ETOILES AU FIRMAMENT (27) – LOUIS HENDRIK POTGIETER & STEVE BENDER

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Pour la 2° fois consécutive, allons à la découverte de deux membres d’un groupe candidat au Concours Eurovision. On ne pourra certainement pas juger des qualités de chanteur du plus jeune de ces deux artistes – et par là même on s’interrogera peut-être sur le bien-fondé de sa présence dans cette rubrique. Mais quand on incarne le personnage central d’une chanson, interprétée par un groupe éponyme, on y a forcément sa place, non ?

 

 

ÉTOILES # 27 : Louis Hendrik POTGIETER (1951-1994) et Steve BENDER (1942-2006)

        Représentant l’Allemagne au Concours 1979 à Jérusalem, au sein du groupe DSCHINGHIS KHAN

        Titre interprété : Dschinghis Khan (traduction : Gengis Khan)

        Classement: 4° sur 19 – 86 points

 

 

Karl-Heinz Bender, dit Steve Bender, naît le 2 novembre 1942 à Mayence. Il appartient à de nombreux groupes dans les années 60 et 70 (citons The Poor Things, The Soul Five, Black Panthers, Charly & the Neptunes ou encore Pages) mais c’est à la période disco qu’il va rencontrer la notoriété. Louis Hendrik Potgieter, quant à lui, naît le 4 avril 1951 à Pretoria, en Afrique du Sud. À l’issue de plusieurs années de formation, il devient danseur professionnel. Mais ce n’est pas dans son pays qu’il acquiert la gloire.

The Poor Things, premier groupe de Karl-Heinz Bender

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En 1979, le producteur Ralph Siegel (qui a déjà composé deux chansons pour le Concours) souhaite décrocher une victoire aussi éclatante que celle d’ABBA cinq ans plus tôt. En pleine vague disco (les productions locales Boney M ou Silver Convention ont un succès énorme en Allemagne), il décide donc de monter un groupe de toute pièce qui interprètera des chansons évoquant des personnages célèbres. Ce sera Dschinghis Khan, composé de Wolfgang Heichel et de son épouse néerlandaise Henriette Strobel, des Hongrois Edina Pop (de son vrai nom Marika Késmárky) et László (dit Leslie) Mándoki, et de Steve Bender. Louis Hendrik Potgieter les rejoint en tant que danseur… et Gengis Khan.

Le producteur allemand Ralph Siegel

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La première étape est de remporter la sélection allemande, où concourent également Paola, candidate pour la Suisse en 1969, et Ingrid Peters, qui représentera finalement l’Allemagne au Concours en 1986. C’est chose faite avec le morceau Dschinghis Khan (sur une musique de Ralph Siegel et un texte de son futur complice, Bernd Meinunger) – ce qui fera de la chanson la première de l’histoire de l’Eurovision à porter le même nom que son interprète (d’autres renouvelleront l’expérience, Love City Groove en 1995 ou Copycat en 2009, par exemple).

Bernd Meinunger, parolier et complice de Ralph Siegel

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Le soir du 31 mars, le groupe (habillé par le styliste Marc Mano et sur une chorégraphie de Hannes Winkler) soulève l’enthousiasme du public et des juges. Il termine en effet à la 4° place avec 86 points – 12 du Danemark, de Monaco, de la France et de l’Espagne, 8 du Royaume-Uni, 6 d’Israël et de la Suède, 5 de l’Irlande, 4 de la Belgique, 3 de la Finlande, 2 du Portugal et des Pays-Bas, et 1 de l’Italie et du Luxembourg.

Malgré ce nouvel échec pour Ralph Siegel, Dschinghis Khan (traduit en anglais) va devenir un hit international et le groupe va se produire dans toute l’Europe, en Union Soviétique, en Israël, en Australie et au Japon. D’autres titres vont connaître le même succès : Moskau (dont la version en anglais sera choisie par l’Australie comme thème musical pour les JO de Moscou), Rom ou encore Loreley . Les disques d’or et les récompenses pleuvent dans le monde entier, jusqu’en Corée !!!

Le groupe se sépare cependant en 1984 (Steve Bender l’avait déjà quitté en 1981 pour des raisons médicales). On a parlé de dissensions entre les membres ou de désaccord avec la maison de disques. Deux ans plus tard, Henriette Heichel, Leslie Mándoki et Louis Hendrik Potgieter forment Dschinghis Khan Family, mais le succès n’est pas au rendez-vous malgré une belle 2° place de leur titre Wir gehör’n zusammen à la sélection allemande pour le Concours Eurovision.

C’est la fin du groupe d’origine, et chacun revient à sa carrière solo ou abandonne la musique. Louis Hendrik Potgieter retourne en Afrique du Sud, où il dirige un hôtel. Il contracte le virus du SIDA et y succombe le 12 novembre 1994 (l’année précédente, selon certaines sources) à Port Elizabeth, dans la Province du Cap.

Port Elizabeth, en Afrique du Sud

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En 2005, Wolfgang Heichel et son ex-femme Henriette tentent un retour avec Steve Bender et Edina Pop, soutenus par un groupe de jeunes danseurs, The Legacy of Dschinghis Khan. Ils iront jusqu’à se produire à Oulan Bator (capitale de la Mongolie) pour le 800e anniversaire de la naissance de Gengis Khan, à la demande de diplomates mongols! Mais Steve Bender, très diminué par un cancer du poumon, jette l’éponge avant de décéder à son tour, le 7 mai 2006 à Munich. Sa fille Melanie, née en 1974, sera l’un des trois membres du groupe MeKaDo, qui représentera l’Allemagne au Concours Eurovision 1994.

Melanie Bender (à gauche)

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Il faut croire pourtant que la musique de Dschinghis Khan ne mourra jamais, car Moskau est à nouveau choisi en 2018 avec une nouvelle orchestration pour illustrer la Coupe du Monde de Football, qui a lieu en Russie.

(6 commentaires)

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    • marie on 2 septembre 2018 at 10:04
    • Répondre

    Quelle histoire! je ne savais pas que ce titre était aussi fameux que cela. Il faut dire qu’en France, les chansons de l’eurovision ont dû mal à percer à quelques exceptions près.

    1. C’est surtout le cas depuis les années 80, parce qu’auparavant les candidats du Concours étaient connus dans tout le monde occidental, ou presque.

    • Pascal on 2 septembre 2018 at 10:12
    • Répondre

    Fabuleuse chorégraphie et une des chansons les plus marquantes du concours selon moi.

    Le sida a ravagé les rangs des artistes. Je pense que tu aborderas bientôt la carrière de la divine Ofra Haza, emportée par le même mal.

    1. Effectivement, j’ai déjà rédigé l’article sur Ofra Haza. Ce sera d’ailleurs l’occasion de rappeler que cette terrible maladie s’en prend à tout le monde, et pas uniquement aux homosexuels. Ce qui, même si c’était le cas, devrait motiver tout le monde à la combattre.

    • ZIPO on 2 septembre 2018 at 21:21
    • Répondre

    – Je me rappelais très bien de cette chanson mais absolument pas des artistes qui composaient le groupe. En tout cas, ils ont eu une belle carrière internationale avec quelques chansons mais ça suffit pour la notoriété.

    – Concernant les deux chanteurs, ce sont encore des maladies maudites qui les ont emporté… Je te rejoins concernant le sida : tout le monde est concerné ! ( NB : Je continue de promouvoir les préservatifs mais je vois bien que je suis beaucoup moins écouté qu’avant…)

    – Pour en venir à la chanson, elle était à la fois ridicule et marrante ; au moins c’était animé ! Mais franchement, cette 4e place m’a toujours étonné ; à vrai dire, c’est souvent que je suis surpris par le résultat de la plupart des concurrents…

    1. Je crois que cette 4° place s’explique par le vent de modernité qu’elle a fait souffler sur le Concours. Aucun juré ne s’attendait à ça, et l’effet de surprise a été total.

      Pour ce qui est du SIDA, je crois en effet que nous subissons un recul des mentalités, car j’entends trop souvent de par mon métier (qui est aussi le tien) que cette maladie est celle des homosexuels… avec tout le négatif que cela suggère.

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