Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Devant l’énorme (! ! !) succès rencontré par mon premier article rétrospectif sur le premier Concours de 1956, je vous invite aujourd’hui à découvrir ensemble le

2ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le dimanche 3 mars 1957

en direct du Großer Sendesaal des Hessischen Rundfunks

de Francfort-sur-le-Main (R.F.A.)

présenté par Anaid Iplicjian

L’organisation du Concours

Dès la création du Concours, il avait été décidé que chacun des pays participants accueillerait à tour de rôle la compétition européenne sur ses terres. L’Allemagne s’étant proposée, la deuxième édition a donc lieu à Francfort-sur-le-Main, en Hesse (land de la République Fédérale Allemande). C’est donc une légende urbaine qui a voulu que cette organisation ait été rendue possible par une éventuelle 2° place de l’Allemagne au premier Concours, ce qui n’a jamais pu être prouvé puisque les votes de 1956 n’ont jamais été révélés.

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Francfort en 1957

La salle désignée pour accueillir le Concours n’est autre que l’immeuble qui renferme les studios d’enregistrement de la radio et de la télévision locales. En effet, Francfort – qui a été littéralement dévastée pendant la Seconde Guerre Mondiale – commence juste à se guérir de ses plaies et se trouve alors en pleine reconstruction. Les investisseurs financiers s’établissent petit à petit dans la capitale du Land de Hesse, permettant à la ville de retrouver un élan économique qui ne se démentira plus.

Les règles

Les sept pays qui avaient participé au premier Concours (Pays-Bas, Suisse, Belgique, Allemagne Fédérale, France, Luxembourg et Italie) sont rejoints par le Royaume-Uni, l’Autriche et le Danemark, qui avaient tous les trois diffusé la première édition l’année précédente. Le nombre de pays candidats s’étant accru, il ne leur est plus demandé de présenter deux chansons, mais une seule. De plus, on autorise les duos, et plus uniquement les solistes,  à se produire sur scène, mais les groupes sont toujours strictement interdits.

La présentation et l’orchestre

Pour présenter le Concours de Francfort, le diffuseur choisit de faire appel à Anaid Iplicjian, une jeune actrice d’origine arménienne née à Berlin en 1935 – ce qui en fait l’une des plus jeunes de l’histoire du Concours à officier à un tel poste.

Image associée
Anaid Iplicjian

Cette mission se révèlera très bénéfique pour la jeune femme, puisqu’elle lui permettra de se faire remarquer par des producteurs de télévision et de théâtre. On la verra par exemple dans plusieurs épisodes de la célèbre série policière Derrick. L’orchestre est pour sa part dirigé par Willy Berking (1910-1979).

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Willy Berking

Les chansons candidates

1. BELGIQUE : Straatdeuntje par Bobbejaan Schoepen (1925-2010) [Étoile au Firmament # 88]

        Paroles : Eric Franssen           Musique : Harry Frékin                      Chef d’orchestre : Willy Berking

            Sélection : 1° place lors de l’Eurovisiewedstrijd Voor Het Lichte Lied

2. LUXEMBOURG : Amours mortes (Tant de peine) par Danièle Dupré (1938-2013)

        Paroles : Jacques Taber         Musique : Jean-Pierre Kemmer           Chef d’orchestre : Willy Berking

            Sélection : interne

3. ROYAUME-UNI : All par Patricia Bredin (née en 1934)

        Paroles : Alan Stranks            Musique : Reynell Wreford                Chef d’orchestre : Eric Robinson

            Sélection : 1° place de A Song for Europe le mardi 12 février 1957 à Londres

            All est interprétée par un quatuor lors de la 3° demi-finale organisée par la BBC, mais c’est Patricia Bredin qui est choisie à l’issue de la finale pour représenter le pays. Bryan Johnson (candidat britannique en 1960) est pour sa part éliminé lors de la 2° demi-finale. En Allemagne, le titre se fait remarquer par sa brièveté puisqu’il ne dure que 1 minute 52. Record qui ne sera battu qu’en 2015 par la Finlande.

4. ITALIE : Corde della mia chitarra par Nunzio Gallo (1928-2008) [Étoile au Firmament # 79]

        Paroles : Giuseppe Fiorelli      Musique : Mario Ruccione                   Chef d’orchestre : Armando Trovajoli

            Sélection : 1° place au Festival de San Remo le samedi 9 février 1957

            Lors de la finale du festival italien, Corde della mia chitarra est interprétée par Nunzio Gallo et par Claudio Villa (futur candidat italien en 1962 et 1967) mais c’est le premier qui est préféré pour défendre les couleurs italiennes en Allemagne. On remarque la présence de Tonina Torrielli (participante du premier Concours en 1956) lors de cette même finale.

5. AUTRICHE : Wohin, kleines Pony ? par Bob Martin (1922-1998) [Étoile au Firmament # 39]

        Paroles : Kurt Svab & Hans Werner    Musique : Kurt Svab               Chef d’orchestre : Carl de Groof

            Sélection : interne

6. PAYS-BAS : Net als toen par Corry Brokken (1932-2016)

        Paroles : Willy Van Hemert    Musique : Guus Jansen           Chef d’orchestre : Dolf van der Linden

            Sélection : 1° place lors du Nationaal Songfestival le dimanche 3 février 1957 à Hilversum

            Quatre interprètes, dont Corry Brokken (déjà candidate à Lugano l’année précédente), présentent deux chansons chacun. La jeune femme truste les deux premières places, regroupant 11000 des 15000 votes exprimés par le public.

7. ALLEMAGNE : Telefon, Telefon par Margot Hielscher (1919-2017)

        Paroles : Ralph Maria Siegel              Musique : Friedrich Meyer     Chef d’orchestre : Willy Berking

            Sélection : 1e place lors de Zwei Auf Einem Pferd (! ! !) le dimanche 17 février 1957 à Francfort

           Margot Hielscher l’emporte avec l’une des deux chansons qu’elle interprète lors de la finale nationale. Elle était la seule des quatre candidats à présenter deux titres. Le grand soir, elle est la première artiste de toute l’histoire du Concours à utiliser un accessoire… un téléphone !

8. FRANCE : La Belle amour par Paule Desjardins

        Paroles : Francis Carco                      Musique : Guy Lafarge           Chef d’orchestre : Paul Durand

            Sélection : 1° place lors de la 5° émission de Sept villes, une chanson le vendredi 15 février 1957

            La Belle amour remporte l’une des phases de sélection, mais interprétée par une autre artiste. C’est finalement Paule Desjardins qui est désignée pour l’interpréter à Francfort. Mathé Altéry (première représentante française en 1956) arrive deuxième de la 3° émission de sélection. Danièle Dupré (finalement candidate pour le Luxembourg) échoue lors de la 4° émission.

9. DANEMARK : Skibet skal sejle i nat par Gustav Winckler (1925-1979) [Étoile au Firmament # 5]

& Birthe Wilke (née en 1936)

        Paroles : Poul Sørensen                      Musique : Erik Fiehn              Chef d’orchestre : Kai Mortensen

            Sélection : 1° place lors du Melodi Grand-Prix le dimanche 17 février 1957 à Copenhague

            Lors de la finale nationale, Gustav et Birthe interprètent chacun deux titres en solo et deux titres en couple. La formule du duo leur réussit puisque c’est ensemble qu’ils occupent les deux premières places du classement des jurys.

10. SUISSE : L’ Enfant que j’étais par Lys Assia (1926-2018)

        Paroles : Émile Gardaz                       Musique : Géo Voumard          Chef d’orchestre : Willy Berking

            Sélection : 1° place lors de la finale suisse le lundi 11 février 1957

            La seule des trois participants à la sélection nationale à présenter cinq titres (les autres candidats n’en interprètent que trois chacun), la gagnante de l’année précédente convainc les jurys régionaux avec une chanson écrite et composée par le duo vainqueur de 1956.

Le vote et les résultats

            Chaque pays participant dispose d’un jury constitué de dix membres, qui assistent à l’émission depuis leur patrie. Chacun de ces dix jurés est appelé à attribuer un point à la chanson qu’il préfère, à l’exclusion de celle présentée par son propre pays. C’est donc un total de 100 points qui est à distribuer. Pour la première fois dans l’histoire du Concours, l’animatrice joint par téléphone, dans l’ordre inverse des chansons présentées, le porte-parole de chaque jury, qui lui révèle les points attribués par son pays. C’est le célèbre Pierre Bellemare (1929-2018) qui annonce les points du jury luxembourgeois.

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Pierre Bellemare
  Place Score final BEL LUX UK ITA AUT NED ALL FRA DK CH
Belgique 8 5             2   2 1
Luxembourg 4 8     1 4 3          
Royaume-Uni 7 6 1 1     1 1       2
Italie 6 7 1 1 2     2     1  
Autriche 10 3     2     1        
Pays-Bas 1 31 5 3 1 1 6   1 4 3 7
Allemagne 4 8 1     1       6    
France 2 17 2 4 2     1 6   2  
Danemark 3 10     2 3   5        
Suisse 8 5   1   1     1   2  

Rolf Liebermann, scrutateur, valide l’ensemble des votes et les Pays-Bas sont désignés vainqueurs. Comme Lys Assia l’année précédente, Corry Brokken remonte donc sur scène, et interprète une deuxième fois Net als toen.

Mon Top 10

  1. PAYS-BAS : Net als toen par Corry Brokken
  2. BELGIQUE : Straatdeuntje par Bobbejaan Schoepen
  3. AUTRICHE : Wohin, kleines Pony ?  par Bob Martin
  4. SUISSE : L’ Enfant que j’étais par Lys Assia
  5. DANEMARK : Skibet skal sejle i nat par Gustav Winckler & Birthe Wilke
  6. ALLEMAGNE : Telefon, Telefon par Margot Hielscher
  7. FRANCE : La Belle amour par Paule Desjardins
  8. LUXEMBOURG : Amours mortes (Tant de peine) par Danièle Dupré
  9. ITALIE  : Corde della mia chitarra par Nunzio Gallo
  10. ROYAUME-UNI : All par Patricia Bredin

            Voilà pour la présentation des chansons candidates et pour mon classement personnel. J’attends les vôtres avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 13 juillet à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RESULTATS DES VOTES :

10. Royaume-Uni : All par Patricia Bredin : 55 points (maximum 8 points de Sakis) – 3 places par rapport au classement de l’époque

9. Italie : Corde della mia chitarra par Nunzio Gallo : 74 points (maximum 10 points d’Isabelle) – 3 places

8. Luxembourg : Amours mortes (Tant de peine) par Danièle Dupré : 77 points (maximum 12 points d’Edouard) – 4 places

7. Suisse : L’ Enfant que j’étais par Lys Assia : 92 points (maximum 10 points de RV) + 1 place

6. Autriche : Wohin, kleines Pony? par Bob Martin : 99 points (maximum 10 points de rem_coconuts) + 4 places

5. Allemagne : Telefon, Telefon par Margot Hielscher : 117 points (maximum 12 points de Pauline et Zipo) – 1 place

4. France : La Belle amour par Paule Desjardins : 122 points (maximum 12 points de Florian) – 2 places

3. Danemark : Skibet skal sejle i nat par Gustav Winckler & Birthe Wilke : 140 points (maximum 12 points de Pauly, rem_coconuts, Yom et Denez) place identique

2. Belgique : Straatdeuntje par Bobbejaan Schoepen : 151 points (maximum 12 points de Pascal, Yvonne, Gaël et Sakis) + 6 places

  1. Pays-Bas : Net als toen par Corry Brokken : 175 points (maximum 12 points de Francis, Isabelle, RV, Marie, Duncky, Taron et Phileurophage) place identique

Victoire incontestable des Pays-Bas, couronnés par 7 des 19 votants.Carton plein, donc, pour Corry Brokken, gagnante à Francfort, chez moi et sur le site LOL

En revanche, vous avez été en total désaccord avec les jurys de l’époque puisque vous avez classé la Belgique et l’Autriche bien plus haut qu’en 1957 (+6 et +4 places respectivement). A contrario, le Luxembourg ne vous a cette fois-ci pas conquis (- 4 places) et vous avez placé le Royaume-Uni bon dernier (dans le Bottom 3 pour 14 votants :O).

Merci à tous pour vos votes ! Je vous espère encore plus nombreux (dépassons la barre des 20 votants :P) pour la prochaine rétrospective, dès ce soir.