Etoiles au Firmament (65) – Mouth

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            C’est aujourd’hui à l’un des membres d’un duo que je vais m’intéresser. Et non des moindres puisqu’il est parvenu à décrocher un podium lors d’une édition âprement disputée, celle de 1974 où triompha le groupe ABBA. Et le moins que l’on puisse dire est que cette quatrième Étoile néerlandaise n’est pas passée inaperçue lors de sa prestation à Brighton…

ÉTOILE # 65 : MOUTH (1937-2004)

        Représentant les Pays-Bas au Concours 1974 à Brighton

        Titre interprété : I see a star (traduction : Je vois une étoile)

        Classement : 3° sur 17 – 15 points

        Wilhelmus Jacobus Duyn naît à Haarlem, dans le Nord des Pays-Bas, le 31 mars 1937 – soit sept ans jour pour jour avant Malcolm Roberts, notre Étoile # 56. Il est extrêmement populaire dès les années 60, époque où il joue de la batterie dans plusieurs groupes, avec lesquels il rencontre le succès, comme Whiskers ou Jay-Jays. Il est également très actif en tant que DJ dans diverses discothèques néerlandaises.

            En 1971, le producteur Hans van Hemert invite celui qui ne se fait plus appeler que Big Mouth à former un duo avec la jeune chanteuse Maggie MacNeal. Le succès est immédiatement au rendez-vous, en particulier avec Hey you love (classé dans le Top 5 néerlandais), Hello-a (n°1 aux Pays-Bas et en Allemagne) et surtout How do you do, qui atteint même la 8° place des ventes aux Etats-Unis l’année suivante !

            Le duo échoue au Festival de San Remo en 1974 avec Ah l’amore! mais l’heure n’est pas à la déception. En effet, Mouth & MacNeal ont été sélectionnés deux semaines plus tôt par la chaîne nationale néerlandaise pour représenter leur pays au Concours Eurovision de la Chanson de Brighton. Ik zie een ster est adapté en anglais sous le titre I see a star, et fait un triomphe le soir du 6 avril. Il décroche en effet la 3° place (derrière ABBA et Gigliola Cinquetti, tout de même!) avec 15 points – 3 de la Yougoslavie et de la Suède, 2 de la Grèce, et 1 de la Finlande, d’Israël, de la Norvège, de l’Irlande, de l’Allemagne, du Portugal et de la Belgique.

            Ce succès n’a pourtant pas de suite puisque le duo se sépare quelques semaines après le Concours. Chacun revient à sa carrière, Maggie représentera d’ailleurs à nouveau son pays en 1980. Willem, quant à lui, se consacre surtout à la télévision et joue dans le feuilleton à succès Pompy de Robodoll. Il reprend également le doublage de films d’animation, donnant ainsi sa voix à King Louie dans Le Livre de la jungle, à Scat Cat dans Les Aristochats ou à DeSoto dans Oliver & Compagnie.

Pompy de Robodoll

            Il n’abandonne pas pour autant la chanson puisqu’il se produit un temps en duo avec son épouse Ingrid (Little Eve, sous son nom d’artiste) avant de se lancer à nouveau dans une carrière solo, sous le pseudonyme retrouvé de Big Mouth. Il signe quelques succès d’estime, souvent autobiographiques, comme Willem en 1979 ou Wat een rare man en 1982. Puis, il publie des reprises de tubes néerlandais, Ik neem de eerste trein naar Zandvoort ou Woenderbar.

            Sa carrière déclinant, il ne se produit bientôt plus que dans des foires, des centres culturels ou des pubs. Le 4 décembre 2004, Willem Duyn fait un arrêt cardiaque près de Drenthe, au Nord-Est des Pays-Bas, où il réside, et décède dans l’ambulance qui le mène à l’hôpital. Marié deux fois, il laisse six enfants.

(8 commentaires)

Passer au formulaire de commentaire

  1. – Mourir dans une ambulance : j’espère que ça ne m’arrivera pas…

    – Il a eu une carrière intéressante mais dommage qu’elle se soit estompée au fil des années…

    – Dans tous les cas, un homme qui ne passait pas inaperçu et qui avait une voix très particulière.

    – Concernant la chanson de l’Eurovision en 1974, interprétée en duo avec Maggie, c’était une bonne chanson et la mise en scène était amusante mais bien évidemment, face à ABBA, ils n’avaient aucune chance car Waterloo surclassait toutes les autres chansons cette année-là selon moi.

    1. Tu as raison, Zipo. Rien n’aurait pu empêcher la victoire d’ABBA en 1974 tant Waterloo a été un véritable raz-de-marée musical. Ni la douceur et l’émotion de Gigliola Cinquetti, ni la bonne humeur et et la légèreté de I see a star. Le moins que l’on puisse dire est que ce podium est l’un des moins discutables de toute l’histoire du Concours (même si personnellement, j’aurais offert la 2° place à Olivia Newton-John).

  2. La chanson n’est pas mal du tout mais il y avait Abba mais c’est vrai que terminer 3e derrière Abba et Gigliola Cinquetti est déjà un véritable exploit.
    Je ne sais pas pourquoi il me fait penser à Demis Roussos. Les vêtements des années 70, c’est quand même quelque chose!
    Je trouve sa voix intéressante. En tout cas, il débordait d’énergie au vu des vidéos.

    1. Je ne vois qu’une explication pour ton allusion à Demis Roussos, Marie: la pilosité!!!! Parce que côté voix, on est très loin du célèbre Grec.

      Et effectivement, l’énergie et le timbre de Willem Duyn étaient assez remarquables. C’est ce qui explique sa longévité artistique, je pense.

      1. Oui, bien sûr je parlais de sa ressemblance physique et pas de la voix 🙂

      2. J’avais bien compris, Marie. Voilà pourquoi je parlais de sa barbe et de ses cheveux longs. Pour ce qui est de la voix, Demis Roussos comme Willem Duyn étaient immédiatement reconnaissables.

    • phileurophage on 12 février 2019 at 08:10
    • Répondre

    Bravo Francis pour cet article sur une figure marquante du Concours avec un morceau d’anthologie, même si, en effet, il ne pouvait remporter le Concours face à ABBA. Cette prestation haute en couleur (grâce aux costumes hippy, aux rythmes de fête foraine ou fête de la bière, y compris avec un orgue de Barbarie où dansent deux poupées) mit aussi en avant les voix superbes des deux interprètes (Maggie le prouvera encore, beaucoup plus magnifiquement, en 1980). Ils semblaient apparemment très complices mais j’avais lu qu’ils ne se supportaient pas l’un l’autre.
    Ah, magie de l’Eurovision !
    Philippe

    1. Ah Maggie MacNeal… ma gagnante incontestable de l’édition 1980. Ma première grande déception au concours :-/

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

%d blogueurs aiment cette page :