ETOILES AU FIRMAMENT (14) – COLETTE DEREAL

Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Abordons aujourd’hui 1988, la première année à voir disparaître trois anciens candidats au Concours Eurovision. Après Jacques Pills – la première des étoiles de cette rubrique – décédé en 1970, allons rappeler à votre bon souvenir, ou bien découvrir, la 2° représentante du Rocher, bien que tout aussi française que Jacques Pills, à rejoindre un monde dit meilleur. Remarque : c’est la 3° participante du Grand Prix de 1961 à nous laisser ici-bas après Jean-Paul Mauric et Lale Andersen.

 

 

ÉTOILE # 14 : Colette DERÉAL (1927-1988)

        Représentant Monaco au Concours 1961 à Cannes

        Titre interprété : Allons, allons les enfants

        Classement: 10° sur 16 – 6 points

 

Colette Deréal, de son vrai nom Colette Denise de Glarélial, naît le 22 septembre 1927 (soit 18 ans jour pour jour avant Ann Christy, notre Étoile #10) à Saint-Cyr-l’École, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui les Yvelines). Mais quelques mois plus tard, ses parents s’installent à Marseille et c’est à Juan-les-Pins, ville qui restera toujours chère à son cœur, que la petite fille grandit. À l’adolescence, sa marraine trouve qu’elle a vraiment une très jolie voix de soprane colorature et décide de la présenter au compositeur d’origine vénézuélienne Reynaldo Hahn. Ce dernier lui promet une carrière dans l’art lyrique et lui donne rendez-vous Salle Pleyel. Mais la jeune fille, alors âgée de seulement quinze ans, est paralysée par le trac et échoue à son audition.

Le compositeur Reynaldo Hahn, qui repère la voix de Colette

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Elle décide donc de se consacrer au théâtre et monte à Paris, auréolée du titre de Miss Cannes 1948. Elle s’inscrit au célèbre cours Simon et y reste quatre ans. C’est là que le grand réalisateur Julien Duvivier (à qui l’on doit des chefs d’œuvre comme La Bandera, La Belle équipe ou Pépé le Moko, avec Jean Gabin) la remarque et lui propose un petit rôle auprès de Serge Reggiani et Juliette Gréco dans Au royaume des cieux. C’est le début d’une carrière cinématographique de 24 films, qui va emmener Colette Deréal à Hollywood, où elle tournera aux côtés de grandes vedettes comme Bing Crosby ou Gene Kelly.

Au royaume des cieux, de Julien Duvivier (1949)

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Mais la France lui manque et elle refuse un juteux contrat offert par les studios américains, pour regagner son pays, où elle se produit sur les scènes de théâtre. Elle devient aussi meneuse de revue avec des partenaires de tout premier plan – Roger Pierre et Jean-Marc Thibault, puis Jean Poiret et Michel Serrault. Enfin, elle tourne dans quelques téléfilms, en particulier un épisode des Cinq Dernières Minutes où la France la découvre chanteuse. Bien qu’il soit diffusé le 14 août 1959, il génère un tel nombre d’appels des téléspectateurs que le standard saute. Tout le monde veut savoir qui interprète le titre Ne joue pas (écrit par Jean Constantin, le créateur de Mon manège à moi). À l’origine, nul n’avait l’intention de sortir le disque, mais devant une telle demande, le titre est commercialisé quelques jours plus tard et se vend à 100 000 exemplaires en un mois !

Devant un tel engouement, Colette Deréal assure les premières parties de Jacques Brel à Bobino, puis accompagne Gilbert Bécaud en tournée. Finaude, la chaîne de télévision TMC (qui considère que l’élimination de Colette l’année précédente en sélection nationale française est visiblement injustifiée) lui demande de représenter Monaco au Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne, qui doit avoir lieu à Cannes le 18 mars 1961. Sa chanson, Allons, allons les enfants, est écrite par Pierre Delanoé et Hubert Giraud, deux prolifiques auteurs – compositeurs dont le talent n’est déjà plus à prouver puisqu’ils ont remporté le Concours 1958 avec Dors, mon amour, une chanson interprétée par André Claveau. Malheureusement, le succès n’est pas au rendez-vous et Monaco ne se classe que 10° avec 6 points – 3 de la Finlande et 1 de la Suisse, de l’Espagne et du Royaume-Uni. Aucun point par conséquent de la France, le pays natal de Colette Deréal !

Cet échec ne freine pourtant pas la jeune femme, qui reprend ses tournées musicales et théâtrales – elle remporte également le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros en 1962 pour On se reverra.

Tout au long des années 60, elle apparaît beaucoup à la télévision, et tourne enfin un dernier film avec Jean Gabin, en 1969. Elle propose même en 1972 à l’O.R.T.F. un projet de feuilleton qu’elle a écrit, Le Manège de Port-Barcarès. Onze épisodes de 13 minutes seront diffusés jusqu’à ce qu’une grève interrompe la série… et sa carrière artistique.

Décidément hyperactive, Colette Deréal devient journaliste à la Tribune de Monaco, s’occupe d’animaux et peint, mais n’expose pas. Amie de l’ancienne actrice et actuelle princesse de Monaco Grace Kelly, elle se produit au Sporting Club de Monaco, mais de manière épisodique.

Grace Kelly, princesse de Monaco

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Retirée dans sa maison du Cap-d’Ail, près de Monte-Carlo, elle meurt d’une crise cardiaque le 12 avril 1988. Cinq ans après son décès, la ville de Marseille donne son nom à une rue située dans le XVI° arrondissement.

(8 commentaires)

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  1. Merci pour cette interprète qui chante très bien….et j’ai appris a connaître…. Grâce a ta rubrique mon cher Francis…j’ai beaucoup apprécié sa chanson…on se reverra….sinon j’ai toujours espoir de revoir Monaco a eurovision un jour….enfin bonne semaine mon cher Francis et bonne vacances

      • Francis A. on 25 juillet 2018 at 14:59
      • Répondre

      Malheureusement, je pense que Monaco est parfaitement conscient qu’il a vraiment peu de chances de se qualifier pour la finale, et je ne la vois pas revenir un jour. Déjà qu’elle a été absente pendant 25 ans sans raison vraiment valable…

    • Netty Vilar Braamcamp Sobral on 25 juillet 2018 at 18:13
    • Répondre

    Née dans les Yvelines, elle auditionne Salle Pleyel pendant que la France est en pleine guerre… Enfin une artiste pour qui la vie semble avoir été douce, si l’on excepte un départ un peu précoce…

      • Francis A. on 25 juillet 2018 at 20:41
      • Répondre

      En 1942, la France n’est plus officiellement en guerre. Et la jeune adolescente vit en zone libre, je ne pense pas qu’on puisse la soupçonner d’une quelconque complaisance pour les troupes d’occupation.
      Mais en effet, sa vie professionnelle a été plutôt réussie, je trouve.

    • marie on 25 juillet 2018 at 21:11
    • Répondre

    Vie professionnelle réussie. Belle voix. J’aime beaucoup la chanson « ne joue pas », un peu moins celle de l’eurovision.
    Port Barcares, je connais très bien 🙂

      • Francis A. on 25 juillet 2018 at 22:38
      • Répondre

      Y’a un manège ? 😛

      Ce qui est amusant, c’est que sa chanson de l’Eurovision est aussi enjouée que celle de Jean-Paul Mauric. Et elle semble avoir autant de plaisir que lui à être sur scène.

  2. Je me souviens de Colette Deréal, et même si j’étais encore bien jeune, c’est sa classe naturelle qui m’avait frappé. Nous n’avions pas encore de télévision, alors en fin de semaine il m’est arrivé de voler quelques émissions chez mes cousins qui eux, en possédaient une . A l’époque on l’entendait aussi beaucoup à la radio. Elle fait partie de ces grandes dames qui ont marqué les années 50/60, comme Patachou, Cora Vaucaire , Catherine Sauvage ou Mick Micheyl.
    Ah nostalgie, quand tu nous tiens !…

      • Francis A. on 26 juillet 2018 at 08:45
      • Répondre

      Toutes ces grandes chanteuses que tu cites, je les connaissais par ma grand-mère, qui avait beaucoup de leurs disques. Plus tard, j’ai pu les voir dans des émissions de télé, chez Jacques Martin ou Pascal Sevran. Elles avaient vraiment une sacrée présence, et une voix très assurée.

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