Etoiles au Firmament (52) – Peter Doyle

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

C’est une Étoile un peu particulière que je vais vous présenter aujourd’hui, puisqu’elle est… australienne ! Oh, je vous entends bien d’ici vous demander : « Mais comment un pays dont la première participation a eu lieu en 2015 a-t-il pu avoir un représentant suffisamment tôt pour disparaître au tout début du XXI° siècle ? » Tout simplement parce qu’il ne défendait pas les couleurs de son pays ! Et dans les années 70, les Australiens étaient déjà parmi nous… David, Vincent et les autres les ont vus un soir… Par exemple,

 

 

ÉTOILE # 52 : Peter DOYLE (1949-2001)

        Représentant le Royaume-Uni au Concours 1972 à Édimbourg, au sein du groupe THE NEW SEEKERS

        Titre interprété : Beg, steal or borrow (traduction : Mendier, voler ou emprunter)

        Classement : 2° sur 18 – 114 points

 

Peter John Doyle naît à Melbourne le 28 juillet 1949. Enfant gâté de ses parents et de sa sœur aînée Kerryl, il n’a que neuf ans quand il apparaît pour la première fois à la télévision. Il participe à un télécrochet pour enfants, Swallow’s Juniors, dont il va devenir un habitué pendant les cinq années suivantes. Il enregistre son premier disque, Lucky devil, en 1959 et se produit quatre ans plus tard dans des spectacles le dimanche. En 1965, il signe son premier contrat avec le label Sunshine, ce qui lui permet de passer dans un fameux programme télévisé pour adolescents, The GO Show.

Peter Doyle lors de son passage à Swallow’s Juniors

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Pendant les deux années qui suivent, il sort dix 45 tours en Australie dont les plus célèbres sont Speechless, une reprise de Conway Twitty, et une version très entraînante du tube Stupidity de Solomon Burke.

Après quelques expériences avec des groupes qui l’accompagnent sur ses disques (comme The Phantoms ou Grandmas Tonic), il rejoint le trio vocal The Virgil Brothers en mai 1968. Ensemble, ils sortent deux succès, Temptation’s ‘bout to get me et Here I am. Le groupe décide d’enregistrer leur troisième titre, When you walk away, au Royaume-Uni, mais arrivé sur place Peter quitte la formation, ce qui entraîne la séparation définitive de l’ensemble.

En 1969, Keith Potger (un musicien australien d’origine boer né à Ceylan) décide de créer un nouveau groupe après la dissolution de The Seekers, qu’il a dirigé pendant plusieurs années. The New Seekers, dans son esprit, doit viser le même public, mais en mêlant à sa musique des éléments de folk et de rock. L’année suivante, alors qu’un seul single est sorti, l’effectif est un peu modifié. Aux deux membres fondateurs Marty Kristian et Eve Graham, se joignent Lyn Paul et Paul Layton… ainsi que Peter Doyle, tout juste libéré des Virgil Brothers.

Keith Potger, à l’origine des New Seekers

Image associée

C’est l’effectif idéal et le succès ne se fait pas attendre : What have they done to my song, Ma ? atteint le Top 20 au Billboard américain et se classe troisième au Canada. En juin 1971, Never-ending song of love fait un carton au Royaume-Uni et occupe cinq semaines durant la deuxième place des charts. Quelques mois plus tard, le groupe adapte la musique d’une publicité pour Coca Cola et I’d like to teach the world to sing devient un hit mondial après être resté quatre semaines en tête des ventes en Grande-Bretagne. Presque un million d’exemplaires sont vendus.

La BBC n’est pas assez folle pour laisser passer l’occasion, et demande au groupe de proposer six chansons à la sélection nationale, qui doit décider du représentant britannique au futur Concours de l’Eurovision. À elle seule, Beg, steal or borrow, récolte pratiquement autant de voix que les cinq autres titres réunis ! Et le triomphe est à deux doigts (en fait, 14 points) de se répéter à Édimbourg, le 25 mars. Le premier groupe jamais envoyé par le Royaume-Uni décroche une huitième 2° place au Concours avec 114 points – 10 de la Norvège, 9 de la France, de la Yougoslavie et de Monaco, 8 de l’Allemagne, de la Suisse, du Luxembourg et des Pays-Bas, 7 de la Finlande, de l’Autriche et de l’Italie, 6 de l’Irlande et de la Suède, 4 du Portugal et de la Belgique, et 2 de l’Espagne et de Malte. Bref, des points de tous les jurys !

Après le Concours, la chanson se vend très bien dans toute l’Europe, ainsi que Circles, l’extrait suivant de leur album. Malgré cela, Peter Doyle, qui trouve décevantes les retombées financières de tous ces succès, décide de quitter le groupe et il est remplacé par Peter Oliver. Une tournée est organisée aux Etats-Unis avec Liza Minnelli en 1973. À partir de ce moment, le groupe privilégie les chansons qui mettent en avant l’un des interprètes, avec ses acolytes comme choristes. C’est ce qui leur permet de signer de nouveaux succès, You won’t find another fool like me ou I get a little sentimental over you, que Lyn Paul défend magnifiquement. Mais en mai 1974, affirmant à leur tour qu’ils touchent très peu sur les énormes ventes de disques qu’ils génèrent, les membres du groupe se résignent à la séparation.

Peter Oliver, qui remplace Peter Doyle après son départ

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Mais The New Seekers renaît de ses cendres deux ans plus tard – sans Lyn Paul ni Peter Oliver, mais avec deux nouveaux membres. La réussite n’est pas aussi éclatante qu’auparavant, mais la nouvelle formation parvient à signer quelques beaux succès, comme It’s so nice (to have you home) ou I wanna go back. En 1980, Eve Graham quitte à son tour le groupe pour se marier. The New Seekers continuera à parcourir les routes et à donner des concerts jusqu’en 2010, avec de nombreuses modifications d’effectif. Le seul membre à être resté avec le groupe jusqu’au bout sera Paul Layton.

The New Seekers dans les années 2000

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De son côté, Peter Doyle revient à sa carrière solo, enregistre un album dont sont extraits plusieurs singles et signe des musiques de publicité. Il assure également les chœurs sur le titre que Lyn Paul sort en 1974, It oughta sell a million. Deux ans plus tard, il reprend le succès des Easybeats, Friday on my mind, qui ne rencontre pas les faveurs du public. Les déceptions musicales s’enchaînent car les ventes de ses albums ou de ses singles ne décollent pas.

Il regagne donc l’Australie en 1981 pour travailler avec un nouveau groupe, Standing Room Only. L’année suivante, il intègre Regis, la formation de l’ancien batteur des Wings, Steve Holley, avec laquelle il travaille pendant cinq ans aux États-Unis. Revenu dans son pays natal en 1987, il se produit de plus en plus avec des groupes locaux. À la fin des années 90, il ralentit cependant son rythme de travail car il commence à avoir de gros problèmes de santé. Et de fait, il subit une laryngectomie en mai 1999 avant de décéder d’un cancer à la gorge le 13 octobre 2001, à Castlemaine, dans l’État de Victoria.

Peter Doyle en 1992

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(16 commentaires)

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  1. Merci Francis pour cette artiste et j’ai bien aime sa chanson du concours en 1972….mais une question me taraude en lisant ton article…les chanteurs ne gagnait pas leur vie avec eurovision a cette époque…était il renumere….vu que ce chanteur a quitte son groupe puisque les dividendes n’étaient pas bonne…par exemple était il paye pour leur prestations a cette époque pour le concours et par leur pays comme maintenant….merci pour cette article…j ‘ai adore leur chanson moi qui déteste la country…bonne journée

    1. Difficile à dire, mais je pense que, déjà à cette époque, les producteurs savaient parfaitement écrire des contrats qui désavantageaient les jeunes artistes. À l’Eurovision, ils sont souvent en début de carrière et ne savent pas nécessairement négocier avec les maisons de disques. C’était aussi le cas de Sophie et Magaly, par exemple.

      1. Merci de ta réponse…francis et bonne soirée….dur a cette époque …alors…pour eux. ..enfin….sa a change maintenant pour tous ses artistes heureusement

        1. Je pense que ça doit encore exister, malheureusement.

  2. Il y a eu aussi Olivia Newton John qui me semble est australienne et a fait l ‘Eurovision il y a très très longtemps

    1. Oui, en 1974. Et Gina G aussi.

    • Picasso on 28 novembre 2018 at 19:50
    • Répondre

    Merci pour tous ces articles sur ces artistes disparus.
    Remarque sur cet article : en 1971, 1972 et 1973 tous le monde recevait des points de tous les jurys :-)…c’était la règle.

    1. Ah oui, en effet tu as raison 🙁 Bon bah je suis pris en faute… Merci en tout cas du rappel!!!

        • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 29 novembre 2018 at 14:47
        • Répondre

        Oui, et en fait les 4 du Portugal et de la Belgique, et les 2 de l’Espagne et de Malte sont une véritable contre-performance. Recevoir 2 points d’un pays était le pire score possible, comment l’Espagne et Malte ont-ils osé estimer que « Beg, steal or borrow » méritait la pire note possible ? N’y aurait-il pas eu quelques arrangements en coulisses avec le Luxembourg ? Pour rappel, entre Malte et le Luxembourg cela s’est à nouveau produit de façon flagrante en 1992 et 1993…

        1. Y aurait-il des votes interlopes au Concours ? Alors là, ça m’en bouche un coin… LOL
          Sérieusement, je pense que tu pointes un des problèmes récurrents des différents systèmes de vote.

  3. – Je me souvenais de ce nom d’artiste ; je constate qu’il a beaucoup cherché sa voie, soit seul, soit en groupe, et même si sa carrière a été jalonnée de quelques succès, elle reste en pointillés…. Malheureusement, encore un artiste qui meurt de  » cette saleté de maladie « …

    – Concernant la chanson de l’Eurovision, je ne suis pas fan du tout : je trouve cette chanson un peu  » nunuche  » sans éclat et loin d’être parfaite au niveau harmonie des voix ! Bref une 2e place pas vraiment méritée pour moi… Heureusement que Vicky Leandros avait gagné cette année-là….

    1. Pour une fois, nous sommes en désaccord Zipo 😛 Personnellement, j’adore Beg, steal or borrow… même si je pense qu’Après toi méritait largement la victoire cette année-là!

  4. Franchement, les vêtements des années 70, c’était vraiment un style particulier!
    Sans plus pour moi leur chanson de l’eurovision même si elle a fait un bon score.
    Encore un autre artiste qui est mort trop tôt!

    1. LOL c’est vrai que les tenues des années 70 étaient très… particulières, et que leur renommée est encore grande aujourd’hui 🙂 Mais va savoir ce que l’on dira dans 20 ou 30 ans des tenues que portent les actuels chanteurs…

    • phileurophage on 1 décembre 2018 at 08:56
    • Répondre

    Francis, rien à redire, l’article est passionnant et cette chanson fut ma préférée en 1972 (devant la Yougoslavie, le Portugal et le Luxembourg). Tu fais un travail, je le redis, remarquable !
    Philippe

    1. Merci, Philippe. C’est trop !!!!!

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