Etoiles au Firmament (55) – Pierre Rapsat

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Une fois n’est pas coutume, c’est avec l’aide très précieuse d’une fidèle de ce site que j’ai rédigé cet article sur la 3° étoile belge de cette rubrique (mais le 4° représentant du Plat Pays, et le premier Wallon, à nous quitter). Je tiens donc à remercier chaleureusement Mimi2, qui m’a fait parvenir un projet d’article qu’elle avait écrit il y a quelque temps. Partons donc ensemble à la découverte de notre

 

 

ÉTOILE # 55 : Pierre RAPSAT (1948-2002)

        Représentant la Belgique au Concours 1976 à La Haye

        Titre interprété : Judy et Cie 

        Classement : 8° sur 18 – 68 points

 

        Pierre Raepsaet naît le 28 mai 1948 à Ixelles, commune de Bruxelles. Son père (d’origine flamande mais ne parlant pas le néerlandais) est entré dans la Résistance en 1942 avant d’être déporté deux ans à Dachau, et sa mère a fui encore enfant l’Espagne franquiste dans les années 30. Autant dire que c’est dans un milieu très populaire que grandissent le petit Pierre et ses trois frères et sœurs. En 1955, il contracte une méningite tuberculeuse, qui l’amène à être hospitalisé pendant un mois puis à rester un an (dont un mois en Suisse) en convalescence.

Pierre Rapsat enfant

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Le couple formé par ses parents aime beaucoup la musique, son père Albert ne jurant que par Brassens et sa mère Bertha adorant logiquement les chansons espagnoles de son enfance. Ces deux influences musicales auront beaucoup d’importance sur la vie artistique de Pierre. Dans les années 60, l’adolescent préfère de loin jouer de la guitare et aller au Conservatoire à Verviers, plutôt que d’étudier à l’école. Cependant, son père exige de lui qu’il apprenne un métier, et Pierre obtient un diplôme de mécanographe pour le rassurer. Mais maintenant, il peut se consacrer à sa passion.

Un des premiers groupes de Pierre, Les Ducs

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Ayant simplifié l’orthographe de son patronyme, il forme ses premiers groupes (les Tricheurs, les DUCS, les Tenderfoot Kids, Laurelie, Jenghiz Khan), donne ses premiers concerts, joue dans les petits bals du samedi soir et les thés dansants dominicaux… Bref, il apprend son métier.

 

Il se lance en 1973 dans une carrière solo et sort deux albums, New York et Musicolor. Son style, oscillant entre rock et chanson française, est puissant et original.

C’est sûrement la raison pour laquelle la RTBF le contacte afin de participer à la sélection nationale pour le Concours Eurovision de 1976. Pierre Rapsat hésite beaucoup, pour lui cette manifestation est une arme à double tranchant : elle peut être un vrai tremplin pour augmenter sa popularité et accroître le nombre de concerts qu’il donne chaque année, mais il est aussi effrayé par le chauvinisme du public. D’un autre côté, c’est le temps des vaches maigres pour lui et ses musiciens, et une victoire lui permettrait d’acquérir du matériel nouveau et de vivre un peu plus décemment. Il accepte donc la proposition et soumet la chanson qu’il a lui-même composée, Judy et Cie… laquelle gagne son billet pour La Haye. Mais sur place, le titre ne se classe que 8° avec 68 points – 12 de la Finlande, 8 de l’Italie, du Portugal et de Monaco, 7 du Royaume-Uni, 6 de la Suisse et de la Norvège, 5 de la France, 4 des Pays-Bas, 3 de l’Autriche, 1 d’Israël… et rien du Luxembourg ! ! !

La carrière de Pierre reprend de plus belle en Belgique, où il sort régulièrement des albums (il en enregistrera seize) qui rencontrent les faveurs du public, et se produit sur de nombreuses scènes belges.

Avec Brasero en 1992, il tente de percer au Québec, où on apprécie beaucoup les singles Je joue encore et Comme un brasero. Mais l’artiste, très attaché à sa vie familiale avec son épouse Marie-Ange et son fils Thomas, n’est pas prêt à partir de longs mois pour conquérir un nouveau public. C’est ce qui explique d’ailleurs son relatif manque de notoriété en France, par exemple.

En 2001, l’Hexagone remarque enfin son album Dazibao. Pierre Rapsat prévoit une tournée en première partie de son amie Maurane, mais la maladie, qu’il combat depuis de longs mois, finit par l’emporter le 20 avril 2002 à Verviers, la ville où ses parents se sont installés l’année de ses dix ans et où il a vécu toute sa vie. Comme pour beaucoup d’autres Étoiles de cette rubrique, il laisse une marque très forte sur sa ville d’adoption, où une stèle à sa mémoire est érigée et où un quai porte son nom.

La stèle érigée en honneur à Pierre Rapsat

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Le quai Pierre Rapsat, à Verviers

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L’école Pierre Rapsat

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(27 commentaires)

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    • olivier Dalloz on 9 décembre 2018 at 16:58
    • Répondre

    Judy and Cie, pour moi c’est une des plus belle chanson de l’eurovision

    1. J’aime beaucoup le refrain. Je trouve toutefois qu’elle se termine un peu brutalement.

  1. Je t’en prie Francis 🙂 J’avais mon doc Word qui dormait dans l’ordi, je le laissais dormir parce qu’il me paraissait trop long, il faut dire que c’est proportionnel à l’intérêt que je porte à cet artiste et puis il faut dire aussi que j’ai tendance à être un peu « tout ou rien » et j’ai considéré que c’était peut-être un peu trop « tout » donc je n’ai proposé « rien ». Quand tu as créé tes étoiles je me suis dis que c’était l’occasion de te faire parvenir ce que j’avais écrit (en taillant un peu dans cette grosse masse de mots) pour que tu aies des éléments de sa vie qui ne sont pas forcément sur la toile.

    J’ai découvert cet artiste en 1985 sans savoir qui c’était. C’est l’époque de la radio FM et j’enregistre des tas de chansons sur cassette. J’ai donc enregistré une de ses chansons que j’ai écouté en boucle sans savoir qui chantait ni quoi, j’ai rewindé à tout va, à en risquer la tendinite d’index. J’ai tellement aimé ce titre que la mélodie m’est toujours restée en tête et une phrase du refrain, j’ai tellement aimé ce titre que quand j’ai eu le net vingt ans plus tard j’ai cherché avec mon bout d’phrase du refrain et j’ai trouvé et ça a été une incroyable joie de réentendre cette chanson et j’ai pu enfin mettre un nom sur son interprète malheureusement décédé trois ans plus tôt. Il s’agissait de « Animal »

    https://youtu.be/8KMyzY83Q64

    En 2010 je rencontre un fan d’Eurovision et hyper-frontalier de la Belgique et je lui demande s’il connaît Pierre Rapsat et j’apprends que bien évidemment tout le monde dans l’Nord connaît les chansons de Pierre Rapsat et je reçois une compilation de l’artiste et c’est le méga coup d’cœur ♥ 🙂 ♫

    J’achète les albums, des livres, je découvre un de ses derniers concerts et j’apprécie énormément l’humain.
    Cette partie-là où je raconte comment ce chanteur si peu connu en France est arrivé dans mes oreilles, je ne l’ai pas envoyé Francis.

    Francis m’a dit avec plein de délicatesse qu’il aurait à résumer l’histoire familiale et que je pourrai en parler en commentaire alors je le fais parce que cette histoire familiale est touchante.

    Pierre Rapsat est fils et petit-fils d’immigrées espagnoles par sa mère et sa grand-mère maternelle, Aurore FERNANDEZ, née le 9 décembre 1900, qui épouse Guillermo HERNANDEZ en 1924, mort au combat en 1936. Aurore se retrouve veuve avec quatre enfants dont Bertha, née en 1927, qui deviendra la maman de Pierre. En 1937, parmi les migrants, Bertha, neuf ans, et ses deux frères, Guillermo, onze ans, et Enrique, sept ans, (Aurore reste à Mieres avec son fils Mario). Ils sont un millier dans un bateau qui les emmène à Bordeaux. De Bordeaux les trois enfants prennent un train pour Paris. La France, la Belgique, la Russie, le Mexique… pays solidaires, souhaitent accueillir ces enfants de la guerre, (la Belgique en accueillit 5 000). En transit à Boulogne-Billancourt, Bertha, dans la file, tient tête pendant trois jours au préposé à la répartition qui veut envoyer la fratrie Hernandez en Russie, Bertha veut la France mais le quota est bouclé, alors elle veut la Belgique, elle ne veut pas la Russie, cette petite bonne femme du haut de ses neuf ans sait que la Russie c’est bien trop loin de l’Espagne, elle arrive à convaincre le préposé et direction Bruxelles. La fratrie est séparée mais elle est loin de la guerre. En 1939, Aurore rejoint la Belgique avec Mario, ils sont hébergés par la famille qui accueille Enrique. C’est en 1942, durant une autre guerre, une drôle de guerre, que toute la famille HERNANDEZ sera réunie à Dottignies, tout près de Mouscron et de la frontière française.

    https://youtu.be/n8wy9mrOAh4

    Albert RAEPSAET, le père de Pierre qui devait s’appeler Pedro mais l’état civil n’a pas voulu, est voisin des HERNANDEZ mais il ne remarque pas Bertha qui a 14 ans mais tombe sous son charme à son retour de la guerre, elle en a 18. Il rend visite fréquemment aux HERNANDEZ pour parler de l’Espagne qu’il adore, avec Aurore. Il épouse Bertha le 28 juin 1947 à Dottignies.

    Judy & Cie arrive après les deux premiers albums « New York » et « Musicolor ». Ils ont eu peu de succès, on demande à Pierre Rapsat des 45 tours avant de s’engager dans la production d’un troisième album. La RTB (ce sera la RTBF à partir de 1977) lui propose de représenter la Belgique à l’Eurovision. Il hésite, en bon gémeaux 🙂

    https://youtu.be/T5HTJ9z3Qyc .

    Il demande autour de lui si c’est une bonne idée, tout l’monde s’accorde à lui dire que s’en est une mauvaise sauf son épouse Marie-Ange qu’on a toujours appelé « Micky » et son parolier Eric VAN HULSE, dit Eric VION. Ce dernier lui conseille d’écrire du Rapsat mais pas une chanson pour l’Eurovision. Il écrit quatre chansons et le trio retient « Judy & Cie », la RTB adhère. « Judy & Cie » est une belle ballade inspirée par une amie américaine prénommée Julie, adorable mais pas jolie. Le 3 avril 1976, à La Haye, l’interprète de Judy & Cie a rasé sa barbe, on lui achète à la dernière minute une chemise blanc cassé car les couleurs de celle qu’il a choisi ne passent pas en télé. Accompagné de sa guitare il est assis sur un tabouret, il est stressé par la prestation et par un talon qu’il vient de se casser.

    Quoi d’autres ? J’vous avais dit que c’était un peu trop « tout » 🙂

    « L’enfant du 92ème » était destiné à Françoise Hardy. Mais Pierre Rapsat ayant appris entre temps que Jeanne-Marie SENS le soutenait en radio et vantait son talent, c’est elle qui héritera de la chanson. Ce texte est fabuleux, il faut voir ce duo virtuel avec Beverly Jo Scott, encore une artiste que j’aime depuis longtemps, une américaine qui a posé ses valises en Belgique.

    https://www.rtbf.be/tv/emission/detail_d6bels/actualites/article_d6bels-special-hommage-a-pierre-rapsat-bj-scott-en-duo-virtuel-avec-pierre-rapsat-video?id=7750243&emissionId=5713

    Quoi d’autre encore ?

    Je suis la Pauline Carton qui a mis en ligne « Je joue encore » et « Comme un brasero », si si c’est moi goûtant une frite mouscronnoise 🙂

    Tout ce que je sais de cet artiste je l’ai trouvé dans deux livres :

    – « Pierre Rapsat – Ses rêves sont en nous » de Thierry Coljon ;
    – « Pierre Rapsat » de Guy Delhasse.

    Et dans cette formidable vidéo :

    J’adore cet artiste parce que je le trouve authentique. Parce qu’au-delà de ses mélodies, de ses textes, de ses guitares, de ses arrangements, j’ai découvert l’humain en visionnant le DVD du concert au Cirque Royal en 2002, DVD que l’ami frontalier m’avait offert. Ce concert me touche, toutes ses interprétations me touchent. Je continue de pleurer en écoutant « Aurore », ou « Jardin secret », je frissonne devant sa reprise si ensoleillée de « Animal ». J’ai cru percevoir un humain généreux, simple, sensible. Je sens tellement en lui un amoureux fou de musique. Je le vois comme un artisan. J’aime son sens de la famille, de laquelle il ne s’est jamais éloigné sous prétexte d’étendre géographiquement sa notoriété, les deux pieds bien sur terre il me semble. J’aime son perfectionnisme ou plutôt son attachement à vouloir offrir de la qualité par politesse, parce qu’il considère que c’est la moindre des choses. Dans les bonus du DVD j’ai vu un instant qui m’a interpellé sur l’humain : il sort de sa loge et fait demi-tour parce qu’il a oublié d’en éteindre la lumière. J’aime le musicien laborieux, fou de musique, ayant le feu sacré, tellement loin d’un personnage narcissique. Il me semble que toute la Belgique l’a aimé. Je le vois comme cette chanson. On y voit à la fin, son fils Thomas qui s’est lancé dans un registre rap !

    https://youtu.be/93ucnE6uhRk

    1. Je suis heureux que mon article te plaise. Je souhaitais te laisser l’espace nécessaire pour que tu nous fasses part de ta passion pour Pierre Rapsat, cela est fait… et j’en suis ravi.

      1. Oui je t’en remercie Francis, j’avais beaucoup de place à prendre hein. Je te remercie pour ta galanterie. Il y a deux fois mon commentaire, on m’informe en rouge que le blog n’est pas sécurisé, j’espère que je n’ai pas mis l’bazar avec des liens dangereux !

        1. LOL tu mets le broll dans ce blog, comme disaient mes anciens élèves belges 😛

            • Mimi2 on 9 décembre 2018 at 20:04

            D’avance je vous présente toutes mes confuses !
            Je ne connaissais pas « broll » ! Je connais « crolle ». La première fois que j’ai entendu « mon chien a des crolles » j’ai pensé à des parasites mais il s’agissait de boucles 🙂 Tu as eu des élèves belges… Tu es proche de la frontière ?

          1. J’ai travaillé 13 ans à Longuyon, tout près de la frontière belge 🙂

            • Mimi2 on 9 décembre 2018 at 20:32

            Je vois… je veux dire je suis allée voir parce que je ne situais pas Longuyon 🙂

  2. Merci a Francis et a mimi…pour ce grand artiste….et ce magnifique article….un grand chanteur….que je connaissais pas…brasero très joli chanson….bonne semaine a toi….mon cher Francis…

    1. Merci Sakis. Bonne semaine à toi aussi !!!

    2. Merci Sakis 🙂

  3. Je t’en prie Francis. J’avais mon doc Word qui dormait dans l’ordi, je le laissais dormir parce qu’il me paraissait trop long, il faut dire que c’est proportionnel à l’intérêt que je porte à cet artiste et puis il faut dire aussi que j’ai tendance à être un peu « tout ou rien » et j’ai considéré que c’était peut-être un peu trop « tout » donc je n’ai proposé « rien ». Quand tu as crée tes étoiles je me suis dis que c’était l’occasion de te faire parvenir ce que j’avais écrit (en taillant un peu dans cette grosse masse de mots) pour que tu aies des éléments de sa vie qui ne sont pas forcément sur la toile.

    J’ai découvert cet artiste en 1985 sans savoir qui c’était. C’est l’époque de la radio FM et j’enregistre des tas de chansons sur cassette. J’ai donc enregistré une de ses chansons que j’ai écouté en boucle sans savoir qui chantait ni quoi, j’ai rewindé à tout va, à en risquer la tendinite d’index. J’ai tellement aimé ce titre que la mélodie m’est toujours restée en tête et une phrase du refrain, j’ai tellement aimé ce titre que quand j’ai eu le net vingt ans plus tard j’ai cherché avec mon bout d’phrase du refrain et j’ai trouvé et ça a été une incroyable joie de réentendre cette chanson et j’ai pu enfin mettre un nom sur son interprète malheureusement décédé trois ans plus tôt. Il s’agissait de « Animal »

    https://youtu.be/8KMyzY83Q64

    En 2010 je rencontre un fan d’Eurovision et hyper-frontalier de la Belgique et je lui demande s’il connaît Pierre Rapsat et j’apprends que bien évidemment tout le monde dans l’Nord connaît les chansons de Pierre Rapsat et je reçois une compilation de l’artiste et c’est le méga coup d’cœur ♥ 🙂 ♫

    J’achète les albums, des livres, je découvre un de ses derniers concerts et j’apprécie énormément l’humain.
    Cette partie-là où je raconte comment ce chanteur si peu connu en France est arrivé dans mes oreilles, je ne l’ai pas envoyé à Francis.

    Francis m’a dit avec plein de délicatesse qu’il aurait à résumer l’histoire familiale et que je pourrai en parler en commentaire alors je le fais parce que cette histoire familiale est touchante ♥

    Pierre Rapsat est fils et petit-fils d’immigrées espagnoles par sa mère et sa grand-mère maternelle, Aurore FERNANDEZ, née le 9 décembre 1900, qui épouse Guillermo HERNANDEZ en 1924, mort au combat en 1936. Aurore se retrouve veuve avec quatre enfants dont Bertha, née en 1927, qui deviendra la maman de Pierre. En 1937, parmi les migrants, Bertha, neuf ans, et ses deux frères, Guillermo, onze ans, et Enrique, sept ans, (Aurore reste à Mieres avec son fils Mario). Ils sont un millier dans un bateau qui les emmène à Bordeaux. De Bordeaux les trois enfants prennent un train pour Paris. La France, la Belgique, la Russie, le Mexique… pays solidaires, souhaitent accueillir ces enfants de la guerre, (la Belgique en accueillit 5 000). En transit à Boulogne-Billancourt, Bertha, dans la file, tient tête pendant trois jours au préposé à la répartition qui veut envoyer la fratrie Hernandez en Russie, Bertha veut la France mais le quota est bouclé, alors elle veut la Belgique, elle ne veut pas la Russie, cette petite bonne femme du haut de ses neuf ans sait que la Russie c’est bien trop loin de l’Espagne, elle arrive à convaincre le préposé, direction Bruxelles. La fratrie est séparée mais elle est loin de la guerre. En 1939, Aurore rejoint la Belgique avec Mario, ils sont hébergés par la famille qui accueille Enrique. C’est en 1942, durant une autre guerre, une drôle de guerre, que toute la famille HERNANDEZ sera réunie à Dottignies, tout près de Mouscron et de la frontière française.

    https://youtu.be/n8wy9mrOAh4

    Albert RAEPSAET, le père de Pierre qui devait s’appeler Pedro mais l’état civil n’a pas voulu, est voisin des HERNANDEZ mais il ne remarque pas Bertha qui a 14 ans mais tombe sous son charme à son retour de la guerre, elle en a 18. Il rend visite fréquemment aux HERNANDEZ pour parler de l’Espagne qu’il adore, avec Aurore. Il épouse Bertha le 28 juin 1947 à Dottignies.

    Judy & Cie arrive après les deux premiers albums « New York » et « Musicolor ». Ils ont eu peu de succès, on demande à Pierre Rapsat des 45 tours avant de s’engager dans la production d’un troisième album. La RTB (ce sera la RTBF à partir de 1977) lui propose de représenter la Belgique à l’Eurovision. Il hésite, en bon gémeaux.

    https://youtu.be/T5HTJ9z3Qyc

    Il demande autour de lui si c’est une bonne idée, tout l’monde s’accorde à lui dire que s’en est une mauvaise sauf son épouse Marie-Ange qu’on a toujours appelé « Micky » et son parolier Eric VAN HULSE, dit Eric VION. Ce dernier lui conseille d’écrire du Rapsat mais pas une chanson pour l’Eurovision. Il écrit quatre chansons et le trio retient « Judy & Cie », la RTB adhère. « Judy & Cie » est une belle ballade inspirée par une amie américaine prénommée Julie, adorable mais pas jolie. Le 3 avril 1976, à La Haye, l’interprète de Judy & Cie a rasé sa barbe, on lui achète à la dernière minute une chemise blanc cassé car les couleurs de celle qu’il a choisi ne passent pas en télé. Accompagné de sa guitare il est assis sur un tabouret, il est stressé par la prestation et par un talon qu’il vient de se casser.

    Quoi d’autres ? J’vous avais dit que c’était un peu trop « tout » 🙂
    « L’enfant du 92ème » était destiné à Françoise Hardy. Mais Pierre Rapsat ayant appris entre temps que Jeanne-Marie SENS le soutenait en radio et vantait son talent, c’est elle qui héritera de la chanson.

    Quoi d’autre encore ?
    Je suis la Pauline Carton qui a mis en ligne « Je joue encore » et « Comme un brasero », si si c’est moi goûtant une frite mouscronnoise 🙂

    Tout ce que je sais de cet artiste je l’ai trouvé dans deux livres :

    – « Pierre Rapsat – Ses rêves sont en nous » de Thierry Coljon ;
    – « Pierre Rapsat » de Guy Delhasse.

    Et dans cette formidable vidéo :

    J’aime cet artiste parce que je le trouve authentique. Parce qu’au-delà de ses mélodies, de ses textes, de ses guitares, de ses arrangements, j’ai découvert l’humain en visionnant le DVD du concert au Cirque Royal en 2002, DVD que l’ami frontalier m’avait offert. Ce concert me touche, toutes ses interprétations me touchent. Je continue de pleurer en écoutant « Aurore », ou « Jardin secret », je frissonne devant sa reprise si ensoleillée de « Animal ». J’ai cru voir un humain généreux, simple, sensible. Je sens tellement en lui un amoureux fou de musique. Je le vois comme un artisan. J’aime son sens de la famille, de laquelle il ne s’est jamais éloigné sous prétexte d’étendre géographiquement sa notoriété, les deux pieds bien sur terre il me semble. J’aime son perfectionnisme ou plutôt son attachement à vouloir offrir de la qualité par politesse, parce qu’il considère que c’est la moindre des choses. Dans les bonus du DVD j’ai vu un instant qui m’a interpellé sur l’humain : il sort de sa loge et fait demi-tour parce qu’il a oublié d’en éteindre la lumière. J’aime le musicien laborieux, fou de musique, ayant le feu sacré, tellement loin d’un personnage narcissique. Il me semble que toute la Belgique l’a aimé. Je le vois comme cette chanson. On y voit à la fin, son fils Thomas qui s’est lancé dans un registre rap !

    https://youtu.be/93ucnE6uhRk

  4. – Encore un artiste qui est parti trop vite toujours à cause de cette satanée maladie !!

    – Un artiste qui a eu une très belle carrière dans son pays et qui a accumulé les succès ; c’est déjà une très belle réussite.

    – Quant à sa chanson pour l’Eurovision, c’est clair et net : je n’aime pas du tout ! D’ailleurs pour être très honnête, à part comme un braséro, je n’aime pas ses chansons ni sa voix tout en reconnaissant très volontiers qu’il a un répertoire assez particulier qui sort de l’ordinaire avec une voix assez spéciale, ce qui a sans doute largement contribué à son large succès en Belgique.

    1. Comme un brasero est en effet, avec L’enfant du 92°, mon titre préféré de Pierre Rapsat. Tu as en tout cas parfaitement le droit de ne pas apprécier les chansons de cet artiste. Espérons juste que Mimi2 ne nous en voudra pas trop LOL

    2. Bah non j’vous en veux pas ! J’suis une grande fille qui sait accepter qu’on n’aient pas les mêmes goûts 🙂

  5. Merci à toi Francis et à toi Virginie (permets-tu que j’utilise, pour une fois, ton prénom ?), alias Mimi 2 (et chaleureuse vestale de feu Pauline Carton sous ses palétuviers), d’évoquer Pierre Rapsat, artiste attachant, authentique et pur. La honte me monte au front car je suis complètement passé à côté de sa carrière. Seule sa chanson « L’enfant du 92ème » m’a fait frémir les oreilles 🙂 . Je connaissais, mais je n’aurais pas pu attribuer la chanson à son auteur, peut-être parce que je vis trop loin de la Belgique pour que son influence soit prégnante. Je vais donc prendre le temps d’apprécier les paroles de ses compositions dès que possible.

    Quoi qu’il en soit je tiens à vous dire (plutôt écrire.. .) que je déguste vos deux interventions comme une tartine de miel. Vous confortez une évidence que l’on oublie parfois : le talent n’est pas forcément compatible avec la notoriété.

    1. Je crois que Mimi2 (ou Virginie, ou Pauline ah ah) sera aussi touchée que moi par tes mots, Tano. Je ne vois rien à rajouter à cette dernière phrase que tu écris, et dont la justesse éclate aux yeux de tous, je crois: « Le talent n’est pas forcément compatible avec la notoriété. »

    2. Bien sûr que tu peux m’appeler par mon prénom 🙂 Merci pour tes mots TANO 🙂 Bonne écoute 🙂

    • phileurophage on 10 décembre 2018 at 08:22
    • Répondre

    Bravo et merci à tous deux pour cet hommage légitime à l’une des figures les plus respectées de la chanson francophone, une référence pour nombre d’autres artistes et pourtant l’un des moins connus.
    Sa prestation au Concours est une merveille de délicatesse et de talent. Pour moi, « Judy et cie », à la musique et au texte bouleversants (il fallait oser évoquer une femme pas très jolie, rêvant d’être Marilyn et qui pour fuir ses désillusions se réfugie dans l’alcool et la drogue) est même un chef d’œuvre. Classée 1ère de mon top personnel de 1976 devant Israël et la Grèce… Chaque fois que je l’écoute, j’en ai les larmes aux yeux.

    1. Alors là, je pense que tu viens d’obtenir l’amitié sans faille de Mimi 2 LOL
      Content en tout cas de t’avoir permis de découvrir un peu plus Pierre Rapsat.

    2. Merci phileurophage ! Moi c’est « Un jour un enfant » qui me fait pleurer.

        • phileurophage on 10 décembre 2018 at 17:42
        • Répondre

        Merci amie sans faille (!). Veux-tu évoquer le fabuleux titre de Frida Boccara (je suis un inconditionnel de Frida et la considère comme la plus grande interprète française) ? Car, je suis d’accord aussi et l’on atteint grâce à elle un sommet d’émotion à l’Eurovision et au-delà. Quant à Pierre Rapsat, j’adore aussi « Gémeaux » et « Les rêves sont en nous ».

        1. Je ne connais pas le répertoire de Frida Boccara. Je ne sais pas si je saurais expliquer pourquoi j’aime sa chanson de l’Eurovision, tout est beau, sa voix, elle ne crie pas, son texte, les arrangements, la mélodie… à chaque fois ça m’bouleverse. Rien que de l’évoquer mes yeux s’embuent 🙂

          « Gémeaux »… quel bijou ! On dirait un peu du Sheller, un peu du Beatles. Elle fait un peu destructurée cette mélodie, elle peut décontenancer mais elle a du peps. Elle est de mes préférées du répertoire.

          « Les rêves sont en nous » c’est super beau !

          Aimons les étoiles ♫ ♪ ♫

          https://youtu.be/Lq_3jWXxnKk

    • anachorète on 10 décembre 2018 at 12:27
    • Répondre

    très très ému de réentendre  »l’enfant du 92 ièm » chanson oubliée d’un artiste que je ne connais en fait pas vraiment… chanson entendue à la radio quand je vivais en Belgique.
    je ne connaissait pas  »Judy et Cie » je trouve que la prestation de Pierre Rapsat à l’Eurovision est émouvante.
    belles découverte en perspective ces prochains jours, je vais écouter Pierre Rapsat.
    merci merci et encore merci à Francis et Mimi2.

    1. Merci à toi pour ton message de remerciement 🙂

    2. Merci anachorète 🙂 Bonne écoute 🙂 Je vous conseille le dernier album 🙂

      Voici quelques extraits de « Dazibao » que Francis a cité 🙂

      https://youtu.be/xRXZGTzo–M

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