Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            Après plusieurs semaines de relatif silence dû à mes obligations professionnelles (eh oui, les enseignants n’ont parfois pas assez de temps à consacrer à la cueillette des fraises si chère à Mme Ndiaye), me voici de retour pour vous parler de la première édition du Concours à s’être tenue dans un pays communiste. Malgré la volonté affichée par le diffuseur depuis de nombreuses années, l’organisation a été soumise à de multiples aléas, du financement difficile à mettre en place au choix polémique des présentateurs, en passant par le prix très élevé des billets qui a forcément mécontenté le public. Voyons tout cela ensemble avec ce…

35ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 5 mai 1990

en direct du Vatroslav Lisinski Hall de Zagreb (Yougoslavie)

présenté par Helga Vlahović et Oliver Mlakar

L’organisation du Concours

Après 28 ans d’attente, la Yougoslavie remporte enfin la première compétition musicale d’Europe – permettant ainsi au pays du Maréchal Tito d’être la première nation communiste à prendre en charge la diffusion de la soirée un an plus tard. Le groupe Riva (lauréat à Lausanne) étant d’origine croate, c’est à Zagreb, deuxième ville du pays, que chacun est convié à se rendre. On désigne comme lieu des réjouissances le Vatroslav Lisinski Hall (qui porte le nom du plus grand compositeur croate du XIXème siècle), une salle de 1841 places inaugurée en décembre 1973 et rénovée quelques mois plus tôt afin d’être conforme au cahier des charges imposé par l’UER.

Koncertna dvorana Vatroslav Lisinski — Wikipédia
Le Vatroslav Lisinski Hall de Zagreb

Le choix de ce complexe est tout à fait symbolique des difficultés qui vont apparaître au fil des mois : de même que la salle n’a pu être ouverte que 12 ans après la pause de sa première pierre pour cause de problèmes budgétaires, l’édition 1990 du Concours va être émaillée de polémiques et de ratés dès la décision d’organiser la soirée en Yougoslavie. Tout d’abord, de nombreuses protestations s’élèvent devant le coût élevé de la mise aux normes de la salle, compensé par un prix des billets exorbitant eu égard au salaire d’un Yougoslave moyen. Ensuite, le couple de présentateurs choisi par la RTZ est jugé trop âgé dès les répétitions et doit subir une pluie de critiques, provoquant leur départ inopiné une semaine avant la grande finale. On les remplace au pied levé par Dubravka Marković et René Medvešek (futur réalisateur du film Le Pacificateur avec George Clooney et Nicole Kidman en 1997), certes plus jeunes mais complètement incompétents, eurovisionnellement parlant – ce qui fait qu’ils sont rapidement remerciés et qu’on rappelle les maîtres de cérémonie initialement désignés. Enfin, les problèmes techniques pressentis dès la semaine précédente vont se poursuivre lors de la retransmission en direct.

Rene Medvešek — The Movie Database (TMDb)
René Medvešek

Très motivée par la 2ème place obtenue en 1989 par le groupe britannique Live Report, Malte (archipel natal de son chanteur Ray Caruana) souhaite rejoindre les 22 pays déjà inscrits. Quinze ans après la participation de Renato Micallef, on désigne même une candidate officielle, Maryrose Mallia, qui doit interpréter le titre Our Little World of Yesterday (en duo avec le même Renato). Mais l’UER n’en démord pas : pas plus de 22 participants à la finale européenne ! La patrie de Joe Grech et de Mary Spiteri repart donc la queue entre les jambes, contrainte d’attendre encore un peu avant de faire son grand retour. D’autres ont plus de chance : deux des membres de Cocktail Chic (France 1986) assurent les chœurs derrière la candidate du Luxembourg, Ketil Stokkan (déjà sur la scène du Concours à Bergen) représente à nouveau la Norvège, Pepel in Kri (qui avait défendu les couleurs de la Yougoslavie en 1975) joue les choristes pour l’Italien Toto Cutugno et le Finlandais Kari (15ème lors de l’édition norvégienne) soutient dans l’ombre le quatuor choisi par son pays.

Les règles

Le système de vote mis en place dans les années 1970 est reconduit, ainsi que l’article visant à départager d’éventuels ex-aequo à la première place. Mais devant le tollé né l’année précédente face à l’âge (trop) tendre des candidats français et israélien, l’UER décide d’imposer un plancher à ne pas dépasser. Comme pour certains films, les postulants à la victoire finale doivent afficher 16 ans à leur compteur personnel. Une dérogation est toutefois accordée à la représentante du Royaume-Uni, qui ne soufflera sa 16ème bougie que trois mois après le Concours.

Pour assurer les commentaires, de nombreux médias conservent leur confiance aux habitués (Terry Wogan pour la BBC, Patrick Sabatier pour France Inter, André Torrent pour RTL Radio ou Yigal Ravid pour Reshet Gimel), mais l’YLE décide d’en appeler à Ossi Runne, le chef d’orchestre qui a accompagné 22 des 28 contributions finlandaises. Du côté des porte-parole, public et téléspectateurs pourront entendre les voix de Valérie Maurice pour la France, Jean-Luc Bertrand pour le Luxembourg et Korham Abay (futur présentateur en 2004) pour la Turquie.

Miss France : Valérie Pascal, Linda Hardy… Que sont devenues les anciennes  miss ? - Elle
Valérie Maurice

La présentation et l’orchestre

Pour la 3ème année consécutive, c’est un couple qui va assurer l’animation de la soirée. Certes pas des perdreaux de l’année (à 45 et 55 ans, ce sont les plus âgés ayant occupé ce poste), mais pas non plus des parachutés venus de nulle part, puisqu’elle a présenté deux fois la sélection nationale et œuvré à trois reprises en tant que porte-parole (dont lors de la fameuse édition de 1981 où elle n’avait pas été destinataire du détail des votes :P), et que lui a animé cinq fois Pjesma Eurovizije et assuré les commentaires télévisés de quinze éditions du Concours ! ! !

Née à Zagreb d’un père hongrois et d’une mère autrichienne, Helga Vlahović (1945-2012) est une authentique polyglotte – une compétence indispensable à l’époque pour être maîtresse de cérémonie à l’Eurovision. Ayant interrompu ses études d’anglais, allemand et histoire à l’Université de Zagreb en 1964, elle fait aussitôt ses débuts à la radio puis à la télévision yougoslaves. Elle y présente assez vite des émissions de divertissement, en particulier la retransmission de compétitions musicales comme le Festival International de la Chanson de Sopot en 1968 et celui de Scheveningen trois ans plus tard. Elle anime d’autres émissions musicales dans les années 70 et 80, ainsi que la version locale de Jeux sans Frontières. Avec l’indépendance de la Croatie en 1991, elle est nommée à la tête du service informations de la HRT, avant de présenter en 1996 une émission sur la santé et le bien-être, influencée par son deuxième mari, le neurochirurgien Miljenko Brnobić, alors grièvement malade. Elle prendra sa retraite en 2006 et décèdera elle aussi d’un cancer six ans plus tard.

Helga Vlahović - Alchetron, The Free Social Encyclopedia
Helga Vlahović

Son collègue et complice, Oliver Mlakar, est né en Slovénie en 1935. Étudiant en français et italien (on comprend pourquoi la RTZ fait aussi appel à lui, n’en déplaise aux grincheux), il entre à Radio Zagreb en 1957 puis à la télévision croate, où il anime le premier quiz show de l’histoire du pays, Poziv na kviz. Commentateur pendant des années de Jeux sans Frontières, il est également à la tête du plus célèbre jeu de TV Zagreb, Kviskoteka, de 1980 à 1995. Trois ans après sa prestation au Concours, il présentera Kolo sréce, l’équivalent croate de la Roue de la Fortune. Il le fera jusqu’à sa retraite en 2002.

TV kviz Kviskoteka, voditelj Oliver Mlakar | Childhood memories, Captain  america, Superhero
Oliver Mlakar

L’orchestre est pour sa part dirigé par Igor Kuljerić (1938-2006), musicien et compositeur né à Šibenik, la ville natale de Vice Vukov (double représentant yougoslave aux Concours 1963 et 1965). Diplômé de l’Académie de Musique de Zagreb, il reçoit une bourse du gouvernement italien au début des années 60 pour aller suivre une formation à la Scala de Milan. Revenu au pays, il est nommé chef d’orchestre adjoint de l’Opéra de Zagreb, puis dirige dès 1967 l’orchestre de la télévision nationale. Également à la tête du Festival d’Été de Dubrovnik et de la Biennale de Zagreb, il diversifie ses collaborations, allant de la composition d’opéras à celle de musiques de films, en passant par la création de musiques publicitaires ou de jingles pour la télévision, l’habillage musical de plusieurs événements sportifs et les arrangements pour de multiples groupes de rock et de pop. Bref, le musicien idéal pour un concours international !

igor kuljeric music, videos, stats, and photos | Last.fm
Igor Kuljerić

Les chansons candidates

Après un très court extrait du Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et un coup d’œil rapide sur le logo dessiné spécialement pour le Concours (cette énorme bouche qui semble inviter chacun à s’embrasser préfigure celle qui occupera les écrans à Stockholm en l’an 2000), public et téléspectateurs découvrent la vidéo d’ouverture, Zagreb : City of Music. On apprend ainsi à quel point la capitale croate apprécie de nombreux styles musicaux : des chanteurs lyriques et orchestres symphoniques qui se sont produits par le passé sur la scène de la salle Vatroslav Lisinski aux musiciens de rue interprétant traditionnels folkloriques, tubes disco, airs caribéens ou chants sacrés, tout semble plaire aux autochtones… et à Eurocat, la première mascotte de l’histoire du Concours. Ce chat maigrichon et facétieux a été créé par le dessinateur, caricaturiste et réalisateur de films d’animation Joško Marušić afin de rajeunir un peu l’image de la compétition. Finalement, Oliver Mlakar et Helga Vlahović se présentent sur scène et ouvrent la soirée en serbo-croate (un tout petit peu), français (plus qu’on ne l’entendra jamais à l’avenir) et anglais.

Worst eurovision songs ever? - TV Chat - ThisisBigBrother.com - UK TV Forums
Eurocat

1. ESPAGNE : Bandido par Azúcar Moreno

        Paroles : José Luis Abel         Musique : Raúl Orellana & Jaime Stinus         Chef d’orchestre : Eduardo Leiva

            Sélection : interne

            La première carte postale vient à peine de se terminer qu’apparaissent déjà des difficultés liées au manque de moyens dont dispose le diffuseur yougoslave. En effet, alors qu’Eduardo Leiva donne le signal de départ aux musiciens de l’orchestre, la bande-son déposée en régie ne démarre pas ! Quand enfin elle retentit, les deux chanteuses espagnoles se rendent compte qu’il n’y a pas de retour-son, ce qui les empêche clairement d’interpréter leur titre. Au milieu d’un malaise grandissant, elles prennent la décision de quitter le plateau, excédées 🙁 Les secondes s’égrènent et la musique se poursuit sans qu’aucune solution au problème ne soit trouvée. Enfin, l’enregistrement est interrompu, Toñi et Encarna Salazar reviennent face au public… et délivrent une prestation d’autant plus remarquable qu’elles doivent forcément lutter d’arrache-pied pour combattre le stress énorme dû à ce contretemps particulièrement déstabilisant.

2. GRÈCE : Horis skopo par Christos Callow (né en 1960)

        Paroles : Yiorgos Papagiannakis          Musique : Yiorgos Paleokastritis         Chef d’orchestre : Michalis Rozakis

            Sélection : 1ère place à la finale grecque le vendredi 23 mars 1990 à Athènes  

            Vainqueur de sa sélection nationale à sa 3ème participation, Christos Callow empêche ainsi le retour d’un ancien candidat, qui serait de ce fait entré définitivement dans l’Histoire du Concours : Jimmis Makoulis a en effet représenté l’Autriche en 1961 – soit près de trente ans auparavant ! De la même façon, Yiannis Dimitras (représentant grec en 1981) doit se contenter de la 3ème place, derrière Mando, médaille d’argent pour la deuxième fois consécutive. Malheureusement pour Christos, il en va bien différemment à Zagreb, où le jeune homme ne fait pas de miracle, mais doit suivre un terrible chemin de croix, éprouvant les plus grandes peines à convaincre les jurys européens.

3. BELGIQUE : Macédomienne par Philippe Lafontaine (né en 1955)

        Paroles et Musique : Philippe Lafontaine       Chef d’orchestre : Rony Brack           Sélection : interne

            Révélé en France et au Québec deux ans plus tôt grâce à son magnifique album Fa ma no ni ma et aux énormes tubes Cœur de Loup et Alexis m’attend, Philippe Lafontaine est choisi par la RTBF pour représenter la Belgique au pays natal de son épouse. Celle-ci est en effet originaire de Macédoine, et c’est en son honneur qu’il a écrit Macédomienne, un titre particulièrement représentatif de sa talentueuse plume très gainsbourienne. Mais Philippe a annoncé la couleur : quelle que soit l’issue des votes, il ne commercialisera pas cette déclaration d’amour passionné à sa femme ! Étonnamment, ni la Yougoslavie ni la Grèce (les deux nations qui se disputent l’héritage culturel de la patrie d’Alexandre le Grand) ne lui attribuera de point :O

4. TURQUIE : Gözlerinin hapsindeyim par Kayahan (1949-2015) [Étoile au Firmament # 124]

        Paroles et Musique : Kayahan Açar                                                   Chef d’orchestre : Ümit Eroğlu

Sélection : 1ère place à Şarkı Yarışması le samedi 24 février 1990 à Ankara

            ‘’Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage’’. C’est ce qu’a dû penser Kayahan Açar quand il a enfin réussi à remporter sa sélection nationale, après cinq échecs. Et pourtant, le plateau était très relevé avec d’anciennes et futures Eurostars de tout premier plan : Candan Erçetin et Sevingül Bahadir du duo Onlar (candidates en 1986), Can Uğurluer, Izel Çeliköz, Sibel Tüzün et surtout Sertab Erener ! Mais encore une fois, l’Europe va rester insensible à la contribution turque, qui finira à nouveau très, très bas. L’un des deux plus grands scandales de la soirée à mon sens.

5. PAYS-BAS : Ik wil alles met je delen par Maywood

        Paroles et Musique : Alice May                                                        Chef d’orchestre : Harry van Hoof   

Sélection : 1ère place au Nationaal Songfestival le samedi 10 mars 1990 au Congresgebouw de La Haye

            Après la Turquie, un deuxième pays dont je ne comprends pas le très mauvais classement décidé par les jurys. Caren Wood est d’une beauté sculpturale, son timbre de voix est envoûtant, la chanson est remarquablement écrite et composée, les choristes sont parfaites… Je me souviens encore aujourd’hui de l’immense déception que j’ai éprouvée à l’époque lors de la révélation des votes, et dès que je réécoute Ik wil alles met je delen, je me laisse à nouveau emporter. Non décidément, je ne comprends pas.

6. LUXEMBOURG : Quand je te rêve par Céline Carzo (née en 1972)

        Paroles : Thierry Delianis       Musique : Jean-Charles France          Chef d’orchestre : Thierry Durbet

Sélection : interne

            C’est à nouveau à une toute jeune fille originaire de France que le Luxembourg confie le soin de défendre ses couleurs. Une politique qui a souvent porté ses fruits par le passé, mais qui n’est pas exempte des fragilités qu’une telle candidature implique nécessairement. Céline Carzo est certes fraîche et appliquée, mais son émotivité est palpable et la paralyse un peu face à la caméra. Rajoutez à cela le manque d’originalité du titre, qui fait beaucoup penser à certains succès des années 80 (J’aurais voulu te dire de Caroline Legrand, par exemple), et on comprend aisément pourquoi Quand je te rêve n’est pas allé plus haut qu’un milieu de tableau.

7. ROYAUME-UNI : Give a little love back to the world par Emma (née en 1974)

        Paroles et Musique : Paul Curtis                                                       Chef d’orchestre : Alyn Ainsworth

            Sélection : 1ère place à A Song for Europe présenté par Terry Wogan le vendredi 30 mars 1990 à Londres

            Visiblement marqué par la chanson norvégienne interprétée par Karoline Krüger en 1988, le public britannique décide de sélectionner un titre qui aborde le même sujet, la défense de l’environnement. La victoire de la toute jeune Emma Booth ne souffre d’aucune contestation puisqu’elle récolte près de trois fois le nombre de voix engrangé par son dauphin :O Il faut dire que Paul Curtis, l’auteur – compositeur, n’est pas un inconnu : il a déjà signé Let me be the one pour les Shadows en 1975 et Love games pour Belle & the Devotions neuf ans plus tard. Le hic, c’est qu’Emma manque de technique et d’assurance, ce qui pourrait barrer la route d’un éventuel Top 10 au Royaume-Uni. Heureusement, on lui adjoint plusieurs choristes à qui elle devra une fière chandelle, en particulier la talentueuse Miriam Stockley.

8. ISLANDE : Eitt lag enn par Stjórnin

        Paroles : Aðalsteinn Åsberg Sigurðsson                                             Musique : Hörður G. Ólafsson

            Chef d’orchestre : Jon Kjell Seljeseth         

Sélection : 1ère place au Söngvakeppnin le samedi 27 janvier 1990 à  Reykjavik

            Cinquième sélection islandaise et cinquième échec consécutif pour l’opiniâtre Bo Halldórsson, qui termine cette fois-ci à la deuxième place 🙁 Autant les précédents choix de l’île aux geysers avaient laissé de glace les jurys européens, autant le duo qualifié pour Zagreb va enthousiasmer les votants. La bonne humeur et l’énergie de Sigriður et Grétar vont en effet leur permettre de décrocher un excellent classement (à 8 points seulement du podium final), qui ne sera battu qu’en 1999. En tout état de cause, Eitt lag enn est aujourd’hui encore la chanson en islandais qui s’est le mieux classée au Concours !

9. NORVÈGE : Brandenburger Tor par Ketil Stokkan (né en 1956)

        Paroles et Musique : Ketil Stokkan                                                   Chef d’orchestre : Pete Knutsen

            Sélection : 1ère place au Melodi Grand-Prix le samedi 24 mars 1990 à Oslo

            Préféré à Jahn Teigen (triple représentant au Concours) et à Tor Endresen (qui échoue donc pour la 4ème fois de suite au MGP), Ketil Stokkan espère améliorer son classement de 1986 (12ème) avec une chanson qui évoque les bouleversements qui ont lieu en Europe depuis plusieurs mois. Est-ce parce que d’autres pays vont avoir la même idée, ou tout simplement parce que Brandenburger Tor est un titre peu marquant ? Toujours est-il que la Norvège va retrouver en fin de soirée un rang qu’elle commence à décrocher avec beaucoup (trop) de régularité…

10. ISRAËL : Shara barechovot par Rita (née en 1962)

        Paroles : Tzruya Lahav                       Musique : Rami Kleinstein       Chef d’orchestre : Rami Levine

            Sélection : interne

            Battue quatre ans plus tôt par Moti Giladi et Saraï Tzuriel, la chanteuse israélienne née en Iran prend sa revanche et gagne son billet pour la finale européenne. Comme à son habitude, Rita donne tout ce qu’elle a (trop ?) pour convaincre les jurés, mais autant sa reprise de Roxanne de The Police fera un beau succès en 1992, autant cette prestation outrée semble à bon nombre de votants plus agressive qu‘émouvante. Dans ces conditions, difficile d’imaginer un classement satisfaisant.

11. DANEMARK : Hallo, hallo par Lonnie Devantier (née en 1972)

        Paroles : Keld Heick   Musique : John Hatting & Torben Lendager   Chef d’orchestre : Henrik Krogsgaard

            Sélection : 1ère place au Dansk Melodi Grand-Prix le samedi 24 mars 1990 au Tivolis Koncertsal de Copenhague

            Lors de la finale danoise présentée par Dario Campeotto et Birthe Kjær (représentants de leur pays en 1961 et 1989), la toute jeune Lonnie Devantier – elle n’a pas encore 18 ans – propose un titre écrit par Keld Heick (auteur des textes des chansons de Tommy Seebach et de Hot Eyes) sur une musique composée par John Hatting (membre du groupe Brixx, et époux et pygmalion de Lise Haavik). Autant dire que le suspense n’est guère de la partie, et que Jørgen Olsen et Kirsten Siggaard peuvent prévoir un repas en famille pour le 5 mai 😛 En Yougoslavie, la demoiselle fait le job, et plutôt bien, obtenant pour son pays un nouveau Top 10.

12. SUISSE : Musik klingt in die Welt hinaus par Egon Egemann (né en 1963)

        Paroles et Musique : Cornelia Lackner                                              Chef d’orchestre : Bela Balint

            Sélection : 1ère place à la finale suisse le samedi 24 février 1990 à Lugano

            Dans une sélection qui fait la part belle aux trois langues principales parlées en Suisse, c’est le très classique Egon Egemann qui l’emporte avec une chanson en allemand joliment interprétée, à défaut d’être originale. Beaucoup de charme, certes, dans cette voix de baryton, mais un parfum suranné qui ne convainc pas vraiment le grand soir. La sublime Sandra Simó (arrivée dernière le 24 février) devra en tout cas patienter encore un an pour impressionner public, téléspectateurs et jurés.

13. ALLEMAGNE : Frei zu leben par Chris Kempers (née en 1965) & Daniel Kovać (né en 1956)

        Paroles : Michael Kunze         Musique : Ralph Siegel                       Chef d’orchestre : Rainer Pietsch

Sélection : 1ère place à Ein Lied für Zagreb le jeudi 29 mars 1990 à Munich

            La palme de l’opportunisme est cette année attribuée à l’Allemagne, qui fait accompagner la jolie Chris Kempers par un chanteur yougoslave de 34 ans, Daniel Kovać. L’objectif est affiché : le pays de Nicole et de Katja Ebstein veut gagner ! Il ne lésine pas sur les moyens d’ailleurs, puisque Frei zu leben est la 11ème chanson composée par Ralph Siegel pour le Concours, sur un texte de Michael Kunze, qui a déjà signé Bye Bye I love you, Telegram, Aufrecht geh’n et Kinder dieser Welt. Avec de tels noms, Jürgen Drews (membre de Les Humphries’ Singers en 1976) ne pouvait guère espérer gagner la sélection allemande.

14. FRANCE : White and black blues par Joëlle Ursull (née en 1960)

        Paroles : Serge Gainsbourg     Musique : Georges Ougier de Moussac           Chef d’orchestre : Régis Dupré

            Sélection : interne

            Arrivée en début d’année à la tête du département Divertissements d’Antenne 2, Marie-France Brière décide de faire appel à la superbe Joëlle Ursull, Miss Guadeloupe 1979, afin de représenter la France au Concours. Elle souhaite en effet mettre en valeur le multiculturalisme à la française, et quoi de mieux qu’un titre ethnique interprété par une chanteuse antillaise (elle a fait ses premiers pas au sein du groupe Zouk Machine) pour convaincre l’Europe ? C’est la candidate idéale, puisqu’en plus de chanter, elle est également danseuse, chorégraphe et mannequin. Cerise sur le gâteau : Serge Gainsbourg accepte d’écrire les paroles, signant là sa 4ème contribution à la compétition.

15. YOUGOSLAVIE : Hajde da ludujemo par Tajči (née en 1970)

        Paroles : Alka Vuica               Musique : Zrinko Tutić                       Chef d’orchestre : Stjepan Mihaljineć

Sélection : 1ère place à Jugovizija le samedi 3 mars 1990 à Zadar

            Ayant enfin remporté le Concours l’année précédente, les Siegel et Meinunger yougoslaves Dujmić et Cvikić laissent la place à d’autres artistes. Après trois groupes, le public fait confiance à une soliste, la pétillante Tajči, qui remporte sa sélection avec pratiquement deux fois plus de voix que Boris Novković (candidat croate en 2005), arrivé deuxième. Zorica Kondža, qui avait dû déclarer forfait en 1985, se classe 3ème… et dit adieu pour toujours à l’Eurovision. Remarque : le compositeur de la chanson, Zrinko Tutić, avait déjà signé Željo moje pour Doris Dragović quatre ans plus tôt, c’est dire si son talent est multiforme.

16. PORTUGAL : Há sempre alguém par Nucha (née en 1966)

        Paroles : Francisco Pereira & Frederico Pereira                      Musique : Luis Filipe & Ian Van Dijck

Chef d’orchestre : Carlos Alberto Moniz                 

Sélection : 1ère place au Festival da Canção Portuguesa le samedi 10 mars 1990 à Estoril

            Les années 80 ne sont décidément pas celles du Portugal, qui a enchaîné les mauvais classements, parfois de manière très injuste. La première édition de la nouvelle décennie ne va pas faire exception à la règle : un nouveau Bottom 5 obtenu à l’issue de la période de vote, pour un titre qui, il faut bien le reconnaître, reste assez plat. Encore un peu de patience, amis lusitaniens, la roue va bientôt tourner et les premières parties de tableau vont s’enchaîner…

17. IRLANDE : Somewhere in Europe par Liam Reilly (né en 1955)

        Paroles et Musique : Liam Reilly                                                       Chef d’orchestre : Noel Kelehan

Sélection : 1ère place au National Song Contest le dimanche 25 mars 1990 au Gaiety Theatre de Dublin

            Deuxième de la sélection nationale en 1988, l’auteur – compositeur – interprète Liam Reilly ne fait qu’une bouchée deux ans après de Linda Martin, qui rate ainsi pour la 3ème fois son retour au Concours. Tout semble se dessiner au mieux pour le clone irlandais d’Elton John, malgré une grosse frayeur une semaine avant la finale. En effet, à cause du retard de son avion, Liam ne peut assister à la première répétition, ce qui génère forcément un grand stress dans la délégation de la verte Erin. Mais le garçon est un grand professionnel, et il ne décevra pas le grand soir…

18. SUÈDE : Som en vind par Edin – Ådahl

        Paroles et Musique : Mikael Wendt                                                  Chef d’orchestre : Curt-Eric Holmquist

Sélection : 1ère place au Melodifestivalen le vendredi 9 mars 1990 à Göteborg

Alors que tout le monde s’attend à ce que le Melodifestivalen soit remporté par l’une des trois divas à avoir déjà foulé la scène du Concours (Carola, Elisabeth Andreassen ou Lotta Engberg), c’est un groupe formé de deux duos qui gagne son billet pour Zagreb à la surprise générale, les dites stars devant se contenter des 2ème, 7ème et 8ème places respectivement. En Yougoslavie, en revanche, la chanson (signée par celui qui avait déjà commis Boogaloo) ne fait pas d’étincelles et se prend un vent en se classant assez bas. La mainmise de la Suède sur le Concours n’est pas encore pour maintenant…

19. ITALIE : Insieme : 1992 par Toto Cutugno (né en 1943)

            Paroles et Musique : Salvatore Cutugno         Chef d’orchestre : Gianni Madonini               Sélection : interne

            Après sa deuxième place obtenue au Festival de San Remo, la star Toto Cutugno, qui aligne depuis bientôt vingt ans les tubes dans son pays et en France (pour Michel Sardou, Hervé Vilard ou Joe Dassin entre autres), est enfin choisie par la RAI pour défendre les couleurs italiennes au Concours. Le choix est judicieux car l’Eurovision n’est guère populaire au pays de Domenico Modugno et de Gigliola Cinquetti – la finale ne sera d’ailleurs même pas retransmise sur la chaîne nationale ! Mais la tête à Toto est dure, et le garçon s’obstine : il vise la victoire et décide de tout faire pour l’acquérir. Il réarrange sa chanson et demande à un groupe local d’assurer les chœurs. La suite des événements prouvera que les histoires de Toto ne sont pas toujours stupides…

20. AUTRICHE : Keine Mauern mehr par Simone (née en 1969)

            Paroles : Mario Botazzi          Musique : Marc & Nanna Berry           Chef d’orchestre : Richard Österreicher

            Sélection : 2ème place à la finale autrichienne le jeudi 15 mars 1990 à Vienne

Simone Stelzer, spécialiste de la survie. Mais pourquoi, me direz-vous ? Tout d’abord parce qu’elle ne gagne pas sa sélection nationale et repart chez elle très déçue le 15 mars. En effet, le public a préféré désigner Das Beste pour représenter le pays à Zagreb, peut-être pour faire part de sa compassion à la chanteuse, qui avait fait un malaise sur scène avant de réinterpréter son titre en toute fin d’émission. Problème : la proposition avait déjà été présentée en 1988 lors de la demi-finale allemande, elle est donc disqualifiée. Et c’est Simone, arrivée 2ème, qui est choisie pour remplacer la formation victorieuse. Seulement voilà, la jeune et très jolie nymphette a posé nue dans des magazines de charme, et le scandale est énorme au pays de Kurt Waldheim et de Jorg Haider. Elle craint un moment d’être remplacée par Waterloo (candidat à La Haye en 1976) arrivé 4ème de la finale autrichienne, mais l’ÖRF calme tout le monde : stop à l’Eurodrame, en voiture Simone ! ! ! 

21. CHYPRE : Milas poli par Anastazio

            Paroles : Haris Anastasiou                 Musique : John Vickers          Chef d’orchestre : Stanko Selak      

            Sélection : 1ère place à la finale chypriote à Nicosie

            Choriste et danseur d’Alexia Vassiliou en 1987, Haris Anastasiou propose trois titres à la sélection nationale chypriote. Il n’est pas le seul à vouloir entrer dans la lumière après un passage à l’arrière-scène de l’Eurovision, puisque Evridiki et Alexandros Panayi souhaitent aussi défendre leurs chances. On voit même concourir Yiannis Dimitriou, qui avait été disqualifié en 1988. Mais c’est lui qui l’emporte, devant les futurs interprètes de Teriazoume et Sti fotia. Son parcours à Zagreb sera moins brillant.

22. FINLANDE : Fri ? par Beat

            Paroles : Stina Engblom                     Musique : Tina Krause, Kim Engblom & Janne Engblom                      

Chef d’orchestre : Olli Ahvenlahti    Sélection : 1ère place à Euroviisut le samedi 17 février 1990 à Helsinki

            Sans doute lassés de toutes ces chansons qui traitent d’une nouvelle Europe en devenir (c’est la 6ème de la soirée), les jurys demeurent totalement indifférents à la proposition finlandaise – pourtant interprétée en suédois, langue qui a porté chance à de nombreux titres dans les années 1980. Comme pour la Norvège, c’est une dernière place qui attend le pays de Katri Helena et des sœurs Aspelund à l’issue de la session de votes.

L’entracte

            Les 22 chansons candidates ayant été interprétées, Helga et Oliver rappellent que la Yougoslavie est comme un grand orchestre, où se croisent de multiples paysages, traditions et influences musicales, ce dont chacun va pouvoir se rendre compte pendant que les jurys délibèrent, grâce à une vidéo, Yugoslav Changes, qui va révéler les trésors nationaux. Puis, ils remercient Frank Naef pour son travail, lequel remercie la télévision yougoslave pour le sien… et la révélation des votes est lancée.

Le vote et les résultats

           P L A C ES C O R E  E S P  G R È    B E L  T U R  N E D  L U X  U K    I S L  N O R  I S R    D A N  S U I  A L L    F R A  Y O U  P O R  I R L  S U È  I T A  A U T  C H Y  F I N
ESP596 81102 145  612535  88810
GRÈ1911    5               6 
BEL1246    74  1  488 217 4  
TUR1721    3  24   5 7       
NED1525 1 3 14  2 3 6 1  2 2 
LUX1338 4    3     31223  155 
UK6877512  3   1031011010 6 613 
ISL412443101 812 108107  41278310 7
NOR218         41     3     
ISR1816    4      24 1      5
DAN8646 32   777 1   743764 
SUI1151112 6 2    12  158    13
ALL9608 6  1271  4     10453  
FRA21325 4412  1212651210 12485 2712
YOU7813  12  5103127  2  5110 101
POR209     72               
IRL2132107751061088 8577 6 12 12 4
SUÈ162422  6 6 6   2         
ITA1149121088810 3 168646101210 7128
AUT1058  271586     38 2212  2
CHY1436 65     252      64  6
FIN218       5 3            

Après avoir mené pendant la majorité des votes, l’Irlande se voit doublée par l’Italie avec la révélation des points de son jury national. Lorsque s’annonce le porte-parole transalpin (qui a abusé de la grappa puisqu’il affirme être sur le point de communiquer le vote espagnol ! ! !), Toto Cutugno mène de 6 points devant Joëlle Ursull (qui a obtenu cinq fois la note maximale) et de 11 points devant Liam Reilly. Le suspense est donc à son comble, mais à la surprise générale, les deux principaux adversaires de l’Italie n’obtiennent aucun point de Rome. La France aura beau déposer une réclamation officielle auprès de Frank Naef, le résultat ne changera pas : l’Italie remporte une deuxième victoire, devant la France et l’Irlande, ex-aequo à la 2ème place. L’Islande décroche une historique 4ème place, devant l’Espagne et le Royaume-Uni. L’Allemagne finissant au 9ème rang, c’est la dernière fois à ce jour que les membres du futur Big 5 terminent tous dans le Top 10. Finlande et Norvège décrochent la lanterne rouge pour la 6ème et 7ème fois respectivement.

Ayant compris depuis un moment qu’il va repartir en Italie avec le trophée, le plus vieux vainqueur à ce jour (avec 46 ans et 10 mois) remonte sur scène pour recevoir son prix des mains de Goran Radman, producteur exécutif du Concours. Après avoir dédié sa victoire à tous ses collègues chanteurs italiens, principalement Gigliola Cinquetti, Toto Cutugno interprète une deuxième fois Insieme : 1992, s’avançant même dans la salle – provoquant ainsi quelques bousculades parmi les photographes et le public.

Goran Radman – Centre for Democracy and Law Miko Tripalo
Goran Radman

Mon Top 10

            Une édition qui selon moi annonce celles des années 90 (mes préférées avec celles de la décennie 70), où de nombreux titres m’ont séduit à l’époque et continuent à me réjouir trente ans plus tard. Et déjà, d’immenses déceptions eu égard aux classements obtenus par plusieurs d’entre eux – ce qui sera la marque de fabrique des futurs Concours jusqu’à ce jour.

  1. FRANCE : White and black blues par Joëlle Ursull (parce qu’une victoire française aurait tout changé au Concours)
  2. ITALIE : Insieme : 1992 par Toto Cutugno (parce que personne n’est plus efficace que Toto Cutugno)
  3. YOUGOSLAVIE : Hajde da ludujemo par Tajči (parce que Tajči est à croquer, comme le chocolat qu’elle évoque)
  4. PAYS-BAS : Ik wil alles met je delen par Maywood (pour l’émotion toujours intacte après toutes ces années)
  5. ISLANDE : Eitt lag enn par Stjórnin (pour ce que la Scandinavie fait de mieux : le duo pop à la Hot Eyes)
  6. IRLANDE : Somewhere in Europe par Liam Reilly (parce que j’aime ceux qui aiment Elton John)
  7. SUISSE : Musik klingt in die Welt hinaus par Egon Egemann (parce que le violon, c’est quand même très beau)
  8. TURQUIE : Gözlerinin hapsindeyim par Kayahan (pour la douceur de la musique et le romantisme des paroles)
  9. ESPAGNE : Bandido par Azúcar Moreno (pour la qualité de la chanson plus que pour la beauté des voix)
  10. DANEMARK : Hallo, hallo par Lonnie Devantier (pour la fraîcheur, malgré la grande similitude avec Bra vibrationner)

Lanterne rouge : ISRAËL : Shara barechovot par Rita (que je ne peux écouter que le son coupé)

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous et sur ma messagerie personnelle : andre-francis@orange.fr (date limite : samedi 18 juillet à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Le record de votants a cette semaine été clairement battu, avec 37 votes exprimés… ce qui est un bel exploit pour un scrutin qui s’est tenu début juillet, après des semaines stressantes de confinement et un déconfinement tout aussi problématique. Un bonheur ne venant jamais seul, je suis enfin parvenu, au bout de 35 rétrospectives, à accorder mon podium avec celui du collège électoral de l’EAQ ! ! ! Bon d’accord, je ne suis pas le seul à réaliser cet exploit, puisque Valifran (un autre Francis :P) en fait autant. Cette réussite a toutefois pour moi le goût d’une première alors que lui s’était déjà ainsi distingué en 1985. Mais trêve de bavardages, tout de suite le détail des votes :

22. Grèce : Horis skopo par Christos Callow : 8 points de 3 votants (maximum 6 points) – 3 places par rapport au classement officiel

21. Suède : Som en vind par Edin – Ådahl : 15 points de 3 votants (maximum 7 points) – 5 places

20. Finlande : Fri ? par Beat : 18 points de 5 votants (maximum 7 points) + 1 place

19. Chypre : Milas poli par Anastazio : 20 points de 8 votants (maximum 8 points) – 5 places

18. Allemagne : Frei zu leben par Chris Kempers & Daniel Kovać : 34 points de 7 votants (maximum 10 points) – 9 places

17. Portugal : Há sempre alguém par Nucha : 47 points de 12 votants (maximum 8 points) + 3 places

16. Norvège : Brandenburger Tor par Ketil Stokkan : 52 points de 13 votants (maximum 12 points de Phileurophage) + 5 places

15. Suisse : Musik klingt in die Welt hinaus par Egon Egemann : 54 points de 11 votants (maximum 10 points) – 4 places

14. Royaume-Uni : Give a little love back to the world par Emma : 62 points de 14 votants (maximum 12 points de Sakis et Greg) – 8 places

13. Danemark : Hallo, Hallo par Lonnie Devantier : 63 points de 17 votants (maximum 7 points) – 5 places

12. Luxembourg : Quand je te rêve par Céline Carzo : 73 points de 10 votants (maximum 12 points de Kikichouchou) + 1 place

11. Autriche : Keine Mauern mehr par Simone : 77 points de 13 votants (maximum 10 points) – 1 place

10. Israël : Shara barechovot par Rita : 96 points de 15 votants (maximum 12 points de Philippe) + 8 places

9. Turquie : Gözlerinin hapsindeyim par Kayahat : 103 points de 26 votants (maximum 12 points de Pauline) + 8 places

8. Belgique : Macédomienne par Philippe Lafontaine : 107 points de 18 votants (maximum 12 points de Yom) + 4 places

7. Islande : Eitt lag enn par Stjórnin : 125 points de 23 votants (maximum 12 points de Gaël) – 3 places

6. Pays-Bas : Ik wil alles met je delen par Maywood : 137 points de 25 votants (maximum 12 points de Minsk) + 9 places

5. Espagne : Bandido par Azúcar Moreno : 165 points de 26 votants (maximum 12 points de Thierry et Franck) score identique

4. Irlande : Somewhere in Europe par Liam Reilly : 171 points de 28 votants (maximum 12 points de RV) – 2 places

3. Yougoslavie : Hajde da ludujemo par Tajči : 181 points de 27 votants (maximum 12 points de Pascal et Duncky) + 4 places

2. Italie : Insieme : 1992 par Toto Cutugno : 206 points de 31 votants (maximum 12 points de Julien, Taron et Augures) – 1 place

1. France : White and black blues par Joëlle Ursull : 332 points de 35 votants (maximum 12 points de Gérald, tHEO, Gwendal, Valifran, Benoît, Nico, Picasso, Denez, Yvonne, Zipo, Rem, Marie, Ghost Hildly, Jérémie, PLG, Betty, Roland, Juju, Jean-Michel et Francis) + 1 place

            Une septième victoire pour la France donc (record absolu), et avec la manière en plus, puisqu’elle laisse son dauphin, l’Italie, à plus de 100 points – comme Marie Myriam l’avait fait en 1977. Chauvins, les votants de l’EAQ ? Ou rancuniers ? 😛

            La Yougoslavie complète un podium très disputé, où Irlande et Espagne n’ont été battues que dans la dernière ligne droite. Très belles progressions des Pays-Bas, de la Turquie (je vous aime, votants de mon cœur !) et d’Israël (ah, un peu moins, là…) et très belles gamelles de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Tous les pays classés dans le Bottom 5 réalisent leur plus mauvais classement de ces rétrospectives, alors que l’Islande et la Yougoslavie améliorent ou égalent leurs records.

            Voilà pour aujourd’hui. Je vous donne rendez-vous dès ce soir pour revivre l’un des plus grands traumatismes (le plus grand ?) des Eurofans français. J’ai hâte d’ailleurs de connaître votre ressenti à tous. Bonne fin d’après-midi, et prenez soin de vous !