ETOILES AU FIRMAMENT (7) – LOUIS NEEFS

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Aujourd’hui, je vais évoquer le premier artiste belge à nous quitter. C’est aussi la première de mes étoiles à avoir participé à deux reprises à notre concours favori. Les lecteurs d’Outre-Quiévrain (j’adore cette expression) de ce site l’auront reconnu : je parle de Louis Neefs.

 

 

ÉTOILE # 7 : Louis NEEFS (1937-1980)

        Représentant la Belgique aux Concours 1967 à Vienne, et 1969 à Madrid

        Titres interprétés : Ik heb zorgen (traduction : J’ai des soucis) et Jennifer Jennings

        Classements: 7° sur 17 – 8 points et 7° sur 16 – 10 points

 

De son vrai nom Ludwig Adèle Maria (si si) Jozef Neefs, le troisième récidiviste belge au concours (après Fud Leclerc et Bob Benny) naît le 8 août 1937 à Gierle, un village de la province d’Anvers. Alors qu’il est inscrit au collège de Malines où il suit une filière de formation en dessin technique, il rejoint la chorale et commence à apprendre à jouer de la guitare. Au début, ce n’est qu’un divertissement pour lui, mais dès la fin des années 1950 il participe à un groupe du nom de Sun Spot.

Jacques Kluger, qui a découvert Louis Neefs

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Ayant remarqué sa voix très particulière lors de représentations ou de concours de chant, un chasseur de talent du nom de Jacques Kluger décide de le présenter à différentes maisons de disques. La chance sourit au petit Louis, car Kluger est à l’origine de plusieurs carrières, en particulier celle de Bobbejaan Schoepen, le repésentant belge au Grand Prix de la Chanson Européenne en 1957. En 1958, le jeune homme signe son premier contrat et sort un premier album en 1960. Les titres qui en sont extraits, ainsi que ceux qu’il enregistre les années suivantes, se classent très bien dans les charts flamands, et même aux Pays-Bas pour certains.

En 1967, il remporte le sélection organisée par la chaîne flamande pour représenter son pays au Concours Eurovision de la Chanson à Vienne, en Autriche. Sa chanson, Ik heb zorgen, s’en sort plutôt bien puisqu’elle atteint la 7° place, avec 8 points – 3 de la Finlande et 1 du Portugal, de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de la Yougoslavie et de l’Irlande. Un peu déçue du résultat mais lui gardant toute sa confiance, la télévision des Flandres le rappelle deux ans plus tard, le chargeant d’interpréter Jennifer Jennings, une chanson écrite et composée par le même duo. À nouveau, Louis Neefs décroche une 7° place, cette fois-ci avec 10 points – 3 du Royaume-Uni (qui est donc le plus grand pourvoyeur de points de Louis Neefs), 2 de l’Espagne, de la Suisse et de la Norvège, et 1 des Pays-Bas. Bref, les Belges ne remercient pas la France et le Luxembourg!!!

Ces deux relatifs échecs n’handicapent pas Louis, qui continue à enregistrer des disques. Son plus grand succès s’intitule Margrietje et atteint la 4° place des ventes de disques en 1972. Il double également Thomas O’Malley dans la version néerlandaise des Aristochats. Sa notoriété à cette époque est d’ailleurs si grande que la chaine flamande VRT lui confie l’animation d’émissions musicales à la télévision et à la radio. Il poursuit parallèlement une carrière politique, en tant que Conseiller de la ville de Malines.

Le 25 décembre 1980 près de Lier en Flandres, Louis Neefs et son épouse Liliane meurent dans un accident de la route, comme Gustav Winckler presque deux ans plus tôt. Ils laissent deux fils adolescents, Ludwig et Günther, lequel deviendra à son tour un chanteur assez connu en Belgique. Pour le 70° anniversaire de sa naissance en 2007, son village natal inaugure un buste à son effigie.

Louis Neefs et ses deux fils

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(13 commentaires)

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  1. Quel drame! Perdre ses 2 parents en même temps.
    Encore un artiste parti trop tôt laissant des orphelins. Pauvres enfants. Ça a dû être très dur pour eux.
    En 1967, c’était en noir et blanc et 2 ans après l’eurovision était en couleur.
    Des 2 chansons, je préfère celle de 1969 sans hésitation.
    Il avait une voix vraiment grave. C’était assez impressionnant quand il chantait.
    Mais ma chanson préférée en 69 c’est celle de Salomé : vivo cantando hé!

    1. Oui, ça a dû être atroce pour eux. Je crois d’ailleurs que Günther en parle dans une interview mais comme je ne comprends pas le néerlandais, je ne peux pas m’assurer le contenu de son témoignage.

      La couleur, si je ne me trompe, est arrivée en 1968 à Londres, mais certains pays diffusaient encore le concours en noir et blanc jusqu’au début des années 70. En Espagne, par exemple, le pays de ta chère Salomé et sa célèbre tenue à perles bleu clair 😉

      Personnellement, j’ai beaucoup de mal avec la gestuelle de Louis Neefs en 1969, et je trouve Ik heb zorgen plus amusante. Pour ce qui est de sa voix, en effet, c’est une vraie basse… qui impressionne surtout quand il est tout jeune!

    • Pascal on 6 juillet 2018 at 22:25
    • Répondre

    On s’en rend peu compte maintenant mais la mortalité routière était très importante jusque dans les années 80.

    Outre les vedettes de l’Eurovision , des grandes comédiennes nous ont aussi quitté prématurément sur les routes : je pense à Françoise Dorleac et à Jayne Mansfield en particulier.

    1. Tu as raison, Pascal. Sans compter le célèbre James Dean, bien sûr.

  2. – Décidément ! si on s’en tient à tes premiers portraits, on pourrait conclure que participer à l’Eurovision ne porte pas bonheur et nuit à la longévité… Je pense que ce n’est qu’une coïncidence et d’autres auront des morts plus douces…

    – Là encore, un terrible drame de la route qui a laissé deux enfants orphelins…

    – Quant à l’artiste, moi, je l’aime bien avec cette voix caractéristique, et je trouve les deux chansons de qualité même s’il y avait mieux lors de ces deux concours. Si je devais émettre une préférence, ce serait pour celle de 1967 mais de très peu.

    – Merci pour cette rubrique vraiment très instructive.

      • Pascal on 7 juillet 2018 at 00:11
      • Répondre

      Je pense que cette accumulation de malheurs vient du fait que Francis nous présente les artistes par rapport à l’annee de leur décès.

      De ce fait, les premiers à décéder ont de fortes chances d’avoir passé l’arme à gauche jeunes et donc, dans des circonstances plus tragiques que le commun des mortels.

    1. Effectivement, ces premières étoiles ont toutes eu un destin assez troublé. Mais comme tu le dis, le fait de disparaître si jeunes laisse penser que le concours porte un peu malheur. C’est oublier que d’autres étoiles ont atteint un âge plus « vénérable »… mais forcément, je ne les évoquerai que bien plus tard.
      En revanche, attends-toi malheureusement à d’autres tragédies, et non des moindres 🙁
      Bref, tu comprends maintenant la tendresse que j’ai pour ces artistes et ma volonté de les faire connaître à tous ici.

      1. – En plus, je trouve que c’est un hommage mérité que reçoivent tous ces artistes de ta part et rien que pour ça, cette rubrique mérite d’exister et son créateur mérite lui aussi une médaille !

        – Des tragédies pires ? Je m’en doutais un peu mais le plus tard possible !

          • Francis on 7 juillet 2018 at 07:51
          • Répondre

          Tu es trop gentil, Zipo. Une médaille, c’est un peu beaucoup quand même, je ne suis pas aussi vaniteux… enfin, j’espère LOL
          En tout cas, je suis heureux que cette rubrique te plaise.

  3. Sa chanson de 1969 reste pour moi une des meilleures de ce cru et méritait bien mieux que cette 7eme place… Mais il y avait beaucoup de concurrence ce soir-là.

    Louis a le mérite d’avoir chanté Jennifer Jennings, outre en flamand, en français, anglais, allemand, espagnol et italien.

    Bientôt le tour d’un article sur Ann Christy je pense

      • Francis on 8 juillet 2018 at 18:12
      • Répondre

      Effectivement, l’article sur Ann Christy est déjà écrit. J’attends un peu pour le publier. J’en ai d’ailleurs une demi-douzaine de prêts. Donc, patience 😉

  4. Mon cher Francis….triste histoire….que des drames….bonne semaine…tu dois être en vacances….merci de tes articles…

      • Francis on 8 juillet 2018 at 21:45
      • Répondre

      Oui, je suis enfin en vacances. Là, je reviens d’Allemagne, où j’ai donné deux concerts avec mon choeur d’hommes. Nous avons entre autres interprété une version bilingue de Zwei kleine Italiener, la chanson qui avait représenté l’Allemagne en 1962.

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