Hello, chers amis de l’EAQ ! ! !

            Bien qu’elle y ait été présente dès sa première édition (et pour cause, c’est le pays fondateur !), la Suisse est l’une des nations à avoir vu disparaître le moins de ses candidats ayant participé au Concours Eurovision. Ce n’est en effet que la 2° Étoile helvétique que je vais vous présenter aujourd’hui. Et encore, elle n’était même pas originaire de la Confédération et n’en portait d’ailleurs pas la nationalité. Redécouvrons donc la 8° et dernière Eurostar née en 1926 à décéder, notre…

ÉTOILE # 103 : Christa WILLIAMS (1926-2012)

        Représentant la Suisse au Concours 1959 à Cannes

        Titre interprété : Irgendwoher (traduction : De quelque part)

        Classement : 4° sur 11 – 14 points

            Christa Bojarzin naît le 5 février 1926 à Königsberg, en Prusse-Orientale (aujourd’hui Kaliningrad, en Russie). La ville natale de la jeune fille, bien que très jolie, est bien mal située géographiquement et les événements de l’époque forcent la famille à émigrer : d’abord à Gelsenkirchen, près de Dortmund, en 1927 puis à Munich, en Bavière, en 1942.

Königsberg (aujourd’hui Kaliningrad)

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            Dès son plus jeune âge, Christa rêve de devenir chanteuse lyrique et s’imagine remplir les rôles de soubrette dans les plus grands opéras. C’est pourquoi elle décide de s’inscrire au Conservatoire Richard-Strauss de Munich pour y étudier le chant et la harpe, avant de rejoindre l’École de Musique et de Théâtre située dans la capitale bavaroise.

L’École de Musique et de Théâtre de Munich

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            Ses études terminées, elle intègre la radio publique locale et signe assez vite son premier contrat avec Decca Records. Malheureusement, les deux premiers disques qu’elle sort en 1957 – Oh, diese Männer et Blacky – ne rencontrent pas le succès escompté.

            L’année suivante, en revanche, son duo avec Jo Roland, Himmelblaue Serenade, la fait connaître du public allemand. Puis, en 1959 elle enregistre un autre duo, avec Gitta Lind cette fois : My happiness va tellement bien fonctionner que la télévision suisse lui demande de participer à la sélection nationale pour le Grand Prix Eurovision qui doit se dérouler à Cannes le mois suivant.

            Christa Williams y présente deux titres en solo, Irgendwoher et Mit Küßen fängt die Liebe an, et deux en duo avec Jo Roland, Die Spieldose et Mein kleines Lied. Lui-même en présente deux en solo – tout comme Mathé Altéry, la première représentante française au Concours. On se demande bien où sont passés les artistes suisses en cette fin de décennie… C’est en tout état de cause le premier titre qui est choisi. Un mois plus tard, la chanson de Christa séduit les jurys, puisqu’elle termine à la 4ème place avec 14 points – 5 du Royaume-Uni, 3 de la Suède, 2 du Danemark et 1 de Monaco, de l’Allemagne, de l’Autriche et de la Belgique.

            Deux ans plus tard, l’Allemagne, toujours à la recherche d’une première victoire, décide de s’adresser à elle. Christa accepte de participer à la sélection mise en  place par son pays natal, mais son titre Pedro n’atteint même pas le podium et elle doit renoncer à revenir à Cannes.  Cet échec ne l’empêche toutefois pas de signer chez Ariola, qui produira ses disques jusqu’au milieu des années 60.

Mariée en 1962 au pianiste Albrecht Huwig, qu’elle a rencontré pendant ses études, elle alterne dès lors enregistrements et apparitions au cinéma. Le succès s’éloignant petit à petit, elle quitte le monde de la chanson en 1968 pour se consacrer à une école de musique, qu’elle fonde avec son mari à Munich. C’est là qu’elle décède, totalement oubliée de tous, dans la nuit du 28 au 29 juillet 2012.