Etoiles au Firmament (42) – Aldo Stellita & Giancarlo Golzi

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

C’est à nouveau un article un peu particulier que je vous propose aujourd’hui. En effet, les artistes que je vais vous présenter – bien qu’ayant foulé la scène de notre Concours favori – ne sont pas chanteurs, et n’ont d’ailleurs pratiquement pas ouvert la bouche le grand soir, si ce n’est pour soutenir de temps en temps le duo qu’ils accompagnaient. En revanche, ils  étaient membres fondateurs du groupe représentant leur pays, groupe avec lequel ils ont connu les plus grands succès dans leur pays et à l’étranger. Cela méritait bien un article dans cette rubrique, je pense.

 

 

ÉTOILES # 42 : Aldo STELLITA (1947-1998) et Giancarlo GOLZI (1952-2015)

        Représentant l’Italie au Concours 1979 à Jérusalem, au sein du groupe MATIA BAZAR

        Titre interprété : Raggio di luna (traduction: Rayon de lune)

        Classement : 15° sur 19 – 27 points

 

        Aldo Salvatore Stellita naît le 2 août 1947 à Campobello di Mazara, en Sicile. Ses parents déménagent cependant à Bolzano, dans le Nord de l’Italie, alors qu’il est encore enfant. Mais il conservera toute sa vie le souvenir de son île natale, et lui gardera une profonde affection. Alors qu’il étudie la chimie à Gênes, il décide que la musique (il joue de la basse) sera sa voie. Il fonde donc le groupe J.E.T. avec Piero Cassano et Carlo Marrale, avec qui il enregistre un album, Fede, speranza, carità.  Ensemble, ils présentent Anika na-o au Festival de San Remo en 1973, mais ils sont éliminés avant la finale, tout comme Gigliola Cinquetti (gagnante du Concours Eurovision en 1964), Sergio Endrigo (candidat italien en 1968) et Mocedades (qui représentera finalement l’Espagne).

J.E.T. le premier groupe d’Aldo Stellita

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1975 voit l’arrivée dans le groupe d’une chanteuse, Antonella Ruggiero, et d’un batteur, Giancarlo Golzi. Celui-ci, né à San Remo le 10 février 1952, a fait partie pendant plusieurs années d’un groupe de rock alternatif, Museo Rosenbach, avec lequel il a sorti un album très remarqué, Zarathustra, en 1973. Avec l’arrivée de ces deux nouveaux membres, J.E.T. devient Matia Bazar, qui sort dans la foulée un premier album éponyme. Et le succès arrive rapidement : Stasera… che sera et Cavallo blanco sont d’énormes tubes en Italie.

En 1977, Matia Bazar se présente au Festival de San Remo avec Ma perchè. La chanson y passe inaperçue, mais devient par la suite très populaire auprès des jeunes, qui se ruent sur leur deuxième album, Gran Bazar.

La même année, sort Solo tu, qui sera leur plus grand succès, national et international. Adapté en espagnol, le single s’écoule dans toute l’Europe et atteint le million d’exemplaires vendus.

La deuxième tentative de Matia Bazar au Festival de San Remo a lieu en 1978. Cette fois, c’est la victoire pour …e dirsi ciao ! devant Anna Oxa (future candidate à l’Eurovision en 1989). Mais c’est le groupe Ricchi e Poveri qui représentera l’Italie à Paris.

Tout vient à point à qui sait attendre, et le groupe défend enfin les couleurs de l’Italie, à Jérusalem en 1979. Mais Raggio di luna, interprété à cette maudite 2° place, se classe très mal : 15° sur 19 avec seulement 27 points – 8 du Portugal, de la Finlande et de l’Espagne, et 3 de la Norvège. Il faut dire que toute la prestation a été un supplice pour les oreilles du public et des jurés, tant Antonella et Carlo ont chanté faux.

Malgré cet échec, le succès ne se dément pas en Italie, où le groupe enchaîne singles et albums, qui rencontrent tous leur public. En 1981, Piero Cassano quitte le groupe et est remplacé par Mauro Sabbione, un claviériste de talent qui permet à Matia Bazar d’entrer dans leur période électronique. Deux ans plus tard, ils font leur retour à San Remo, où ils côtoient Toto Cutugno et son célébrissime L’Italiano, Gianni Morandi (candidat italien à l’Eurovision 1970), Dori Ghezzi (3° du Concours 1975), Zucchero Fornaciari, Richard Sanderson et Amii Stewart ! ! ! Vacanze romane est battu, mais repart avec le Prix de la Critique.

1984 voit le départ de Mauro Sabbione, qui souhaite se consacrer à des projets expérimentaux. Il est remplacé à son tour par Sergio Cossu, qui les accompagne au Japon pour le festival de Tokyo, où ils interprètent Cercami ancora. L’année suivante, Matia Bazar remporte un deuxième Prix de la Critique au Festival de San Remo, avec Souvenir, qui ne se classe finalement que 10°, loin de Ricchi e Poveri, Gigliola Cinquetti, Riccardo Fogli (tous anciens candidats au Concours), Anna Oxa, Peppino Di Capri et Eros Ramazzotti (avec le sublime Una storia importante).

Il faut attendre trois ans pour les revoir à San Remo, cette fois-ci avec La Prima stella della sera, qui termine dans les bas-fonds du classement. Massimo Ranieri (représentant italien en 1971 et 1973) l’emporte devant Toto Cutugno (futur vainqueur en 1990) et Luca Barbarossa (qui défendra les couleurs de l’Italie à Dublin, mais avec un autre titre). On peut également entendre dans cette édition d’anciens ou de futurs représentants italiens au Concours, comme Fausto Leali, Anna Oxa, Ricchi e Poveri, Raf, Peppino Di Capri et Alan Sorrenti. Bref, des habitués.

En 1989, Antonella, qui attend un enfant d’Aldo Stellita, quitte Matia Bazar pour se consacrer à son futur enfant. Une nouvelle chanteuse arrive, Laura Valente, qui reste jusqu’en 1998 et fait souffler sur la formation un vrai vent de modernité. C’est le moment pour participer à nouveau (c’est la sixième fois) au Festival de San Remo de 1992. Piccoli giganti  ne termine que 6° mais fait à nouveau un carton en Italie. Ils participeront encore 6 fois (en 1993, 2000, 2001, 2002, 2005 et 2012) avec des fortunes diverses, l’emportant à nouveau en 2002 avec Messaggio d’amore. Mais le groupe est alors bien différent.

Après le départ de Carlo Marrale en 1993, Matia Bazar devient quatuor… et poursuit sur la route du succès. Toutefois, leurs productions sont ralenties quand Aldo Stellita, qui a écrit ou collaboré à toutes les chansons du groupe depuis ses débuts, se découvre un cancer au poumon et doit réduire son implication dans les tournées. Son dernier concert avec Matia Bazar a lieu en décembre 1997, huit mois avant son décès le 9 juillet 1998. Son épouse Simonetta et son petit garçon de quatre ans, Jodi, accompagnent son corps jusqu’à sa dernière demeure, au cimetière d’Udine, dans le Frioul.

Les obsèques d’Alto Stellita, suivies par des centaines de fans

Image associée

Quelques mois plus tard, Laura Valente et Sergio Cossu quittent le groupe, qui s’interrompt temporairement. Il renaît néanmoins en 1999, quand le seul membre fondateur encore vivant, Giancarlo Golzi, rappelle Piero Cassano et lui propose de créer un son plus léger et commercial. Ce sera fait avec l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, Silvia Mezzanotte, qui les accompagnera pendant cinq ans. Depuis, toutes les chanteuses qui font partie de Matia Bazar signent des contrats de cinq ans ! Y compris Silvia, qui fera son retour en 2010.

Silvia Mezzanotte

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Le 12 août 2015, Giancarlo Golzi, membre fondateur et batteur du groupe, meurt d’une crise cardiaque à Bordighera, en Ligurie. Deux ans plus tard, Piero Cassani annonce son départ du groupe. Mais Matia Bazar semble immortel et continue à tourner dans tout le pays, et même à l’étranger, avec de nouveaux musiciens. Leur dernier single, Questo è il tempo, est sorti en juin 2018. L’œuvre d’Aldo Stellita et de Giancarlo Golzi leur survit donc encore et toujours, une rareté dans le monde de la musique.

(10 commentaires)

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    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 24 octobre 2018 at 12:23
    • Répondre

    Merci Francis. La durée de vie de ce groupe est incroyable ! Même si je trouve que la formation actuelle n’a pas de légitimité à s’appeler Matia Bazar puisqu’elle ne comporte aucun membre du groupe originel. On peut citer aussi « Ti sento », un super titre de 1986 qui avait même connu un petit succès en radio en France.

    1. Effectivement, il est assez rare pour un groupe non anglophone d’avoir une telle durée de vie à un si haut niveau. Cette particularité justifiait bien un article aussi long dans cette rubrique LOL

    • marie on 24 octobre 2018 at 21:11
    • Répondre

    Belle carrière pour un groupe!
    Quant à la chanson de l’eurovision, ce n’est pas ce que les italiens ont présenté de mieux et c’est vrai que ce n’était pas correctement chanté. Quand on voit les magnifiques prestations italiennes que ce pays nous offre lors des différentes éditions, celle-ci est plutôt pauvre mais ça ne leur a pas empêché d’avoir beaucoup de succès fort heureusement.

    1. Matia Bazar est effectivement très loin des grands artistes italiens Domenico Modugno, Betty Curtis, Gigliola Cinquetti, Mia Martini ou, plus proches de nous, Raphaël Gualazzi et Il Volo.

  1. – Matia Bazar est un groupe que j’aimais bien écouter à l’époque de ses principaux succès : ce n’était pas des chansons exceptionnelles mais elles apportaient de la fraicheur et la musique était toujours fédératrice et portait les chansons vers le haut.

    – Je suis sans doute en retard d’une guerre mais je viens donc d’apprendre que deux des membres fondateurs étaient décédés encore beaucoup trop jeunes pour moi mais le groupe leur a survécu.

    – Quant à la chanson de l’Eurovision, elle n’était pas mauvaise mais pas suffisamment forte pour sortir du lot ; Matia Bazar a eu des succès beaucoup plus probant grâce surtout à des musiques que l’on fredonne automatiquement, et là, c’était moins évident…

    1. Je suis parfaitement d’accord avec toi, Raggio di Luna est l’un des plus faibles titres interprétés par Matia Bazar. D’où le classement très médiocre.

      Et rassure-toi, Zipo, ma rubrique est aussi là pour ça : évoquer les Eurostars disparues afin qu’on ne les oublie pas 😛

  2. Très bon groupe mais quelle triste destinée encore…j’ai beaucoup aime les chansons…merci mon cher Francis….pour cette chronique….encore un groupe que je connaissais pas….

    1. Il est vrai qu’Aldo Stellita a disparu bien jeune, mais une fois n’est pas coutume, son groupe a atteint dans son pays et à l’international une notoriété immense. Ça n’a malheureusement pas été le cas de la majorité des étoiles présentées dans cette rubrique :-/

    • phileurophage on 25 octobre 2018 at 16:12
    • Répondre

    Alors attention, désaccord complet ! Si « Solo tu » est un des 45 tours que j’ai le plus écouté dans mon enfance, si cet article est une fois de plus hyper-complet et passionnant, parler de supplice me renverse ! « Raggio de luna » est pour moi un chef d’oeuvre du Concours, je me surprends à la chantonner souvent et la prestation est (pour moi encore) convaincante et m’a toujours laissé un souvenir aigri et agacé, celui d’une injustice. L’impression de fausseté est à mes oreilles dû à une mauvaise balance, un mauvais étalonnage des voix. Pas de chance pour Matia Bazar…
    Mais vive l’Eurovision et surtout vivent nos avis divergents !

    1. Mon cher Phil, je ne suis pas opposé au débat. Au contraire, j’adore ça. J’aime tellement, d’ailleurs, que je peux même être de mauvaise foi pour le relancer LOL
      Après, je dois quand même reconnaître en toute honnêteté que lors de cette édition si forte de 1979, je souffre terriblement des oreilles quand j’écoute (rarement) Raggio di Luna 😛

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