Dix ans de… Géorgie !

Dix années en demi-teinte pour le pays du Caucause qui connait seulement 50 % de qualifications et des résultats bien moins bons qu’à ses débuts…

Avant 2010, en effet, le pays fait comme ses voisins une entrée fracassante. Deux fois qualifiés et dans la première partie du tableau, il était un pays attendu au concours, et puis les choses se sont gâtées…

Après un an d’absence en raison de la disqualification de la chanson anti-Poutine de Stephane & 3G, la Géorgie revient en 2010 avec une chanteuse sélectionnée en interne, la spécialiste de comédies musicales Sopho, dite Sofia, Nizharadze. Ou Sopho II. Elle se voit offrir 5 chansons à départager dans une finale nationale. Parmi les auteurs de ces chansons, on retrouve des locaux et des compositeurs connus du concours comme Svika Pick (« Diva »), Andrej Babic (« Senhora do mar ») ou Hanne Sorvaag (« Disappear »). C’est la chanson de cette dernière qui est sélectionnée. Le classement de la sélection n’a pas été rendu public…

Et Sopho obtint le meilleur classement de tous les temps pour la Géorgie, 9ème. Le pays organise pour 2011 une finale ouverte classique avec 7 participants de qualité très diverse ! A la grande surprise des fans, c’est le groupe Eldrine qui l’emporte malgré de grosses faiblesses vocales devant Nini Shermadini. Pas grave, le grand relookage musical est passé par là, et surtout la télévision géorgienne a remplacé sans vergogne la chanteuse du groupe, au profit d’une Sopho, gage de réussite du pays. Et ce fut un succès : une nouvelle 9ème place !

Rejected, c’est le cas de le dire...

La stupéfaction ne fut pas moins grande en 2012 avec la victoire, sous le même format de finale nationale, d’Anri Jokhadze. Là encore, le détail du vote n’a pas été révélé, laissant planer toutes les possibilités… Sauf que la Géorgie qui imaginait briller avec n’importe quoi a dû reconnaître que… non. La chanson échoue lamentablement en demie et la télévision géorgienne revoit totalement sa copie.

Pour réussir en 2013, elle décide ni plus ni moins que de faire appel à l’auteur de la chanson gagnante de l’an passé, le suédois Thomas G:son, et recrute deux artistes expérimentés et populaires : Sopho Gelovani (encore une !) et Nodiko Tatishvili. Le duo se qualifie de justesse. Nouvelle sélection en interne en 2014, avec un très risqué morceau de jazz fusion proposé par The Shin et Mariko. Sans surprise, la mayonnaise ne prend pas et la Géorgie termine dernière de sa série…

Qui dit échec dit nouvelle stratégie : retour donc de la finale nationale ! Cinq candidats sont retenus : c’est Nina Sublatti qui l’emporte avec sa composition « Warrior » devant Niutone.

Avec l’aide, une nouvelle fois de Thomas G:son, la Géorgie revient dans la course : Nina termine 11ème. Une nouvelle finale nationale est donc organisée en 2016, mais avec un seul artiste choisi en interne : le chanteur de rock indé Nika Kocharov et son groupe Young Georgian Lolitaz. Un choix audacieux, mais qui a payé au concours. La chanson « Midnight Gold » l’emporte avec un curieux télévote de plus de 80% des voix, devant « Sugar & Milk ». Soutenu par les jurys, Nika réussit à se qualifier et termine 20ème. C’est la dernière qualification du pays.

Finale nationale traditionnelle en 2017, avec pas moins de 25 concurrents. En gros, à peu près tous ceux qui ont envoyé leur chanson à la télé géorgienne… Le choix du public s’est porté vers un certain Oto Nemsadze, mais le jury a préféré une chanteuse à voix, Tako Gachechiladze, avec « Keep the faith », qui l’emporte devant Nutsa Buzaladze.

Tako rate de peu la finale. Changement donc de stratégie ! Avec une chanson choisie en interne. Un curieux choix : de nouveau une chanson jazz pas du tout compétitive dans le cadre de l’Eurovision, mais qui a le mérite de mettre à l’honneur le géorgien, jusque là entendu seulement dans quelques mesures de la chanson d’Anri Jokhadze en 2012. Sans surprise, la chanson « For you (Sheni gulistvis) » termine dernière de sa demie, comme l’avait fait sa soeur spirituelle « Three minutes to Earth » en 2014.

Nouvelle stratégie donc en 2019, avec quelque chose encore jamais tenté : l’interprète sera sélectionné via la Nouvelle Star géorgienne. (Oui il y a encore des pays où ça existe !) Après 9 semaines de compétition, Oto Nemsadze, qui avait pourtant remporté l’émission en 2010 (!), s’impose devant Lisa Kalandadze.

Mais c’est encore un échec. La Géorgie devrait donc changer de stratégie pour l’année prochaine… !

La Géorgie est 31ème de la décennie, avec 451 points en finale.

Le top : la 9ème place de Sopho Nizharadze en 2010 avec 136 points.

Le flop : la dernière place d’Iriao en 2018.

(5 commentaires)

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  1. Même si j’appréciais les chansons de 2008, 2011 et 2015, je dois dire que mes coups de cœur pour la Géorgie ont été immédiats et indiscutables en 2016, 2017 et 2019. Les chansons et les artistes sélectionnés étaient ceux que je voulais voir au Concours, et méritaient selon moi toutes trois une finale. D’ailleurs, elles sont dans mon Top 6 pour les trois éditions concernées. Autant dire ma tristesse face à leurs piètres classements 🙁

  2. Souvent des propositions alternatives , différentes du tout venant formaté.

    Mais ça ne paye pas en général et certains choix laissent la majorité des fans de marbre (Iriao, Anri Jokhadze, The Shin…)

    Il y a même eu une pétition d’eurofans géorgiens l’année dernière pour destituer Iriao

    Pour ma part , à part Tako et Eldrine je passe mon tour. La meringue de « Waterfall » était aussi divertissante mais ça faisait tellement fabriqué…

  3. – La Géorgie a un grand mérite : en dix ans elle a présenté que des chansons avec des styles très différents. Ca plait ou ça ne plait pas mais on ne peut pas taxer ce pays d’immobilisme.

    – Après, soit j’aime un peu, soit je n’aime pas trop, mais il n’y a rien de fondamentalement catastrophique mais rien non plus qui me fasse sauter au plafond.

    – Enfin, à titre personnel, ma chanson préférée de la Géorgie pour cette décennie est  » Warriors  » de Nina Sublatti : 11e place amplement méritée et un TOP 10 avait été envisagé par votre serviteur…

    • rem_coconuts on 20 juillet 2019 at 12:13
    • Répondre

    Le départ canon de la Géorgie (comme pas mal d’entrants des années 2000) aurait pu laisser présager une amélioration constante des classements, voire une victoire rapide, et c’est tout l’inverse qu’il s’est passé depuis 2011… Au moins le pays a-t-il le mérite d’oser des choses, de tenter des propositions diverses et variées quitte à ce qu’elles soient parfois trop difficiles d’accès (je pense au titre de 2014 qui avait été étrillé à l’époque et qu’après coup je trouve plutôt intéressant). En fait, il y a pas mal de titres géorgiens que j’apprécie au concours, les deux seuls avec lesquels j’ai vraiment du mal sont ceux de 2012 (no comment) et de 2018 (excellent somnifère). Sinon, pour le reste, j’aime bien (2010, 2011, 2016, 2017), voire beaucoup (2013, 2015, 2019). Oto aurait largement mérité la finale cette année avec son interprétation hyper habitée et Nina Sublatti incarnait à merveille son titre malgré le tsunami de fumée qu’elle a subi sur scène la pauvre… Et je kiffe bien le duo de 2013 sur Waterfall. C’est sirupeux à mort, mais ça fait tressaillir mon petit coeur. Surtout, je rêve d’en entendre une traduction française où le refrain consisterait à hurler « Caaaaas-ca-deeeeeeeeeeeeeee », ça serait juste magique.

    J’aurais qualifié le pays au moins cinq fois sur la décennie, sachant que Midnight Gold (dont j’apprécie le côté psychédélique vintage, une qualif surprise à l’époque car ni les bookies ni les eurofans ne donnaient cher du titre) et Keep the faith (belle interprétation puissante de Tako) devaient être entre la 10ème et la 12ème places en DF de mes classements persos. Par contre, j’avoue que We don’t wanna put in est mon plaisir coupable absolu: il y a un côté kitsch farfelu assumé que j’adore, à côté du message politique ouvert qui, si je le partage, ne pouvait qu’entraîner disqualification de la chanson de la part de l’UER en vertu des règles du concours, d’autant ils n’ont même pas cherché la dissimulation!

      • Francis A. on 20 juillet 2019 at 13:58
      • Répondre

      Sans compter que le titre d’In Culto n’a pas été recalé, lui. De l’indulgence de l’UER devant des chansons qui critiquent les anciennes dictatures (faciles et sans risques) mais peu en revanche devant celles qui s’en prennent aux actuelles (pourtant plus courageuses)…

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