Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Après des semaines d’attente dans la plus grande fébrilité mais aussi dans la plus grande patience (?), notre amie Pauline va enfin pouvoir lire cet article qu’elle espère depuis si longtemps. Pour son plus grand plaisir, allons redécouvrir un des nombreux artistes récidivistes pour la Belgique, à l’instar de Louis Neefs, Fud Leclerc ou Bob Benny, nos Étoiles # 8, 89 et 93. Voici donc notre…

ÉTOILE # 117 : Jean VALLÉE (1941-2014)

        Représentant la Belgique aux Concours 1970 à Amsterdam et 1978 à Paris

        Titres interprétés : Viens l’oublier et L’amour, ça fait chanter la vie

        Classements : 8° sur 12 – 5 points et 2° sur 20 – 125 points

            Paul Goeders naît à Verviers, dans la province de Liège, le 2 octobre 1941. Membre d’une fratrie de six enfants, il est issu d’une famille assez aisée puisque son père dirige une grande usine de tissus. Pourtant, ce n’est pas le monde des affaires qui intéresse le jeune homme – ni même le métier de professeur de mathématiques que ses parents envisagent pour lui. Ce qu’il souhaite, c’est faire carrière dans la chanson. Il apprend donc seul le piano et la guitare.

Verviers, dans la province de Liège

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            Prenant très vite le pseudonyme de Jean Vallée, il se lance dans une série de concours de chant dès les années 60. Ainsi, il participe en 1966 au Prix de la Chanson Française de Spa, qu’il remporte avec le titre Sur les quais, puis à la Coupe d’Europe du Tour de Chant de Knokke-Heist. L’année suivante, il représente la Belgique au Festival de Rio et passe devant un jury où siège le célèbre Jacques Brel. Il sort dans la foulée son premier album, Dites-moi non, et assure la première partie de Juliette Gréco en 1969.

            Il n’en faut pas plus pour attirer l’attention de la chaîne nationale belge, qui lui demande de se présenter à la sélection pour le prochain Concours Eurovision d’Amsterdam. Qualifié pour la finale aux côtés de Serge et Christine Ghisoland (mais au détriment d’Ann Christy, notre Étoile # 10), il décroche facilement son billet pour les Pays-Bas grâce à Viens l’oublier, la chanson qu’il a lui-même écrite et composée. Malheureusement, il ne convainc pas vraiment les jurys le grand soir et ne termine que 8° avec 5 points – 3 de la France, et 1 de l’Irlande et du Luxembourg (comme quoi, il faut toujours compter sur ses voisins et alliés).

            Même s’il repart bredouille d’Amsterdam, la carrière de Jean est définitivement lancée. Plusieurs artistes lui demandent de leur écrire une chanson, comme Nana Mouskouri (autre Eurostar) à qui il offre La Vague. Il écume également les salles de Belgique et de France, occupant entre autres le cabaret parisien Le Don Camillo, où il se produit en compagnie de Jack Hammer (du groupe The Platters) ou de l’humoriste – chanteur Michel Leeb dès 1976. Il y reviendra régulièrement pendant dix-sept ans ! On le voit aussi à Bobino en 1979 auprès de Nicoletta.

            Entre-temps, Jean Vallée a enfin obtenu ce qu’il souhaitait depuis des années : amener son pays sur le podium du Concours Eurovision, ce que la Belgique n’était jamais parvenue à faire auparavant. Très confiante dans les qualités de l’artiste, la RTBF lui a en effet demandé de s’aligner à nouveau à la finale nationale belge. Malgré une forte concurrence (l’ancien participant Jacques Hustin, notre Étoile # 83, Franck Olivier, futur candidat pour le Luxembourg, ou l’idole incontestable des mamies Frank Michaël), ça ne fait pas un pli : L’amour, ça fait chanter la vie est désignée sans hésitation pour défendre les couleurs du Plat Pays à Paris. Et cette nouvelle création exclusive de Jean Vallée fait un vrai triomphe en décrochant la 2° place avec 125 points – 12 de l’Irlande, de la France, du Royaume-Uni, de Monaco et de la Grèce, 10 de la Suisse, 7 de la Norvège, du Luxembourg et d’Israël, 6 de l’Italie et de la Finlande, 5 des Pays-Bas, 4 du Portugal, de l’Autriche et de la Suède, 3 de l’Allemagne et 2 de l’Espagne. Seuls la Turquie et le Danemark ne lui donnent aucun point.

            La France le découvre enfin, en particulier l’acteur et metteur en scène Robert Hossein, qui l’engage pour tenir le rôle de l’inspecteur de police Javert dans la comédie musicale Les Misérables qu’il doit monter au Palais des Sports de Paris en septembre 1980. Cinq cent mille spectateurs viendront l’applaudir.

            Il enchaîne de 1982 à 1985 avec une tournée aux côtés d’une autre célèbre Belge, Annie Cordy, puis décide de se consacrer à la télévision, où il anime une émission sur la RTBF, La Bonne étoile, en compagnie de Dany Saval, l’épouse de Michel Drucker. C’est un concept très novateur que ce programme, puisqu’il présente ses invités, toutes de grandes personnalités du monde artistique, sous forme de poésie. En France, il fait des apparitions dans des émissions à succès, comme Sacrée soirée, Avis de recherche, Dimanche Martin ou La Chance aux chansons.

            À l’aube du nouveau siècle, Jean Vallée se lance dans l’écriture et la production de plusieurs spectacles : Rêves de Noël, qu’il joue en 2000 dans des églises belges, ou un hommage à son ami et compatriote Jacques Brel en 2008. C’est à cette époque qu’on lui remet de hautes distinctions : le roi des Belges Albert II le fait Chevalier de l’Ordre de la Couronne en 1999 et l’Organisation Internationale de la Francophonie le nomme Chevalier de l’Ordre de la Pléiade trois ans plus tard. Son dernier concert a lieu en décembre 2013, mais malgré les nombreux projets artistiques qu’il a en tête, il est obligé de mettre fin à sa carrière à cause de graves problèmes de santé. Il décède d’un cancer généralisé le 12 mars 2014 à Clermont-sur-Berwinne, dans sa province natale de Liège.