Hello, chers fidèles lecteurs de l’EAQ ! ! !

            À mon tour de prendre la plume (ou plutôt, le clavier) pour célébrer tous ensemble les dix ans du site. Comme vous allez vous en apercevoir, je n’ai rien fait comme tout le monde – à l’instar de cette chère Madame Michu, avec laquelle je partage (ou presque) le prénom choisi par nos parents respectifs  ! D’abord, le Top 10 que je vous présente n’est pas nécessairement celui qui regroupe mes contributions préférées de cette décennie, et le souvenir que je vais vous raconter n’est pas directement lié à une édition du Concours :O Mais trêve de bavardages, tout de suite…

MON TOP 10 DE LA DÉCENNIE :

Ce qui me semble personnellement caractériser les années 2010-2019, ce sont toutes ces chansons que j’aurais voulu à tout prix voir se qualifier pour la finale, mais qui malgré mes espoirs, mes attentes, mes prières, mes cierges allumés, mes doigts croisés à m’en briser les jointures, ont été recalées dès les mardis et jeudis précédant la grand-messe du samedi soir 🙁 J’en écoute encore beaucoup à l’heure actuelle, et certaines très souvent, alors que d’autres, qui ont eu l’heur de plaire aux jurys et aux téléspectateurs, m’ont toujours laissé froid et n’ont que très rarement pénétré à nouveau dans mes oreilles. Parmi mes 70 regrets (sept par an, ça fait beaucoup…), j’attribue :

1 point à la Moldavie 2014 : J’ai toujours adoré le timbre très grave de Cristina Scarlat, et cette dernière place me semble scandaleuse. À l’heure actuelle, Wild Soul est toujours ma 3ème chanson préférée envoyée par le pays.

2 points à l’Ex-République Yougoslave de Macédoine 2010 : J’aime beaucoup l’énergie de Gjoko Taneski et je trouve qu’il assure vocalement sur un titre exigeant. Jas ja imam silata est encore ma 5ème chanson favorite en provenance du pays de Kaliopi.

3 points pour l’Estonie 2017 : On peut adorer les grandes voix (mon péché mignon) et se laisser prendre au charme kitsch d’une chanson sans grande profondeur ni originalité, mais portée par deux artistes charismatiques. Verona reste ma 4ème chanson préférée sélectionnée par l’Estonie.

4 points pour la Belgique 2018 : Alors que d’autres ne jurent que par Rhythm Inside ou City Lights, moi c’est A Matter of Time qui me charme. Tout me séduit dans cette chanson : la musique, le texte, la voix et la beauté de Sennek… Quelle importance que la présentation ait été très moyenne, pour moi c’est une très belle contribution que je classe à la 4ème place des titres proposés par le Plat Pays (5ème si j’entre dans mes archives Release me de Hooverphonic).

5 points pour Israël 2013 : Une ballade comme je les aime, puissante et émouvante, une performance vocale superbe et bouleversante, et une élimination incompréhensible pour moi. Malheureusement pour Moran Mazor, les chansons envoyées par son pays sont d’un tel niveau en général (je ne parle pas de Toy, hein !) que Rak bishvilo ne parvient pas à entrer dans mon Top 5 de l’état hébreu.

6 points pour la Croatie 2019 : Oh je sais, je vous entends hurler d’ici 😛 The Dream de Roko 5ème meilleure chanson éliminée en demi-finale depuis 2010 ? ? ? Bah oui, je trouve la voix de ce jeune garçon hallucinante, il me refile la chair de poule à chaque fois que je l’écoute… Et même si on doit voter pour une chanson et pas pour un interprète, son talent immense m’embarque jusqu’à lui donner la médaille de bronze des propositions croates au Concours.

7 points pour la Géorgie 2017 : Même si je trouve la prestation de Tamara Gachechiladze bien meilleure lors de sa sélection nationale (où son interprétation était plus sobre et contenue), je considère que Keep the Faith est un titre admirablement composé et parfait pour les qualités vocales de cette grande chanteuse. Un titre James-Bondesque au texte puissant qui occupe la 2ème place de mon classement des chansons géorgiennes (ou la 3ème si j’intègre Take me as I am de Tornike Kipiani).

8 points pour la Géorgie 2019 : Dès la finale nationale (que j’ai suivie sur Internet), j’ai été bouleversé par la voix, la présence, le charisme et le regard d’Oto Nemsadze. Peu de chansons me parlent à ce point, et ce qu’évoquent les paroles de Keep on Going me renvoie systématiquement à ce que beaucoup ont dû et doivent encore subir de par le monde. Jamala a son 1944, moi j’ai mon Sul tsin iare.

10 points pour Saint-Marin 2013 : Ma préférée de toutes les chansons proposées par Saint-Marin était à l’époque, et restera toujours, ma gagnante de l’édition suédoise de Malmö. Valentina Monetta y est impériale, Crisalide est tout à la fois magnifiquement et originalement écrite, et la scénographie crée une ambiance envoûtante. Son élimination symbolise tout ce que je pense de ce Concours 2013 : le rouleau compresseur des chansons sans âme au détriment de nombre de titres musicalement puissants mais ignorés.

12 points pour l’Albanie 2017 : Forcément, quand une chanteuse me présente une prestation vocale de ce niveau, où la virtuosité technique s’allie à la puissance émotionnelle, elle ne peut que me convaincre, moi qui place la voix au-dessus de tout. Lindita est l’une des meilleures chanteuses de toute l’Histoire du Concours, sa chanson est pour moi un pur chef-d’œuvre, tant du point de vue de la musique, des arrangements, que du texte. World était ma favorite à Kiev, et occupe la 3ème place de mes chansons albanaises préférées derrière celles d’Olta Boka et de Juliana Pasha.

LE SOUVENIR DE LA DÉCENNIE :

            Contrairement aux autres rédacteurs du site qui vous ont fait partager leurs souvenirs d’une édition du Concours, ce n’est pas à une grande soirée musicale que je vais maintenant faire allusion. Déçu depuis vingt ans de ne plus voir gagner mon favori, je vis chaque grande finale comme un magnifique spectacle que je ne raterais pour rien au monde, mais ce que je ressens chaque année est finalement toujours semblable à ce que j’ai ressenti l’année d’avant. Difficile dans ces conditions de distinguer un Concours plutôt qu’un autre.

            En revanche, l’année 2015 restera pour moi un moment important dans ma passion pour l’Eurovision… lors d’un événement qui a priori n’a rien à voir avec le Concours. Certains d’entre vous le connaissent déjà puisqu’ils m’en ont parlé. Mais résumons pour les nouveaux venus :

            Il y a huit ans, un ami et collègue, adepte comme moi du jeu Trivial Pursuit, m’avait défié de m’inscrire à un jeu télé afin de me confronter à des adversaires de haut niveau. Il s’était engagé à s’inscrire avec moi, comme d’ailleurs un deuxième ami. Nous avions opté pour Questions pour un Champion, qui nous semblait le jeu le plus difficile, mais le plus intéressant (ludiquement parlant, hein, je ne parle pas des gains possibles LOL). Sauf que lorsque la production nous contacta pour nous présenter aux sélections organisées dans notre magnifique ville de Nancy (oui, je suis régionaliste :P), aucun de nous n’était disponible ce jour-là.

            Les mois, les années passèrent, et nous avions totalement oublié que nos dossiers étaient restés dans les tiroirs de la production, jusqu’à un jour de mai 2015 où le responsable des castings m’envoya un mail de relance. Souhaitant surtout découvrir comment se déroulaient les enregistrements d’une émission télé et motivé par une rencontre avec le mythique Julien Lepers, je décidai de répondre par l’affirmative à cette invitation – ce que ne fit aucun de mes deux compères. Et c’est ainsi que je me présentai à la sélection, qui déboucha à ma grande surprise sur une qualification.

            Un mois plus tard, je me rendais à Paris pour les enregistrements à Saint-Denis. J’étais un peu stressé, mais toute l’équipe fut parfaite : accueillante, chaleureuse, simple. Les candidats étaient reçus à bras ouverts, chouchoutés, installés dans des loges confortables devant des viennoiseries et des boissons chaudes, pris totalement en charge par de sympathiques assistants. Une fois arrivés, nous avions à remplir une fiche de renseignements, où il nous était demandé de noter nos différentes passions. J’écrivis évidemment que j’étais un inconditionnel de l’Eurovision – ce qui attira bien sûr l’attention de l’animateur du jeu, qui avait à plusieurs reprises assuré les commentaires lors de différentes retransmissions. Comme à son habitude, il faisait le tour des loges et venait de manière très simple parler avec tout un chacun.

Je ne pensais toutefois pas qu’il aborderait le sujet de manière détaillée devant la caméra. Mais en grand professionnel à la tête du jeu depuis plus de 25 ans, il sentait parfaitement à quel point les candidats étaient stressés, et quoi de mieux pour les mettre à l’aise que d’évoquer leur passions, en faisant mine de ne rien y connaître ? Pour cela, il était très fort, Julien Lepers. Étant parvenu à passer le premier stade du jeu, je me retrouvai face à lui au moment de choisir un questionnaire pour la deuxième phase de l’émission. Et c’est ce moment qu’il choisit pour m’interroger sur le Concours. Au fur et à mesure des questions (ce petit jeu de ping pong dura près de dix minutes), il jouait à celui qui confondait tout et ne se souvenait plus de rien… ce qui était évidemment faux. Mais le but recherché était atteint : j’étais enfin détendu, ce qui me permit de réaliser par la suite un très beau parcours.

Quelle ne fut pas ma surprise quand, quelques semaines plus tard, une vidéo écourtée de notre échange fut postée sur internet par la production, à l’issue de la diffusion de l’émission ! Le site de France 3 recevait de nombreux messages de téléspectateurs, qui avaient apprécié la séquence. J’en reçus beaucoup de très sympathiques (et quelques autres narquois) où les gens me félicitaient pour mes connaissances. Moi, ce qui me plaisait, c’était qu’ils me racontaient des souvenirs liés à l’Eurovision. Et c’est ce qui par la suite m’a motivé à devenir rédacteur sur ce site, que je consultais régulièrement et où je postais de temps en temps des commentaires : savoir ce que les autres lecteurs ressentaient, découvrir ce dont ils se souvenaient des anciens Concours, et comparer leur expérience à la mienne. Bref, sans Questions pour un Champion et Julien Lepers, peut-être que je n’aurais pas franchi le pas et que je n’aurais jamais publié d’articles sur Eurovision au Quotidien !