Eurovision Party 2018 à Londres : compte rendu et sondage

Ce jeudi 5 avril, a donc eu lieu le deuxième des euroconcerts intermédiaires : l’Eurovision Party de Londres. Comme pour la PreParty de Riga, voici la compilation des prestations, grâce à nos amis d’EscKaz. J’y ai ajouté mes petits commentaires personnels (qui n’engagent que moi), en me montrant plus concis pour les artistes déjà entendus à Riga. Vous noterez qu’Eugent Bushepa n’a pu se déplacer.

Australie – Jessica Mauboy – We Got Love – deuxième demi-finale

Le positif : Jessica a pris la peine de se déplacer jusqu’à Londres. Cela prouve son engagement et sa motivation. Et l’on voit clairement qu’elle est heureuse d’être là. Respect ! Là-dessus, elle communie bien avec le public et donne vie à son morceau. Présence scénique, sourire, charisme, tout y est. WGL est clairement un morceau de scène. En studio, c’est appréciable, mais un brin linéaire. En direct, cela prend vie et emporte les spectateurs.

Le négatif Côté vocal, ce n’est pas encore le nirvana. Le début manque de puissance, le final donne dans la fausse note. Le mitant est plus réussi. Tout se jouera dans la constance pour Jessica. Je ne suis pas non plus fan de ses mimiques. La grimace faciale « je-suis-tellement-heureuse-et-humble-et-reconnaissante-que-j’en-chialerais-devant-vous » m’a fait lever les yeux au ciel. Néanmoins, détails que tout cela. À Lisbonne, avec la mise en scène de SJB, la présentation devrait être plus télégénique.

Conclusion : Trois minutes australiennes appréciables. À mon sens, Jessica devrait se qualifier en finale et finir à une belle place. Pour aller plus loin, il manque à WGT un grain de folie, du piment, de l’originalité, bref un truc en plus. Le morceau est trop lisse et consensuel.

Autriche – Cesár Sampson – Nobody But You – première demi-finale

Le positif : Quelle voix ! Voilà ce qui retient immédiatement l’attention : la voix grave, chaude, magnétique de Cesár. Le chanteur livre une impeccable prestation vocale, quasi identique à la version studio (malgré des conditions phoniques et techniques plutôt médiocres). La délégation autrichienne peut dormir sur ses deux oreilles : Cesár portera avec honneur les couleurs autrichiennes. NBY est un excellent morceau, solide, efficace, porteur. Bref, l’Autriche tient le bon bout.

Le négatif : Cesár a intérêt à se trouver des choristes de premier ordre pour porter le refrain. C’est mon seul doute actuel. Quant au reste, NBY est comme If Love Was A Crime ou Beautiful Mess : cette chanson n’a pas besoin d’une mise en scène renversante ou d’accessoires dingos pour s’imprimer dans les mémoires.

Conclusion : Voilà qui mériterait clairement la finale. NBY opère une subtile synthèse entre gospel et contemporain, de quoi plaire à beaucoup. Cesár est l’un des meilleurs interprètes masculins de l’année. À mon sens, il jouera sur du velours à Lisbonne. Une belle présentation visuelle et le tour sera joué.

Allemagne – Michael Schulte – You Let Me Walk Alone – finale

Le positif : Un autre interprète de qualité, pour une autre prestation vocale impeccable. Ces trois minutes égalent celles de la finale allemande. Michael est intense dans son interprétation. L’on sent l’authenticité, le vécu, l’émotion. L’on sent que tout cela vient du cœur. YLMWA est un beau morceau, touchant, qui émouvra tous ceux qui ont perdu leur père ou qui aime fort le leur. Clairement, l’Allemagne joue la carte du message et des sentiments. C’est beau et cela les sauvera d’une nouvelle dernière place.

Le négatif : Formellement, il n’y a rien à reprocher à Michael, ni à YLMWA. Un chanteur de talent, une ballade qui met la larme à l’œil… Et pourtant, je m’ennuie vaguement durant trois minutes. Inexplicable, car, vous le savez, j’adore la ballade lituanienne, qui est du même acabit. Mais ici, non. Pourtant, j’aime mon père…. Mystère des goûts et des couleurs…

Conclusion : Heureusement pour Michael et pour l’Allemagne, je ne suis pas le seul à voter. YLMWA trouvera son public. L’Allemagne peut espérer une place acceptable en finale. Moi, j’attendrai patiemment le pays suivant. Vous, si vous aimez, votez. Comme ça, tout le monde sera content.

République Tchèque – Mikolas Josef – Lie To Me – première demi-finale

En voilà un par contre pour qui je dépenserai tout mon forfait ! À condition qu’il se donne la peine de chanter durant ses trois minutes lisboètes… Ici, Mikolas nous offre le minimum syndical. Sa prestation londonienne n’entrera pas dans les annales de l’Eurovision. C’est d’une désinvolture… Et puis, ce sac à dos… LTM atteint la perfection pop et Mikolas est un remarquable interprète… quant il s’en donne la peine. Bref : attention à ne pas céder à la facilité, à croire que tout est acquis. La première demi-finale n’admettra aucune erreur, aucun relâchement, aucune insouciance. Mais enfin, j’imagine que Mikolas est venu à Londres pour s’amuser et profiter de sa soirée, et qu’à Lisbonne, il sera au sommet de son art.

Danemark – Rasmussen – Higher Ground – deuxième demi-finale

Le positif : Rasmussen est décidément habité par sa chanson. Encore un artiste en parfaite adéquation avec son morceau. Par ailleurs, une excellente prestation vocale, du niveau de la version studio. Meilleure même que celle de la finale danoise, où Rasmussen semblait nerveux (mais qui ne l’était pas, ce soir-là ?). Quant à HG, c’est typiquement le genre de morceau qui prend vie dans les conditions du direct et qui emporte le public dans la salle et devant ses écrans.

Le négatif : Rien à redire quant à Rasmussen. Il est professionnel en tout aspect. Certes, il surjoue un peu le côté « Viking-viril-qui-se-lave-tous-les-matins-à-l’eau-froide », mais cela colle au morceau. Justement, le morceau. C’est du Roger Pontare à peine remis au goût du jour. HG a été écrit en pensant au Melodifestivalen. Cela s’entend : c’est de la musique suédoise télévisuelle. Sorti de la bulle de l’Eurovision, HG n’aurait aucune chance de survie commerciale.

Conclusion : Si le sort l’avait placé dans la première demi-finale, Rasmussen aurait galéré du drakkar pour se qualifier. Dans la deuxième demi-finale, un vent de votes devrait lui gonfler les voiles. À mon avis, nous retrouverons le Danemark en finale. Ce seront trois minutes très eurovisionesques, mais à mes yeux, peu pertinentes sur le plan musical. Un plaisir d’eurofan, qui touchera quelques lambdas supplémentaires. Attendez-vous à le voir resurgir dès le lendemain dans les bêtisiers, en mode « les-Danois-envoient-un-Viking-l’Eurovision-n’est-qu’un-cliché ».

France – Madame Monsieur – Mercy – finale

Je ne m’étais encore jamais exprimé publiquement sur nos représentants français et leur morceau. C’est donc le moment de vérité.

Le positif : Tout d’abord, la chanson. Mercy est une composition pile-poil dans l’air du temps. C’est contemporain, bien produit, authentique, issu d’une collaboration harmonieuse. Trois excellentes minutes doublées d’un message. Et vous le savez : désormais, à l’Eurovision, le message, le symbole, l’enjeu sociétal est tout. Dans cette perspective, Mercy coche toutes les cases et devrait plaire au plus grand nombre. Ensuite, Madame Monsieur. Deux grands artistes, tout aussi authentiques et dans l’air du temps que leur chanson. Excellente prestation vocale, égale aux précédentes et à la version studio. Et là aussi, supplément d’âme indispensable : ils s’aiment et cela se voit. Les deux aspects réunis, il y a de quoi emballer des jurés portugais, des ménagères ukrainiennes, des prépubères maltais, des retraités géorgiens et des bobos néerlandais. Sans compter l’ensemble des eurofans, des francophones, des francophiles et des lambdas qui votent pour faire passer un message au monde.

Le négatif : Je ne vois rien à reprocher, ni à enlever à ces trois minutes. À nouveau, Mercy est une proposition qui se tient toute seule. Nul besoin d’artifice, de réalité augmentée, de mise en scène élaborée, de costumes pailletés, ni de roue de hamster.  C’est eurovisionesquement parfait. Vous me direz : il y a un « mais ». Bien entendu ! C’est cependant un « mais » tout personnel : je trouve les paroles sentimentalistes et vaguement cucul… Voilà, voilà…

Conclusion : À titre personnel, je ne voterai donc pas pour la France, parce que Mercy suscite en moi un inexplicable embarras. J’en suis pourtant intimement et profondément convaincu : c’est là la chanson gagnante de cette année. Oui, plus le temps passe, plus cette évidence s’impose à mes yeux : la France a la main sur le Micro de Cristal. Mercy porte un message universel. Or, le public de l’Eurovision s’est révélé fort sensible, par le passé, à cet aspect du Concours. Bref, les étoiles me semblent alignées pour une victoire française.

Finlande – Saara Aalto – Monsters – première demi-finale

Le positif : Après sa très réussie prestation à la finale lituanienne, Saara rassure ses fans. Oui, elle est capable de chanter son morceau sans faiblesse, ni fausse note. Elle nous offre ici trois minutes d’excellente facture vocale. Cette part-là du contrat est remplie. L’autre l’est également : Monsters est un très bon morceau, contemporain, entraînant, mémorable. Bref, trois minutes réjouissantes et bien fichues, qui permettront à la Finlande de redorer son blason.

Le négatif : Curieusement, je ne suis pas fan des danseurs nus. Cela hurle trop « cliché gay ». C’est d’ailleurs un écueil que j’éviterais. Oui, Monsters est destiné au public LGBT. Mais il ne faudrait pas s’y limiter. La présentation aurait avantage à jouer l’universalité. À nouveau, comme à la finale lituanienne : sobriété, efficacité, modernité.

Conclusion : Avec Saara et Monsters, la Finlande joue sa meilleure carte au Concours depuis 2014.  Une fois encore, il y a la chanteuse, le morceau et l’histoire derrière. Le parcours personnel et professionnel de Saara, sa popularité établie dans les pays scandinaves et anglo-saxons, son professionnalisme et son expérience, le message véhiculé porteront l’ensemble en finale, selon moi. Et dans ce cas, une bonne place devrait suivre.

Saint-Marin – Jessika & Jenifer – Who We Are – deuxième demi-finale

Le positif : Jessika est une autre représentante investie dans son rôle et son morceau. Elle livre ici une prestation scénique intense et habitée. L’on sent qu’elle réalise le rêve de sa vie et qu’elle se livre toute entière. De même, Jenifer impressionne par ses capacités vocales. Toutes deux semblent en harmonie. Quant à WWA, c’est l’un des meilleurs morceaux proposés par Saint-Marin à l’Eurovision…

Le négatif : …ce qui n’est pas très difficile, vu le niveau des dernières propositions de la Sérénissime République. Soyons francs quant au reste : l’ajout du rap et de Jenifer est une idée idiote, qui détruit l’équilibre de WWA et le tire vers le bas. Notez que cela n’aurait pas mieux marché avec Irol… Bref, un beau gâchis musical. Quant à Jessika, vocalement, elle s’égare. Au lieu de vouloir passer en force, de se briser la voix et de se contorsionner sur scène comme si elle était à Saint-Médard, elle devrait en revenir à plus de sobriété et de statisme. Cela lui permettrait de mieux contrôler sa justesse et d’éviter les brisures et les fausses notes.

Conclusion : Ce 1 In 360 aura décidément été une opportunité manquée. Wiwibloggs a souligné dans un article très intéressant (et sur lequel Pascal avait attiré votre attention) que cette sélection saint-marinaise avait été parasitée par l’amateurisme et les conflits d’intérêt. En voilà le résultat : trois minutes cacophoniques qui passeront à la trappe en demi-finale. Alors qu’il y avait, rappelons-le, de quoi offrir au micro-état le meilleur résultat de son histoire. Dramatique…

Lituanie – Ieva Zasimauskaite – When We’re Old – première demi-finale

Ieva demeure constante dans ses prestations. Elle excelle à nouveau, comme elle avait excellé à la sélection lituanienne et à l’euroconcert de Riga. À les réécouter à la suite, la parenté entre sa ballade et la ballade allemande est frappante. Mystère du cœur, de l’oreille et de l’âme, ce sont Ieva et WWO qui m’enchantent et me captivent. Par contre, je n’en démords pas : elle devrait conclure sa chanson en anglais et pas en lituanien. Reste la question de la qualification… Difficile à dire… À y réfléchir, je dirais « non », à mon grand regret.

Monténégro – Vanja Radovanovic – Inje – deuxième demi-finale

Le positif : Vanja est un interprète professionnel et expérimenté. Il le prouve, avec cette prestation assurée et solide. Il y croit, on y croit. Inje est une belle ballade balkanique, sortie du moule classique, une formule qui a fait ses preuves. Bref, trois minutes honnêtes et bien tournées dans leur genre…

Le négatif : …mais qui n’apportent rien de rien, ni à la musique, ni à l’Eurovision. C’est anti-remarquable au possible. Certes, une formule éprouvée, hélas, usée jusqu’à la corde. Et Inje, loin d’apporter un renouveau, enfonce une porte ouverte. Quant à Vanja, il lui manque une étincelle dans le fond de l’œil, un je-ne-sais-quoi qui donnerait envie de décrocher son téléphone.

Conclusion : 2018 ne sera pas l’année du Monténégro. Le pays viendra à Lisbonne, Vanja chantera son morceau avec son talent habituel et puis, l’on n’en parlera plus. Rendez-vous l’année prochaine, si possible avec une production dans l’air du temps…

Espagne – Alfred & Amaia – Tu canción – finale

Le positif : Nouvelle prestation touchante de nos amoureux espagnols. Ils sont émouvants et ont l’air de beaucoup s’aimer. Il y a de la grâce, de l’innocence, de la pureté dans l’union de leurs voix, dans leur communion musicale. TC est une belle ballade en espagnol, un genre et une langue qui ici réunis, font mouche. À nouveau, ils y croient et on y croit. L’Espagne a elle-aussi une belle carte à jouer cette année. Tout comme l’Allemagne, elle devrait éviter le fond du classement.

Le négatif : Sur le plan vocal, Alfred reste un cran en-dessous d’Amaia. L’attraction musicale ressentie est plutôt le fait de cette dernière. Mais, évidemment, toute la dynamique repose sur leur complicité… Quant à TC, ce n’est guère une proposition soufflante et révolutionnaire. C’est gentillet et propret, sans plus.

Conclusion : Objectif « partie gauche du tableau ». Selon moi, c’est ce à quoi doivent tendre nos amis Espagnols, pour laver l’affront de l’an dernier et amorcer une transition constructive envers le Concours. Avec Alfred et Amaia, ils y arriveront. Je gage que bien des ménagères, des retraités et des prépubères seront émus par notre duo et leur histoire. Moi, je reste un peu sceptique quand même… Comme pour la chanson allemande, en fait, que je placerais dans le même panier.

Pologne – Gromee & Lukas Meijer – Light Me Up – deuxième demi-finale

Le positif : Vocalement, c’est mieux qu’à la finale polonaise. Musicalement, c’est léger, dansant, difficilement résistible. Lukas est en communion avec le public et donne le meilleur de lui-même. Trois minutes polonaises enjouées, un petit rayon de soleil musical qui n’effraie, ni ne rebute.

Le négatif : C’est léger, très léger. Lukas n’est pas l’interprète de l’année. Sa prestation demeure sur le fil. Gromee fait de la figuration. Douloureux, car des deux, c’est lui le véritable talent. Quant à LMU, cela reste un morceau impersonnel, sans profondeur émotionnelle, ni audace stylistique.

Conclusion en première demi-finale, la Pologne n’aurait eu aucune chance. En deuxième, elle pourrait tirer son épingle du jeu. Avec une bonne présentation visuelle, la qualification me semble possible. Mais en finale, il ne faudra demeure modeste. Un fond de classement ne m’étonnerait pas.

Suède – Benjamin Ingrosso – Dance You Off – deuxième demi-finale

Le positif : Décidément, les Suédois savent y faire en matière d’Eurovision. DYO est délicieusement imparable. Voilà un morceau a priori anodin, mais qui vous cueille et vous captive dès ses premières notes. Arrivés au refrain, vous êtes cuits et refaits ! Là-dessus, Benjamin surjoue la sensualité groove. Et ça marche, bon Dieu, qu’est-ce que ça marche ! Ce déhanché, ce tombé de veste, l’on aurait bien envie de le croquer. Niveau vocal, rien à redire, c’est du niveau de la finale suédoise. Notez par-dessus le marché que cela se tient, même sans la présentation visuelle innovante du Melodifestivalen.

Le négatif : Il y a beaucoup de facilités dans ces trois minutes. Heureusement, cela ne verse jamais ni dans la vulgarité, ni dans l’indigence. À part cela, je n’ai rien à reprocher à cette contribution suédoise 2018.

Conclusion : Business as usual pour la Suède… Trois minutes dans la continuité de 2015, 2016 et 2017. La qualification ne sera qu’une formalité administrative. Une cinquième place ne m’étonnerait même pas. Christer Björkman s’en sort bien au final, au vu du niveau affligeant de cette édition du Melodifestivalen. Je ne vois pas DYO gagner, mais je gage que la chanson connaîtra un beau succès commercial après le Concours.

Suisse – Zibbz – Stones – première demi-finale

Le positif : Notre duo fraternel était décidément le meilleur choix possible pour la Suisse. Leur énergie et leur présence scénique sont ici confirmées. Excellente prestation vocale, bonne communion avec le public, autre morceau qui prend vie et ampleur en direct. Stones est une très bonne chanson, actuelle et bien produite. Vraiment, tout est parfait à mes yeux…

Le négatif : …hormis le fait, extérieur et non intrinsèque, que la Suisse passe en première demi-finale. C’est là un obstacle majeur. Zibbz se serait facilement démarqué dans la deuxième et aurait pu prétendre à la qualification. En première, entre Elina, Netta, Sennek et les autres, ce sera chaud bouillant. Et c’est dommage vraiment, car il s’agit de la meilleure proposition suisse depuis Sebalter.

Conclusion : La poisse. Je ne vois que ce mot-là pour résumer la Suisse à l’Eurovision. La guigne, la déveine, la scoumoune semblent la poursuivre. C’est d’autant plus vrai cette fois-ci. La Confédération mériterait, selon moi, mille fois plus la finale que l’Azerbaïdjan, la Biélorussie et l’Arménie. Zibbz et Stones forment une proposition solide et convaincante. Je voterai pour eux en âme et conscience, avec l’espoir fou qu’ils parviennent en finale.

Bulgarie – Equinox – Bones – première demi-finale

Voilà une prestation difficile à évaluer. Je suis perdu à titre personnel. Soit toutes les voix sont interprétées en direct du début à la fin et nous tenons un très sérieux candidat à la victoire. Soit il y a du play-back là-dessous et nous tenons un éliminé surprise. J’ai lu de très nombreux avis contradictoires à ce sujet. Moi, j’entends et je vois du play-back partiel, spécialement de la part de Zhana. Dans le doute, je m’abstiens de poser un avis définitif. Nous verrons lors du prochain euroconcert.

Royaume-Uni – SuRie – Storm – finale

Le positif : SuRie est l’attraction principale de ces trois minutes. Voilà une interprète brillante, qui mérite vraiment d’être cette année sur le devant de la scène. Sa voix est captivante, au-delà de sa personnalité désopilante. La chanteuse livre ici une nouvelle prestation parfaite, aussi excellente que lors de la finale britannique.

Le négatif : SuRie a gagné son ticket pour Lisbonne, grâce à sa voix, sa maîtrise, son charisme. Juste pour cela, car sa chanson est d’une banalité affligeante. C’est un copier-coller de clichés eurovisionesques entendus mille fois. La version définitive n’élève en rien un ensemble qui entre par une oreille et ressort par l’autre. Le talent de SuRie aurait mérité un morceau épique et mémorable comme… City Lights, justement. Là, là, elle aurait pu prétendre au podium.

Conclusion : Si seulement Asanda avait eu l’expérience et la bouteille de SuRie. Si seulement SuRie avait eu un morceau aussi marquant que Legends. Mais impossible de réécrire l’histoire de l’Eurovision… Quant à moi, je trouve que SuRie est une candidate parfaite à tout égard et que Storm est un morceau taillé pour le fond du classement. Ni originalité, ni authenticité, ni dernière place tout de même. Je pronostiquerais une vingtième place. Nos amis Britanniques hurleront encore que c’est la politique qui s’en sera mêlée. Non, juste non. C’est juste que la BBC est infoutue d’apparier de bons interprètes et de bonnes chansons.

Islande – Ari Ólafsson – Our Choice – première demi-finale

Le positif : Ari est, comme SuRie et à la différence d’Equinox, capable d’interpréter son morceau à la perfection, à la demande. Il l’avait prouvé durant la sélection islandaise et à la finale lituanienne. Il le prouve à nouveau ici. Sa prestation vocale est parfaite, équivalente à la version studio. Ari pousse l’aigu à merveille. Il est habité par son morceau, il ouvre son cœur et s’impose comme un chanteur de premier plan.

Le négatif : Hélas, OC ne vaut pas tripette. C’est une ballade datée et sans intérêt, déjà entendue mille fois à l’Eurovision. La musique est sans relief, les paroles sont absolument non remarquables. Bref, un immense talent au service d’une toute petite chanson. L’ensemble se fera dévorer tout cru dans cette première demi-finale digne des jeux du cirque.

Conclusion : Rageant ! Oui, c’est rageant de voir des interprètes aussi remarquables être escamotés parce que leur morceau est anti-compétitif. Si seulement Ari avait eu entre les mains un autre Beautiful Mess ou un autre City Lights ! Quant à l’Islande, elle a définitivement perdu son mojo eurovisionesque. La RÚV a intérêt à repartir d’une page blanche l’an prochain et à se livrer à toutes les audaces. Sinon, sa traversée du désert se poursuivra éternellement.

Irlande – Ryan O’Shaughnessy – Together – première demi-finale

Le positif : Ryan en est un autre, un autre de ces chanteurs talentueux, taillé pour la scène, le direct et la compétition. Il démontre à nouveau en trois minutes l’ampleur de ses capacités vocales. Sa prestation est excellente, professionnelle de bout en bout. Il est habité, inspiré et inspirant. Un très bon choix sur le plan artistique et vocal.

Le négatif : L’on ne pourra pas en dire autant de sa chanson, une autre ballade tiède et rebattue. L’Irlande se contente une fois encore du service minimum, reprenant une formule musicale qu’elle a usé jusqu’à la trame. Certes, cela a marché pour eux par le passé, mais en 2018, le public aspire à de la surprise, de la nouveauté, de l’audace ou alors à de l’émotion profonde, de l’authenticité brute, de la douleur magnifiée. Ce qui confondant est que cette proposition irlandaise 2018 ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de l’an dernier, qui s’est vautrée lamentablement. Pourquoi persister alors dans cette voie ?

Conclusion : Comme Ari, Ryan fera partie des victimes sacrificielles de la première demi-finale. C’est extrêmement dommage en ce qui le concerne, car il est un artiste doué et méritant. Hélas, c’est inévitable en ce qui concerne sa chanson, un verre d’eau tiède insipide et fort peu excitant. La RTÉ a perdu, elle aussi, sa boussole en matière d’Eurovision. Si j’étais cynique, je leur dirais d’appeler Symphonix International…

Conclusion

Le niveau vocal est décidément excellent cette année. Ce qui nous donne un autre euroconcert fort réussi. Les candidats issus de sélections nationales ont reproduit pour l’essentiel leur prestation gagnante. Saara s’est montrée meilleure qu’à l’UMK, un grand point en sa faveur. Des candidats issus de sélections internes, Cesár et Ryan impressionnent. Jessica, moins.  Bref, voici mon classement personnel !

Médaille de bronze : Saara, pour l’efficacité, le plaisir sans arrière-pensée, un peu pour elle en tant que personne. Trois minutes eurovisionesques drolatiques et imparables.

Médaille d’argent : Benjamin, sensiblement pour les mêmes raisons : efficacité, plaisir, personne. Trois autres minutes qui m’emballent, me font rire, danser et aimer l’Eurovision.

Médaille d’or : Cesár, pour la voix, le charisme, le professionnalisme, la profondeur du morceau, la qualité de l’interprétation, bref pour tout. Trois minutes de paradis eurovisionesque personnel.

Hors catégorie : Madame Monsieur. C’est eux ! C’est eux ! C’est eux qui vont gagner ! Je ne vois personne d’autre… Je les vois d’autant plus gagner qu’ils sont loin d’être mes favoris. Et si ça, ce n’est pas un sérieux indice…

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À votre tour de vous exprimer !

 

Selon vous, qui a accompli la meilleure prestation à cette Eurovision Party de Londres ?

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(29 commentaires)

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  1. J’ai exactement le meme avis que pauly la france n’est pas du tout mon favori (14 eme dans mon classement) mais je sens qu’elle va gagner, vraiment j’ai ce pressentiment c’est tres etrange et ce n’est meme pas du chauvinisme ! Cela m’avais fait la meme chose l’année derniere avec le portugal que je classais dernier mais dont je sentais la victoire !

  2. J’adore toujours autant Benjamin Ingrosso et sa chanson que j’ai glissée dans une soirée récemment et tout le monde s’est mis à danser et a demandé c quoi ce morceau si cool ? Sinon je suis pas déçu par Cesar il chante super bien j’espère qu’il sera en finale.
    Madame Monsieur confirme leur aisance sur scène et devrait leur permettre de finir haut. Côté BM c’est la Bulgarie qui semble avoir profité de ce concert londonien car ils reviennent en 4e. Mention pour le duo suisse qui mérite vraiment d’aller en finale.

  3. Non, ce n’est pas possible qu’Equinox ait chanté en playback, c’est beaucoup trop bon pour que ça le soit.

    D’ailleurs, en ce qui concerne Mikolas pour sa performance, je pense qu’il a profité de ce moment pour se lâcher et faire plaisir aux fans présents. Mais il suffit de voir sa performance à la finale nationale ukrainienne pour se rendre compte qu’il est capable de faire plus.

  4. Pourvu que tu dises vrai Pauly!
    J’aimerais tellement connaître l’euphorie d’une victoire française.
    Je suis un peu comme toi, il y a quelque chose qui se passe avec cette chanson.
    Ce serait fou quand même qu’on gagne avec une chanson avec laquelle on ne donnait pas une chance de victoire au départ juste un éventuel bon classement.

  5. J ai envie de voir la France gagné de mon vivant ce serait tellement formidable!!!!Tous à Paris en 2019!vous me mettez du beaume au coeur

  6. Du BONES au cœur je voulais dire…..Ou baume au cœur si vous préférez

  7. J’ai beaucoup de mal à croire à une victoire française mais si ca arrivait ce serait l’extase.

    J’ai déjà des idées pour situer l’Eurovillage (le parvis de l hôtel de ville de Paris par exemple. ).Mais une belle ville de province serait aussi très bien.

    Les MM sont de superbes représentants. Leur sincérité paiera.

  8. Puisque la Pythie de Bruxelles, assise sur son haut tabouret, nous a fait part de sa divination 🙂 Rendez-vous à Paris l’année prochaine ! Pascal, la place de l’Hôtel de Ville ne sera pas assez grande pour nous tous. Très bien pour le Red Carpet avec arrivée en voitures d’époque (ou au choix, en velib’ pour faire plaisir à Madame la Maire). Je propose plutôt l’esplanade de la Défense pour l’Eurovillage. La U arena est à peine à 500 mètres. Et pour finir l’EuroClub au Grand Palais. Voilà maintenant y a plus qu’à gagner le mois prochain…

    1. J’espère que si la France organise le concours l’an prochain elle ne le fera pas à Nanterre c tellement moche et glauque La Défense même si la U Arena est une belle salle. Je trouverai vraiment chouette en effet que Nice soit choisie ou une autre ville de province pour changer de toujours Paris

      1. Cher Elliot,
        Etant azuréen d’origine, j’aimerais tellement que Nizza la bella soit la prochaine destination de l’Eurovision. Malheureusement la ville n’est pas en mesure d’accueillir le concours pour le moment. A moins de foutre un toit à l’Allianz Riviera d’ici là. Au passage, Cannes l’a reçu deux fois il y a bien longtemps. Mais d’accord avec toi pour la province…

        1. C’est vraiment étonnant que Nice ne possède pas une arena type Bercy ou Nanterre c’est quand même une ville incontournable en France. Enfin on en est pas encore là si Madame Monsieur finit 4 ou 5e ça sera déjà superbe

            • KRIS.B on 7 avril 2018 at 21:25

            Il y a le Palais Nikaia mais il ne rentre pas vraiment dans les critères. 9000 places environ. Un grand « Zénith ». Apres il faut une coulisse assez vaste pour les show lodges et le centre de Presse attenant. Ca fait trop juste…

      • Jean Michel on 7 avril 2018 at 16:52
      • Répondre

      Un programme plus que réjouissant !! Le grand palais est tellement beau et grandiose…
      Et pour tout ça : il ne reste plus qu’à espérer avoir beaucoup… beaucoup de points !!

      1. En mai avec le festival de Cannes et le grand prix de Monaco en Formule 1, la Côte est déjà prise d’assaut et il manque une salle d’envergure.

        Je pense que la France (qui n’a plus organisé depuis 40 ans) voudra marquer le coup et choisira la capitale sauf si il y a déjà engorgement au niveau des événements. Ces dernières années, les capitales avaient été plébiscitées (exception faite de Malmo et Dusseldorf)

  9. – J’ai pris le temps d’écouter les prestations et comme pour Riga, je vais utiliser les symboles suivants pour donner mon avis : + si prestation meilleure que la chanson dans vidéo, = si prestation identique et ¤ si prestation moins bonne que dans la vidéo officielle. Comme le dirait Pauly, ce n’est qu’un jugement purement personnel !

    * AUSTRALIE : =
    * AUTRICHE : +
    * ALLEMAGNE : ¤
    * REP.TCHEQUE : ¤
    * DANEMARK : +
    * FRANCE : =
    * FINLANDE : +
    * ST MARIN : ¤
    * MONTENEGRO : =
    * LITUANIE : ¤
    * ESPAGNE : =
    * POLOGNE : ¤
    * SUEDE : =
    * SUISSE : +
    * BULGARIE : ¤
    * ROYAUME-UNI : +
    * ISLANDE : +
    * IRLANDE : =

    – Voilà mon ressenti après l’écoute complète des chansons interprétées à Londres. Mon podium des bonnes surprises hier soir sera celui-ci :

    1) AUTRICHE
    2) SUISSE
    3) ISLANDE

    – La Finlande et le Danemark ont fait aussi une excellente prestation.

    – Enfin je terminerai par un avertissement venant de mes proches qui ont écouté toutes les chansons : attention à l’Islande qui plait de plus en plus chez moi ! Selon huit de mes proches, l’Islande va créer la surprise en éliminant en demi-finale un des favoris ! Et quand je leur ai demandé lequel de ces favoris ils  » sacrifieraient « , ils m’ont répondu ( NB : je ne sais pas comment le dire car je sais que je vais en peiner beaucoup et notamment Pauly, alors je prends des pincettes ) : la Belgique !…

    ( PS : je tiens à préciser que je ne suis pas d’accord avec eux ! :non:)

  10. Les actions de la Belgique sont à la baisse ces derniers jours (et les côtes à la hausse) mais il suffira d’un bon live à Amsterdam pour améliorer tout ça.

    Concernant la Bulgarie, il y a clairement du play back sur une partie.

    Par contre, le début est très bien. Peut être Zhana était elle malade mais ca fait un peu désordre et ça me rappelle Jana la macédonienne 2017 et on sait comment ça a fini.
    Je suis un peu de parti pris car je ne suis pas fan de « Bones » je l’avoue….

  11. La France reste l’ enigme pour moi je suis ni pour ni contre mais quand le chanteur va sourire j’ espère que si ils gagnent le sourire sera au moins la …..L’Irlande reste une source magique et Ryan est un interprete formidable …Je voudrais vraiment le voir en Finale….Autriche iradie mon après midi il est tellement pro et trop beau et sa chanson incroyable….La bulgarie me rappelle un groupe qui fait fureur aux States les Pentatonix je rappelle l’histoire de ce groupe est un groupe vocal originaire d’Arlington au Texas, composé de cinq chanteurs : Kevin Olusola (en), Kirstin Maldonado, Mitch Grassi, Avi Kaplan1 (qui quittera le groupe en mai 2017) et Scott Hoying2, formé en 2011, avant les auditions pour l’émission The Sing-Off de la chaîne américaine NBC. Le groupe remporte cette 3e édition, avec un prix de 200 000 USD et un contrat chez Sony3,4.
    Les membres de Pentatonix ont gagné deux grammys dans la catégorie du meilleur arrangement instrumental ou a cappella, une première fois au cours de la 57e cérémonie des Grammy Awards pour Daft Punk5 et une deuxième fois au cours de la 58e cérémonie des Grammy Awards pour Dance of the Sugar Plum Fairy6. Ils remportent, en collaboration avec Dolly Parton, leur troisième Grammy pour leur reprise de Jolene au cours de la 59e cérémonie des Grammy Awards. Leur musique est un mix pareil mefions nous des bulgares…C’est eux que je miserais pour une surprise…Pour le reste simple et efficace pour l’Australie et la Finalnde….Le suedois j’ adore et voila ….Islande est un ennui total comme San Marin….Et Angleterre est une banalité sans nom….Erreur de casting pour moi tellement la jeune Asanda aurait fait un malheur…..

    Bon week end….

      • Eric 2604 on 7 avril 2018 at 19:20
      • Répondre

      Quand ils chantent Mercy, c’est pas une chanson à sourire bêtement… Regarde les interview, il est super souriant Jean-Karl… Je comprends que tu n’aimes pas la chanson mais rappelle toi Jamala avait aussi une chanson sans sourire car le texte était fort. Cela me dérangerait si ils souriaient sur le texte de Mercy…

      1. Je suis d’accord avec toi cette chanson ne peut pas se chanter en souriant cela serait totalement déplacé je ne comprends pas pourquoi certaines personnes veulent les voir sourire. En effet dans les interviews ils sont charmants et souriants.

      2. Mon cher Eric…

        Je crois que tu comprends pas ce que je veux dire ceux n’ est pas en rapport sur la chanson que je parle et aucun rapport avec le texte de Mercy et qui te dit que j’ aime ou pas la chanson ….Pour aimer un artiste j’ ai besoin de la représentation des dispositions de l’âme, des sentiments et des passions des artistes et des musiciens qui constitue pour moi l’une des quêtes majeures de l’art et de la musique . Le sourire, comme expression privilégiée de l’humeur et de l’esprit occupe donc une place particulière dans son histoire et dans ses œuvres musicale comment caracteriser un artiste sans une preuve de joie. Merci de m’ apprendre le prenom du groupe Monsieur Madame Jean Karl est trop sérieux pour moi tout simplement et ce mouvement singulier qui anime le visage pose de ce jeune chanteur cependant un certain nombre de problèmes. Il est, avant tout, difficile à caractériser. Il serait vain et fastidieux, vous en conviendrez, de tenter un inventaire de toutes ses formes ! Qu’il me suffise de rappeler que le sourire appartient aux anges comme au Malin, et chacun pourra imaginer toutes les nuances nécessaires à qui se risque à vouloir en saisir le mystère…de ce groupe qui va defendre la France.
        Il est, par ailleurs, difficile à représenter. Comment en effet ne pas en trahir la subtilité ? Comment en matérialiser la fugacité ? Comment, autrement dit, tailler cet imperceptible mouvement dans la pierre, le fixer au moyen de lignes et de couleurs ?

        Autant reprendre le programme poétique de Rimbaud et se donner pour objectif de « fixer des vertiges. » Et n’en déplaise à Charles Blanc, sa Grammaire des arts du dessin montrant comment utiliser la direction symbolique des lignes pour représenter les expressions du visage n’y suffit pas ! En effet, le sourire, contrairement au rire, ne se laisse pas apprivoiser si facilement. Ce presque rien, ce signe éphémère de l’harmonie et du trouble, du sacré et du profane ne fait qu’illuminer un instant le visage du modèle. Et si l’artiste a l’ambition de capturer ce mouvement vivant, c’est qu’il veut l’impossible comme le dit si justement Berthe Morisot : « Fixer quelque chose de ce qui passe, oh ! quelque chose, la moindre des choses, un sourire, une fleur (…) cette ambition-là est encore démesurée. » Ce que Francis Bacon confirme, révélant au cours d’un entretien n’être jamais parvenu, malgré son désir, à « peindre le sourire »…
        Pour autant, les artistes n’ont pas renoncé à cette quête car le sourire est sans doute le signe qui résume le mieux toutes les émotions humaines. Donnée sensible, comme la rougeur ou les larmes, le sourire constitue l’expression immédiate et nuancée du vécu. Les dictionnaires définissent celui-ci comme un rire léger, un mouvement peu appuyé et subtil de la bouche et des yeux qui dit la tristesse ou la joie, la bienveillance ou le mépris, la franchise ou la duplicité…Au contraire du rire, aucune brusquerie dans le sourire, aucune déformation des traits : le sourire peint, selon l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, « les mouvements de l’âme doux et tranquilles » et « produit, un agrément dans les jolies personnes ».
        Cette définition a l’intérêt de mettre immédiatement en évidence les deux dimensions du sourire : d’abord centré sur soi-même il exprime ce que l’on ressent ; susceptible d’être reçu par autrui, il devient l’instrument privilégié de la communication humaine. Nous savons qu’il est spontané chez le nourrisson qui possède dans son patrimoine génétique cette capacité à faire réagir les muscles faciaux. Dès le premier trimestre de vie, le sourire est motivé par la vue du visage humain, la configuration yeux, nez, bouche constituant selon René Spitz un « déclencheur » de ce « comportement ». Le sourire ne se contente plus alors de traduire un état de bien-être mais dessine les prémices de la relation et de l’échange. Réponse sociale de sourire au sourire de l’autre qui s’affirme dès le huitième mois avec la reconnaissance de la mère à qui ce sourire est désormais plus particulièrement destiné aux fans de ce groupe ….

        Le sourire Sourire spirituel, sourire humain, c’est cette même expression que nous lisons sur le visage des statues grecques archaïques. Christian de Bartillat confie dans son livre consacré au sourire être revenu à de nombreuses reprises admirer le kouros d’Athènes, fasciné par l’intime mélange idéal et terrestre qui se dégage de la statue : « il règne encore ici un peu de la morgue des dieux » dit-il mais c’est « la sérénité de l’homme qui a vaincu les puissances de la nuit » qui s’exprime. Le sourire de la statue, en « se diffusant dans le corps tout entier, recèle encore l’assise du mysticisme et déjà beaucoup de grâce. » Elie Faure confirme : « ces Apollons sont des athlètes [qui] ont le sourire de la victoire ». Ce que nous vérifions en admirant la tête Rayet de Copenhague ou encore le visage du cavalier Rampin conservé au Louvre : cheveux et barbe finement sculptés, délicatesse des traits, contraste des plans autour des yeux et de la bouche qui mettent en valeur le sourire. Quant aux koraï qui escortent Athéna ou Déméter, elles ont, toujours selon Elie Faure, « le sourire de l’amour (…) une force invincible rayonne d’elles, les environne et les accompagne …..Voila pour moi ce que je pense mon cher Eric….

        1. KAMOULOX ! 😀

            • Elliot on 7 avril 2018 at 22:30

            Passion, hobby ? – non, Philippe et Nicole. » 😀
            @sakis prochaine fois choisis mieux ton herbe 😀

          1. https://www.20minutes.fr/culture/2238491-20180315-eurovision-chanson-france-mercy-depasse-55-millions-vues-youtube

            Voila une photo ou il sourit le beau Jean Karl enfin j’ ai trouve mais vraiment je rigole et on en fait tout un drame reel bon pour repondre a Jerem je suis d’humeur taquin et j’ ai repondu avec de la bonne humeur a Elliott et a Eric qui s’emportent parque je trouve l’interprète Français pas très souriant lol avec de la bonne philo sur le sourire et j’ avais fait une these sur le sujet pour rigole lol et oui j’ ai eu mon bac L mais reel il est plus beau quand meme quand il rayonne….

            Pour Elliot je fume pas donc sa va etre un peu dur de trouver ceux que tu me proposes lol mais bon mais je prefere faire du sport , voir des amis , ecoute de la bonne musique faire de la muscu ou encore un bon match de tennis comme aujourd’hui plus interessant……Bon week end …..Je parlerais plus de la France mais si elle gagne je réaliserais un grand reve voir enfin voir Eurovision en vrai donc réfléchis je suis pour une victoire francaise c’etait juste une critique et beaucoup pensent comme moi mais c’etait rien de mechant ……Bon week end quand meme

    • Eric 2604 on 7 avril 2018 at 19:36
    • Répondre

    Incroyable ! Toutes ces main levées pour les MERCY à la fin du titre ! Si ils arrivent à faire ça à Lisbonne, ce sera du pur bonheur. J’avais 11 ans quand Marie Myriam a gagné. Je ne pensais pas que 41 ans après, la France n’aurait plus jamais gagnée. Si cela arrive cette année, ce serait tellement beau… Mais je préfère ne pas y penser car on sera tous trop déçu. Mais petit clin d’œil, en 1977, j’avais appris à l’école « L’oiseau et l’enfant’´ et j’ai vu que Mercy serait appris aussi dans quelques classes. Serait-ce aussi un signe ??? Mais l’Europe voudra t’elle nous donner le trophée ? En tout cas le parcours de cette chanson est déjà top !

  12. Je ne vais pas voter, je n’ai pas tout regarder. Il m’importait d’entendre la France, la Suisse et ma p’tite SuRie ! Je regrette tellement de ne pas avoir pu entendre Eugent, j’ai super confiance quand même, j’suis certaine qu’il est bon chanteur !

  13. Sur les perfs de la soirée londonienne, Je distinguerai César Sampson, les MM, les Zibbz et le trio de minets Ari,Ryan et Benjamin.

    Aucune casserole, le concours se professionalise fichtrement. Enfin, c’est vrai pour la soirée londonienne car ce soir à Moscou, on a eu droit au naufrage de la candidate russe.

    Par contre, l’irrespect des spectateurs londoniens pendant les prestations est assez consternant…

  14. La qualité du son est mauvaise et résonne comme dans un caisson un peu vide, dommage mais la magie du direct sur une petite scène opère pour certains artistes, beaucoup de belles prestations et surtout des voix ! Je ne vais pas énumérer toutes les chansons mais je trouve que ces artistes-là sont plutôt très bons, chacun dans son style, il y a évidemment des faiblesses qui ressortent et qui confirment peut être qu’ils n’iront pas en finale. Rien est fait à ce jour, je terminerai que j’ai pas apprécié la prestation de la France, alors que j’aime beaucoup la chanson, j’ai trouvé cela surfait et assez superficiel dans l’authenticité que ce titre exige. très proche et digne d’une campagne publicitaire à fort rabattage. Par contre, j’ai été éblouis par l’Autriche sans oublier notre duo Zibbz qui confirme qu’ils sont des pros et que leur chanson est un tube potentiel. Sauf que voilà, il porte effectivement les couleurs de la poisse en défendant leur propre pays, S’ils étaient ukrainiens ou néerlandais, ils passeraient haut là main en finale. N’en déplaise à tout ceux qui négligent la Suisse cette année mais moi je suis très fier de notre choix et de ces deux fabuleux artistes qui forment ZibbZ Quoi qu’il arrive à Lisbonne. Je suis loin d’être dupe, je sais très bien que la finale risque de nous échapper une fois de plus, ou alors, il faut croire aux miracles !!!

  15. Madame Monsieur a aussi chanté la version anglaise de Mercy ce que je trouve vraiment bien pour permettre au plus grand nombre de comprendre le message.
    https://youtu.be/M5JU9OwVVnc

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