Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            Il est des notoriétés parfois très inégales et surprenantes. Ainsi, l’artiste dont je vais vous parler aujourd’hui a été une immense vedette dans son pays, et a mené une carrière qui s’est étalée sur presque 60 ans – les très nombreux enregistrements disponibles sur YouTube l’attestent. Et pourtant, bien peu de renseignements sur sa vie personnelle transparaissent sur le Net, et il est assez difficile pour nous, Eurofans du XXIème siècle, de découvrir ce que ses compatriotes savaient nécessairement. Tentons néanmoins de connaître un peu mieux notre…

ÉTOILE # 133 : Lola NOVAKOVIĆ (1935-2016)

        Représentant la Yougoslavie au Concours 1962 à Luxembourg

        Titre interprété : Ne pali svetla u sumrak (traduction: N’allume pas les lumières au crépuscule)

        Classement : 4° sur 16 – 10 points

            Zorana Novaković naît à Belgrade (alors capitale de la Yougoslavie) le 21 ou 25 avril 1935 – toutes les sources ne s’accordent pas sur la date. Celle qui prendra plus tard le pseudonyme de Lola Novaković n’apparaît sous les feux des projecteurs qu’en 1957 lorsqu’elle entre en tant que chanteuse à Radio Belgrade. Elle n’attend toutefois pas longtemps pour se faire connaître, puisqu’elle représente son pays quelques semaines plus tard au Festival de Leipzig. L’année suivante, elle sort son premier disque, Alisa u zemlji čudesa, qui rencontre un énorme succès et lui vaut les surnoms de Diva des Balkans et Reine des Standards. Dans la foulée, elle part pour sa première tournée, se produisant à Bâle, Berlin, Dresde, Prague et Varsovie.

            Partie pour quelques semaines au Liban, elle décide de s’y installer et ne signe son retour qu’un an et demi plus tard. Mais le public ne l’a pas oubliée : pour son premier concert à Belgrade, les billets sont vendus en moins de deux heures !  Et le cinéma lui fait également les yeux doux, lui permettant d’apparaître dans quelques films de 1960 à 1962. Entre-temps, elle décide de poser sa candidature à la sélection nationale pour le Grand Prix Eurovision de la Chanson Européenne, auquel la Yougoslavie souhaite participer pour la première fois. Le titre qu’elle propose, Plave daljine, se classe 3ème, ce qui laisse penser qu’elle a toutes les armes en main (et dans la gorge) pour être choisie ultérieurement.

            Et en effet, c’est un triomphe qui l’attend l’année suivante à Pjesma Eurovizije. L’accueil du public à Zagreb est si chaleureux qu’elle fond littéralement en larmes au moment d’interpréter Ti nisi došao, mais les spectateurs se lèvent alors et lui font une standing ovation de dix minutes, qui lui donne la force de reprendre le cours de sa prestation. Mais étrangement, c’est Ne pali svetla u sumrak, l’autre chanson qu’elle soumet au jury, qui est choisie. Au Grand-Duché, le succès se poursuit puisque Lola se classe 4ème (record qui ne sera égalé qu’en 1983 ! ! !) avec 10 points – 3 de la France et de l’Italie, 2 de la Suède, et 1 de la Finlande et de la Belgique.

            Repartie en tournée, la jeune femme donne des concerts pendant des mois, jusqu’en Russie et au Japon. Elle y interprète des titres écrits pour elle, mais reprend aussi de grands standards internationaux, comme Histoire d’un amour, Les Enfants du Pirée, Non je ne regrette rien ou le sublime Un año de amor.

En 1964, Lola Novaković tente une troisième fois de remporter la finale yougoslave avec Tragom zvezda, mais elle doit s’incliner devant Sabahudin Kurt. Mais peu importe, sa carrière au sommet se poursuit, avec de nombreux disques et de tout aussi nombreux concerts.

On estime qu’elle a enregistré plus de 500 chansons, a sorti une cinquantaine d’albums et a donné des milliers de concerts… les derniers dans les années 2010. À l’aube du nouveau millénaire, elle a même intégré la troupe du théâtre Terazije de Belgrade, avec laquelle elle a fait plusieurs tournées. Reconnue et appréciée tout autant par les critiques que par le public ou les artistes plus jeunes, elle décède quelques semaines avant son 81ème anniversaire, en ce 3 avril si meurtrier pour nos Eurostars, puisqu’il a déjà vu les disparitions de Butch Moore, Tony Croatto et Kayahan Açar, nos Étoiles # 50, 66 et 124.