Etoiles au Firmament (47) – Marjorie Noël

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Poursuivons notre voyage dans le passé à la découverte des artistes ayant participé au Concours Eurovision, et partis chanter sous d’autres cieux. Aujourd’hui, c’est une onzième Étoile française – et quatrième candidate pour Monaco – que je vais vous présenter. Une des carrières les plus brèves parmi toutes celles que j’ai prévu de vous relater, pour une jeune femme pour qui la chanson n’était pas tout mais dont la personnalité était particulièrement attachante.

 

 

ÉTOILE # 47 : Marjorie NOËL (1945-2000)

        Représentant Monaco au Concours 1965 à Naples

        Titre interprété : Va dire à l’amour

        Classement : 9° sur 18 – 7 points

 

De son vrai nom Françoise Nivot, Marjorie Noël naît le 25 (certains disent le 29) décembre 1945 à Paris. Ses parents, originaires du Morvan, possèdent un café-bar dans un quartier très populaire, non loin des Buttes-Chaumont. Bonne écolière, la petite Françoise n’hésite pas à aider ses parents et attire pas mal de clients en montant sur les tables pour interpréter des chansons d’Édith Piaf.

Le Parc des Buttes-Chaumont

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Cela n’étonne personne le jour où des habitués suggèrent à la jeune fille de 16 ans, alors étudiante en secrétariat, de rencontrer un vrai professionnel afin d’avoir un avis clair sur les qualités de chanteuse de Françoise. Mme Nivot accompagne donc sa fille chez un pianiste, Guy Checkler, au moment où il est en pleine répétition avec le chanteur Bruno Sartène. La future Marjorie Noël épate les deux hommes en interprétant Milord de manière très personnelle. Sartène propose de lui donner des cours du soir avec l’aide d’un professeur de chant spécialiste du placement de voix, Jeanne Bertille.

Bruno Sartène

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En 1963, la jeune fille enregistre deux titres, Laisse-moi m’habituer à t’oublier et Tu n’as pas le choix, qui lui ouvrent la porte du label Barclay. Elle signe un contrat de cinq ans, où elle s’engage à prendre un pseudonyme et à faire les chœurs sur le prochain disque du célèbre Frank Alamo, Jolie frimousse.

Frank Alamo

Image associée

Sept 45 Tours sortent dans les mois qui suivent, lui permettant de se produire à la radio, à la télévision, sur scène (avec Gigliola Cinquetti, Bobby Solo ou les Surfs, par exemple) et lors de différents concours. Après deux échecs à la sélection française pour le Grand Prix Eurovision en 1964 (face à Hugues Aufray et Rachel) et 1965 (où elle est opposée à Guy Mardel, Marie Laforêt, Sophie Darel et Michèle Torr), elle est choisie pour représenter Monaco à Naples, avec Va dire à l’amour.  Sur place, elle ne termine cependant que 9° avec 7 points – 5 du Royaume-Uni et 1 de la Yougoslavie et de la Suisse. Donc, rien de la France !

Deux mois plus tard, parrainée par Charles Trénet, elle atteint la demi-finale de la Rose d’Or d’Antibes, avec Les filles et les fleurs. C’est le moment où l’Allemagne la réclame, elle y va donc enregistrer deux titres en allemand – qui marcheront également très bien au Mexique !!! Selon le vieil adage “Nul n’est prophète en son pays”, le succès international est au rendez-vous au Japon (où Charles Aznavour fait sa première partie) et en Corée. La dizaine de disques qu’elle y enregistre fait bientôt d’elle une vraie idole, et ses chansons traversent les décennies puisqu’elles sont régulièrement reprises par des vedettes locales.

Partie en tournée sur les routes de France en 1966 avec Alain Barrière (candidat français au Concours 1963), elle est victime d’un accident de la route, où elle n’est heureusement que blessée. Voulant à tout prix poursuivre ses concerts, elle doit subir un traitement à la cortisone dont l’effet sur son poids sera très mal vu par sa maison de disques, qui décide de rompre son contrat. Très meurtrie, Marjorie s’inscrit dans une clinique près de Paris et y perd ses kilos superflus, sans toutefois retrouver sa confiance en elle et la foi dans sa carrière.

Elle se marie le 27 juillet 1968 à Apt, et décide de mettre un terme à sa carrière de chanteuse pour s’occuper de ses deux fils, Franck et Olivier, nés en 1969 et 1971. Elle décède d’une hémorragie cérébrale  le 30 avril 2000 (vingt-deux ans jour pour jour après Liane Augustin, notre Étoile # 4), bien loin de la scène médiatique, et est inhumée dans un petit village près de Cavaillon, dans le Vaucluse.

Marjorie Noël avec un de ses fils

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(16 commentaires)

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    • Nico on 11 novembre 2018 at 12:45
    • Répondre

    C’est vrai que quand Monaco et le Luxembourg chantaient à l’Eurovision que la grande majorité des chanteuses et chanteurs étaient français, cela peut se comprendre vu la taille de ces petits pays. Encore une artiste qui restera inscrite dans l’histoire de l’Eurovision et merci de lui rendre ainsi hommage. J’aimerais beaucoup revoir Monaco et le Luxembourg dans ce concours, cependant, je pense qu’il y a peu d’espoir.

    1. Je suis malheureusement d’accord avec toi, je pense qu’il y a vraiment très peu de chances de revoir un jour Monaco ou le Luxembourg au Concours 🙁

    • Pauline HALIMI on 11 novembre 2018 at 14:05
    • Répondre

    Pauline HALIMI

    Elle était bien la fille de l’actrice Magali NOËL. Je pense qu’elle a fait la première partie de CHARLES AZNAVOUR et non l’inverse. Ce que je retiens, c’est que mon idole JEAN-CLAUDE PASCAL a repris cette chanson à son compte.

    1. Je persiste et signe : Marjorie Noël, de son vrai nom Françoise Nivot, n’est pas la fille de Magali Noël, de son vrai nom Magali Guiffray.
      Quant à Charles Aznavour, il a bien, en début de carrière, fait les premières parties en Corée, de Marjorie, plus célèbre que lui là-bas à l’époque.

    • ZIPO on 11 novembre 2018 at 22:09
    • Répondre

    – Encore une artiste qui est partie trop vite… Des circonstances peu en rapport avec son métier lui ont fait stopper sa carrière, et je ne trouve pas ça juste !

    – Après, je ne vais pas le cacher, je n’aime pas vraiment ce qu’elle chante : vocalement c’est moyen et au niveau chansons, c’est plutôt répétitif et ça en devient agaçant à l’écoute…

    – Quant à la chanson de l’Eurovision, elle ne me plait pas du tout : absolument pas mon style de chanson ! Ce milieu de tableau est donc bien payé !

    1. Ce qui est assez incroyable, c’est ce succès énorme et durable en Extrême-Orient!!! J’ai un peu de mal à le comprendre, même si ces titres sont un peu meilleurs que celui qu’elle a présenté au Concours.

    • TANO on 11 novembre 2018 at 22:57
    • Répondre

    Je crois que j’ai complètement zappé la carrière de Marjorie Noël, aussi je te remercie de me faire découvrir cette artiste, Francis. Partie trop tôt, elle aussi. Tout juste le temps de marquer de son empreinte l’époque des yéyés qui défilaient avec des chansons légères, le temps d’un ou de quelques disques, pour disparaître bien vite ensuite (à vrai dire cela n’a pas beaucoup changé)…

    Aznavour en 1ère partie de ses concerts, c’est dire qu’il faut absorber une sacrée dose d’humilité et de patience avant de se faire connaître ! Mais parfois le jeu en vaut la chandelle.

    Preuve faite pour l’une comme pour l’autre.

    1. C’est vrai que le temps change bien les choses! Aujourd’hui, Marjorie Noël est complètement oubliée, alors que Charles Aznavour est le chanteur français le plus célèbre au monde 😛

    • phileurophage on 12 novembre 2018 at 09:40
    • Répondre

    Bravo Francis pour ce bel hommage à une délicate interprète dont la carrière fut trop courte. Pour ma part, je trouve « Va dire à l’amour » naïf mais bien joli.
    Petite précision cependant, selon mes recherches, le compositeur du morceau, Raymond Bernard, ne fut pas le fils de Tristan Bernard (qui eut bien un enfant portant ce prénom). De son vrai nom Raymond Bernard Cohen, on lui doit la musique du Luxembourg 1963 et de Monaco 1972.
    Enfin, j’avais retenu également que Marjorie était décédée des suites d’une hémorragie cérébrale.
    A très vite pour de nouveaux récits nostalgiques et toujours passionnants.

    1. Merci pour ces renseignements !!!!! Je m’empresse de modifier mon article 🙂

    • steven on 12 novembre 2018 at 11:25
    • Répondre

    Jolie formule chanter sous d ´autre cieux!!!!C est vrai qu à part Steph de Monaco ou le Prince Albert!!!!qui peux représenter de nos jours Monaco?Une bien belle artiste en tout cas!!!

    1. J’adore les doubles-sens, comme je le disais dans mon premier article. Je suis donc ravi que tu aies apprécié ce jeu de mots 😀

    • Pascal on 12 novembre 2018 at 16:33
    • Répondre

    J’aime assez ce genre de chansons et , du coup, je trouve son titre de l’ Eurovision assez charmant. Il ne mettait par contre pas très en valeur ses capacités vocales.

    L’amour et le désamour du public sont assez inexplicables (comme le classement de certains au concours !)

    1. Je te rejoins à la fois sur le fait qu’on a négligé à tort les capacités vocales de Marjorie Noël et sur la regrettable amnésie du public, provoquée par celle encore plus grande des producteurs 🙁

  1. Merci pour cette chronique… Et encore un mauvaise et triste destinée ….tres jolie voix…les yéyés…mon dieu une époque dépasse..pour le jeune que je suis….merci mon cher Francis…pour ta chronique…bonne fin de semaine a toi

    1. L’époque yé-yé était un terreau incroyable pour de nombreux jeunes artistes, dont certains qui ont eu de magnifiques carrières. En revanche, certains ont été vite oubliés tant il y en avait 🙁

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