Etoiles au Firmament (53) – Harry Winter

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

L’artiste dont je vais vous parler dans le présent article est peut-être l’un des moins connus à avoir participé au Concours. Pourtant, sa naissance le prédestinait à une compétition européenne : né dans une ville allemande aujourd’hui située en Pologne, il a choisi un prénom anglais pour représenter l’Autriche à l’Eurovision ! Cette particularité assez originale mérite à elle seule qu’on se souvienne de lui. Que justice lui soit donc rendue ici.

 

 

ÉTOILE # 53 : Harry WINTER (1914-2001)

        Représentant l’Autriche au Concours 1960 à Londres

        Titre interprété : Du hast mich so fasziniert (traduction : Tu m’as tellement fasciné)

        Classement : 7° sur 13 – 6 points

 

        Horst Winter (rien à voir avec Ophélie) naît le 24 septembre 1914 à Beuthen, ville allemande de Haute-Silésie (aujourd’hui, Bytom en territoire polonais). Au début des années 30, il s’inscrit à l’Université Artistique de Berlin, où il étudie la clarinette et le violon. Ses parents ayant divorcé, il se voit contraint, dès l’âge de seize ans, de gagner sa vie et de subvenir aux besoins de sa mère et de sa sœur. D’abord musicien dans des orchestres de danse, il devient vite chanteur de swing. En 1941, il monte d’ailleurs son propre orchestre et enregistre quelques disques pour un petit label. Mais la Reichsmusikkammer voit bientôt d’un très mauvais œil les musiques d’origine américaine, et le jazz si cher à Horst Winter est rapidement interdit.

 

Intégré dans la Wehrmacht de 1943 à 1945, le jeune musicien est fait prisonnier par les Américains en Normandie. Après l’Armistice, Horst Winter se rend à Vienne, où il crée un nouvel orchestre, le Wiener Tanzorchester. En 1948, devenu citoyen autrichien, il sort la chanson Und jetzt ist es still, qui va devenir un succès mondial une fois adapté en anglais, sous le nom de It’s oh so quiet. La chanteuse islandaise Björk la reprendra d’ailleurs dans les années 90. Après des galas en Suisse et en Allemagne, il part faire de longues tournées à l’étranger.

En 1960, les responsables de la chaîne ÖRF souhaitent toutefois qu’il représente l’Autriche au Grand Prix Eurovision. Pour l’occasion, on le rebaptise Harry – prénom vraisemblablement plus facile à défendre en cas de succès à l’étranger. Mais sa chanson Du hast mich so fasziniert ne récolte que 6 points (2 du Danemark et du Royaume-Uni, et 1 de l’Italie et de la Belgique) et finit à la 7° place.

Il se rattrape néanmoins l’année suivante quand il remporte le Festival de la Chanson de Monte-Carlo avec Vogel aus Wien. Malgré cela, il ne perce pas vraiment sur la scène internationale, même s’il fait une apparition aux Etats-Unis en 1973 auprès de Frank Sinatra. Peu importe, puisqu’il poursuit sa carrière dans son pays, donnant des concerts jusqu’à six mois avant son décès, le 3 décembre 2001 à Vienne. Son souvenir est toujours vivant dans la capitale autrichienne, où une stèle a été érigée non loin de son adresse un an après sa mort. De plus, une Promenade Horst Winter y a été inaugurée le 29 septembre 2007.

La stèle en hommage à Horst Winter, à Vienne

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(14 commentaires)

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  1. C est toujours intéressant d apprendre des connexions entre l Eurovision et des artistes qui semblent en être très éloignés, ici Bjork.
    « It’s oh so quiet » est à peu près la seule des chansons qu’ elle a interprété que j apprécie.

    1. Moi non plus, je ne suis pas très fan de Björk. Je ne la connais pas suffisamment, je pense. Mais j’aime beaucoup It’s oh so quiet. Très cabaret, ça me plaît.

  2. – Si je ne me trompe pas, un des artistes de cette rubrique qui a vécu le plus longtemps : en tout cas, une belle vie artistique bien remplie.

    – En effet, un citoyen  » européen  » avant l’heure si on retient ce que tu m’as appris au début de la rubrique. Par contre, il semblerait que sa vie privée soit inconnue ou très discrète…

    – Enfin concernant sa chanson à l’Eurovision, pas de doute, elle était bien interprétée mais ce n’est pas le genre de chanson qui me plait même si à cette époque il y en avait beaucoup du même style.

    1. En effet, l’une de nos étoiles à avoir vécu le plus longtemps. Et un artiste extrêmement discret sur sa vie privée, comme d’autres dans cette rubrique. Pas de mélange vie privée, vie publique pour ces différents interprètes.

      En ce qui concerne la chanson, elle est très représentative de celles présentées à l’époque, mais je la trouve aussi moins efficace qu’un Nous, les amoureux par exemple.

  3. Soutient de famille, puis soumis à la censure de la Chambre de la musique du Reich comme autorité musicale de contrôle, contraint par la Wehrmacht , et enfin libre de choisir son pays et sa nationalité, voilà qui fait beaucoup pour un seul homme ! Heureusement, ces épreuves n’ont pas entravé ni une carrière visiblement riche et complète, ni le souvenir qu’il laisse après lui. La chanson qu’il a présentée au concours est plutôt agréable, je dirais même assez moderne pour l’époque. Quant à la chanson  » It’s oh so quiet », je vais être sincère, pour moi il n’y que Marilyn Monroe qui a su la transcender ! 🙂

    1. * oups: « soutien » sans T, évidemment !

    2. Il est en effet des parcours particulièrement tortueux, et celui de Horst Winter n’a pas été tranquille, loin s’en faut. Sa réussite n’en force que plus encore le respect 🙂

  4. Merci Francis pour ton hommage pour ce chanteur et merci pour Tes articles…bonne semaine a toi….joli chanson et très bel hommage qu’on lui a rendu….merci pour tout ton travail sur le site

      • Francis A. on 3 décembre 2018 at 17:00
      • Répondre

      Merci Sakis. Tu penseras à moi cette semaine. Je commence les conseils de classe. Pas de retour chez moi avant 21h30…

      1. Bon courage pour tes conseils de classe

  5. Belle carrière dans son pays et il n’a pas été oublié par son public.
    Quant à la chanson de l’eurovision, elle est moyenne à mon goût par contre, j’aime bien sa voix. Je trouve que sa voix aurait été très bien pour des chansons en français.
    Merci Francis de faire honneur aux artistes qui ne sont plus là mais qui ont participé à la construction et à la pérennité de ce beau concours.

    1. Ça, c’est ma fierté personnelle : faire re-découvrir tous ces artistes, qui méritent vraiment qu’on les réécoute. Et qu’on les aime. Moi, en tout cas, j’en aime vraiment beaucoup 🙂

    • phileurophage on 5 décembre 2018 at 07:15
    • Répondre

    Encore bravo Francis pour cette mission que tu t’es donnée et pour laquelle, tu es toujours à la hauteur. Pour ma part, cette contribution autrichienne de 1960 reste jolie, mélodieuse mais déjà un peu démodée pour l’époque et trop solennelle.
    Mais quelle passion toujours renouvelée de lire ces parcours étonnants…

    1. Il est vrai que la chanson autrichienne de 1960, bien que classique, est moins marquante que d’autres du même genre, comme Bonne nuit ma chérie, par exemple. Ceci explique d’ailleurs le classement très médiocre.
      Merci en tout cas à nouveau pour tes compliments. Ils me motivent beaucoup pour les articles de cette rubrique.

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