Zagreb. Soulagée et ravie des trois Tops 10 obtenus lors des précédentes éditions du Concours, la TVE place les plus grands espoirs dans le jeune homme, le premier non-voyant de l’histoire de la compétition. Malheureusement, son titre est bien commun et ne va guère faire naître l’enthousiasme.

2. BELGIQUE : Nous, on veut des violons par Morgane (née en 1975)

        Paroles : Anne-Marie Gaspard            Musique : Claude Barzotti                  Chef d’orchestre : Frank Fiévez

            Sélection : 1ère place à la finale belge le dimanche 8 mars 1992 à Bruxelles  

            Marqué à vie par l’unique victoire belge remportée grâce à une adolescente, le public wallon décide d’envoyer en Suède la jeune Ingrid Simonis, alias Morgane (pas encore 17 ans). Toutes les chances sont mises de son côté, avec un titre que n’auraient pas renié Joël Prévost (3ème en 1978), Egon Egemann ou Alexander Rybak. Les attentes sont d’autant plus fortes que la musique a été composée par Claude Barzotti, dont les succès s’étaient enchaînés dans les années 80 de Madame à Aime-moi, en passant par C’est moi qui pars ou Beau, j’s’rai jamais beau et le méga tube Le Rital. Mais il n’y a pas de recette toute faite au Concours, et l’addition va être salée en fin de soirée. Et assez choquante à mon sens.

3. ISRAËL : Ze rak sport par Dafna (née en 1966)

        Paroles : Ehud Manor                         Musique et Chef d’orchestre : Kobi Oshrat 

            Sélection : 1ère place à Kdam Erovizyon le samedi 28 mars 1992 à Jérusalem

            À l’issue d’une finale extrêmement serrée (les trois premiers se tiennent en deux points), Dafna Dekel est désignée pour essayer de faire mieux que Moshe et Orna Datz, 3èmes à Rome un an auparavant. Là non plus, on ne lésine pas sur les moyens puisque le compositeur a déjà signé Hallelujah et Ole ole, et que les paroles de Ze rak sport ont été écrites par celui qui avait déjà commis A ba ni bi et Chai. Mais qu’ai-je dit juste au-dessus ? Il n’y pas de recette miracle, et ce qui a fonctionné un jour ne refonctionne pas systématiquement. 

4. TURQUIE : Yaz bitti par Aylin Vatankoş (née en 1970)

        Paroles : Aylin Uçanlar           Musique : Aidoğan Şimşekyay             Chef d’orchestre : Aydin Özari

Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 21 mars 1992 à Ankara

            N’ayant atteint le Top 10 qu’une seule fois depuis sa première participation en 1975, la Turquie ne sait plus vraiment quoi faire pour obtenir une reconnaissance qu’elle désire pourtant fortement. À preuve cette chanson, pas désagréable mais peu marquante, interprétée par une jolie demoiselle, mais dont la voix n’éblouit pas particulièrement. Résultat : un Bottom 5 de plus pour le pays de Kayahan.

5. GRÈCE : Olou tou kosmou i elpida par Cleopatra (née en 1963)

        Paroles et Musique : Christos Lagos              Chef d’orchestre : Haris Andreadis              Sélection : interne

            Après une chanteuse turque avec un nom grec, une chanteuse grecque avec un prénom égyptien ! Bon OK, les Ptolémées étaient une dynastie grecque, la délicieuse Efendi me l’a confirmé. Ce qui est sûr, c’est que l’impériale Cleopatra Pantazi (battue à sa sélection nationale en 1983) gagne son billet pour Malmö grâce à l’ERT, qui décide de lui confier la mission de décrocher un Top 5 qui échappe au pays depuis quinze ans. Ce qu’elle va réussir à faire contre toute attente, et à ma grande surprise.

6. FRANCE : Monté la riviè par Kali (né en 1959)

        Paroles : Rémi Bellenchombre                 Musique : Kali             Chef d’orchestre : Magdi Vasco Novarrez            Sélection : interne

            On ne change pas une méthode qui gagne, pense-t-on à Antenne 2. Après les deux médailles d’argent de Joëlle Ursull et d’Amina, le comité de sélection décide de continuer à creuser le sillon tracé depuis deux ans. C’est cette fois-ci Kali qui est choisi pour défendre la diversité musicale française. Celui qui a pris ce pseudonyme en hommage au petit poussin noir Kalimero estime vraiment trop injuste la manière dont les Antillais sont traités chez eux et en métropole, et écrit des textes très engagés politiquement (normal de la part du petit-neveu de l’ancien Président du Sénat Gaston Monnerville). C’est toutefois une chanson plus légère, mais effectivement ethnique puisqu’elle est interprétée en créole, qu’il va soumettre aux jurys européens, lesquels vont apprécier le geste.

7. SUÈDE : I morgon år en annan dag par Christer Björkman (né en 1957)

        Paroles et Musique : Niklas Strömstedt                                           Chef d’orchestre : Anders Berglund              Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le samedi 14 mars 1992 à Stockholm

            Alors que Kikki Danielsson ou Py Bäckman (la créatrice du magnifique Stad i ljus) font figure de favorites, c’est l’ancien coiffeur de Borås (ville natale de Lydia Capolicchio) qui remporte la sélection suédoise. Un choix assez bizarre si l’on considère l’issue des votes en ce 9 mai : un 22ème rang, soit le plus mauvais classement d’un pays organisateur depuis 1956 ! Christer Björkman essaiera par deux fois, mais en vain, de revenir au Concours. Il ne sait pas encore à l’époque que c’est par un autre chemin qu’il parviendra à influer sur la destinée de la compétition…

8. PORTUGAL : Amor d’água fresca par Dina (1956-2019)

        Paroles : Rosa Lobato de Faria           Musique : Ondina Veloso         Chef d’orchestre : Carlos Alberto Moniz

Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le samedi 7 mars 1992 à Lisbonne

            Après ses deux échecs en 1980 et 1982, Dina a un esprit de revanche énorme pour cette édition du Festival da Canção. Elle y propose une chanson dont elle a composé la musique, une mélodie fraîche et légère qui ne peut que séduire. Et effectivement, le public lui octroie une nette victoire face à Rita Guerra, qui devra attendre plus de dix ans avant de pouvoir enfin fouler la scène du Concours. Mais comme d’habitude, les jurys de par l’Europe vont être complètement hermétiques à la chanson portugaise.

9. CHYPRE : Teriazoume par Evridiki (née en 1968)

        Paroles et Musique : George Theofanous & Leonidas Malenis            Chef d’orchestre : George Theofanous

            Sélection : 1ère place à la finale chypriote le vendredi 13 mars 1992 à Nicosie

            Voilà un vendredi 13 à marquer d’une pierre blanche pour la mutine Evridiki Theokleous. C’est en effet un authentique triomphe qu’elle rencontre lors de la finale chypriote, où elle écrase tous ses concurrents. Après trois apparitions en tant que choriste, elle va enfin pouvoir montrer de quoi elle est capable. Et même si elle ratera de peu le Top 10, elle va marquer à jamais la rétine de tous les Eurofans européens.

10. MALTE : Little child par Mary Spiteri (née en 1947)

        Paroles : Raymond Mahoney               Musique : Georgina Abela       Chef d’orchestre : Paul Abela

            Sélection : 1ère place à Kanzunetta ghall-Ewropa le samedi 14 mars 1992 à La Valette

            Dans une finale où chacun des dix candidats interprète sa chanson en maltais et en anglais (alors qu’il a déjà été décidé que ce sera la version anglaise qui concourra à Malmö…), c’est Mary Spiteri qui met les jurys d’accord. Déjà candidate en 1971 et 1975, la diva y retrouve les anciens participants Renato et Helen Micallef, ainsi que le malchanceux Enzo Guzman. Elle y côtoie également les futures Eurostars Moira Stafrace et Mike Spiteri. Mais les jeux étaient faits dès le départ puisque Little child a été écrit par l’auteur de Could it be ? sur une musique de Georgina Abela, 6ème du Concours un an plus tôt. Accompagnée des choristes de Carola, la représentante maltaise va produire la plus longue note finale de l’histoire de la compétition  (13 secondes) et impressionner durablement les votants.

11. ISLANDE : Nei eða já par Heart 2 Heart

        Paroles : Stefán Hilmarsson               Musique : Friðrik Karlsson & Grétar Örvarsson         

Chef d’orchestre : Nigel Wright      

            Sélection : 1ère place au Söngvakkeppnin le samedi 22 février 1992 à Reykjavik

            Sixième échec en sept éditions pour Bo Halldórsson (qui termine cette fois 3ème), mais deuxième victoire pour le duo Stjórnin, augmenté de deux autres membres. Comme deux ans plus tôt, un titre très efficace, très enlevé, qui n’invente rien mais qui donne envie de le réécouter. Ce qui n’est déjà pas si mal ! Les votants ce soir-là ont visiblement partagé mon point de vue. Remarque : Stefán Hilmarsson a bien fait de ne pas venir chanter avec le quatuor 😛

12. FINLANDE : Yamma – Yamma par Pave (né en 1950)

        Paroles : Hector         Musique : Pave Maijanen                    Chef d’orchestre : Olli Ahvenlahti

            Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 29 février 1992 à Turku

            Il y a des moments où je ne comprends pas les jurys finlandais. Alors qu’ils nous envoient parfois des chanteuses extraordinaires (Laila Kinnunen, Katri Helena, les sœurs Aspelund) et des chansons magnifiques (Valoa Ikkunassa, Fantasiaa, Never the End), ils décident en 1992 de largement couronner un choriste de Kojo (CEC 1982) au détriment de Kirka et de Sonja Lumme ! ! ! Bah tant pis pour eux : Qui sème le vent récolte la tempête !

13. SUISSE : Mr Music Man par Daisy Auvray

        Paroles et Musique : Gordon Dent                                         Chef d’orchestre : Roby Seidel

Sélection : 2ème place à la finale suisse le dimanche 23 février 1992 à Lugano

            Comme Juju l’a parfaitement expliqué dans son article de Sélections à l’affiche il y a deux ans, la chanson gagnante de la finale suisse, Soleil Soleil, avait été soumise à deux jurys régionaux, ce qui était formellement interdit par le règlement. Elle a donc été disqualifiée, et Daisy Auvray s’est retrouvée la candidate officielle de la Confédération en Suède. Est-ce mon helvétophilie légendaire, est-ce mon goût pour les ballades jazzy (style trop rare au Concours) ? Tout ce que je peux dire, c’est que j’adore Mr Music Man… ce que peu de gens semblent comprendre 🙁 Après, il faut reconnaître que la délégation suisse n’a rien fait pour mettre en valeur la pauvre Daisy, isolée au milieu de cette scène déserte. Quelques danseurs, un saxophoniste, un bar et des tabourets, ce n’est quand même pas compliqué, m***e !!!! Bon OK, je me calme.

14. LUXEMBOURG : Sou fräi par Marion Welter (née en 1965) & Kontinent [dont Patrick Hartert (1964-2017)]

        Paroles et Musique : Jang Linster & Ab Van Goor                 Chef d’orchestre : Christian Jacob

            Sélection : 1ère place à la finale luxembourgeoise le dimanche 15 mars 1992 à Luxembourg

            N’ayant pas appris grand chose de ses échecs précédents, RTL sélectionne pour sa finale une interprète originaire du Grand-Duché, comme un an plus tôt, à qui le diffuseur demande d’interpréter deux titres, dont Sou fräi. Pour la 2ème fois seulement depuis 1956, c’est donc un titre en luxembourgeois qui va défendre les couleurs du petit état. La machine à perdre est enclenchée quand le groupe qui accompagne Marion reçoit l’assistance d’un des membres de Park Café (20ème en 1989). Malgré tous ces points négatifs, j’avoue une tendresse particulière pour ce plagiat éhonté de All Right de Christopher Cross, qui trouve logiquement sa place dans mon Top 10 – au contraire du classement officiel, où elle est descendue en flèche.

15. AUTRICHE : Zusammen gehn par Tony Wegas (né en 1965)

        Paroles :  Joachim Horn-Bernges     Musique : Dieter Bohlen         Chef d’orchestre : Leon Ives

Sélection : interne

            Particulièrement blessée par la dernière place assortie d’un zéro pointé décrochée par Thomas Forstner un an plus tôt (on le serait à moins !), l’ÖRF décide d’en appeler à celui qui a fini deuxième de la sélection nationale l’année précédente : Anton Sarközi (si si) alias Tony Wegas. On lui demande d’interpréter un titre écrit par le duo qui avait signé avec le succès que l’on sait Nur ein Lied et Flieger en 1989. Favori pour le podium, il repart toutefois assez déçu de Malmö, mais avec un désir de revanche très prononcé. Il ne faudra pas attendre longtemps avant de le revoir débouler…

16. ROYAUME-UNI : One step out of time par Michael Ball (né en 1962)

        Paroles et Musique : Paul Davies, Tony Ryan & Victor Stratton         Chef d’orchestre : Ronnie Hazlehurst

Sélection : 1ère place à A Song for Europe présenté par Terry Wogan le vendredi 3 avril 1992 à Londres

            Parfaitement consciente de la perte d’intérêt des téléspectateurs britanniques envers le Concours, la BBC décide d’en revenir à un modèle de sélection qui lui a brillamment réussi dans les années 60 et 70 : une finale où un seul interprète propose plusieurs chansons, et un vote du public pour celle qu’il estime la meilleure. Cela a marché avec Sandie Shaw et Lulu, et presque fonctionné avec Cliff Richard, après tout. On en appelle donc à Michael Ball, une star des planches devenue célèbre grâce à ses prestations dans Les Misérables et Le Fantôme de l’Opéra. Alors bien sûr, on lui fait remarquer que son timbre de voix s’accommode mieux aux ballades lentes, et que le titre up-tempo choisi en masse par les téléspectateurs le 3 avril n’est peut-être pas ce qui lui va le mieux. Mais qu’importe, il décide de relever le défi… et les parieurs y croient tellement qu’il se présente le grand soir avec le costume de favori.

17. IRLANDE : Why me ? par Linda Martin (née en 1952)

        Paroles et Musique : Johnny Logan                                                   Chef d’orchestre : Noel Kelehan

Sélection : 1ère place à National Song Contest présenté par Pat Kenny le dimanche 29 mars 1992 à Cork

            Avec Linda Martin, il n’y a pas trois cas de figures possibles ! Soit c’est l’échec incontestable (éliminée en sélection nationale à quatre reprises entre 1976 et 1982 avec son groupe Chips, et refoulée trois fois en solo lors de la même finale). Soit c’est le succès tout aussi indiscutable : ainsi de la 2ème place qu’elle a obtenue en 1984 – devant la Suède 😉 – avec un titre écrit et composé par le double vainqueur irlandais, Johnny Logan. En cette année 1992, elle prend sa revanche sur Luv Bug, qui l’avait battue en 1986 et qui termine dernier à Cork, avec une chanson signée… Johnny Logan. Alors, alors.. bah voilà. Il n’y a pas trois cas de figures possibles avec Linda Martin.

18. DANEMARK : Alt det som ingen ser par Lotte Nilsson (née en 1965) & Kenny Lübcke (né en 1966) 

        Paroles et Musique : Carsten Warming                                             Chef d’orchestre : Henrik Krogsgaard

Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 29 février 1992 à Ålborg

Anne Cathrine Herdorf et Anders Frandsen (candidats pour leur pays en 1987 et 1991) sont parfaitement conscients que le DMGP qu’ils présentent en ce 29 février a de grandes chances de sourire à un duo. C’est en effet le genre de prestation que la finale danoise affectionne particulièrement, et qui réussit magnifiquement au Concours (quatre des six duos vainqueurs se sont classés dans le Top 4 depuis 1957). Personne n’est donc surpris de voir gagner Lotte et Kenny (la fille de Liza Minnelli et le petit frère de Joey Tempest). Sauf que… oui je sais, je me répète… mais personne ne semble m’écouter chez les votants des sélections nationales : il n’y a pas de recette toute faite au Concours. Surtout si la chanson est faible et répétitive.

19. ITALIE : Rapsodia par Mia Martini (1947-1995) [Étoile au Firmament # 30]

            Paroles : Giancarlo Bigazzi                 Musique : Giuseppe Dati          Chef d’orchestre : Marco Falagiani               Sélection : interne

Devenue une star dans son pays durant les années 80 (donc après sa première apparition au Concours), Mia Martini est une interprète d’un niveau inégalé au Festival de San Remo, où elle a remporté trois fois le Prix de la Critique (qui porte aujourd’hui son nom) sur quatre participations. Le don qu’elle possède indéniablement, associé à un travail admirable sur la voix et à une magnifique chanson (dont les paroles ont été écrites par celui qui a signé les deux chansons de Massimo Ranieri au CEC et Gente di Mare, de Raf et Umberto Tozzi) nous place devant un grand moment de l’histoire du Concours, peut-être l’un des plus bouleversants quand on sait que Mia disparaîtra tragiquement trois ans plus tard. Pour moi, Rapsodia est un authentique chef-d’œuvre !

20. YOUGOSLAVIE : Ljubim te pesmama par Extra Nena (née en 1960)

            Paroles : Gale Janković          Musique : Radivoje Radivojević           Chef d’orchestre : Anders Berglund

            Sélection : 1ère place à Jugovizija le samedi 28 mars 1992 à Belgrade

Comme elle a eu raison, Snežana Berić, de choisir ce pseudonyme : c’est effectivement une extraordinaire interprète que cette Extra Nena, à la voix si chargée des douleurs de son pays en guerre. Et quoi de mieux qu’une magnifique chanson d’amour pour soigner ses blessures et appeler à l’union des peuples ? Personnellement, je ne comprends pas que les jurys européens soient passés à côté d’une telle proposition et d’une chanteuse si classieuse ! L’une des meilleures représentantes de ce pays aujourd’hui défunt, il n’y a aucun doute à ce sujet.

21. NORVÈGE : Visjoner par Merethe Trøan (née en 1970)

            Paroles : Eva Jansen               Musique : Robert Morley                    Chef d’orchestre : Rolf Løvland        

            Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le samedi 21 mars 1992 à Oslo

            Après l’échec de l’année précédente, la NRK décide de réinstaurer sa sélection mythique, et la confie à deux stars locales, les récidivistes Elisabeth Andreasson et Jahn Teigen. La victoire revient à Merethe Trøan, devant le malchanceux Tor Endresen (dont c’est le 5ème échec consécutif) et Wencke Myhre (candidate pour l’Allemagne en… 1968). Comme souvent pour le pays des fjords, l’issue de la soirée sera très décevante, mais un homme présent auprès de la jeune chanteuse, le chef d’orchestre Rolf Løvland (auteur – compositeur de La det swinge), va prendre l’engagement de revenir au Concours le plus vite possible et de le remporter à nouveau.

22. ALLEMAGNE : Träume sind für alle da par Wind

            Paroles : Bernd Meinunger                 Musique : Ralph Siegel            Chef d’orchestre : Norbert Daum            Sélection : 1ère place à Ein Lied für Malmö le lundi 30 mars 1992 à Magdeburg

            Comme souvent lorsque le public est déçu par les derniers classements de son pays au Concours, on renouvelle sa confiance à des artistes qui y ont déjà brillé. Même si la formation a subi quelques changements (ne restent plus du groupe Wind d’origine que Petra Scheeser et Sami Kalifa), force est de constater qu’elle n’a rien perdu des qualités qui lui ont permis de décrocher la deuxième place en 1985 et 1987. Sans compter que l’infernal duo allemand Siegel et Meinunger propose ici une 9ème contribution commune, qui, à défaut d’être redoutable, n’en demeure pas moins marquante.

23. PAYS-BAS : Wijs me de weg par Humphrey Campbell (né en 1958)

            Paroles et Musique : Edwin Schimscheimer                                       Chef d’orchestre : Harry van Hoof

            Sélection : 1ère place au Nationaal Songfestival le dimanche 29 mars 1992 aux studios de la NOS à Hilversum

            Vainqueur de la sélection néerlandaise devant Laura Vlasblom (membre de Frizzle Sizzle en 1986), le chanteur originaire du Surinam propose un titre très dansant, qui rappelle les meilleurs moments des groupes disco de la décennie précédente. Accompagné par ses deux frères (qui lui servent de choristes) et par son auteur – compositeur (qui le soutient à l’accordéon), Humphrey Campbell permet à son pays de faire un retour intéressant à la compétition (il décroche un Top 10) après un an d’absence. Et surtout, il met le pied à l’étrier à sa future épouse, Ruth Jacott, présente dans les chœurs et qui marquera jurys et Eurofans en 1993.

L’entracte

            Les 23 chansons candidates ayant été interprétées, Harald Treutiger referme le Grand Livre de la Soirée et dépose Nightingoose sur son petit pupitre (un peu ridicule, non ?) pendant que Lydia  annonce l’intermède, A Century of Dance, qui présente les différents styles qui ont fait de la Suède une nation à la pointe de la musique. Puis, le duo de maîtres de cérémonie revient et s’adresse à Frank Naef, qui remercie chaleureusement la SVT (et il insiste sur le mot chaleureusement) et les assesseurs qui travaillent à ses côtés depuis quinze ans. Il annonce également que l’UER étudie en ce moment la possibilité d’intégrer au Concours les pays de l’Est qui souhaiteraient rejoindre la compétition. Mais pour cela, il faudra patienter un an… ou une semaine ici 😛

Le vote et les résultats

           P L A C ES C O R E  E S P  B E L  I S R    T U R  G R È  F R A  S U È  P O R    C H Y  M A L  I S L    F I N  S U I  L U X    A U T  U K  I R L  D A N  I T A  Y O U  N O R  A L L  N E D
E1437 1 146   2 3 321 17 5 1
B20113  4 3       1         
IL68510  2 84747  4817 2 12243
TK1917         8      3  6   
G594  78 73512 2510 4   1278 4
F8736 123    3  712   5 6 1036
S229     1           4 4   
P1726  8 2      2      15 8 
CY1157  3 102 2 1 82   6 483 8
ML31231210  7 12121 8 5128 108310  5
IC780844 6 66    35712 55 162
SF234  1                3   
CH1532 5        12    41 10    
L2110         10             
A106328  8 1384     10127     
UK2139512210 105 66468712 7128  127
IR115517 1212 104512710610108 102271010
DK12474 6   71  6  633    65 
I4111   53128810510127 6     12112
YU1344  10615  2354 2  4    2 
N1823 3    2   11 4 5 6 1   
D1627 6     10       623     
NL967725754  7 3 1 528   47 

L’Irlande remporte donc une 4ème victoire – faisant ainsi de Linda Martin la plus âgée des chanteuses victorieuses, record qui tient toujours, et de Johnny Logan le plus récompensé des artistes candidats avec trois trophées. Le Royaume-Uni finit à la deuxième place pour la 13ème fois depuis 1959. Malte réalise son meilleur classement en atteignant le podium un an après son retour. Soit un trio entièrement anglophone, ce que le Concours n’avait jamais connu jusqu’alors. L’Italie, la Grèce et l’Islande réalisent un très beau parcours alors que l’Autriche et la Yougoslavie déçoivent beaucoup. Suisse, Belgique et Luxembourg sont à la traîne, et la Finlande, avec une 7ème place de dernière, rejoint la Norvège et l’Autriche, qui ont subi le même affront les deux années précédentes.

Eurovision 1992 | Eurovision France
Johnny Logan et Linda Martin récompensés

Irradiant de bonheur pour avoir réussi à améliorer son classement de 1984, Linda Martin revient sur scène avec toute son équipe afin de recevoir son trophée des mains de Carola. Puis, elle interprète une nouvelle fois Why me? avant que le générique de fin ne soit lancé. Dans les semaines qui vont suivre, Michael Ball sera bien vengé puisque sa chanson sera la première contribution britannique au Concours à atteindre le Top 20 des charts depuis 8 ans, alors que celle de Linda Martin sera le premier titre vainqueur pour l’Irlande à ne pas se classer dans les meilleures ventes de disques au Royaume-Uni.

Mon Top 10

            Une édition de bonne qualité, où plusieurs chansons candidates me plaisent toujours autant près de trente ans plus tard. Elle préfigure en revanche parfaitement le fossé qui va se creuser petit à petit entre les classements des futures éditions et les miens, car dès cette édition 1992, des titres que je hisse très haut vont se retrouver très bas à l’issue de la période de votes, alors que d’autres que je n’aime pas du tout vont être honorés d’une place dans le Top 10 que je trouve particulièrement injustifiée.

  1. IRLANDE : Why me ? par Linda Martin (très belle  chanson et très belle interprétation, puissante et sensible)
  2. ITALIE : Rapsodia par Mia Martini (simplement la meilleure chanteuse italienne de toute l’histoire du Concours)
  3. YOUGOSLAVIE : Ljubim te pesmama par Extra Nena (the last song from Yugoslavia… but not the least)
  4. ROYAUME-UNI : One step out of time par Michael Ball (magnifique timbre de voix et énergie très communicative)
  5. SUISSE : Mr Music Man par Daisy Auvray (pour la voix, l’ambiance, les souvenirs, le rythme)
  6. ISLANDE : Nei eða já par Heart 2 Heart (parce que c’est dansant, léger et sans prétention)
  7. BELGIQUE : Nous, on veut des violons par Morgane (une charmante jeune fille et une chanson agréable à écouter)
  8. ALLEMAGNE : Träume sind für alle da par Wind (car on peut aussi aimer un bon schlager de derrière les fagots)
  9. LUXEMBOURG : Sou fräi par Marion Welter & Kontinent (à déguster comme un bonbon, même déjà mâchouillé)
  10. PAYS-BAS : Wijs me de weg par Humphrey Campbell (pour les multiples influences musicales… et pour la choré)

Lanterne rouge : FINLANDE : Yamma – Yamma par Pave (désagréable et lassant dès la première minute)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 1er août à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Une très légère baisse du nombre de votants cette semaine, mais nous avons tout de même été 36 à nous exprimer, ce qui est très bien en cette période de vacances ! Notre vainqueur n’a jamais été inquiété, puisqu’il a mené la course depuis le premier vote et n’a jamais lâché la tête. Finalement, il termine avec une très confortable avance sur son dauphin. En revanche, les places qui suivent ont souvent été très disputées, et quelques écarts sont vraiment infimes.

23. Finlande : Yamma – Yamma par Pave : 11 points de 4 votants (maximum 6 points) score identique au classement officiel

22. Turquie : Yaz bitti par Aylin Vatankoş : 17 points de 3 votants (maximum 6 points) – 3 places

21. Luxembourg : Sou fräi par Marion Welter & Kontinent : 26 points de 7 votants (maximum 12 points de Juju) score identique

20. Belgique : Nous, on veut des violons par Morgane : 38 points de 9 votants (maximum 12 points de Zipo) score identique

19. Espagne : Todo esto es la música par Serafín : 38 points de 10 votants (maximum 7 points) – 5 places

18. Suède : I morgon år en annan dag par Christer Björkman : 42 points de 6 votants (maximum 10 points) + 4 places

17. Autriche : Zusammen gehn par Tony Wegas : 63 points de 12 votants (maximum 12 points de Kikichouchou) – 7 places

16. Danemark : Alt det som ingen ser par Lotte Nilsson & Kenny Lübcke : 63 points de 14 votants (maximum 8 points) – 4 places

15. Islande : Nei eða já par Heart 2 Heart : 67 points de 14 votants (maximum 10 points) – 8 places

14. Portugal : Amor d’água fresca de Dina : 69 points de 14 votants (maximum 12 points de Duncky et Phuleurophage) + 3 places

13. Suisse : Mr Music Man par Daisy Auvray : 70 points de 16 votants (maximum 10 points) + 2 places

12. Pays-Bas : Wijs me de weg par Humphrey Campbell : 79 points de 16 votants (maximum 12 points de Gaël) – 3 places

11. Allemagne : Träume sind für alle da par Wind : 80 points de 16 votants (maximum 10 points) + 5 places

10. Malte : Little child par Mary Spiteri : 81 points de 14 votants (maximum 10 points) – 7 places

9. Israël : Ze rak sport par Dafna : 84 points de 19 votants (maximum 12 points de Pauline) – 3 places

8. Norvège : Visjoner par Merethe Trøan : 90 points de 17 votants (maximum 10 points) + 10 places ! ! !

7. Chypre : Teriazoume par Evridiki : 97 points de 20 votants (maximum 12 points de Nico) + 4 places

6. France : Monté la riviè par Kali : 127 points de 23 votants (maximum 12 points de PLG) + 2 places

5. Yougoslavie : Ljubim te pesmama par Extra Nena : 129 points de 20 votants (maximum 12 points de Philippe, Yvonne et Garfieldd) + 8 places

4. Grèce : Olou tou kosmou i elpida par Cleopatra : 157 points de 22 votants (maximum 12 points de Sakis, Denez et Betty) + 1 place

3. Irlande : Why me ? par Linda Martin : 183 points de 26 votants (maximum 12 points de Julien, RV, Marie, tHEO, Chloé et Francis) – 2 places

2. Royaume-Uni : One step out of time par Michael Ball : 185 points de 26 votants (maximum 12 points d’Olivier, Yom et Benoît) score identique

1. Italie : Rapsodia par Mia Martini : 292 points de 32 votants (maximum 12 points de Minsk, Gérald, Franck, Picasso, Jean-Michel, Gwendal, Rem, Jérémie, Roland, Valifran, Pascal et Taron) + 3 places

            Nous offrons donc une 5ème victoire (et quelle victoire ! ! !) à l’Italie, devant le Royaume-Uni et l’Irlande – soit les deux premiers du classement de 1992. Grèce (4ème) et Malte (10ème) réalisent leurs meilleurs classements, alors que Belgique (20ème), Turquie (22ème) et Finlande (23ème) enregistrent leurs plus grosses contre-performances – celle-ci décrochant une 3ème lanterne rouge après 1980 et 1982.

            De fortes disparités sont à remarquer entre ce classement et celui de Malmö : Islande, Autriche et Malte se prennent les pieds dans notre tapis, tandis qu’Allemagne, Norvège et Yougoslavie héritent de rangs plus conformes à la qualité de leurs chansons. Cette dernière tire d’ailleurs sa révérence avec l’un de ses meilleurs classements, son record restant à jamais les 3èmes places obtenues par Tereza en 1972 et par Tajči en 1990.

            Voilà pour cette édition suédoise. Rendez-vous dès ce soir pour la première marche vers le meilleur Concours de toute l’histoire de l’Eurovision. Opinion tout à fait personnelle, à laquelle vous pourrez bien sûr vous opposer… à condition de trouver de bons arguments (ce qui me semble difficile) LOL.