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Dans le cadre de cette rubrique Étoiles au Firmament, allons aujourd’hui à la découverte de la première représentante norvégienne à quitter cette Terre. Une artiste malheureusement oubliée, qui mérite toutefois qu’on évoque ici sa mémoire, ne serait-ce que pour réentendre sa voix, au timbre si particulier.

 

 

ÉTOILE # 35 : Inger JACOBSEN (1923-1996)

        Représentant la Norvège au Concours 1962 à Luxembourg

        Titre interprété : Kom sol, kom regn (traduction : Vienne le soleil, vienne la pluie)

        Classement : 10° ex-aequo sur 16 – 2 points

 

 

Inger Johanne Jacobsen naît à Oslo le 13 octobre 1923 – soit deux ans jour pour jour avant Gustav Winckler, notre Étoile # 5. En 1941, elle remporte un concours de chant, ce qui lui permet de se produire avant les séances de films au cinéma. Fortement influencée par la grande chanteuse de jazz Sarah Vaughan, elle enregistre dans la foulée son premier album, mais n’atteint la célébrité qu’après la Seconde Guerre Mondiale.

La chanteuse de jazz Sarah Vaughan

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À cette époque, elle adapte en norvégien de grands standards de la chanson française, comme La Vie en rose ou La Mer. Parallèlement à sa carrière de chanteuse à la radio et à la télévision, elle joue également au théâtre et au cinéma. Mariée en 1950 au musicien et ventriloque Jackie Bülow, elle perd son mari neuf ans plus tard, alors qu’il n’a que 36 ans.

Son premier titre classé numéro 1 est Frøken Johansen og jeg en 1960, ce qui lui donne l’idée de s’inscrire au Melodi Grand-Prix, la sélection nationale pour le Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne, auquel la Norvège va participer pour la première fois. Elle y chante sept titres sur les onze proposés, et monopolise les cinq premières places. Mais ce n’est pas elle qui est désignée pour interpréter la chanson gagnante, Voi-Voi, à Londres. On lui préfère Nora Brockstedt, qui se classera 4°.

Pas rancunière pour deux sous, Inger Jacobsen retente sa chance deux ans plus tard, alors qu’elle vient de se remarier avec un autre musicien, Haakon Lauritzen (dont elle divorcera en 1981). Elle présente deux chansons – elles-mêmes interprétées par deux autres artistes, dont Anita Thallaug (future candidate norvégienne au Concours 1963) – mais c’est elle qui l’emporte avec Kom sol, kom regn. Et cette fois, c’est elle qui va défendre ce titre à Luxembourg. Mais sur place, seule la France lui attribue deux points, ce qui la classe 10° ex-aequo avec le Danemark et la Suisse.

Inger revient deux fois au Melodi Grand-Prix, en 1964 (où elle affronte Wencke Myhre et Odd Børre, futurs représentants de l’Allemagne et de la Norvège en 1968) et 1971 (où elle côtoie le même Odd Børre, ainsi qu’Anne-Karine Strøm, appelée à revenir plusieurs fois au Concours). Elle termine aux 4° et 12° places, respectivement.

Souffrant de tuberculose pulmonaire depuis son plus jeune âge, elle abandonne alors la musique, et ne se consacre plus qu’à la comédie. En 1976, elle rejoint une célèbre troupe de théâtre itinérante, Riksteatret, où il lui arrive encore de jouer des rôles dans des comédies musicales, mais la majorité de ses prestations se fait dans des adaptations de grands auteurs comme Henrik Ibsen ou Nicolas Gogol. Peu encline à parler d’elle-même ou à vivre sous les flashs des photographes, Inger Jacobsen se montre très discrète sur sa vie privée. C’est donc un peu oubliée du monde des médias qu’elle décède d’un cancer le 21 juillet 1996 à Oslo.

Le Riksteatret jouant une pièce de Nicolas Gogol

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