Etoiles au Firmament (73) – Rudi Carrell

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Allons aujourd’hui à la découverte du 4° ancien candidat du Concours à disparaître en 2006 – c’est aussi le 5° représentant néerlandais et le 6° participant de l’édition 1960 à nous avoir quittés. Encore une fois, malgré une certaine notoriété dans son pays natal et en Allemagne, il n’a pas eu le bonheur de se faire connaître en tant que chanteur en-dehors de ses frontières. Réparons donc ici cette injustice.

ÉTOILE # 73 : Rudi CARRELL (1934-2006)

        Représentant les Pays-Bas au Concours 1960 à Londres

        Titre interprété : Wat een geluk (traduction : Quelle chance)

        Classement : 12° sur 13 – 2 points

            Rudolf Wijbrand Kesselaar naît le 19 décembre 1934 à Alkmaar, dans le Nord des Pays-Bas, en Frise Occidentale plus exactement. Fils et petit-fils d’artistes comiques, il se fait connaître dès 1953 en remplaçant son père André, dont il prend le pseudonyme de Carrell, lors d’une fête d’employés du gouvernement à Arnhem. Intégré à la troupe paternelle, il apparaît deux ans plus tard dans le programme de radio hebdomadaire De Bonte Dinsdagavondtrein. Il fait ses débuts à la télévision en 1959 dans sa propre émission, le Rudi Carrell Show.

Rudi Carrell dans son émission éponyme

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            Un an plus tard, il remporte la sélection nationale pour le Grand Prix Eurovision avec Wat een geluk, qui obtient le double de voix de la chanson arrivée deuxième. Mais à Londres, il en va tout autrement – avec seulement 1 point de l’Italie et de la Belgique, il se classe avant-dernier, à la 12° place ! C’est la première fois depuis 1956 que les Pays-Bas terminent en-dehors du Top 10… avec une chanson qui porte très mal son titre, du coup 😛

            Cet échec cuisant ne l’empêche toutefois pas d’aligner les succès dans son pays. Citons Een ballonnetje, Een muis in een molen, De hoogste tijd ou Samen een straatje om. En 1964, il remporte la Rose d’Argent de Montreux avec la chanteuse israélienne Ester Ofarim (candidate l’année précédente pour la Suisse au Concours Eurovision).

            Dans les années 70, il s’installe en Allemagne, où il présente – avec un accent néerlandais à couper au couteau, mais qu’il travaille sciemment – de nombreuses émissions de télévision. Les plus célèbres sont un jeu entrecoupé de sketchs et de chansons, Am Laufenden Band, et un télé-crochet, type Nouvelle Star, où il met le pied à l’étrier à de nombreux jeunes chanteurs et acteurs. Son succès est immense, puisque des millions de téléspectateurs le suivent fidèlement. Ainsi, il réunit un samedi soir 20 millions de personnes devant leur poste de télévision – soit un tiers de la population totale de la RFA ! Il signe aussi un énorme succès musical en 1975 avec Wann wird ‘s mal wieder richtig Sommer ?  (version allemande du titre de Joe Dassin, Salut les amoureux) et tourne dans quelques films, mais qui ne laissent à personne un souvenir impérissable (oui, j’aime l’art de la litote).

Passé maître dans la satire politique, il provoque en 1987 une crise diplomatique entre l’Allemagne et l’Iran quand il diffuse un sketch où des femmes voilées jettent leurs sous-vêtements à la face d’un sosie de l’ayatollah Khomeini ! ! ! Les représailles ne se font pas attendre : manifestations à Téhéran, expulsion de diplomates allemands, fermeture de consulats iraniens, suspension des vols aériens entre les deux pays.

C’est à Brême que Rudi Carrell, qui fume trois paquets de cigarettes par jour, décède le 7 juillet 2006, d’un cancer du poumon. Lors de sa dernière apparition cinq mois plus tôt pour recevoir une Caméra d’Or récompensant l’ensemble de sa carrière télévisuelle, il ne perd pas son humour et déclare : « Je dois le fait d’être ici ce soir principalement à mon assurance santé, au Centre Médical de Brême-Est et à l’industrie pharmaceutique allemande. » Divorcé de sa première femme et veuf de la deuxième, il laisse derrière lui une troisième épouse, Simone, et trois enfants (deux filles, Annemieke et Caroline, et un garçon, Alexander).

Rudi récompensé pour sa carrière à la télévision allemande

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(10 commentaires)

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  1. Personnage singulier, sans doute moins célèbre pour son passage au concours que pour le reste de sa carrière.

    Très intéressant de découvrir son parcours. Merci Francis!

    1. Il est vrai que Rudi Carrell n’était pas un grand chanteur, mais son humour était décapant.

  2. Bon , c’est sûr, sa chanson n’est pas la chanson du sièce mais elle n’est pas si mauvaise que ça, on peut même dire que le refrain est assez rigolo. Finir avant-dernier, c’est peut-être un brin trop rude mais fort heureusement ça ne l’a pas empêché de faire une belle carrière en dehors de son pays. Les allemands ont su le recompenser.
    Je trouve que mourir à 71 ans en fumant trois paquets de cigarettes par jour, c’est un bon record de longévité! il avait une bonne constitution, c’est dommage de mourir à cause de çà.

    1. Personnellement, je classe les Pays-Bas bons derniers de cette édition. Du coup, je trouve qu’il a été bien payé LOL

      En ce qui concerne son addiction au tabac, je dois dire que j’ai du mal à comprendre comment on peut aimer fumer. Mais beaucoup de mes proches, y compris mon père qui en est décédé, ont toujours considéré la cigarette comme un de leurs plaisirs. Difficile de combattre cette opinion, même quand on évoque les conséquences sur la santé 🙁

      Après, effectivement, Rudi Carrell a eu la chance, que tous n’ont pas eue, de survivre longtemps à la maladie.

  3. – Finalement sa carrière de chanteur fut limitée ; ce ne fut qu’une parenthèse à ses débuts car ses principaux succès, il les aura connus dans d’autres domaines des sphères de la télévision. Mais c’est un homme qui méritait bien un hommage et le fait d’être davantage reconnu au niveau international.

    – Concernant sa chanson à l’Eurovision, moi j’aime beaucoup même si c’est assez linéaire. Moi qui aime bien les chansons amusantes, je trouve que celle-ci en fait partie. Il faudrait que je réécoute toutes les chansons de 1960, mais je pense qu’au moins un milieu de tableau aurait été mérité.

    – Enfin, concernant son décès dû au tabac, c’est hélas le lot de trop de personnes encore et c’est regrettable, mais la cigarette est un choix et il faut l’assumer dans toutes ses conséquences… Personnellement, je n’ai jamais fumé de ma vie et ce n’est pas faute de m’y avoir incité ! J’ai toujours refusé : je n’en voyais pas l’intérêt à part détériorer ma santé ! Par contre je carbure au chocolat ! 😆

    1. Encore deux points communs entre nous, Zipo. Moi non plus, je n’ai jamais fumé. A l’âge où j’aurais pu commencer, mon père était déjà gravement malade, et fumer ne m’a vraiment pas donné envie :/ Et puis, comme toi, je suis un accro du chocolat 😀

  4. Je trouve qu’il avait le look et la classe de Yves Montand et un peu sa voix….sinon très agréable style. ..un peu vintage…..très classe et un peu rebelle….a la fois…cette interprete…merci pour cette chronique…et bonne semaine a toi Francis….

    1. C’est vrai qu’il avait une désinvolture, une nonchalance qui rappelle celle d’Yves Montand. Après, vocalement et musicalement, c’est très différent.
      Bonne semaine à toi, Sakis. Et profite bien de tous ces jolis garçons candidats cette année LOL

    • phileurophage on 13 mars 2019 at 08:58
    • Répondre

    Bravo et merci Francis pour ce résumé d’une carrière riche et d’un moment, pour nous, léger et résolument optimiste à l’image de son sautillant interprète. Juste peut-on préciser que Rudi Carrell, en 1987, commenta le Concours pour la radio néerlandaise.
    Très fidèlement,
    Philippe

    1. Ce qui prouve qu’il n’était pas rancunier LOL
      Merci à toi encore une fois pour ta fidélité à ma rubrique, et pour l’attention avec laquelle tu lis chacun de mes articles 🙂

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