Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Après avoir parlé la semaine dernière de la première candidate israélienne à disparaître, allons aujourd’hui à la découverte de la première Finnoise à nous quitter – qui fut également la première Finnoise à participer. C’était à Cannes en 1961, édition que j’ai déjà évoquée puisque quatre de ses participants (Jean-Paul Mauric, Lale Andersen, Colette Deréal et Jean-Claude Pascal) font déjà partie de nos Étoiles. À mon sens, l’une des plus belles femmes du Concours, l’une des plus belles voix scandinaves et l’une des plus belles ballades romantiques.

 

 

ÉTOILE # 48 : Laila KINNUNEN (1939-2000)

        Représentant la Finlande au Concours 1961 à Cannes

        Titre interprété : Valoa ikkunassa (traduction : Une lumière à la fenêtre)

        Classement : 10° ex-aequo sur 16 – 6 points

 

Laura Annikki (dite Laila) Kinnunen naît le 8 novembre 1939 à Vantaa, en périphérie d’Helsinki. Ses parents émigrent en Suède pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais regagnent leur pays en 1949. La jeune fille commence très tôt sa carrière puisqu’après avoir remporté un concours de chant en 1955, elle est engagée dès l’année suivante par l’orchestre de Lasse Pihlajamaa.

Lasse Pihlajamaa

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Son premier disque sort en 1957. C’est une adaptation en finlandais de Lazzarella, le premier succès écrit par Domenico Modugno, notre Étoile # 25. Le succès est immédiat, suivi d’autres comme Illalla, Illalla, Kellä kulta, sillä onni, Kuume (adaptation du célèbre Fever), Marina (reprise de Rocco Granata), Jazzbasilli et Pieni kukkanen (le Petite Fleur de Sidney Bechet).

En 1961, la Finlande souhaite faire son entrée au Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne. Elle organise par conséquent une finale nationale, Euroviisut, à laquelle elle convie Laila et trois autres artistes. Mais c’est elle qui remporte le droit de représenter son pays à Cannes. Valoa ikkunassa, sur un texte de Sauvo Puhtila (l’auteur des paroles finlandaises de Lazzarella), ne décroche malheureusement qu’une décevante 10° place avec seulement 6 points – 2 de l’Italie et du Royaume-Uni, et 1 du Danemark et de la France (non, ce n’est pas moi le juré français en 1961 !!!).

Cette déception n’empêche pas Laila de partir en tournée, au cours de laquelle elle se produit, outre la Finlande et la Suède, aux Pays-Bas et en Allemagne. Elle retente sa chance l’année suivante à l’Euroviisut, mais Lumineito ne passe pas le cap de la demi-finale. Il faut attendre 1966 pour qu’elle y revienne, au côté de Lasse Mårtenson et de Viktor Klimenko (les candidats finlandais des deux précédents Concours). Elle ne termine cependant que 2° avec Muistojen bulevardi, à deux points de la chanson gagnante. Deux nouveaux essais (en 1967 avec Revontuli et Unohdusta ei ole, et en 1969 avec Potkis) se soldent par deux échecs supplémentaires.

Il ne faut néanmoins pas croire que ces échecs à répétition ont ralenti la carrière de Laila dans son pays. Pendant toute cette décennie, elle aborde de nombreux styles musicaux, de la bossa nova au jazz, en passant par le folklore et la variété – et rencontre le succès à chaque fois. Parmi ses plus grands titres, citons Soittajapoika, Mandshurian kummut, Yön äänet, Yhden nuotin samba et En vastaa jos soitat. Elle enregistre aussi quelques chansons avec sa sœur aînée Ritva en 1962, Pojat et Lauantai. Parallèlement, elle apparaît au cinéma et au théâtre.

Au début des années 70, Laila Kinnunen se heurte à la fois au manque d’intérêt du milieu de la musique et à des difficultés d’ordre privé. Sa maison de disques Scandia décide de ne pas prolonger son contrat, ce qui la pousse à s’éloigner un peu de la scène médiatique. Elle n’enregistrera plus qu’un seul disque, Kohtalon lapsi, en 1980 avant d’abandonner définitivement la musique.

Sa vie sentimentale est également particulièrement difficile. Après un premier divorce en 1964 (elle n’est restée mariée que trois ans avec le musicien Armando Figazzana), elle se sépare de l’acteur Ville-Veikko Salminen. En effet, elle est enceinte de celui qui deviendra son troisième époux, le musicien yougoslave Milan Mišić. Le scandale est énorme, et un an après la naissance de sa fille Milana en 1970, elle épouse Milan… pour en divorcer l’année suivante.

Laila, son 3° époux et leur fille Milana

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Un peu oubliée du métier et du public, la si belle Laila décède à Heinävesi (dans l’Est de la Finlande) le 26 octobre 2000. Aujourd’hui, sa fille Milana, après des études d’optique, poursuit sur la voie de sa mère, puisqu’elle est à son tour une chanteuse à succès dans son pays.

Milana Misic aujourd’hui

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