ETOILES AU FIRMAMENT (15) – CARLOS PAIAO

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Comme je l’écrivais dans le précédent article sur Colette Deréal, l’année 1988 a vu disparaître plusieurs des anciens candidats au Concours Eurovision. Allons aujourd’hui à la découverte du premier participant portugais – et le seul jusqu’à cette année –  à quitter cette Terre. L’une de nos plus jeunes Étoiles au Firmament, et le premier auteur – compositeur – interprète de cette rubrique.

 

 

ÉTOILE # 15 : Carlos PAIÃO (1957-1988)

        Représentant le Portugal au Concours 1981 à Dublin

        Titre interprété : Play-back

        Classement: 18° sur 20 – 9 points

 

Carlos Manuel de Marques Paião naît à Coimbra le 1er novembre 1957. Son père, barman, est un ancien pêcheur de morue (ça ne s’invente pas!) et sa mère est enseignante. Très tôt attiré par la musique, le jeune garçon se révèle un compositeur prolifique, car en 1978 – alors qu’il n’a pas encore 21 ans – il a déjà écrit plus de 200 chansons ! Il remporte d’ailleurs cette année-là un Festival de Chanson dans son pays.

L’Université de Coimbra, ville natale de Carlos

Image associée

Il est donc peu étonnant de le retrouver en 1980 au Festival de la Chanson organisé par la RTP. Amigos, eu voltei échoue en demi-finale mais il retente sa chance en 1981, avec succès cette fois : il réalise un score impressionnant de 203 points et bat des artistes de grande renommée comme José Cid (représentant portugais au concours en 1980), le groupe Doce (qui participera en 1982) ou Maria Guinot (qui défendra les couleurs du Portugal en 1984). Cette victoire lui permet de fouler la scène du Concours Eurovision pour représenter son pays. Malheureusement, Play-back, la chanson qu’il a lui-même écrite et composée, est injustement boudée par les jurys, qui ne lui offrent qu’une scandaleuse 18° place, avec un score révoltant de seulement 9 points – 8 de l’Allemagne (le seul jury à avoir écouté attentivement la prestation portugaise, visiblement) et 1 de la Grèce.

Apparemment, cet échec incompréhensible ne déstabilise pas Carlos. En effet, bien qu’il ait obtenu son diplôme de médecine à l’Université de Lisbonne (comme son épouse Zaida) en 1983, il décide rapidement de ne plus se consacrer qu’à la musique. Ce qui lui réussit merveilleusement puisqu’il enchaîne les succès dans son pays – les plus connus étant Pó de Arroz et Cinderela.

Il écrit même pour la célébrissime chanteuse de fado, Amália Rodrigues. Enfin, il participe au Festival da Canção pour la 3° fois en 1983 en duo avec Cândida Branca Flor, avec laquelle il défend Vinho do Porto – Vinho de Portugal. Mais le titre ne termine que 3° de la compétition, avant de devenir un vrai hymne national. Deux ans plus tard, il fait partie des 18 sélectionnés pour le Festival Mondial de la Chanson Populaire de Tokyo.

Comme Gustav Winckler ou Louis Neefs (nos Etoiles # 5 et 7) avant lui, Carlos Paião décède dans un accident de la circulation le 26 août 1988, alors qu’il revient d’un concert. La voiture où il se trouve est percutée de plein fouet sur la route Lisbonne – Porto par un camion qui doublait indûment une automobile en panne. Il n’a même pas encore 31 ans, et c’est une énorme perte pour le monde de la musique, puisqu’on estime qu’il a écrit plus de 500 chansons. Il est inhumé à São Domingos de Rana, paroisse de la municipalité de Cascais (où sa famille s’est installée quand il avait six ans), mais en 2014 ses parents font transférer son corps à São Salvador d’Îlhavo, ville où ils résident. Depuis, de nombreux hommages – musicaux ou religieux – ont été faits en l’honneur du jeune prodige parti si tôt.

L’église Sao Salvador d’Îlhavo, où est inhumé Carlos

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(13 commentaires)

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    • marie on 27 juillet 2018 at 20:02
    • Répondre

    Il est vraiment parti trop tôt mais il laisse quand même beaucoup de chansons bien qu’on ne les connaisse pas. Je pense que c’est la mise en scène de la chanson qui lui a fait perdre des places.

    1. C’est bien possible… mais triste, parce que je trouve que cette mise en scène, assez amusante finalement, montre bien que le texte de sa chanson doit être pris au 2° degré. Apparemment, je suis le seul avec les jurés allemands à l’avoir saisi LOL

    • steven on 27 juillet 2018 at 23:13
    • Répondre

    Bogosse en plus de cela!!!chanson sympa que play back!!!!Et une injustice de plus!!!!une !!’on est habitué malheureusement!!!’RIP Carlos

    1. C’est vrai qu’il avait une bonne bouille, Carlos. Sa bonne humeur et son sourire irradient sur la scène de l’Eurovision. Personnellement, j’adore cette chanson, je pourrais l’écouter en boucle sans me lasser. Elle est tellement positive et énergique 😀

    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 28 juillet 2018 at 12:43
    • Répondre

    Sa mise en scène me fait toujours penser à celle de « Papa Pingouin », mais en version low-cost. Et je ne peux m’empêcher de confondre son blouson avec un sac poubelle. Je suis sûr que Carlos aurait remporté le Barbara Dex Award en 1981, dommage que cette prestigieuse récompense n’existait pas encore à l’époque.

    1. Je t’interdis de dire du mal de Carlos Paiao !!!! 😉

      Honnêtement, je trouve bienvenus ces costumes aux couleurs flashy, ça change de tous ceux qui ne s’habillent qu’en noir et blanc. Ca a réussi pour le Royaume-Uni, d’ailleurs.

      1. Ton commentaire sur les couleurs flashy du Royaume-Uni m’a amusé. D’abord, ces couleurs étaient à la mode dans les années 80; du moins sur la scène du showbiz. Ensuite, lors de la victoire des Buck Fizz, un membre de la famille fut scandalisé en clamant que les candidats devaient s’habiller élégamment, sans toutefois relever le jeter des jupes, élément-clé de leur triomphe.
        J’avais 10 ans. En plus, j’ai juste regardé le début du concours chez mes grands-parents avant que nous n’aillions à une soirée de mariage en famille. Heureusement, dans la grande maison où se déroulaient les festivités, on pouvait regarder la télé dans une pièce. Donc, si ma mémoire était bonne, nous avons quitté la maison des grands-parents au moment du passage du Luxembourg. Dans l’autre maison, je suis tombé juste sur la Norvège qui finissait sa prestation. J’ai donc manqué beaucoup de chansons.
        Heureusement que bien des années plus tard, Internet permet de voir les anciennes éditions. Mais je n’ai jamais oublié le fantasque Play Back ! J’ai trouvé cela ironique.

  1. Quelle carriere et triste destin…..un chanteur que j’ai beaucoup apprécié ….il a écrit 500 chansons…incroyable… Merci pour cette article Francis et bon week end

    1. C’est clair qu’il était extrêmement prolifique. Après, tout ce qu’il a écrit n’est évidemment pas du même niveau. Mais j’adore Play-back, et j’aime bien Cinderela aussi.

    • Pascal on 28 juillet 2018 at 14:44
    • Répondre

    J’aime bien « playback ». C’est très enjoué !
    L’université de Coimbra que tu évoques en début d’article est particulièrement remarquable. Je l’ai visité en mai entre les deux demi finales. Coimbra est une très jolie ville.

    1. Oui, c’est peut-être l’université portugaise la plus connue. En tout cas, c’est celle qui me vient à l »esprit en premier.

  2. Mon cher Francis,

    – J’ai hâte de rentrer chez moi pour redevenir un fidèle de ta rubrique. Mais ce soir sera une exception car j’ai un peu de temps en direct de Lyon.

    – Encore un artiste talentueux qui meure dramatiquement… Je trouve qu’il avait quelque chose d’indéfinissable rare dans la variété portugaise, mais moi ça me plaisait bien et la chanson qui n’a fini que 18e est pour moi très réussie et sortant des sentiers battues par rapport aux autres représentants portugais. Moi, je l’aurais classé dans les dix premiers et même dans le TOP 5 sans problème.

    – Encore toutes mes excuses pour mon absence mais dès le 9 août, je serai là tous les jours.

      • Francis A. on 29 juillet 2018 at 22:12
      • Répondre

      Hello Zipo 🙂 Content de te savoir de retour, tes commentaires toujours argumentés ont manqué à tous je crois, en tout cas à moi. Mais il ne faut pas t’excuser, tout le monde a le droit de prendre des vacances LOL
      En ce qui concerne Carlos Paiao, je pense que mon article est très clair ah ah Je suis révolté par son classement. Je souscris à tout ce que tu écris, et je persiste après toutes ces années à le classer dans mon Top 5 de l’année 81 et parmi mon Top 10 des contributions portugaises.
      Merci pour ton enthousiasme, et j’attends avec hâte ton opinion sur les quelques Étoiles publiées en ton absence 😉

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