Etoiles au Firmament (59) – Jozef Duban & Juraj Cerny

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Comme je l’ai déjà fait à plusieurs reprises dans cette rubrique, c’est à deux musiciens que je vais consacrer cet article. Peut-être la plus grande majorité d’entre vous ne se souviendra-t-elle même pas de leur groupe, mais la formation à laquelle ils appartenaient a interprété la première chanson représentant leur pays au Concours. Rien que pour ça, leur présence ici est justifiée. Sans compter que leurs destinées ont été particulièrement tragiques.

ÉTOILES # 59 : Jozef DUBÁN (1964-2003) et Juraj ČERNÝ (1961-2016)

        Représentant la Slovaquie au Concours 1994 à Dublin, au sein du groupe TUBLATANKA

        Titre interprété : Nekonečná pieseň (traduction : Chanson éternelle)

        Classement : 19° ex-aequo sur 25 – 15 points

            Juraj ‘’Ďuro’’ Černý naît le 10 juillet 1961 à Bratislava, dans ce qui est encore la Tchécoslovaquie. En 1982, le jeune batteur fonde le groupe Tublatanka, avec le chanteur Maťo Ďurinda et le bassiste Palo Horváth. Après des débuts discrets dans des bars de la capitale, le groupe connaît le succès grâce à des titres qui séduisent le public, comme Pravda vit’azi ou Dnes.

            Mais en 1992, Palo Horváth, qui est en désaccord avec ses partenaires quant au tournant musical à donner à leur carrière, décide de quitter le groupe. Le duo restant n’en sort pas moins un 8° album l’année suivante. À la recherche d’un guitariste de talent, ils rencontrent Jozef Dubán, un diplômé en droit qui vient de se séparer de son groupe Money Factor, et lui demandent de les rejoindre. Celui que tout le monde surnomme Dado est né le 7 juin 1964 – soit 42 ans jour pour jour après Bob Martin, notre Étoile # 39. Il n’est d’ailleurs pas le seul à intégrer Tublatanka en 1994 puisqu’un nouveau bassiste, Juraj Topor, est engagé. C’est sous ce line-up que l’Europe va les découvrir.


            Cette même année, la Slovaquie décide de faire son entrée au Concours Eurovision de la Chanson. Et c’est tout naturellement que la chaîne nationale demande à son groupe le plus connu de représenter le jeune pays, indépendant depuis un peu plus d’un an. Malheureusement, Nekonečná pieseň ne se classe que 19° (ex-aequo avec la Suisse) avec 15 points – 12 de Malte (!!!) et 3 de la Grèce.

            Un tel classement entraîne obligatoirement une relégation du pays pour l’année suivante, et le retour en Slovaquie est bien difficile pour le groupe, qui doit essuyer de sévères critiques de la presse et du public. Un malheur ne venant jamais seul, Juraj Černý, dont l’addiction à la drogue pose de plus en plus problème, quitte à son tour la formation en 1995 et se lance dans une carrière de documentariste. Il est immédiatement remplacé, mais Tublatanka décide de faire une pause pendant plusieurs mois… qui en fait s’éternise puisque leur album suivant ne sort qu’en 2001 ! ! !

Juraj Cerny se lance dans le documentaire après avoir quitté Tublatanka

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            En 2002, Dado Dubán fait une grave dépression quand la chanteuse Jana Šomosi décide de le quitter après plus de sept ans de vie commune. Ses amis font tout pour le soutenir, mais aucun ne semble se rendre vraiment compte que son désespoir est profond. Et c’est avec stupéfaction et une immense douleur qu’ils apprennent que le jeune homme s’est jeté par la fenêtre de son appartement situé au septième étage d’un immeuble de Bratislava, le 25 avril 2003. C’est donc la 3° de nos Étoiles, après Günter Hoffmann et Betty Mars, à décéder dans ces conditions.

Dado Duban peu de temps avant son suicide

            Ses partenaires décident de continuer leur carrière, mais ne feront pas appel à un autre guitariste. Aujourd’hui, Tublatanka enregistre toujours des albums, qui rencontrent un certain succès dû à la fidélité de leur public, et chantent un peu partout en Slovaquie et en République Tchèque. Quant à Juraj Černý, son combat contre la drogue a réussi. Il fait son retour dans le monde de la musique au sein de nouveaux groupes comme Love 4 Money ou Free Europe, mais il succombe à un cancer du colon le 26 février 2016 à l’hôpital de Mosonmagyarovar, dans le Nord-Ouest de la Hongrie.

Tublatanka aujourd’hui

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(12 commentaires)

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  1. – Se suicider reste pour moi une des morts les plus atroces mais aussi la plus personnelle et qui a toujours un sens profond. C’est tout de même très triste de finir ainsi si jeunes et le deuxième musicien encore de cette s……….e de cancer !!

    – Pour être totalement honnête, je ne me souvenais plus du tout de ce groupe ; il faut dire que la Slovaquie n’a pas marqué mon esprit à l’Eurovision !!

    – Qu’en dire de cette chanson ? Franchement, elle n’est pas catastrophique mais elle comporte deux défauts majeurs : la voix du chanteur très particulière dont je ne raffole pas et l’interprétation en slovaque, langue un peu  » sèche  » qui rend la chanson pas très agréable à l’écoute.

    1. Ce qui me marque personnellement dans la première participation de la Slovaquie au Concours, c’est qu’on ait fait appel à un groupe qui composait un style de musique très particulier (j’aime beaucoup par exemple les deux titres que j’ai placés en lien dans l’article) pour finalement leur demander de faire tout autre chose. Cela explique, à mon avis, leur mauvais classement.
      À titre personnel, j’adore Modlitba et Let ‘tmou. Horehronie me plaît aussi, et je ne trouvais pas non plus le titre de Tublatanka si désagréable que cela à écouter à l’époque.

  2. Je suis comme Zipo, la Slovaquie ne m’a pas marqué à l’eurovision.
    En ce qui concerne la chanson de l’eurovision, je ne la trouve pas terrible et je comprends son classement. C’est terrible de mourir parce que l’être aimé n’aime plus en retour. Et le cancer fait malheureusement des ravages…
    J’aimerais bien quand même que la Slovaquie revienne dans le concours.

    1. Je suis tout à fait d’accord avec toi, Marie. J’aimerais beaucoup voir la Slovaquie revenir au Concours. Mais je pense que le pays a été échaudé par tous ces mauvais classements, dont certains n’étaient vraiment pas justifiés.

    • phileurophage on 24 décembre 2018 at 08:42
    • Répondre

    J’ai reçu mon cadeau de Noël avant l’heure avec ce nouveau volet d’Etoiles au firmament ! Merci Francis. Mais hélas, quels tristes destins pour ces deux artistes.
    J’avais bien aimé leur prestation à Dublin tout comme leur morceau mélodieux et sympathique. Il aurait mérité sans doute meilleur classement mais la concurrence était rude pour sortir du lot, ce qui lui manqua sans doute par un visuel plus soigné.
    Et comme beaucoup, je regrette de ne plus entendre la Slovaquie au Concours. La plus grande injustice restant pour moi l’élimination en demi-finale de 2010. Je ne m’en suis pas encore remis !
    Bonnes fêtes à tous,
    Philippe

    1. Tu as parfaitement raison, Kristina aurait dû se qualifier. Comme Nela et Kamil l’année précédente ! Et que dire de la révoltante 21e place de Katarina Hasprova en 1998 ?

    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 24 décembre 2018 at 12:43
    • Répondre

    Article très intéressant, merci Francis car j’ignorais tout de ce groupe ! A lire leur bio, j’ai l’impression que ce sont un peu les Indochine slovaques. Je ne me doutais pas du tout que ce groupe avait fait une telle carrière et qu’il existait toujours ! J’aimais bien leur chanson de Dublin, même si hélas -comme l’avait souligné Patrice Laffont- ils s’étaient sentis obligés à tort de mettre du bémol dans leurs guitares. Dommage aussi que -par manque de moyens sans doute- la prestation paraissait vraiment cheap. Incroyable quand même que dès sa 1ère participation la Slovaquie ait magouillé des votes avec Malte ! Et ils ont recommencé sans la moi,dre en honte en 1996 !!

    1. Et surtout, pourquoi Malte ???? L’île avait donc un si cruel besoin d’argent qu’un pays aussi peu fortuné que la Slovaquie ait été le bienvenu pour renflouer ses caisses ?

      1. C’est vrai que j’ai souvent trouvé les votes de Malte un peu « bizarres ». Surtout dans les années 90, avant le télévote. Si j’ai bonne mémoire, 10 des 11 points du Luxembourg en 1993 provenaient de Malte…

        1. Là, je comprends mieux les sources de financement LOL

        • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 24 décembre 2018 at 21:49
        • Répondre

        En fait, je ne pense pas qu’il y ait eu paiement, la Slovaquie étant trop pauvre pour cela, contrairement au Luxembourg. Il y a juste eu entente entre les 2 délégations pour s’échanger des points élevés (Malte donne 12 à Slovaquie et Slovaquie donne 10 à Malte) ! Un autre pays qui trichait beaucoup dans les 90’s était la Croatie. Je crois que tout ça s’est un peu calmé ces dernières années…

        1. Espérons-le, mais il y a régulièrement des suspicions concernant les votes de certains pays 🙁

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