Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui à l’une des éditions les plus célèbres du Concours que nous allons nous intéresser. En effet, plusieurs des artistes concurrents, en particulier la gagnante, vont à cette occasion commencer de longues carrières, parfois internationales, après s’être fait remarquer sur la scène napolitaine par leur charisme, leur inventivité, leur voix.  En plus, la cérémonie s’est tenue un 20 mars, date on ne peut plus faste pour un Concours ou une naissance de chroniqueur de l’Eurovision au Quotidien, n’est-il pas ? LOL Voici donc le…

10ème CONCOURS EUROVISION DE LA CHANSON

diffusé le samedi 20 mars 1965

en direct des studios de la RAI à Naples (Italie)

présenté par Renata Mauro

L’organisation du Concours

La victoire ayant été remportée l’année précédente par Gigliola Cinquetti, c’est donc l’Italie qui est chargée par l’UER d’organiser la nouvelle édition du Concours. Alors que tout le monde s’attend à ce que Rome ou Milan, les deux plus grandes villes italiennes, accueille la grande finale, c’est dans les studios de la RAI à Naples, troisième ville du pays, que les artistes et les spectateurs sont conviés. L’audience sera d’ailleurs largement élargie puisque la diffusion en Intervision permettra aux pays d’Europe centrale d’assister à la compétition pour la première fois de l’Histoire du Concours. 150 millions de téléspectateurs sont attendus devant leurs écrans.

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Les studios de la RAI à Naples

La Suède ayant réglé ses problèmes avec les syndicats de musiciens qui l’ont empêchée de participer en 1964, le pays fait son retour au Concours. De plus, l’Irlande décide également d’y faire son entrée, emmenant avec elle un style musical appelé à un bel avenir : la ballade irlandaise. L’effectif total est donc de 18 pays – record qui tiendra jusqu’à 1975.

Trois artistes ayant déjà participé font leur retour en cette 10e édition : Conchita Bautista (première participante espagnole en 1961), Udo Jürgens (qui tente sa chance pour l’Autriche pour la deuxième fois consécutive) et Vice Vukov (déjà présent à Londres en 1963 pour la Yougoslavie). L’échec sera au bout de la route pour chacun de ces trois interprètes.

La présentation et l’orchestre

Pour présenter le Concours, le diffuseur italien fait appel à Renata Mauro (1934-2009), l’une de leurs plus célèbres speakerines. En plus de quelques rôles décrochés au cinéma, elle devra surtout sa notoriété à la présentation des fameux Jeux sans frontières pendant plusieurs années.

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Renata Mauro

Pour sa part, l’orchestre est dirigé par Gianni Ferrio (1924-2013), musicien à qui on doit plus d’une centaine de musiques de films, la plus célèbre étant celle du western spaghetti Le Dollar troué que Quentin Tarantino réutilisera en 2009 pour Inglourious Basterds. C’est lui également qui compose pour la chanteuse italienne Milva le célèbre Parole Parole, que Dalida et Alain Delon interprèteront en français en 1973.

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Gianni Ferrio

Les commentaires pour la France, le Luxembourg et Monaco sont toujours assurés par Pierre Tchernia, alors que pour la première fois, une ancienne gagnante du Concours assume cette responsabilité pour son pays : Teddy Scholten pour les Pays-Bas.

Les chansons candidates

            Après le traditionnel Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et un court morceau introductif interprétés par l’orchestre de la RAI, se présente Renata Mauro, qui s’exprime en italien, en français et en anglais.

1. PAYS-BAS : ‘T is genoeg par Conny van den Bos (1937-2002) [Étoile au Firmament # 54]

        Paroles : Joke van Soest        Musique : Johnny Holshuyzen                        Chef d’orchestre : Dolf van der Linden

            Sélection : 1° place à Nationaal Songfestival le samedi 13 février 1965 à Bussum

            Après cinq demi-finales sélectionnant chacune un interprète qui présentait trois chansons, Conny van den Bos bat largement en finale (présentée par Teddy Scholten) Ronnie Tober, futur représentant néerlandais en 1968.

2. ROYAUME-UNI : I belong par Kathy Kirby (1938-2011) [Étoile au Firmament # 95]

        Paroles : Phil Peters          Musique : Peter Lee Sterling              Chef d’orchestre : Eric Robinson

Sélection : 1° place à A Song for Europe le vendredi 29 janvier 1965 à Londres

Sélectionnée d’office par la BBC, la jeune femme interprète six titres lors de la finale nationale. C’est le dernier qui est choisi par le public par voie de cartes postales. Les résultats sont révélés quelques jours plus tard.

3. ESPAGNE : ¡ Qué bueno, qué bueno ! par Conchita Bautista (née en 1936)

        Paroles et Musique : Antonio Figueroa Egea                                     Chef d’orchestre : Adolfo Ventas

Sélection : 1° place à la sélection nationale le dimanche 7 février 1965 à Barcelone

            Qualifiée d’office avec six autres artistes en finale par la chaîne nationale espagnole (contrairement à sept de leurs adversaires qui ont dû passer le cap de demi-finales), la première représentante du pays au Concours l’emporte sans vraiment être inquiétée. Raphael (qui portera les couleurs de l’Espagne les deux années suivantes) termine 3°, Jaime Morey (candidat espagnol en 1972) est beaucoup plus loin.

4. IRLANDE : Walking the streets in the rain  par Butch Moore (1938-2001) [Étoile au Firmament # 50]

        Paroles et Musique : Teresa Conlon, George Prendergast & Joe Harrigan

            Chef d’orchestre : Gianni Ferrio       

Sélection : 1° place à la finale irlandaise le mardi 9 février 1965 à Dublin

           Pour sa première participation, l’Irlande organise une finale nationale avec 12 chansons. Seuls deux concurrents sont encore aujourd’hui relativement connus : Butch Moore, le vainqueur, et Dickie Rock, qui défendra les chances de son pays l’année suivante.

5. ALLEMAGNE : Paradies, wo bist du ? par Ulla Wiesner (née en 1941)

        Paroles et Musique : Barbara Kist & Hans Blum                                Chef d’orchestre : Alfred Hause

            Sélection : 1° place à Ein Lied für Neapel le samedi 27 février 1965 à Hambourg

            La jolie Ulla ne fait qu’une bouchée de ses adversaires lors de sa finale nationale, puisqu’elle récolte 8 des 11 voix du jury. Malheureusement, elle ne réitèrera pas l’exploit à Naples, loin de là…

6. AUTRICHE : Sag ihr, ich laß sie grüssen par Udo Jürgens (1934-2014)

        Paroles : Frank Bohlen            Musique : Udo Jürgens                      Chef d’orchestre : Gianni Ferrio

            Sélection : interne

            Après son encourageante 6e place obtenue l’année précédente, Udo Jürgens se voit à nouveau confier la mission de représenter son pays. Ce n’est cependant pas encore cette fois qu’il montera sur la plus haute marche du podium.

7. NORVÈGE : Karusell par Kirsti Sparboe (née en 1946)

        Paroles et Musique : Jolly Kramer-Johansen                                    Chef d’orchestre : Øivind Bergh

            Sélection : 1° place au Melodi Grand-Prix le samedi 13 février 1965 à Oslo

             Comme chaque année, toutes les chansons candidates à la finale norvégienne sont interprétées par deux artistes, une fois avec un grand orchestre, une autre fois avec un orchestre plus réduit. Wencke Myhre, déjà en lice l’année précédente, ne peut concourir à cause de problèmes de santé. C’est donc la toute jeune Kirsti qui s’y colle. Cela lui réussit d’ailleurs, puisqu’elle l’emporte devant Nora Brockstedt (double représentante en 1960 et 1961).

8. BELGIQUE : Als het weer lente is par Lize Marke (née en 1936)

        Paroles : Jaak Dreesen           Musique : Jef van den Berg                Chef d’orchestre : Gaston Nuyts

Sélection : 1° place à la finale belge le samedi 13 février 1965 à Bruxelles

            Elle aussi sélectionnée d’office par la chaîne flamande, Lize Marke présente comme Kathy Kirby six titres lors de la finale belge. C’est le premier d’entre eux, pourtant déjà interprété quelques jours plus tôt par deux autres artistes, qui l’emporte.

9. MONACO : Va dire à l’amour par Marjorie Noël (1945-2000) [Étoile au Firmament # 47] 

        Paroles : Jacques Mareuil                  Musique : Raymond Bernard   Chef d’orchestre : Raymond Bernard

            Sélection : interne

            La toute jeune Marjorie Noël, recalée par la France en 1964, est choisie par la chaîne monégasque pour représenter la Principauté. On lui confie le soin d’interpréter une chanson composée par Raymond Bernard, qui avait déjà signé À force de prier pour Nana Mouskouri deux ans plus tôt.

10. SUÈDE : Absent friend par Ingvar Wixell (1931-2011)

        Paroles : Alf Henriksson                    Musique : Dag Wirén              Chef d’orchestre : William Lind

            Sélection : 1° place à Svensk Sångfinal le samedi 13 février 1965 à Stockholm

            Troisième candidat après Kathy Kirby et Lize Marke à être désigné seul candidat pour sa finale nationale, le Suédois Ingvar Wixell présente lui aussi six chansons en vue d’aller concourir à Naples. C’est la dernière, Annorstädes vals, qui remporte largement les voix des jurys. Mais en Italie, le ténor choisit d’interpréter son titre totalement en anglais, sous le nom d’Absent friend. Personne n’avait osé jusqu’à présent préférer l’anglais à sa langue nationale, même pas Carmela Corren en 1963 qui avait conservé l’allemand pour la première moitié de sa chanson. Une nouvelle polémique apparaît, qui poussera l’UER à exiger à l’avenir de chacun des concurrents de chanter dans l’une des langues officielles de son pays. On sait aujourd’hui ce que cet article du règlement deviendra au fil des années…

11. FRANCE : N’avoue jamais par Guy Mardel (né en 1944)

        Paroles : Françoise Dorin             Musique : Guy Mardel            Chef d’orchestre : Franck Pourcel

            Sélection : interne

            Parmi les 57 chansons reçues par l’ORTF, un jury d’experts choisit N’avoue jamais, écrite par la célèbre romancière Françoise Dorin sur une musique du jeune Guy Mardel lui-même. Ils refusent donc à nouveau Marjorie Noël (qui se console à Monaco), ainsi que Marie Laforêt, Sophie Darel et Michèle Torr (future représentante luxembourgeoise en 1966 et monégasque en 1977). Les deux premières proposaient pourtant On n’oublie jamais et Un cœur n’oublie jamais… bah c’est elles qu’on a oubliées cette année-là !

12. PORTUGAL : Sol de inverno par Simone De Oliveira (née en 1938)

        Paroles : Jerónimo Bragança              Musique : Carlos Nóbrega       Chef d’orchestre : Fernando de Carvalho            Sélection : 1° place au Festival da Canção Portuguesa le samedi 6 février 1965 à Lisbonne

           Lors de la finale portugaise, le premier représentant du pays, António Calvário, interprète trois titres, Simone De Oliveira deux, Artur Garcia deux et Madalena Iglésias (candidate lusitanienne l’année suivante) un. Mais le premier ne parvient pas, malgré cet avantage, à battre Sol de inverno, qui l’emporte avec 25 voix d’avance.

13. ITALIE : Se piangi, se ridi par Bobby Solo (né en 1945)

        Paroles : Mogol & Roberto Satti         Musique : Gianni Marchetti & Roberto Satti

            Chef d’orchestre : Gianni Ferrio

            Sélection : 1° place au Festival de la Chanson Italienne de San Remo le samedi 30 janvier 1965

            Après les éliminations de Gianni Mascolo (candidat suisse en 1968), Iva Zanicchi (représentante italienne en 1969), Dusty Springfield et Danyel Gérard avant la finale, c’est au tour d’Udo Jürgens (de toute façon choisi par son pays), Gigliola Cinquetti (tenante du titre), Betty Curtis (participante du Concours 1961), Nicola Di Bari (qui défendra les couleurs de l’Italie en 1972), Kiki Dee, Petula Clark, Milva et les Surfs de s’incliner devant le jeune auteur – compositeur – interprète de vingt ans. L’Italie fait donc à nouveau confiance à la jeunesse, mais la route sera moins facile à Naples pour Bobby Solo, malgré tout son talent et le seul groupe de choristes de l’édition.

14. DANEMARK : For din skyld par Birgit Brüel (1927-1996) [Étoile au Firmament # 32]

        Paroles : Poul Henningsen                   Musique : Jørgen Jersild       Chef d’orchestre : Arne Lamberth

            Sélection : interne

            Rompant avec les usages, le Danemark décide en 1965 de choisir en interne une des huit chansons déjà présélectionnées. Les jurys recalent Birthe Wilke et Bjørn Tidmand, anciens candidats à la finale internationale, et optent pour l’une des trois chansons que Birgit Brüel leur soumet.

15. LUXEMBOURG : Poupée de cire, poupée de son par France Gall (1947-2018)

        Paroles et Musique : Serge Gainsbourg         Chef d’orchestre : Alain Goraguer                Sélection : interne

            Après son échec à la sélection française de 1962, le talentueux Serge Gainsbourg préfère confier ses espoirs au Luxembourg et à la jeune France Gall, pour laquelle il a déjà écrit N’écoute pas les idoles ou Laisse tomber les filles. On peut dire qu’il a le nez creux car le triomphe va être total, indiscutable et durable.

16. FINLANDE : Aurinko laskee länteen par Viktor Klimenko (né en 1942)

        Paroles : Reino Helismaa                    Musique : Toivo Kärki             Chef d’orchestre : George de Godzinsky

Sélection : 2° à Euroviisut le samedi 13 février 1965 à Helsinki (co-présenté par Marion Rung)

            Alors que les jurys nationaux composés de téléspectateurs choisissent de donner la victoire à Marjatta Leppänen et à sa chanson Iltaisin, le jury d’experts considère que le titre arrivé deuxième a plus de chances de briller à Naples. On choisit donc Viktor Klimenko et son très joli (?) collier de barbe pour défendre les chances finlandaises en Italie. Il faut croire que Serge Gainsbourg ne faisait pas partie du jury à Helsinki… Cet imbroglio n’empêche toutefois pas le public de remarquer celle qui décroche la médaille de bronze de l’Euroviisut, Katri Helena, appelée à une immense carrière dans son pays et à deux participations au Concours (avec deux chefs-d’œuvre), en 1979 et 1993.

17. YOUGOSLAVIE : Čežnja par Vice Vukov (1936-2008) [Étoile au Firmament # 80]

        Paroles : Žarko Roje                           Musique : Julio Marić            Chef d’orchestre : Radivoj Spasić

            Sélection : 1° place à Pjesma Eurovizije le samedi 6 février 1965 à Zagreb

            La première des quatre chansons interprétées par Vice Vukov gagne nettement la finale nationale et permet ainsi au remarquable chanteur dalmate de fouler une deuxième fois la scène de l’Eurovision. Même Lado Leskovar (futur représentant yougoslave en 1967) et ses deux propositions ne pouvaient bloquer la route à cette chanson magnifique, qui me serre la gorge à chaque fois que je l’écoute. Bon OK je suis le seul… et alors ? 

18. SUISSE : Non, à jamais sans toi par Yovanna (née en 1940)

        Paroles : Jean Charles                       Musique : Rob Calfati             Chef d’orchestre : Mario Robbiani

            Sélection : 1° place à la finale suisse le samedi 6 février 1965 à Locarno

            Lors de la finale helvétique, sont présentées deux chansons en français, deux en allemand (interprétées par la chanteuse israélienne Carmela Corren, qui avait représenté l’Autriche en 1963) et deux en italien (mais où est le romanche ? ? ?). C’est celle présentée par Yovanna qui est choisie pour aller à Naples – faisant ainsi de la jeune femme la 3° Grecque (après Jimmy Makulis et Nana Mouskouri) à concourir à l’Eurovision.

L’entracte

            Durant l’entracte qui doit laisser le temps aux jurys nationaux de décider de leurs votes, le public et les téléspectateurs assistent à la performance vocale du fameux ténor florentin Mario Del Monaco (1915-1982). Celui qui partagea si longtemps la scène avec la non moins célèbre Renata Tebaldi interprète deux chansons napolitaines (forcément !) dont l’inévitable mais sublime O sole mio. On est très loin de ce que le Concours présente, mais la voix est impressionnante.

Le vote et les résultats

            Le nouveau système de votes mis en place en 1964 est reconduit à l’identique. Même scrutin, même résultat : un vainqueur indéniable et à nouveau quatre pays au score vierge ! ! ! Pourtant, 162 points étaient à distribuer…

  P L A C E S C O R E   N E D     U K   E S P   I R L   A L L   A U T     N O R     B E L   M O N     S U È     F R A   P O R   I T A     D A N     L U X     F I N     Y O U   S U I  
NED 11 5             5                      
UK 2 26     5       1 6   3     1 5       5
ESP 15 0                                    
IRL 6 11                       3 5       3  
ALL 15 0                                    
AUT 4 16   3   5               5 3          
NOR 13 1           1                        
BEL 15 0                                    
MON 9 7   5                             1 1
SUÈ 10 6                           3   3    
FRA 3 22 1   3 1 3       5           3 1 5  
POR 13 1                 1                  
ITA 5 15 3 1     1     3 3   3       1      
DAN 7 10                   5         5      
LUX 1 32 5   1 3 5 5 3     1       1   5   3
FIN 15 0                                    
YOU 12 2                     1 1            
SUI 8 8           3         5              

Après quelques difficultés avec le porte-parole espagnol dont la hâte laisse penser qu’il avait autre chose à faire ce soir-là, les révélations des votes se déroulent sans gros problème, si ce n’est la réapparition des votes de sympathie ou de voisinage, dont tout le monde commence à avoir l’habitude (même si la Belgique et la France ne donnent rien au Luxembourg et que la Norvège oublie le Danemark et la Suède). Puis, le superviseur général, Miroslav Vilček, déclare les votes terminés et réguliers, et permet à Renata Mauro de déclarer que le Luxembourg remporte le Concours. Comme l’année précédente, c’est à nouveau une très jeune fille qui monte sur la première marche du podium, mais avec une chanson beaucoup plus enlevée.

Le Royaume-Uni termine à nouveau deuxième (c’est la 5e fois en huit participations) – devant la France, qui intègre le Top 5 pour la 9° fois consécutive. Un record ! Autre usage qui ne se dément pas : comme pour les quatre éditions précédentes, quatre pays terminent la soirée avec un score vierge. Espagne, Allemagne (honteux), Finlande et Belgique (scandaleux) essuient cet affront pour la deuxième fois de leur histoire – les trois premiers le revivront d’ailleurs à nouveau quelques années plus tard.

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France et Serge Gainsbourg à Naples

De retour sur scène avec Serge Gainsbourg, la jeune France Gall reçoit une médaille, tout comme son auteur- compositeur, des mains de Mario Del Monaco. On apprendra plus tard que cette victoire a été bien amère pour la jeune fille, puisque après avoir été giflée en coulisses par son adversaire britannique, l’appel téléphonique qu’elle a donné à son amoureux d’alors, Claude François, s’est soldé par une énorme désillusion. Vexé du succès indiscutable de sa fiancée, le créateur de Belles, belles, belles lui a signifié qu’il ne voulait plus la voir. Et de fait, de retour à Paris, elle se voit refuser l’accès à son appartement. On dit même qu’elle a passé la nuit sur son palier, en pleurs, à attendre qu’il veuille bien lui ouvrir. En vain. Deux ans plus tard, France Gall devait mettre fin à sa collaboration avec Serge Gainsbourg, en désaccord avec les textes qu’il lui écrivait – comme Les Sucettes, par exemple.

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Claude François dans les années 60

Mon Top 10

  1. YOUGOSLAVIE : Čežnja par Vice Vukov
  2. ROYAUME-UNI : I belong par Kathy Kirby
  3. LUXEMBOURG : Poupée de cire, poupée de son par France Gall
  4. SUÈDE : Absent friend par Ingvar Wixell
  5. FRANCE : N’avoue jamais par Guy Mardel
  6. ALLEMAGNE  : Paradies, wo bist du ? par Ulla Wiesner
  7. BELGIQUE : Als het weer lente is par Lize Marke
  8. SUISSE : Non, à jamais sans toi par Yovanna
  9. IRLANDE : Walking the streets in the rain par Butch Moore
  10. MONACO : Va dire à l’amour par Marjorie Noël

Lanterne rouge : FINLANDE : Aurinko laskee länteen par Viktor Klimenko

            Voilà pour mon Top 10 personnel… et pour mon bon dernier 😛 J’attends vos classements avec impatience dans les commentaires ci-dessous (date limite : samedi 7 septembre à 23h59). Merci d’avance pour votre fidélité et votre contribution !

RÉSULTATS DES VOTES : Le record de participants a été pulvérisé cette semaine puisque nous avons été 25 à voter ! ! ! Comme pour les éditions précédentes, le vainqueur a été largement élu, et même si l’écart est grand, son dauphin est tout aussi indiscutable. En revanche, la 3° place a été à nouveau très disputée.

18. Danemark : For din skyld par Birgit Brüel : 10 points de 3 votants (maximum 5 points) – 11 places par rapport à Naples ! ! !

17. Belgique : Als het weer lente is par Lize Marke : 18 points de 4 votants (maximum 12 points de Juju) – 2 places mais plus dernière

16. Finlande : Aurinko laskee länteen par Viktor Klimenko : 25 points de 5 votants (maximum 8 points) – 1 place mais plus dernière

15. Norvège : Karusell par Kirsti Sparboe : 26 points de 7 votants (maximum 5 points) – 2 places

14. Monaco : Va dire à l’amour par Marjorie Noël : 36 points de 11 votants (maximum 8 points) – 5 places

13. Suisse : Non, à jamais sans toi par Yovanna : 42 points de 11 votants (maximum 8 points) – 5 places

12. Portugal : Sol de inverno par Simone De Oliveira : 48 points de 11 votants (maximum 10 points) + 1 place

11. Allemagne : Paradies, wo bist du? par Ulla Wiesner : 57 points de 10 votants (maximum 8 points) + 4 places

10. Pays-Bas : ‘T is genoeg par Conny Van den Bos : 62 points de 14 votants (maximum 10 points) + 1 place

9. Suède : Absent friend par Ingvar Wixell : 76 points de 15 votants (maximum 10 points) + 1 place

8. Italie : Se piangi, se ridi par Bobby Solo : 80 points de 14 votants (maximum 10 points) – 3 places

7. Espagne : ¡ Qué bueno, qué bueno ! par Conchita Bautista : 83 points de 18 votants (maximum 12 points de Gaël) + 8 places ! ! !

6. Royaume-Uni : I belong par Kathy Kirby : 113 points de 21 votants (maximum 12 points de Sakis et Betty) – 4 places

5. Autriche : Sag ihr, ich laß sie grüssen par Udo Jürgens : 115 points de 19 votants (maximum 10 points) – 1 place

4. Yougoslavie : Čežnja par Vice Vukov : 129 points de 19 votants (maximum 12 points de Yom, Minsk, Florian et Francis) + 8 places ! ! !

3. Irlande : Walking the streets in the rain par Butch Moore : 136 points de 23 votants (maximum 12 points de RV, Pauline et Yvonne) + 3 places

2. France : N’avoue jamais par Guy Mardel : 157 points de 21 votants (maximum 10 points) + 1 place

  1. Luxembourg : Poupée de cire, poupée de son par France Gall : 237 points de 24 votants (maximum 12 points de Jérémie, Garfieldd, Pauly, Taron, Arnaud, Phileurophage, Duncky, Zipo, Rem, Lolotte, Denez, Augures, Pascal et Marie) score identique

Comme pour l’édition précédente, nous couronnons pour la 3° fois un pays déjà vainqueur de nos rétrospectives : le Luxembourg. En vrais chauvins, nous plaçons la France deuxième (soit un 9° Top 5 consécutif ! ! !) devant l’Irlande pour sa première participation.

Encore une fois, de grandes disparités entre notre classement et celui de 1965 avec les superbes remontées de l’Espagne et de mon chouchou yougoslave (j’en ai presque les larmes aux yeux pour ce fantastique chanteur qu’était Vice Vukov).

Pour la première fois, nous classons le Danemark dernier (avec le plus grand écart jamais enregistré entre le classement officiel et le nôtre)… grâce à Juju, qui a évité à la Belgique la honte d’être lanterne rouge, comme il avait évité un score vierge à la Norvège pour l’édition 1963. Juju, le sauveur des causes perdues 😛