Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

L’Étoile que je vais vous présenter aujourd’hui est à mon sens l’une des meilleures chanteuses de toute l’histoire du Concours, et une victoire lors de sa deuxième participation en 1992 n’aurait pas été volée. Elle aussi disparue très tôt, elle est la 5° représentante italienne à nous priver de son talent immense. Je ne dirai qu’une chose : écoutez cette voix extraordinaire et savourez !

ÉTOILE # 30 : Mia MARTINI (1947-1995)

        Représentant l’Italie aux Concours 1977 à Londres, et 1992 à Malmö

        Titres interprétés : Libera (traduction : Libre) et Rapsodia (traduction : Rhapsodie)

        Classements : 13° sur 18 – 33 points et 4° sur 23 – 111 points

 

        De son vrai nom Domenica Bertè, Mia Martini naît le 20 septembre 1947 à Bagnara Calabra, petite ville de la pointe Sud-Ouest de l’Italie. Elle est la deuxième des quatre filles de Giuseppe Bertè, professeur de latin et de grec, et de Maria Salvina Dato, institutrice. La petite Mimi (c’est comme cela qu’on la surnomme dans son enfance) grandit dans la région des Marches, au centre du pays, jusqu’à 1962 où elle parvient à convaincre sa mère de l’emmener à Milan pour une audition.

Mia (à droite) et sa petite soeur Loredana

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C’est d’abord sous le nom de Mimi Bertè qu’elle enregistre ses premiers disques, avant d’opter définitivement pour le pseudonyme de Mia Martini. Ainsi, elle publie Padre davvero en 1970, Piccolo uomo – qui lui permet de gagner le Festivalbar italien en 1972 – ou encore Donna sola en 1975.

En 1977, elle est choisie par la RAI pour représenter son pays au Concours Eurovision de Londres, avec la chanson Libera. Elle y passe un peu inaperçue et ne décroche qu’une médiocre 13° place avec 33 points – 8 de l’Irlande, 7 de la France, 6 de Monaco, 3 de l’Allemagne et du Portugal, et 2 de la Suisse, de l’Espagne et de la Finlande.

Ce n’est qu’au début des années 80 qu’elle décide de prendre part au célèbre Festival de San Remo. Sa première tentative a lieu en 1982 avec E non finisce mica il cielo, face à de grands noms de la chanson comme Bobby Solo (candidat pour l’Italie au Concours de Naples en 1965), Al Bano et Romina Power (représentants italiens au Concours de 1976), Drupi, Zucchero Fornaciari, Riccardo Fogli ou Anna Oxa (qui défendront les couleurs de leur pays en 1983 et 1989, respectivement)… et même le Belge Plastic Bertrand! Elle échoue, mais sans regret puisque l’Italie ne participe pas à l’Eurovision cette année-là, et qu’elle repart tout de même avec le Prix de la Critique.

Après avoir longtemps hésité sur les suites à donner à sa carrière, elle enregistre un album de reprises de chansons écrites par de grands noms de la musique internationale : Leonard Cohen, John Lennon, Jimi Hendrix, Kate Bush, Chico Buarque… Finalement, Mia retente sa chance à San Remo en 1989. Le plateau est encore plus relevé avec à nouveau Romina Power & Al Bano, Riccardo Fogli, Dori Ghezzi (ancienne candidate à Stockholm en 1975), Ricchi e Poveri (représentants italiens en 1978), Raf (qui se classa 3° avec Umberto Tozzi à Bruxelles en 1987), Toto Cutugno (vainqueur de l’Eurovision l’année suivante), Peppino Di Capri (qui représentera l’Italie à Rome en 1991) et même Gigliola Cinquetti (gagnante à Copenhague en 1964 et 2° à Brighton en 1974). Almeno tu nell’ universo ne finit que 9° mais remporte un deuxième Prix de la Critique.

L’année suivante, elle remet le couvert et affronte à nouveau Ricchi e Poveri, Anna Oxa, Peppino Di Capri, Toto Cutugno et Riccardo Fogli. Nouvel échec avec La nevicata del ’56… qui décroche à nouveau le Prix de la Critique.

Un quatrième essai à San Remo en 1992 se solde par une autre déconvenue. Sa chanson Gli uomini non cambiano n’arrive que 2° derrière celle de Luca Barbarossa (candidat à l’Eurovision en 1988). Elle a toutefois la satisfaction de battre Massimo Ranieri (double représentant italien en 1971 et 1973), Matia Bazar (sur la scène de l’Eurovision en 1979), Fausto Leali (partenaire d’Anna Oxa en 1989), Riccardo Fogli, Drupi, Peppino Di Capri ou Ricchi e Poveri… les habitués des hautes places, en fait.

Un bonheur n’arrivant jamais seul, on lui demande une nouvelle fois de porter le drapeau italien sur la scène du Concours Eurovision. Cette fois-ci, la chanson qu’elle interprète, Rapsodia, fait figure de favorite, en grande partie parce que Mia a travaillé d’arrache-pied toutes ces années et possède désormais une voix exceptionnelle qu’elle sait utiliser à la perfection. Sa prestation d’ailleurs enflamme le public, et dans une moindre mesure les jurés, qui ne la classent que 4° avec 111 points – 12 de la France, de la Finlande, de la Norvège et des Pays-Bas, 10 de Chypre et de l’Islande, 8 de la Suède et du Portugal, 7 de la Suisse, 6 de l’Autriche, 5 de la Turquie et de Malte, 3 de la Grèce et 1 de l’Allemagne. De manière incompréhensible – et scandaleuse – 8 pays ne lui attribuent aucun point!!!

Ce sont les derniers feux de Mia au Concours, où elle ne reviendra plus. Elle participera à nouveau au Festival de San Remo en 1993 avec sa sœur Loredana – de trois ans sa cadette jour pour jour, et ex-épouse du tennisman suédois Björn Borg – mais s’inclinera face à Enrico Ruggeri (qui ira représenter son pays à Millstreet). Stiamo come stiamo ne termine que 14°, loin derrière Matia Bazar, par exemple.

Souffrant de fibrômes depuis de nombreuses années, elle prend de puissants médicaments, qui n’ont guère d’effet sur les fortes douleurs qu’elle ressent. Aussi, lorsqu’elle décède d’un arrêt cardiaque dans son appartement de Cardano al Campo, près de Varèse, le 12 mai 1995, nul n’est surpris d’apprendre du coroner qu’elle a succombé à une overdose de cocaïne. Aujourd’hui, le Prix de la Critique au Festival de la Chanson Italienne de San Remo, dont elle a été trois fois lauréate, porte son nom.

Des milliers de fans fleurissent toute l’année la tombe de Mia

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