Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

 

Après avoir évoqué Matt Monro, une authentique vedette mondiale, dans l’article précédent de cette rubrique, intéressons-nous aujourd’hui à une autre star de la chanson européenne, cette fois-ci italienne. Comme vous allez le voir, cette étoile a eu une immense carrière dans son pays (on estime qu’il a enregistré plus de 3000 chansons, vendu 45 millions de disques, participé à 25 comédies musicales et tourné dans 30 films) et a même participé deux fois au Concours Eurovision – c’est donc le 2° interprète après le Belge Louis Neefs présenté dans Etoiles au firmament à réaliser cet exploit.

 

 

ÉTOILE # 12 : Claudio VILLA (1926-1987)

        Représentant l’Italie aux Concours 1962 à Luxembourg, et 1967 à Vienne

        Titres interprétés : Addio,addio (traduction : Adieu, adieu)

                                                    et Non andare più lontano (traduction: Ne pars plus loin de moi)

        Classements: 9° sur 16 – 3 points et 11° sur 17 – 4 points

 

Claudio Pica, connu plus tard sous le nom d’artiste de Claudio Villa, naît le 1er janvier 1926 dans le quartier de Trastevere, à Rome. Issu d’une famille modeste (son père Pietro est cocher et sa mère est ménagère), il aborde le chant dès son plus jeune âge et prend part à certaines émissions de Radio Rome en 1946. L’année suivante, il enregistre son premier album et publie de nombreux titres, qui rencontrent un succès inégal.

La Piazza Trastevere, dans le quartier natal de Claudio Villa

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Le moins que l’on puisse dire est qu’il est un compétiteur de tout premier ordre. En effet, de 1955 à 1985, il présente 28 chansons au Festival de San Remo, qu’il remporte à 4 reprises – en 1955 (avec Buongiorno tristezza), 1957 (avec Corde della mia chitarra, qui sera interprétée au 2° Grand Prix de la Chanson Européenne par Nunzio Gallo), 1962 (avec Addio, addio) et 1967 (avec Non pensare a me). Ce qui en fait le recordman des victoires, à égalité avec un autre interprète que je vous présenterai dans un futur article, Domenico Modugno.

Il est aussi le grand vainqueur du Festival de Barcelone en 1959 avec la chanson Binario et du Festival de Naples en 1963 avec Jamme ja. Enfin, il participe à plusieurs reprises à Canzonissima, un autre concours de musique diffusé par la RAI de 1956 à 1974, où il gagne également – en 1964 avec le classique O sole mio et en 1966 avec Granada, tout aussi classique.

Un tel palmarès explique bien évidemment la confiance de la télévision italienne, qui lui demande de représenter son pays au Concours Eurovision à deux reprises. La première fois, en 1962, en sélection nationale dans le cadre du Festival de San Remo, il chante le même titre que Domenico Modugno, double représentant italien en 1958 et 1959. Il bat Nunzio Gallo (représentant italien en 1957) et Emilio Pericoli (qui participera au Concours de Londres en 1963). Mais le soir de la finale au Grand-Duché, c’est lui qui interprète, en avant-dernière position, Addio, addio, composée par ledit Domenico Modugno. La chanson termine à la 9° place avec 2 points du Luxembourg et 1 point de la Yougoslavie.

Cinq ans plus tard, Claudio Villa – opposé à Iva Zanicchi (future candidate en 1969) – surpasse en sélection nationale Betty Curtis (représentante italienne en 1961), Dalida, Marianne Faithfull, Bobby Solo (représentant de l’Italie en 1965), les Surfs, Sergio Endrigo (futur candidat italien en 1968), Nicola Di Bari (qui participera au Concours d’Edimbourg en 1972), Dionne Warwick, Peppino Di Capri (qui chantera au Concours de Rome en 1991), Sonny and Cher, l’éternel Domenico Modugno, Les Compagnons de la Chanson… bref un plateau impressionnant. Mais c’est à nouveau lui, avec un autre titre que celui qui lui a permis de gagner le Festival de San Remo, qui remonte sur scène, à Vienne cette fois, mais toujours en avant-dernière position. Le classement final de Non andare più lontano est encore plus médiocre, puisqu’il ne décroche que la 11° place, avec 1 point de 4 pays – la Suisse, le Royaume-Uni, l’Espagne et l’Irlande.

Malgré une carrière aussi étincelante, le succès s’éloigne petit à petit car l’époque n’est plus aux chansons mélodiques et populaires interprétées de manière classique, même avec une voix de ténor aussi pure. De plus en plus, Claudio Villa se heurte à ceux qui critiquent le genre de musique qu’il défend, ce qui a pour effet de l’éloigner de la scène médiatique. En 1976, il fonde donc une radio privée, Radio Lazio, avec Mauro (le fils qu’il a eu avec sa première épouse, la comédienne Miranda Bonansea). Toutefois, son public lui reste fidèle et il continue à faire salle comble à chacun de ses concerts.

Claudio Villa et son fils aîné Mauro

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            Souffrant d’une pancréatite, il décède d’une crise cardiaque à Padoue le 7 février 1987 – deux ans jour pour jour après Matt Monro – et sa disparition est annoncée en direct au cours de la dernière soirée du Festival de San Remo. Ses cendres sont déposées au cimetière de San Sebastiano à Rocca di Papa, près de Rome, où il vivait depuis longtemps auprès de sa seconde épouse Patrizia, de 31 ans sa cadette, et de ses deux filles, les petites Andrea Celeste et Aurora. Il laisse aussi deux enfants adultérins, qu’il refuse de reconnaître, Manuela et Claudio. Pour le 20° anniversaire de son décès, son tombeau est orné de bas-reliefs et de peintures murales, qui prouvent le grand respect et l’affection que le pays a conservés à cet artiste de premier plan.

Andrea Celeste et Aurora, autour de leur papa

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