Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            C’est à un Concours – charnière que je vous invite aujourd’hui.  En effet, cette édition 1991 voit la dernière participation d’un pays formant encore un ensemble uni (la Yougoslavie), la première d’un pays réunifié (l’Allemagne) et le retour, que l’on ne sait pas encore définitif, d’une nation désormais incontournable (Malte). Voyons tout cela ensemble avec ce…

36ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 4 mai 1991

en direct du Studio 15 de Cinecittá à Rome (Italie)

présenté par Gigliola Cinquetti et Toto Cutugno

L’organisation du Concours

L’Italie ayant enfin remporté le Concours Eurovision pour la deuxième fois un an plus tôt, la RAI souhaite rendre hommage au Festival de la Chanson Italienne qui a inspiré la plus grande compétition musicale d’Europe. C’est la raison pour laquelle on prévoit initialement que la finale 1991 aura lieu au Théâtre Ariston de San Remo. Le problème est qu’entre-temps, l’invasion du Koweït par l’Irak, la Guerre du Golfe et les tensions apparues en Yougoslavie provoquent un sentiment d’insécurité qui préoccupe de nombreuses délégations, en premier lieu celles de l’Allemagne et d’Israël. Afin de rassurer tout le monde, l’Italie décide fin janvier de modifier ses plans et d’organiser le Concours à Rome, dans les studios de la Cinecittá – le plus grand studio de cinéma d’Europe avec ses 400 000 m² de terrain.

Studio 15 di Cinecittà Archives | wiwibloggs
Le studio 15 de la Cinecittá, à Rome

Cette décision tardive va toutefois entraîner des retards dans l’organisation, qui vont très vite apparaître aux yeux de tous et donner une impression désagréable d’amateurisme et d’improvisation. Tout d’abord, la scène où les artistes doivent se produire semble montée à la hâte et inachevée. Ensuite, les deux maîtres de cérémonie choisis par le diffuseur ne maîtrisent ni le français ni l’anglais, et ne vont s’exprimer qu’en italien (qui n’est pas une langue officielle du Concours). De plus, ils paraissent totalement méconnaître le règlement mis en place par l’UER – ce qui va sauter aux yeux du public et des téléspectateurs lors de la période de vote. Enfin la météo, pourtant habituellement sereine à cette période de l’année dans le Latium, fait des siennes : la pluie ne cesse de tomber, provoquant le retard de nombreux musiciens de l’orchestre, et de ce fait perturbant complètement les répétitions. Malgré cela, près de 7 millions d’Italiens suivront la retransmission en direct à la télévision.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, les Pays-Bas déclarent forfait pour la même raison qu’en 1985 : le 4 mai est célébré au pays de la Reine Beatrix le Jour du Souvenir consacré aux victimes des différents conflits auxquels il a pris part. Malte, qui avait reçu une fin de non – recevoir en 1990, profite de l’aubaine pour enfin s’aligner auprès des 21 autres nations concurrentes, seize ans après sa dernière apparition à Stockholm. Mais l’UER prévient l’archipel : Le nombre de participants étant limité à 22, cette participation sera remise en cause en 1992… à moins qu’un autre pays déclare forfait. Face au succès rencontré par la contribution maltaise, Frank Naef et consorts devront toutefois revenir sur cette décision…

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Malte signe son grand retour

Comme chaque année, plusieurs anciens candidats retentent leurs chances : Stefán Hilmarsson (membre de Beathoven en 1988) se présente à nouveau en duo pour l’Islande ; Thomas Forstner, 5ème pour l’Autriche deux ans plus tôt, ambitionne de faire mieux ; Carola Häggkvist, sur le podium munichois, brigue une 3ème victoire pour la Suède ; la Norvège présente un quatuor où on retrouve Hanne Krogh (17ème en 1971 mais membre du duo vainqueur en 1985) et Eiríkur Hauksson (candidat pour l’Islande à Bergen au sein de la formation Icy) ; enfin, Chypre fait confiance à Elena Patroclou, choriste à trois reprises par le passé (en 1983, 1987 et 1989).

Les règles

Le règlement en vigueur ces dernières années est reconduit – sans que quiconque (hormis l’UER elle-même) en soit apparemment informé. Ainsi, ni les présentateurs de la soirée ni les commentateurs dans leurs cabines n’ont visiblement été mis au courant de la procédure en cas d’ex-aequo à la première place, par exemple… Que savaient vraiment les professionnels reconduits dans leur mission : Terry Wogan, Jahn Teigen, André Torrent et Yigal Ravid ? Qu’avait-on dit aux ‘’petits nouveaux’’ (Lolita Morena pour la TSR, Léon Zitrone pour Antenne 2, Pat Kenny pour la RTÉ et Évelyne Dhéliat pour France Inter) ?

Evelyne Dhéliat (TF1) : Elle lutte contre la "M0RT".
Évelyne Dhéliat

Côté porte-parole, Jean-Luc Bertrand rempile pour le Luxembourg. Enfin, l’Espagne poursuit sa politique d’appel à de grandes stars pour siéger dans son jury, faisant cette fois confiance à Salomé, l’une des gagnantes du Concours 1969 – symbole intéressant si l’on considère l’issue de la soirée 😉

La présentation et l’orchestre

Après Corry Brokken en 1976, la RAI décide de confier la présentation de la soirée aux deux vainqueurs italiens de la compétition : Gigliola Cinquetti et Toto Cutugno. Deux énormes stars dans leur pays, mais complètement ignorants du métier d’animateurs d’émissions de variété, comme tout le monde va pouvoir s’en rendre compte.

Née à Vérone (coucou Koit et Laura !) en 1947, Gigliola Cinquetti n’a jamais quitté le devant de la scène depuis son arrivée en fanfare en 1964, année où elle remporte le Festival de San Remo et le Concours Eurovision. Douze fois candidate lors de la compétition ligure, elle est à nouveau montée sur le podium européen en 1974, finissant juste derrière ABBA et son Waterloo. Malgré toutes les critiques qu’elle et son complice vont essuyer dès la fin de la retransmission, elle mènera en parallèle sa carrière de chanteuse (elle s’est encore produite à Paris dans les années 2010) et celle de présentatrice et journaliste à la télévision pendant plusieurs années.

Gigliola Cinquetti | Eurovision Song Contest Wiki | Fandom
Gigliola Cinquetti

Toto Cutugno naît quant à lui en 1943 en Toscane d’un père sicilien, mais grandit en Ligurie. D’abord batteur, puis membre d’un groupe qui se produit dans de petites salles, il est remarqué par Joe Dassin, qui lui demande de lui écrire des chansons. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le créateur des Dalton et du Petit Pain au Chocolat a le nez creux, car le talentueux Toto lui offre L’Été Indien et Et si tu n’existais pas. Dans la foulée, il écrit Laissez-moi danser pour Dalida. C’est le début de la gloire pour celui qui va par la suite participer au Festival de San Remo à 13 reprises, le remportant une fois (en 1980) et terminant six fois sur la 2ème marche ! Son plus gros succès : L’Italiano (adapté en français par Hervé Vilard sous le titre Méditerranéenne), seulement 5ème en Ligurie en 1983.

Toto Cutugno | Discographie | Discogs
Toto Cutugno

L’orchestre est dirigé par Bruno Canfora (1924-2017), musicien et compositeur né à Milan, où il a étudié le piano et le hautbois au Conservatoire Giuseppe Verdi. Membre d’un groupe avec lequel il donne de petits concerts tout au long de la Seconde Guerre Mondiale, il est nommé dès la fin du conflit à la tête du Castellino Danze Orchestra de Turin. Créateur de plusieurs bandes originales pour le cinéma et la télévision, il est aussi connu pour les chansons qu’il a écrites pour des pointures de la scène italienne, comme Mina et Rita Pavone. Il a également travaillé avec la grande Shirley Bassey et les sœurs Kessler (candidates pour l’Allemagne au Concours 1959).

06/08::::::R.i.p. Bruno Canfora | Otto FM
Bruno Canfora

Les chansons candidates

Après un générique très pop assez inhabituel et plutôt lassant interprété par la danseuse et chanteuse américaine Sara Carlson, Gigliola Cinquetti et Toto Cutugno apparaissent sur scène et saluent le public en italien. Quelques images de la victoire de l’année précédente sont diffusées, alors que le créateur de Insieme : 1992 reprend son titre vainqueur en play-back. Puis, il s’installe au piano et fait revivre l’émotion de 1964 en délivrant avec la jolie Véronaise une très touchante prestation de Non ho l’etá. Un rapide hommage est ensuite rendu au Festival de San Remo, avant que ne soit lancée la première carte postale. Innovation intéressante (mais jamais reconduite) : chaque candidat y interprète un extrait d’une chanson italienne, ce qui va permettre à l’assistance et aux téléspectateurs d’entendre quelques notes de Caruso, Sará perché ti amo, Santa Lucia ou Nessun Dorma de Puccini, par exemple. Les meilleures reprises sont sans contestation possible celles de Carola et Dulce Pontes.

1. YOUGOSLAVIE : Brazil par Baby Doll (née en 1964)

        Paroles : Dragana Šarić          Musique : Zoran Vracević       Chef d’orchestre : Slobodan Marković

            Sélection : 1ère place à Jugovizija le samedi 9 mars 1991 à Sarajevo

            Après trois essais infructueux, Bebi Dol (c’est ainsi que son pseudonyme s’écrit dans son pays natal) remporte enfin sa sélection nationale avec une chanson dont elle a elle-même écrit les paroles. Elle dame ainsi le pion à Daníel (candidat yougoslave en 1983) qui ne finit que 2ème, ou Toni Cetinski (futur représentant croate en 1994). En Italie, seule sa tenue – digne d’un prix Barbara Dex pas encore inventé – attire l’attention des jurys, qui vont totalement ignorer sa proposition. Et qu’est-ce que c’est que cette chorégraphie mise en place par son danseur principal et qui n’a rien de brésilien ? 

2. ISLANDE : Nina par Stefán (né en 1966) & Eyfi (né en 1961)

        Paroles et Musique : Eyjólfur Kristjánsson                           Chef d’orchestre : Jón Ólafsson

            Sélection : 1ère place au Söngvakeppnin le samedi 9 février 1991 à Reykjavik  

            Déjà candidat trois ans plus tôt, Stefán Hilmarsson remporte à nouveau la finale islandaise (où ne figure pas Bo Halldórsson !) aux côtés d’Eyjólfur Kristjánsson (candidat malheureux à trois précédentes éditions du Söngvakeppnin). C’est ce dernier qui a écrit et composé Draumur um Ninu (rebaptisé Nina pour l’occasion), mais ce deuxième essai ne sera guère plus concluant que le premier. Après l’embellie de 1990, c’est à nouveau une déconvenue (méritée) pour le pays de Paul Oscar.

3. MALTE : Could it be ? par Paul Giordimaina (né en 1960) & Georgina (née en 1959)

        Paroles : Raymond Mahoney                                                  Musique et Chef d’orchestre : Paul Abela   

            Sélection : 1ère place à Kanzunetta ghall-Ewropa le samedi 23 mars 1991 à La Valette

            L’archipel maltais étant un tout petit pays, la finale que propose son diffuseur principal regroupe forcément des artistes qui ont déjà foulé la scène du Concours ou qui le feront dans un avenir plus ou moins proche. Ainsi, Helen Micallef (candidate en 1972) et Renato (présent à Stockholm en 1975) y côtoient-ils Enzo Guzman (deux fois recalé par le passé) et Mike Spiteri (qui défendra les couleurs du petit état en 1995). Ce n’est pourtant aucune de ces Eurostars que le jury d’experts désigne pour concourir à Rome, mais un duo dont la chanteuse est la propre épouse du compositeur de la chanson. Un coup d’essai qui se révèlera un coup de maître, puisque leur prestation permettra d’imposer la présence de Malte à l’UER de manière permanente… et que chacun reviendra plus tard au Concours dans l’ombre d’autres candidats.

4. GRÈCE : Anixi par Sophia Vossou (née en 1961)

        Paroles et Musique : Andreas Mikroutsikos                           Chef d’orchestre : Haris Andreadis

Sélection : 1ère place à la finale grecque le vendredi 29 mars 1991 à Athènes

            Nettement gagnante de sa sélection nationale devant Lia Vissi (représentante chypriote six ans auparavant), Sophia Vossou nourrit les plus grands espoirs pour l’édition 1991. Elle possède une voix magnifique, sa chanson est admirablement écrite et composée, et son ordre de passage lui permet de se produire entre deux chansons plus lentes. Mais les plus belles mécaniques parfois s’enrayent, et la fausse note du saxophoniste pendant son solo (à cause des répétitions perturbées la semaine précédente ?) tuent dans l’œuf les attentes de la délégation grecque. Vraiment dommage.

5. SUISSE : Canzone per te par Sandra Simó (née en 1969)

        Paroles et Musique : Renato Mascetti                                   Chef d’orchestre : Flaviano Cuffari  

Sélection : 1ère place à la finale suisse présentée par Lolita Morena le samedi 23 février 1991 à Vevey

            Peut-on être plus belle et posséder plus de charme que Sandra Simó ? Évidemment que non, ont dû se dire les votants lors de la finale suisse. Après une dernière place obtenue l’année précédente, la superbe jeune femme devait prendre sa revanche, et ni Daniela Simons (éternelle deuxième) ni Carol Rich n’ont pu cette fois lui barrer la route du Concours. Totalement séduits par le physique irréprochable et la magnifique voix de la sculpturale demoiselle, les jurys européens vont la placer très haut en fin de soirée.

6. AUTRICHE : Venedig im Regen par Thomas Forstner (né en 1969)

        Paroles et Musique : Robby Musenbichler, Hubert Moser & Wolfgang Eltner

            Chef d’orchestre : Richard Österreicher

Sélection : 1ère place à la finale autrichienne le samedi 16 mars 1991 à Vienne

            Arrivé en tête des votes devant Tony Wegas (qui prendra sa revanche les deux prochaines années), Thomas Forstner a la grande joie de représenter son pays pour la 2ème fois au Concours. Malgré un costume peu seyant (la spécialité du jeune homme), sa prestation est d’un niveau tout à fait acceptable et la dernière place qu’il décroche à l’issue des votes (avec un zéro pointé !) est pour moi un vrai scandale. Chanter que la ville la plus romantique d’Italie est noyée sous la pluie a-t-il refroidi les ardeurs des jurés en cette semaine où Rome elle-même subit des trombes d’eau ? C’est ce qu’a l’air de se dire Gina Lollobrigida, assise dans le public.

7. LUXEMBOURG : Un baiser volé par Sarah Bray (née en 1966)

        Paroles : Linda Lecomte & Monique Wersant                  Musique : Patrick Hippert     

Chef d’orchestre : Francis Goya                                           Sélection : interne

            Une fois n’est pas coutume, c’est à une authentique Luxembourgeoise que le Grand-Duché confie la mission de redorer un peu le blason du pays au Concours après plusieurs classements assez médiocres. Mais la jeune femme, qui a co-écrit les paroles de sa chanson, ne parvient pas non plus à convaincre les jurys européens, qui lui attribuent un rang devenu malheureusement habituel : un milieu de tableau. À l’instar du célèbre peintre dont il est presque l’homonyme, le chef d’orchestre Francis Goya nous propose donc un Cuatro de Mayo bien décevant.

8. SUÈDE : Fångad av en stormvind par Carola (née en 1966)

        Paroles et Musique : Stephan Berg                                       Chef d’orchestre : Anders Berglund 

Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le dimanche 31 mars 1991 à  Malmö

            Après une pause de trois ans dans sa carrière, Carola (3ème du Concours en 1983) avait tenté de revenir sur le devant de la scène en participant au Melfest 1990. À la surprise générale, elle avait été battue par Edin – Ådahl… dont la prestation à Zagreb n’avait guère convaincu. 1991 est donc l’année de la revanche pour elle, puisqu’elle gagne son billet pour l’Italie, avec le statut de 2ème favorite. Sur place, les problèmes techniques continuent : après le raté du saxophoniste lors de la chanson grecque et une corde de guitare qui se rompt pendant que chante la candidate luxembourgeoise, ce sont des problèmes de son qui viennent perturber Carola, le retour sur scène ne fonctionnant plus. Mais en grande professionnelle qu’elle est incontestablement, la diva suédoise continue comme si de rien n’était et occupe la scène comme personne d’autre ne l’a encore fait en cette soirée. Le public ne s’y trompe pas, d’ailleurs, puisqu’il lui fait une ovation à la fin de sa chanson.

9. FRANCE : C’est le dernier qui a parlé qui a raison par Amina (née en 1962)

        Paroles : Amina Annabi          Musique : Wasis Diop             Chef d’orchestre : Jérôme Pillement

            Sélection : interne

            Encouragée par la très belle deuxième place obtenue en Yougoslavie par Joëlle Ursull, Marie-France Brière décide de faire appel à la Franco-Tunisienne Amina Annabi pour présenter à l’Europe une autre vision du monde de la musique en France. Habillée par Jean-Paul Gaultier, celle qui a remporté quelques semaines plus tôt le Prix Édith-Piaf de la meilleure chanteuse de l’année impose sur scène une atmosphère que nul n’a plus installée depuis Samira Bensaïd en 1980 – des sonorités arabisantes qui font ressortir l’engagement très prononcé des paroles qu’elle interprète. Et cela ne passe pas inaperçu…

10. TURQUIE : Iki dakika par Izel Çeliköz (née en 1969), Can Uğurluer &  Reyhan Karaca (nés en 1970)

        Paroles : Aysel Gürel              Musique : Şevket Uğurluer     Chef d’orchestre : Turhan Yükseler

            Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 9 mars 1991 à Ankara

            C’est un trio de tout jeunes artistes qui remporte la sélection turque, devant Arzu Ece (membre du groupe Pan en 1989). La chanson, composée par le père de l’un d’entre eux sur des paroles écrites par celui qui avait signé Opera en 1983, n’est pas désagréable en soi mais, comme beaucoup de titres proposés par le pays de Kayahan, ne marque pas assez pour convaincre les jurys de lui attribuer suffisamment de voix pour atteindre le Top 10.

11. IRLANDE : Could it be that I’m in love ? par Kim Jackson (née en 1965)

        Paroles et Musique : Liam Reilly                                           Chef d’orchestre : Noel Kelehan

            Sélection : 1ère place à National Song Contest présenté par Pat Kenny le samedi 30 mars 1991 à Dublin

            Dauphin avec Joëlle Ursull de Toto Cutugno à Zagreb, Liam Reilly décide de concourir à nouveau avec une chanson de son cru, mais cette fois interprétée par Kim Jackson, qui avait assuré les chœurs auprès de lui en Yougoslavie. Même si celle-ci séduit, elle ne réalise cependant pas l’exploit espéré par la délégation irlandaise : améliorer le score de l’année précédente. Il faut dire que, un peu comme pour Céline Carzo un an plus tôt, sa prestation trop statique handicape les chances de victoire de la jeune femme… qui ne persistera pas à l’avenir dans sa volonté d’occuper l’avant-scène.

12. PORTUGAL : Lusitana paixão par Dulce (née en 1969)

        Paroles : Fred Micaelo & José Da Ponte                                Musique : Jorge Quintela & José Da Ponte                Chef d’orchestre : Fernando Correia-Martins

            Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le jeudi 7 mars 1991 à Lisbonne

            Peu habitué aux excellents classements, le Portugal va avoir à l’occasion de cette édition romaine un avant-goût de ce que la nouvelle décennie va lui réserver. Alors que le titre proposé par Dulce Pontes est un exemple on ne peut plus classique du traditionnel fado (qu’elle évoque dans les paroles), le succès va être au rendez-vous et les jurys vont attribuer à Lusitana paixão un rang qui fait encore de lui aujourd’hui l’une des contributions portugaises les mieux classées de l’Histoire de la compétition. Rien ne pouvait me faire plus plaisir 😀

13. DANEMARK : Lige der hvor hjertet slår par Anders Frandsen (1960-2012) [Étoile au Firmament # 100]

        Paroles et Musique : Michael Elo                                          Chef d’orchestre : Henrik Krogsgaard

Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 16 mars 1991 à Århus

            Empêchant Birthe Kjær de faire son retour au Concours deux ans après sa participation (elle ne se classe en effet que 3ème de sa sélection nationale), l’animateur télé qu’est encore Anders Frandsen remporte le DMGP avec une chanson écrite par le principal choriste de Tommy Seebach. On reste donc dans la même famille musicale, mais ce qui a réussi les années précédentes ne rencontre plus autant de succès et Anders va en payer cruellement les frais. En fin de soirée d’abord, où son score ne dépassera pas les dix points. Dans sa vie personnelle ensuite, qui s’achèvera dans la tragédie. Deux sanctions bien terribles, et imméritées.

14. NORVÈGE : Mrs.Thompson par Just 4 Fun [dont Jan Groth (1946-2014) Étoile au Firmament # 119]

        Paroles : Dag Kolsrud             Musique : P.G. Roness & Kaare Skevuk Jr       Chef d’orchestre : Pete Knutsen

            Sélection : interne

            Pour la première et dernière fois de son histoire, la Norvège décide de sélectionner en interne ses représentants au Concours sans passer par sa mythique sélection, le Melodi Grand-Prix. C’est dire si elle croit aux chances du quatuor, où on remarque la présence de deux anciennes Eurostars, Hanne Krogh et Eiríkur Hauksson. La déception va donc être énorme en fin de soirée, quand le pays va à nouveau décrocher un classement extrêmement bas. Personnellement, je trouve le titre assez moyen, mais comme souvent pour la Norvège, un bas de tableau me semble injustifié.

15. ISRAËL : Kan par Duo Datz

        Paroles et Musique : Uzi Hitman                                                      Chef d’orchestre : Kobi Oshrat

Sélection : 1ère place à Kdam Erovizyon le mercredi 27 mars 1991 au Binyanay Ha’ouma Centre de Jérusalem

            Pour leur deuxième participation à la finale israélienne, Orna et Moshe Datz remportent facilement leur billet pour l’Italie avec une chanson tout à la fois très moderne et empreinte de traditionnel. Comme souvent avec les propositions de l’État hébreu, la chorégraphie va aider à porter très haut les espoirs de la délégation… qui ne sera pas déçue. Pour moi, il n’y a aucun doute : Kan est l’une des meilleures contributions du pays à la compétition !

16. FINLANDE : Hullu yö par Kaija (née en 1962)

        Paroles : Jukka Välimaa      Musique : Ile Kallio                            Chef d’orchestre : Olli Ahvenlahti   

Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 2 mars 1991 à Turku

            Alors qu’ils pensaient être bien placés pour faire leur retour au Concours, Riki Sorsa et Kirka doivent s’incliner devant la jolie Kaija Kärkinen, qui remporte la sélection finlandaise deux mois avant la grande finale européenne. Mais comme à leur habitude, les jurys vont ignorer la chanson représentant la Finlande, malgré les remarques très positives faites par Toto Cutugno à propos des yeux de la belle Finnoise.

17. ALLEMAGNE : Dieser Traum darf niemals sterben par Atlantis 2000

        Paroles : Helmut Frey             Musique : Alfons Weindorf                Chef d’orchestre : Herman Weindorf

Sélection : 1ère place à Ein Lied für Rom le jeudi 21 mars 1991 à Berlin

            Face à neuf adversaires (dont Cindy Berger, représentante du pays en 1974), le groupe des frères Weindorf remporte assez facilement la première finale organisée par l’Allemagne réunifiée. La chanson qu’il propose est dans la droite ligne des contributions de l’année précédente, qui mettaient en exergue la nouvelle Europe qui se dessinait. Mais un an après Insieme : 1992, la recette ne fonctionne plus et la République Fédérale récolte un bas de tableau sévère, mais juste.

18. BELGIQUE : Geef het op par Clouseau

        Paroles et Musique : Bob Savenberg, Koen Wauters, Kris Wauters & Jan Leyers     

Chef d’orchestre : Roland Verloven  

Sélection : 1ère place à la finale belge le samedi 9 mars 1991 à Ostende

Présélectionné par le diffuseur flamand, le groupe des frères Wauters (décidément !) propose trois titres à la finale belge. On se demande bien pourquoi d’ailleurs, puisqu’ils choisissent eux-mêmes celui qu’ils interprèteront à Rome :O Si on considère le classement obtenu en Italie, on se dit que, contrairement à l’inspecteur du même non, ils n’ont guère été perspicaces et auraient mieux fait de demander leur avis au public…

19. ESPAGNE : Bailar pegados par Sergio Dalma (né en 1964)

            Paroles : Luis Gómez-Escolar              Musique : Julio Seijas            Chef d’orchestre : Eduardo Leiva                  Sélection : interne

            Après les deux Tops 10 obtenus à Lausanne et à Zagreb, le diffuseur espagnol espère faire la passe de trois avec Sergio Dalma, un tout jeune chanteur dont le premier album, sorti en 1989, a fait un carton en Espagne et en Amérique Latine. Et il est certain que le bellâtre, très conscient de son charme irrésistible, joue de son physique autant que de sa voix en ce soir de mai. Mais qui pourrait le lui reprocher ? Qui veut la fin veut les moyens, d’autant plus que le succès va être total.

20. ROYAUME-UNI : A message to your heart par Samantha Janus (née en 1972)

            Paroles et Musique : Paul Curtis                                                        Chef d’orchestre : Ronnie Hazlehurst

            Sélection : 1ère place à A Song for Europe présentée par Terry Wogan le vendredi 29 mars 1991 à Londres

Victorieuse de la sélection britannique face à sept adversaires (dont Malcolm Roberts, l’un des six représentants pour le Luxembourg en 1985), la jeune Samantha Janus – elle n’a pas encore 19 ans – voit dans son billet pour Rome la chance de se sortir d’une situation personnelle très compliquée, après des années de squat et d’addition à l’alcool et à la drogue. Elle croit vraiment en ses chances, d’autant plus que le titre qu’elle va interpréter traite de l’enfance maltraitée ou abandonnée, thème qui ne peut que plaire. Elle ne s’attend donc pas aux critiques acerbes qui vont lui être adressées, en particulier au sujet de sa robe, jugée bien trop légère pour un texte aussi lourd. Et malgré un classement somme toute respectable, Janus regardera dès lors dans une autre direction : la comédie, dont elle est encore aujourd’hui une figure importante à la télévision.

21. CHYPRE : S.O.S. par Elena Patroclou (née en 1968)

            Paroles : Andreas Christou                                                                Musique : Kypros Charalambus          

Chef d’orchestre : Alexandros Kyros Zografou        

            Sélection : 1ère place à la finale chypriote le samedi 2 mars 1991 à Nicosie

            Alors que Yiannis Demetriou essaie une nouvelle fois de gagner la sélection chypriote afin de faire oublier sa disqualification de 1988, Elena Patroclou (déjà choriste en 1983, 1987 et 1989) rafle la mise au grand dam d’Evridiki, sur la deuxième marche du podium pour la deuxième fois consécutive. L’interprétation puissante et déterminée de la jeune fille, sur un titre exigeant vocalement, va faire mouche et rapporter un nouveau Top 10 à l’île méditerranéenne. Classement un peu généreux pour une chanson trop théâtrale et surjouée, à mon sens.

22. ITALIE : Comme e’ ddoce ‘o mare par Peppino Di Capri (né en 1939)

            Paroles : Giampiero Artegiani             Musique : Marcello Marocchi             Chef d’orchestre : Bruno Canfora            Sélection : interne

            Le doyen de la soirée se présente sur scène sous les vivats du public présent. Célèbre dans son pays depuis plus de trente ans, Peppino Di Capri détient encore aujourd’hui le record de participations au Festival de San Remo, où il a concouru à 15 reprises ! Pour célébrer cette carrière sans pareil, la RAI a décidé de lui offrir la possibilité de présenter à toute l’Europe (et même au-delà) une chanson en napolitain, ce que personne n’avait fait auparavant ou n’a fait depuis. La prise de risque sera récompensée par un nouveau Top 10 pour l’Italie, même si cette ultime chanson de l’édition 1991 est rarement citée parmi les impérissables du Concours.

L’entracte

            Les 22 chansons candidates ayant été interprétées (parce que Peppino Di Capri, c’est fini), Gigliola et Toto remercient l’orchestre, les artistes et tous ceux qui ont permis de faire de cette soirée un grand moment de musique. Ils n’oublient pas de mentionner à quel point Cinecittá est un lieu important pour l’histoire du cinéma, citant de grands films comme Cléopâtre (pas celle de la distinguée Efendi, hein !) ou Ben-Hur. En attendant que les jurés nationaux aient décidé de leurs vainqueurs, place est laissée à Arturo Brachetti, le célèbre transformiste turinois, qui va ravir les yeux des spectateurs dans la salle et devant leur télévision.

Le vote et les résultats

           P L A C ES C O R E  Y O U  I S L    M A L  G R È  S U I  A U T  L U X    S U È  F R A  T U R    I R L  P O R  D A N    N O R  I S R  F I N  A L L  B E L  E S P  U K  C H Y  I T A
YOU211  1                   
ISL1526    4  10        5    7
MAL61061  264101227127 6  10467 10
GRÈ13364 5  2    1  141 15 102
SUI511855 7 812842265385612 884
AUT220                      
LUX1429 4   5 1 3 24   32 32 
SUÈ1146612  10107  631012810812104126 
FRA214610738712 5  75 1212108786712
TUR1244  7     7   8 7   25 8
IRL10473 4 318  4  7 1225 4 3
POR862 8 41 27105  12 7  10 41
DAN198       3     5        
NOR1714 6    1  1  2   4     
ISR31391210858 5631284107 6 812105 
FIN206 1 1      4           
ALL1810            6     1 3 
BEL1623     3 25      3  32 5
ESP411982610127646868 42476 112 
UK1047  103563 1  13 5  3  16
CHY960231212  4 12 53  6 1     
ITA7897 262   8101012 10312  7   

Israël mène la tête pendant un long moment, laissant parfois la place à l’Espagne mais restant toujours à l’affût. Lorsque s’annonce le dernier porte-parole, celui de l’Italie, Carola possède 7 points d’avance sur le Duo Datz et 12 sur Amina. La tension est donc à son comble, mais la Suède semble bien partie pour remporter la compétition. Tout bascule lorsque le jury italien n’accorde aucun point à l’Espagne, à Israël et à ladite Suède… mais attribue ses 12 points à la France, qui se retrouve ainsi à égalité à la première place. Un tel résultat ne s’était pas produit depuis 1969, et chacun s’attend à ce qu’Amina et Carola soient toutes deux déclarées victorieuses. Mais tout le monde semble avoir oublié, ou ignorer, que le vainqueur ne peut être que la candidate qui a réuni le plus de fois la note maximale – ce que rappelle Frank Naef. Les deux pays ayant obtenu chacun 12 points à quatre reprises, on scrute le nombre de dix points, et à ce petit jeu, la Suède, qui en a obtenu 5, bat la France, qui n’en a eu que 2. Je me souviens avoir pensé à l’époque que cet article du règlement était tout à la fois stupide, inutile et blessant. Aujourd’hui que la réglementation a changé, c’est la France qui gagnerait puisque 18 pays ont voté pour elle, contre 17 pour la Suède 🙁

Carola explose de joie sous les huées du public, tandis qu’Amina tente de sauver la face. Israël complète le podium, devant l’Espagne, la Suisse et Malte – qui atteint à cette occasion le Top 10 pour la première fois. En bas de tableau, l’Autriche décroche une septième cuillère de bois, avec un troisième zéro pointé :O Revenue sur scène, la gagnante de la soirée dédie sa victoire à son époux avant de recevoir son prix et de réinterpréter Fångad av en stormvind, cette fois-ci dans sa version anglaise (Captured by a Love Storm).

Mon Top 10

            Une nouvelle fois, une édition du Concours de bonne qualité qui, comme je l’écrivais la semaine dernière, annonce une décennie particulièrement forte. Quelques magnifiques chansons, de très grands interprètes, et des titres qui restent en  mémoire et que l’on prend plaisir à réécouter.

  1. PORTUGAL : Lusitana paixão par Dulce (pour la beauté de la langue, de la voix, de la chanson… tout est magistral ici)
  2. ISRAËL : Kan par Duo Datz (pour le rythme imparable et les magnifiques harmonies)
  3. SUÈDE : Fångad av en stormvind par Carola (pour la prestation la plus énergique de la compétition)
  4. ROYAUME-UNI : A message to your heart par Samantha Janus (comme baume apaisant pour la pauvre Samantha)
  5. ESPAGNE : Bailar pegados par Sergio Dalma (parce que les phéromones étaient au rendez-vous à Rome)
  6. FRANCE : C’est le dernier qui a parlé qui a raison par Amina (pour le parfum exotique et les paroles engagées)
  7. SUISSE : Canzone per te par Sandra Simó (tout simplement la plus belle femme de l’Histoire du Concours)
  8. GRÈCE : Anixi par Sophia Vossou (pour la qualité de la chanson tout autant que pour la beauté de la voix)
  9. DANEMARK : Lige der hvor hjertet slår par Anders Frandsen (une bonne chanson, et un interprète touchant)
  10. IRLANDE : Could it be that I’m in love ? par Kim Jackson (parce qu’un peu de douceur, ça fait du bien)

Lanterne rouge : YOUGOSLAVIE : Brazil par Baby Doll (parce qu’il n’y a rien à y sauver)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 25 juillet à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Nouveau record battu, et en pleine période de vacances en plus 😀 Nous avons été 38 à nous prononcer cette semaine sur l’édition 1991, et comme vous allez le constater, le consensus a été presque général, puisque les écarts sont conséquents entre les chansons que nous avons le mieux classées. Pour autant, aucun de nous n’a trouvé le podium final :O

22. Autriche : Venedig im Regen par Thomas Forstner : 14 points de 6 votants (maximum 4 points) score identique à celui de Rome, mais pas vierge

21. Luxembourg : Un baiser volé par Sarah Bray : 17 points de 6 votants (maximum 8 points) – 7 places

20. Irlande : Could it be that I’m in love ? par Kim Jackson : 25 points de 9 votants (maximum 8 points) – 10 places

19. Danemark : Lige der hvor hjertet slår par Anders Frandsen : 26 points de 9 votants (maximum 5 points) score identique

18. Islande : Nina par Stefán & Eyfi : 29 points de 7 votants (maximum 10 points) – 3 places

17. Allemagne : Dieser Traum darf niemals sterben par Atlantis 2000 : 34 points de 8 votants (maximum 10 points) + 1 place

16. Finlande : Hullu yö par Kaija : 44 points de 11 votants (maximum 10 points) + 4 places

15. Malte : Could it be ? par Paul Giordimaina & Georgina : 47 points de 10 votants (maximum 8 points) – 9 places

14. Chypre : S.O.S. par Elena Patroclou : 49 points de 15 votants (maximum 8 points) – 5 places

13. Norvège : Mrs. Thompson par Just 4 Fun : 50 points de 11 votants (maximum 7 points) + 4 places

12. Turquie : Iki dakika par par Izel Çeliköz, Can Uğurluer &  Reyhan Karaca : 59 points de 16 votants (maximum 10 points) score identique

11. Yougoslavie : Brazil par Baby Doll : 69 points de 13 votants (maximum 10 points) + 10 places

10. Belgique : Geef het op par Clouseau : 74 points de 13 votants (maximum 10 points) + 6 places

9. Royaume-Uni : A message to your heart par Samantha Janus : 90 points de 17 votants (maximum 10 points) + 1 place

8. Italie : Comme e’ ddoce ‘o mare par Peppino Di Capri : 117 points de 24 votants (maximum 10 points) – 1 place

7. Grèce : Anixi par Sophia Vossou : 150 points de 25 votants (maximum 12 points de Sakis) + 6 places

6. Suisse : Canzone per te par Sandra Simó : 156 points de 30 votants (maximum 12 points d’Yvonne) – 1 place

5. Espagne : Bailar pegados par Sergio Dalma : 171 points de 24 votants (maximum 12 points de Duncky) – 1 place

4. Portugal : Lusitana paixão par Dulce : 181 points de 26 votants (maximum 12 points de Picasso, Roland et Francis) + 4 places

3. Suède : Fångad av en stormvind par Carola : 182 points de 32 votants (maximum 12 points de Gaël et Augures) – 2 places

2. Israël : Kan par Duo Datz : 283 points de 35 votants (maximum 12 points de Julien, Pauline, Kikichouchou, RV, Phileurophage, Zipo et Taron) + 1 place

1. France : C’est le dernier qui a parlé qui a raison par Amina : 337 points de 33 votants (maximum 12 points de Gérald, Valifran, Yom, Jean-Michel, Philippe, Olivier, Nico, tHEO, Minsk, Adi025, Marie, Benoît, Gwendal, Rem, Pascal, Juju, Jérémie, Denez, PLG, Garfieldd, Ghost Hildly et Betty) + 1 place

            Nous offrons donc une 8ème victoire à la France, avec un nouveau record de points – ABBA en 1974 n’en avait engrangé que 335, avec 32 votants seulement, il est vrai. Le podium (identique à celui de Rome, mais dans un ordre différent) est complété par Israël et la Suède. Le Portugal, qui aurait pu améliorer ses classements de 1972 et 1981, échoue d’un seul petit point… à cause du dernier vote L

            À partir de la 10ème place, nous constatons de grandes disparités avec le classement officiel : Malte, Irlande et Luxembourg chutent de manière vertigineuse alors que Belgique et Yougoslavie (oops je viens de vomir sur mon clavier) sont propulsées vers les hauteurs. L’Autriche termine dernière pour la 5ème fois, réalisant son plus mauvais classement, comme les trois pays qui la précèdent.

            Voilà pour cette édition romaine. Je vous donne rendez-vous dès ce soir pour un nouveau Concours, en direct de Malmö. Portez-vous bien, et prenez soin de vous et de vos proches !