Hello, chers lecteurs de l’EAQ ! ! !

            Laissons derrière nous le Concours 2020 et son cortège de déceptions, et tournons-nous vers l’avenir : l’édition 2021 qui doit se tenir à Rotterdam. 41 pays en lice – peut-être plus, peut-être moins ? – cela ouvre la porte à tous les espoirs, et en particulier de voir concourir des artistes que l’on rêverait de voir fouler la scène de la plus grande compétition musicale d’Europe. Permettez-moi donc de vous faire découvrir un chanteur qui me bouleverse dès qu’il ouvre la bouche : Vitold Petrovskyi.

            Né le 27 février 1986 à Sosnovo-Bor, une petite ville de garnison située dans la région de Moscou, Vitold n’a rien d’un enfant de la balle. Ses parents sont d’origine très modeste puisque son père est militaire et sa mère, confiseuse (chanceux petit garçon). Quelques années plus tard, la famille déménage pour Kolomna, une ville un peu plus grande, mais la mésentente est là et le couple divorce alors que Vitold est encore tout jeune. Il est confié avec son petit frère Evgenyi à ses grands-parents, qui vivent à Jytomyr, dans l’ouest de l’Ukraine. C’est là que le petit garçon commence à pratiquer le chant, au Centre de Créativité pour la Jeunesse.

Jytomyr, en Ukraine

Zhytomyr city, Ukraine travel guide

            Il participe à sa première compétition alors qu’il n’a que dix ans lors d’un concours local. Mais c’est en 1999 qu’il réussit à (presque) convaincre les jurys en se classant 2ème du festival pour enfants Mes Talents. Dans les mois qui suivent, il remporte le Festival International de la Chanson Perle de Crimée et termine 2ème de son premier concours télévisé, Étoiles sur Scène, à Kiev.

            Son baccalauréat obtenu, Vitold entre à l’Université Musicale de Kiev – où il n’y a pas de département de chant ! Il y reste deux ans, puis revient à Kolomna, où il obtient un diplôme de l’École de Musique. Également passionné par le sport, il pratique la boxe, le football et le karaté Kyokushin – art martial qui prendra une telle importance dans sa vie qu’il garde encore aujourd’hui la tresse typique des samouraïs japonais. Ceinture noire 1er dan de la discipline, il décroche d’ailleurs en 2009 la première place de sa catégorie dans un tournoi de karaté.

Très souple, Vitold :O

Фото: Vitold Petrovskiy / Кадр из «Vitold Petrovskiy» (1986) #3435097

            Vitold Petrovskyi commence sa carrière dans la musique dès 2007. Il participe en effet à Longue Vie à la Muse, un programme mis en place par le musicien russe Oleg Mityaev où chacun doit chanter des textes du grand poète Pouchkine sur des musiques du compositeur David Tukhmanov. Puis, il accompagne son mentor pendant trois ans sur les routes de Russie et des pays limitrophes. Remarqué par les professionnels, il se voit remettre en 2009 le Prix Artistique de Tsarskoye Selo juste avant de participer au casting de l’émission L’Abri des Comédiens. Il enchaîne avec une série de concerts donnés au Club Cinéma du réalisateur Eldar Riazanov.

            Membre depuis 2007 du groupe de rap DLS (au sein duquel il écrit les textes des chansons et compose les musiques), il apparaît également dans la bande originale du film Tikhaya Zastava, de l’acteur Sergey Makhovikov. L’année suivante, il interprète le rôle de Kai dans une comédie musicale, Cœur de Glace, adaptée du conte d’Andersen La Reine des Neiges.

Le film dans lequel on l’entend chanter

Tikhaya Zastava - The Internet Movie Plane Database

Mais à la même époque, Vitold traverse une passe très difficile. Son épouse Tatyana, qu’il a rencontrée alors qu’ils avaient quatorze ans, ne supporte plus les absences de son mari, et décide de demander le divorce après seulement un an de mariage. Un malheur n’arrivant jamais seul, la jeune femme se découvre une maladie très grave, et Vitold décide d’interrompre sa carrière pour ne plus s’occuper que d’elle. Peine perdue, elle succombe à la maladie quelques semaines après la disparition d’Evgenyi, le petit frère de Vitold. Frappé de plein fouet par cette succession de tragédies, Vitold Petrovskyi jure qu’il ne chantera plus que pour sa défunte épouse – ce qui va transparaître dans chacune de ses prestations dès 2013.

            C’est en effet à cette date qu’il participe sur la chaîne Russia – 1 à l’émission Son Direct, qui lui apporte la célébrité. Les téléspectateurs lui attribuent le Prix du Public, ce qui le convainc de participer un an plus tard à Artist, l’équivalent russe de Rising Star. Julia Savicheva (représentante de son pays au Concours 2004) siège dans le jury et avouera avoir été bouleversée par le jeune homme, ‘’qui chante plus avec son cœur qu’avec sa voix’’.

            Le succès ne se démentira plus – ou presque. Demi-finaliste en 2015 de The Voice Russie saison 4 (dont l’un des coachs est Polina Gagarina, deuxième du Concours Eurovision cinq mois plus tôt), il poursuit jusqu’à la finale l’aventure suivante, celle du X Factor ukrainien, où il est le favori du public selon plusieurs sondages. Mais c’est Sevak Khanagyan (futur candidat arménien au Concours 2018) qui l’emporte.

            Définitivement reconnu comme un grand interprète, il se voit offrir par Radio 1 une rubrique chaque mardi, Rendez-vous avec Vitold, où il évoque musiciens et poètes de la région de Moscou. Il présentera 25 chroniques de juillet 2016 à janvier 2017. Son premier single, Pamyat’ iz proshlogo, est publié en octobre 2016. Depuis, il sort régulièrement singles et albums, participe à de nombreuses émissions de radio ou de télé, et se produit sur scène tout au long de l’année.